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Hope Drone | Void Lustre (2019)



















Du black metal australien, on connait surtout la scène de la Nouvelle-Galles du Sud, qui se confond avec les noms de Ill Omen, Pestilential Shadows, Funeral Mourning ou le défunt Austere.

Ofdrykkja | Gryningsvisor (2019)



















L'étiquette "depressive black metal" que son auteur s'est vu coller sur le coin de la gueule, ne doit surtout pas vous tromper, Gryningsvisor ne noue que peu de liens avec l'art noir, suicidaire et même tout court. Quelques voix écorchées et une froideur brumeuse en constituent les fragiles oripeaux.

The Great Old Ones | Cosmicism (2019)



















Une question pour commencer : comment The Great Old Ones parvient-il à enfanter tous les deux ans (ou presque) des albums aussi denses et vertigineux sans jamais se répéter, peaufinant au contraire à chaque fois un peu plus son art ? 

Cheerna | Empyrean Fire (2019)



















Si nous avons appris à nous méfier de l'étiquette "post black metal" qui ne signifie quand même pas grand chose, il arrive pourtant que de belles surprises émanant de ce sous-genre viennent frapper à notre porte. C'est le cas de Chernaa dont "Empyrean Fire" est le galop d'essai.

Cepheide & Time Lurker | Lucide (2019)



















Cepheide est un groupe que nous suivons depuis ses débuts il y a six ans, découvert au hasard de nos pérégrinations sur la toile et avec lui les nombreux projets parallèles qui gravitent à sa périphérie, de Scaphandre à Rance en passant par Baume.

News | Äera - Schein



















"Schein", le premier album de Äera (atmospheric black metal), sortira le 6 décembre 2019 chez The Crawling Chaos Records.

News | Fen - The Dead Light



















"The Dead Light", le nouvel album de fen (atmospheric black metal), sortira le 6 décembre 2019 chez Prophecy Productions.

Drudkh | A Few Lines In Archaic Ukrainian (2019)



















Bel exemple de stakhanovisme ! Déjà impliqué dans quatre projets parallèles (Rattenfanger,  Necrom, Precambrian et Windswept qui vient de sortir du four son deuxième album "The Outlocker"), Roman Saenko nous livre sous le nom de Drudkh "A Few Lines In Archaic Ukrainian", après un "They Often See Dreams About The Spring" publié en mars 2018.

J'ai si froid... | Loin des hommes (2019)




















Quand elle ne martèle pas son black metal spatial et atmosphérique au sein de l'entité qui porte son nom, Brouillard rumine sa mélancolie et sa misanthropie par le biais de J'ai si froid... Associée à Dunkel, le corbeau derrière Drakonhail et Sale Freux, à l'occasion de deux premières offrandes figées dans la glace et le désespoir, c'est désormais seule - pour le moment en tout cas - qu'elle poursuit sa route.

Nachteule | Bergdorf (2018)



















De l'art noir québécois, nous connaissons surtout les offrandes exposées par les précieux labels Sepulchral Productions et les Productions Hérétiques, celles des figures tutélaires Forteresse, Monarque et consorts, porte-étendards d'un black noir, souvent patriotique, toujours glacial et mélancolique.

A lire | With The End In Mind - Unraveling ; Arising (2016 / 2018)


Publié à l'origine en 2016 de façon confidentielle, "Unravelling ; Arising" bénéficie (enfin) aujourd'hui d'une exposition  à la hauteur de ses nombreuses qualités, grâce au label Temple Of Torturous. Précédé par l’EP "Thresholder" (2013), il s'agit du premier véritable effort de With The End In Mind, projet américain basé à Olympia. Bien qu'il tende à devenir un groupe à part entière, celui-ci reste avant tout le véhicule d'un seul musicien, Alex Frellich, qui assure le chant et la guitare ainsi que l'écriture et tout le travail derrière la console. Divers collaborateurs l'ont toutefois épaulé pour donner vie à son art. Leurs contributions, voix féminine ou violon notamment, fournissent un indice précieux quant à la teneur d'une offrande dont l'architecture extrêmement étirée des compositions (plus de dix minutes en moyenne) nourrit une expression à la fois orageuse et atmosphérique.

