Au fil du temps, nous avons vu le black metal s'accoupler avec de nombreux autres genres, proches (le death bien sûr mais aussi le doom) ou plus éloignés (le progressif). Mais nous ne pensions pas un jour assister aux ébats entre l'art noir et la synthwave. GosT a pourtant tenté cette assemblage a priori contre nature. Avec quelle réussite ?
AU PIF
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GosT | Skull (2019)
Ceux qui pensent que la synthwave, dernier genre à la mode, biberonné aux années 80, sent la poussière et baigne dans le sirop, seraient étonnés par la puissance dont sont capables ces nouveaux maîtres du gros son.
KröniK | Jack Maniak - Code 403 (2017)
On se doutait que le succès de Carpenter Brut (entre autres) donnerait des idées à certains et qu'il ne faudrait donc pas attendre très longtemps avant de voir des bataillons de musiciens s'emparer de ce concept (faussement) rétro qui vient rajeunir la synthwave à grands coups de guitares vrombissantes, le tout enrobé d'une production furieusement moderne. Parmi ceux-ci, un nom se détache, celui de Jack Maniak, référence évidente au fameux 'Maniac', tube écrit en 1983 par Michael Sembello, immortalisé par le film "Flashdance" d´Adrian Lyne avant d'être repris (entre autres) par Carpenter Brut dans une version atomique !
Deux (bonnes) raisons – au moins - expliquent pourquoi ce nouveau projet attire plus particulièrement notre attention. Premièrement parce que ses manettes sont entre les mains de Jean-Philippe Ouamer, plus connu sous le sobriquet de Arsenic au sein d'un Omrade qui compte parmi les formations les plus excitantes du metal français (ou pas) contemporain. Maître ès-programmation, l'homme y est seul à la barre. Sa présence suffit à assurer la haute valeur ajoutée de l'entreprise. Ce qui nous amène à la seconde raison : Jack Maniak est tout simplement ce qui se fait de mieux dans le genre et "Code 403", son acte de naissance, un véritable orgasme sonore au moins digne des galettes enfantées par son compatriote. Bien sûr, on entend déjà les esprits grincheux, les jamais-contents, qui ne manqueront pas de souligner qu'il n'y a là rien qui n'ait déjà été fait auparavant, le bonhomme se contentant, de prime abord, de recycler sous la forme d'un brouet métallique une musique datée sinon anachronique, fallacieux procès d'intention que Carpenter Brut doit également essuyer de la part de ses (rares) détracteurs. Mais, outre le fait que c'est justement, à l'instar de son aîné, en passant à la moulinette surpuissante la synthwave des années 80 que Jack Maniak prend toute sa force, il faut quand même être sourd ou d'une terrible mauvaise foi pour ne pas prendre son pied en écoutant cette partition énergisante. Aussi hypnotique qu'addictif, "Code 403" fait partie de ces rondelles qui vous filent la gaule des grands jours. Puissant et décomplexé, il fonce en avalant les minutes et le bitume à la manière d'un jeu vidéo grandeur nature. Synthétiseurs rugissants gonflés au Viagra par boîte de douze, guitares acérées et rythmiques à la fois accrocheuses et obsédantes s'accouplent férocement. De leurs ébats se répand un flot de notes sombrement mélodiques qui emporte tout sur son passage ('No Fate'). Nourris aux films des années 80 et à leurs bandes originales ('Final Departure'), Jack Maniak nous conte le combat d'un adolescent face à une invasion d'extraterrestres belliqueux dont il incarne le dernier rempart. Les dix titres aux allures de missiles sol-air qui jalonnent ce menu aussi implacable que gourmand forment les épisodes successifs de cet affrontement titanesque. Des tournoyants 'Stripe Is Back' à 'Space Invaders', les éléments se déchaînent au sein de ces pistes qui toutes palpitent d'une énergie cataclysmique, conjuguant l'emphase synthétique de la musique des eigthies et la vitalité nocturne du metal moderne. L'espoir le dispute à la noirceur jusqu'à ce 'Glory' triomphant. Nous conseillons vivement à ceux qui croient encore que la synthwave sent la naphtaline, de poser ne serait-ce qu'une oreille sur "Code 403" dont la puissance orgasmique arrache le papier peint des murs secoués par les coups de boutoir de cette partition tonique et exaltée. Avec ce galop d'essai, Jack Maniak frappe un (très) grand coup en espérant qu'il n'en reste pas là ! 4/5 (21/12/2017)
Deux (bonnes) raisons – au moins - expliquent pourquoi ce nouveau projet attire plus particulièrement notre attention. Premièrement parce que ses manettes sont entre les mains de Jean-Philippe Ouamer, plus connu sous le sobriquet de Arsenic au sein d'un Omrade qui compte parmi les formations les plus excitantes du metal français (ou pas) contemporain. Maître ès-programmation, l'homme y est seul à la barre. Sa présence suffit à assurer la haute valeur ajoutée de l'entreprise. Ce qui nous amène à la seconde raison : Jack Maniak est tout simplement ce qui se fait de mieux dans le genre et "Code 403", son acte de naissance, un véritable orgasme sonore au moins digne des galettes enfantées par son compatriote. Bien sûr, on entend déjà les esprits grincheux, les jamais-contents, qui ne manqueront pas de souligner qu'il n'y a là rien qui n'ait déjà