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John Cromwell | Le chevalier de la vengeance (1942)


Aux côtés du Signe de Zorro (1940) ou du Cygne noir (1942), Le chevalier de la vengeance fait partie de ces films (d'aventures) qui ont fait la gloire de Tyrone Power alors sous contrat avec la Fox. Le savoir-faire du studio est à l'oeuvre, embarquant autour de la star une distribution pleine de panache et de charme. Le rôle du méchant est confié à George Sanders qui excelle alors dans ce registre suave de coquin aux manières aristocratiques. Gene Tierney et Frances Farmer (juste avant qu'elle n'entame sa descente aux enfers) forment un duo féminin magnétique que complète la toujours excellente Elsa Lanchester. Et on est même tout surpris de retrouver l'inusable John Carradine dans la peau d'un personnage sympathique. Bien que responsable de la première version du Prisonnier de Zenda (1937) , on devine John Cromwell plus intéressé par les ressorts dramatiques d'un récit qu'il tire vers l'intime et le romantisme plus que vers l'action. Son film joue sur l'opposition entre deux mondes. A l'Angleterre Victorienne, sombre et peuplée de menaces, répond le cadre paradisiaque des îles polynésiennes. Le résultat est plastiquement superbe. (vu le 16/12/2018)
















Jacques Tourneur | Le juge Thorne fait sa loi (1955)


Le juge Thorne fait sa loi ne paie pas de mine avec son titre français peu inspiré, sa durée qui dépasse à peine les 60 minutes et son Ansco Color vieilli. Pourtant, Bertrand Tavernier le considère comme un des  westerns les plus réussis de Jacques Tourneur avec Le passage du canyon (1946) ou Un jeu risqué (1955), qu'il a tourné la même année avec toujours Joel McCrea avec lequel il collaborera quatre fois entre 1950 (Stars In My Crown) et L'or et l'amour (1956). Et en effet, Stranger In Horseback est un western aussi curieux qu'intéressant, ce qu'il doit à son refus du spectaculaire et ce, sans pour autant être bavard. Peu d'action donc mais des personnages très bien écrits, entre ce colonel, campé par un savoureux John Carradine, dont on ne sait pas trop à quel jeu il joue ou cette figure classique du potentat local auquel John McIntire donne une interprétation toute en nuances, loin des poncifs habituels.
Il convient aussi de louer le jeu de McCrea dont le hiératisme n'a rien à voir avec celui d'un Gary Cooper par exemple. Avec sa haute stature et ses gestes précis, il distille une humanité pleine de noblesse, incarnant ce juge faussement inoffensif. La relation entre les divers protagonistes échappent également aux clichés. En outre, on ne connaîtra jamais l'issue du procès car ce n'est pas le sujet, ce qui procède également de ce traitement westernien habituel.
Vu le 20/02/2018 / Source : DVD















Allan Dwan | L'aigle des frontières (1939)


L'aigle des frontières raconte l'histoire fameuse de Wyatt Earp et de Doc Holliday, deux personnages qui ont façonné la mythologie de l'Ouest et qui seront maintes fois évoqués au cinéma. De fait, ce western souffre de la comparaison avec La poursuite infernale de John Ford (1946) et Règlements de compte à OK Corral de John Sturges (1957), ne partageant ni le lyrisme du premier ni la force du second. Si Randolph Scott campe un Wyatt Earp convaincant, Cesar Romero fait pale figure à côté de Kirk Douglas et même de Victor Mature dont les interprétations seront bien plus tourmentées. Mais en artisan chevronné, Allan Dwan connaît son métier, signant un film truculent, avalé par la marée d'obscurité qu'étale un noir et blanc profond.
Nous avons aussi le plaisir de retrouver dans de petits rôles les indispensables John Carradine et Ward Bond. Ce n'est donc la pas meilleure adaptation de cet affrontement légendaire mais reste largement supérieure aux plus récents et lourdingues Wyatt Earp de Lawrence Kasdan et Tombstone de George P. Cosmatos, grâce notamment à son économie de moyens et le charme du cinéma des années 30. | IMDb








Alfredo Zacarias | Les abeilles (1978)


Suite au gigantesque succès des Dents de la mer, qui fait rêver plus d'un producteur, les années 70 voit tous les animaux de la création se transformer en ennemis agressifs, attaquant le monde civilisé. Si L'inévitable catastrophe( Irwin Allen - 1978) ne restera déjà pas dans les mémoires des cinéphiles, au moins a-t-il pour lui sa luxueuse distribution et de confortables moyens, autant de qualités que l'on ne peut mettre à l'actif de The Bees, nanar bricolé par le mexicain Afredo Zacarias, vieux routier du bis dont on préfère le Demonoid (1981).
Entre dialogues ineptes, musique à coté de la plaque et un John Saxon quand même peu crédible en professeur, il n'y a ici pas grand chose à se mettre sous la dent, hormis le plaisir de revoir John Carradine dans une pellicule à peine horrifique mais somme toute sympathique.







Edgar G. Ulmer | L'île des péchés oubliés (1943)


En quelques mots : Réalisateur inégal capable du meilleur (Le chat, Le démon de la chair, Le bandit) comme du moins mémorable (L'incroyable homme invisible) mais bénéficiant d'une aura culte, Edgar G. Ulmer signe avec L'île aux péchés oubliés un modeste film d'aventures dans un décor de mers du sud dont la pauvreté lui confère pourtant un climat un peu trouble qui n'est pas pour déplaire au metteur en scène qu'on a quand m^mee connu plus concerné sinon inspiré (Détour). Cette série B produite par la firme ultra fauchée PRC, paresseuse mais heureusement riche en bagarres et agrémentée de séquences aquatiques astucieuses, n'échappe à l'oubli que par la présence au générique de son réalisateur justement et de John Carradine en canaille délicieusement goguenarde. La copie est de mauvaise qualité mais outre le fait que cela lui donne un grain un peu obscur qui lui sied finalement bien, cela ne doit pas nous empêcher de remercier (encore une fois !) Artus d'avoir déterré ce film très rare même dans des conditions perfectibles...


Michael Curtiz | Le fier rebelle (1958)
























Il est de bon ton de jeter la dernière partie de carrière de Michael Curtiz avec l'eau du bain. S'il est incontestable que ses films réalisés à partir du début des années 50 ne sauraient rivaliser avec les Capitaine Blood, Robin des Bois et autre Casablanca, il serait injuste et exagéré d'affirmer qu'il s'agit de pellicules honteuses indignes de son talent.