De fait, With The End In Mind arpente les terres torrentielles d'un cascadian black metal aussi abrupt que majestueux, versant épique de l'art noir américain auquel se rattachent des groupes tels que Wolves In The Throne Room, Panopticon ou, dans une certaine mesure, le regretté Agalloch. Les Ayatollahs s'étrangleront sans doute en écoutant "Unravelling ; Arising", estimant que son auteur, à l'instar des formations précitées, trahit le genre qui leur est cher. A tort car dans les replis séduisants de son intimité, cet opus cache une noirceur séculaire ainsi qu'un désespoir profond. Tout du long, une tension rentrée gronde sous la surface de ces longues pistes tempétueuses. Séparé par le court titre éponyme aux allures de respiration instrumentale et fantomatique, le menu se scinde en deux pans. Le premier s'ouvre sur le monumental 'Sings The Sky' dont la lente entame aux confins d'un post rock intimiste précède une éruption foudroyante. Les éléments se déchaînent, chant hurlé, batterie lancée à la vitesse d'un cheval au galop. Le morceau file ensuite en alternant flots atmosphériques et rouleaux qui emportent tout sur leur passage.'Anguish Symmetry' emprunte quant à lui un chemin inverse. Ainsi, aux premières mesures, brutales et tendues comme le foc d'un navire, succède un long développement lumineux et aérien avant de voir le paysage s'assombrir de nouveau, enténébré par des vocalises écorchées et des lignes de six-cordes sabrant le ciel d'une mélancolie granuleuse. Mais la seconde partie de l'album se révèle sans doute la plus passionnante car libérant toutes les nuances de ce black metal dont la force crépusculaire et rugueuse ne l'exonère jamais d'une grande richesse émotionnelle, témoin le sinueux 'From The True Source' qui épouse la forme d'une lente et pulsative élévation, tout d'abord égrenée par des arpèges douloureux et des percussions terreuses et toutes en rondeurs. Puis la tempête éclate, néanmoins zébrée de lignes stratosphériques belles à pleurer. 'Wheeling, Endlessly Wheeling' ferme le menu, étirant un relief meurtri sur plus de douze minutes. La discrète voix féminine qui le drape d'un suaire de désespoir pousse cette pièce d'orfèvre sur la sente fragile d'un Worm Ouroboros trop méconnu. Torrentueux et automnal, "Unravelling ; Arising" est une très belle découverte qui palpite d'émotions à fleur de peau. (10.07.2018)





Originally published in 2016 on a confidential basis, "Unravelling; Arising" now (finally) benefits from an exhibition that reflects its many qualities, thanks to the Temple Of Torturous label. Preceded by the EP "Thresholder" (2013), this is the first real effort of With The End In Mind, an American project based at Olympia. Although it tends to become a group in its own right, it remains above all the vehicle of a single musician, Alex Frellich, who does the singing and guitar as well as the writing and all the work behind the console. However, various collaborators supported him to bring his art to life. Their contributions, particularly female voices and violins, provide a precious clue as to the content of an offering whose extremely stretched architecture of the compositions (more than ten minutes on average) nourishes an expression that is both stormy and atmospheric. In fact, With The End In Mind explores the torrential lands of a black metal cascadian as abrupt as it is majestic, an epic slope of American black art to which groups such as Wolves In The Throne Room, Panopticon or, to a certain extent, the late Agalloch are associated. The Ayatollahs will probably strangle themselves by listening to "Unravelling; Arising", believing that its author, like the aforementioned bands, betrays the genre that is dear to them. Wrongly because in the seductive folds of its intimacy, this opus hides a secular darkness as well as a deep despair. All along, a tug of tension roars beneath the surface of these long, stormy tracks. Separated by the short eponymous title, which has the appearance of instrumental and ghostly breathing, the menu is divided into two parts. The first opens with the monumental "Sings The Sky", whose slow pace begins at the edge of an intimate post rock scene before a devastating eruption. The elements are unleashed, singing screamed, drums thrown at the speed of a galloping horse. The song then flies away alternating atmospheric flows and rollers that carry everything in their path, while'Anguish Symmetry' takes the opposite path. Thus, after the first measures, brutal and tense as the jib of a ship, there followed a long luminous and aerial development before seeing the landscape darken again, obscured by flayed vocalizations and six-stringed lines sabotaging the sky with a granular melancholy. But the second part of the album is undoubtedly the most exciting because it releases all the nuances of this black metal whose twilight and rough force never exonerates it from a great emotional richness, as witnessed by the sinuous "From The True Source" which takes the form of a slow and pulsating rise, first of all gutted by painful arpeggios and earthy percussions and all in roundness. Then the storm broke out, but it was zebrared with stratospheric lines that were beautiful to cry about. Wheeling, Endlessly Wheeling' closes the menu, stretching a bruised relief over more than twelve minutes. The discreet female voice that drapes him in a shroud of despair pushes this goldsmith's piece onto the fragile scent of a Worm Ouroboros too little known. Torrentuous and autumnal, "Unravelling; Arising" is a very beautiful discovery that pulsates with emotions at the surface of the skin. (10.07.2018)