été fait auparavant, le bonhomme se contentant, de prime abord, de recycler sous la forme d'un brouet métallique une musique datée sinon anachronique, fallacieux procès d'intention que Carpenter Brut doit également essuyer de la part de ses (rares) détracteurs. Mais, outre le fait que c'est justement, à l'instar de son aîné, en passant à la moulinette surpuissante la synthwave des années 80 que Jack Maniak prend toute sa force, il faut quand même être sourd ou d'une terrible mauvaise foi pour ne pas prendre son pied en écoutant cette partition énergisante. Aussi hypnotique qu'addictif, "Code 403" fait partie de ces rondelles qui vous filent la gaule des grands jours. Puissant et décomplexé, il fonce en avalant les minutes et le bitume à la manière d'un jeu vidéo grandeur nature. Synthétiseurs rugissants gonflés au Viagra par boîte de douze, guitares acérées et rythmiques à la fois accrocheuses et obsédantes s'accouplent férocement. De leurs ébats se répand un flot de notes sombrement mélodiques qui emporte tout sur son passage ('No Fate'). Nourris aux films des années 80 et à leurs bandes originales ('Final Departure'), Jack Maniak nous conte le combat d'un adolescent face à une invasion d'extraterrestres belliqueux dont il incarne le dernier rempart. Les dix titres aux allures de missiles sol-air qui jalonnent ce menu aussi implacable que gourmand forment les épisodes successifs de cet affrontement titanesque. Des tournoyants 'Stripe Is Back' à 'Space Invaders', les éléments se déchaînent au sein de ces pistes qui toutes palpitent d'une énergie cataclysmique, conjuguant l'emphase synthétique de la musique des eigthies et la vitalité nocturne du metal moderne. L'espoir le dispute à la noirceur jusqu'à ce 'Glory' triomphant. Nous conseillons vivement à ceux qui croient encore que la synthwave sent la naphtaline, de poser ne serait-ce qu'une oreille sur "Code 403" dont la puissance orgasmique arrache le papier peint des murs secoués par les coups de boutoir de cette partition tonique et exaltée. Avec ce galop d'essai, Jack Maniak frappe un (très) grand coup en espérant qu'il n'en reste pas là ! 4/5 (21/12/2017)
Carpenter Brut | Trilogy (2015)
"Trilogy" n'est pas comme certains l'espéraient peut-être, le premier véritable album longue durée de Carpenter Brut qui viendra en son temps, un peu de patience s'il vous plaît, mais, ce que son nom laisse d'ailleurs aisément deviner, l'agrégat des trois EP enregistrés par ce qui est devenu en l'espace de deux ou trois ans, le phénomène de la scène electro hexagonale (mais pas que), chef de fil de tout un revival années 80 aussi généreux que jubilatoire, aussi cinématique que sexy. Quoi de mieux alors, pour ceux qui prendraient le train en marche que cette somme de plus de 90 minutes au compteur pour découvrir celui que le monde entier nous envie. Passons sur les deux offrandes inaugurales dont nous vous invitons à lire les chroniques sur votre site préféré, et attardons-nous plutôt sur le dernier côté du triangle, tout simplement nommé "EP III", lequel repose sur le même patron que ses devanciers. Six pistes bourrées jusqu'à la gueule d'une formidable énergie se succèdent ainsi pour notre plus grand plaisir mêlant dans un tourbillon paroxysmique disco, synthwave, techno voire même le metal, autant de genres passés à travers le filtre d'une inspiration tout du long au garde-à-vous. Forcément irrésistible, le résultat crée une profonde addiction, que l'on ne cherche nullement à rompre tant cette bande-son puissamment remuante possède des vertus thérapeutiques évidentes, procurant un bien-être immense chez celui qu'il l'écoute en boucle. 'Run, Sally, Run' auquel s'enchaîne 'Turbo Killer' forment deux joyaux dans la lignée ébouriffante et endiablée des 'Le Perv' ou 'Roller Mobster' des deux précédentes rondelles, pulsations frénétiques propulsées par un rythme implacable, aux allures de bandes originales de films d'horreur italiens des années 80. Images colorées de zombies et autres courses poursuites effrénées jaillissent de cette myriade de sons que répandent de robustes synthétiseurs qu'aucune couche de naphtaline recouvre en dépit d'influences ancrées dans un passé vieux de trente ans. Tout aussi ravageurs sont 'Division Ruine' qui écume des terres plus disco et 'Paradise Warfare', plein de déliés et de belles rondeurs, lequel toutefois, lors d'une accélération affolante, ouvre les vannes d'une noirceur qui galope à toute vitesse, atmosphères lourdes qui vampirisent également 'Invasion A.D.', autre plage donnant l'impression de s'être échappée d'une pellicule horrifique. Quant à 'Anarchy Road', il accueille des lignes vocales, une nouveauté chez Carpenter Brut, surprenante quoique parfaitement à leur place. Après l'enfilade dans l'ordre de ces trois courts opuscules, une doublette inédite achève enfin ce menu. Il s'agit tout d'abord de 'The Good Old Call', second morceau à être chanté puis - et surtout - de 'Mandarin's Claws', survitaminé et sombrement percussif, deux bonus de luxe pour une compilation qui devrait être remboursée par la Sécurité Sociale. Indispensable. (2016)
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