Raven Throne | I Miortvym Snicca Zolak (2018)


Avec "I Miortvym Snicca Zolak...", Raven Throne  n'offre pas uniquement leur plus bel effort mais surtout un pur joyau de black metal comme seul les groupes d'Europe de l'Est savent en enfanter, frissonnant et sinistre, forestier et terreux, qui sent l'humus froid et la résine.  

Biélorusse de sol, Raven Throne se veut par contre Ukrainien de coeur sinon de sang. Mais plus que Drudkh, premier nom qu'évoque ce black metal atmosphérique ancré dans la terre froide des pays de l'ex Union Soviétique, et auquel on pense forcément un peu cependant (nous y reviendrons), c'est du (désormais) fantôme de Kladovest - que la présence en son sein de Thurios, liait d'ailleurs autrefois à la horde de Roman Saenko - dont le groupe se rapproche peut-être finalement le plus.

S'il a lui aussi vu la nuit (plutôt que le jour) il y a une quinzaine d'années déjà, comme les deux références pré citées, Raven Throne végète quant à lui depuis trop longtemps dans l'ornière d'une relative confidentialité, la faute aux obscurs labels qui ont diffusé ses cinq premiers opus, à l'exception de Possession Productions qui s'est chargé voilà deux ans de la publication de "Šliacham zabytych". Gageons que l'appui de Non Serviam, qu'il reçoit désormais, devrait lui permettre d'accéder à l'étage du-dessus et ne plus être réduit au pale statut de copiste de seconde zone. Il le mérite comme le démontre "I Miortvym Snicca Zolak...". Quoiqu'elle creuse le même sillon mélancolique que les Ukrainiens, autant pour le chant hargneux de War Head, qui rappelle celui de Thurios, que pour cette manière de peindre des paysages forestiers englués dans le froid d'un hiver rigoureux, véritable marqueur identitaire, cette sixième offrande s'appuie sur une écriture suffisamment belle et inspirée pour s'affranchir de ces comparaisons. De fait, la principal force du duo biélorusse tient dans sa capacité à composer de superbes pièces, vibrantes d'émotions, lesquelles naissent de ces lignes de guitare belles comme un chat qui dort en boule, aussi entêtantes que glaciales, témoin l'inaugural 'Vietru', qui charrie une tristesse à la fois boisée et torrentueuse. En l'espace d'un peu plus de sept minutes, le charme opère, drainant des images de froides forêts nimbées de brouillard et de montagnes en noir et blanc. Chargé d'une beauté désespérée et d'ambiances empreintes d'une noirceur champêtre, le black metal épique que sculpte Raven Throne n'oublie jamais de se parer d'une vigueur mordante, lorsqu'il fait souffler le blizzard. Fardé de guitares acoustiques et de claviers emphatiques mais discrets, 'Imža, i sklizota, i prykraja zol' illustre cette âpreté minérale qui se conjugue à un élan atmosphérique. 'Žyvoj kryvi žyvyja cielcy' affiche une dureté plus abrasive encore, vrillé par des riffs grésillants comme un scalpel rouillé labourant la peau. Avec "I Miortvym Snicca Zolak...", Raven Throne  n'offre pas uniquement leur plus bel effort mais surtout un pur joyau de black metal comme seul les groupes d'Europe de l'Est savent en enfanter, frissonnant et sinistre, forestier et terreux, qui sent l'humus froid et la résine.  (28/08/2018)


Abduction | A l'ombre du crépuscule (2018)



















Nonobstant ses incontestables qualités aussi bien techniques qu'artistiques, "Une Ombre Régit les Ombres" n'avait pas réussi totalement à emporter l'adhésion, la faute à une inspiration certes généreuse mais pas toujours canalisée, au service de compositions fleuves répondant à un même schéma de construction.