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Wolfgang Petersen | Alerte ! (1995)


Wolfgang Petersen réalise Alerte ! en 1995. C'est le type même de film que l'on n'a pas très envie d'aimer tant les reproches qu'on peut lui faire sont nombreux : grosses ficelles, une finesse aux abonnés absents, personnages caricaturaux (mention spéciale au général McClintock que Sutherland grâce à sa morgue glaciale, parvient cependant à animer) et discours sur "l'âme de l'Amérique" qui fait sourire. Mais force est pourtant de reconnaître que Outbreak tient en haleine durant presque deux heures. Petersen s'impose alors comme un maître du film d'action à gros budget. Son travail est carré et sans bavures, soutenu par une excellente distribution (Hoffman, Russo, Freeman, Spacey...). Mais l'Allemand n'est pas un auteur et le prouve, plus à l'aise dans le suspense que dans la critique de ces guerres bactériologiques dont les Américains sont de cyniques artisans.
Si l'ensemble se regarde sans déplaisir, on se demande quand même où est passé le réalisateur du Bateau, de L'échiquier de la passion et même, de Dans la ligne mire, thriller psychologique élégant et de haute volée...
Vu le 24/02/2018 / Source : enregistré sur TPS Cinextrême en 2005. 











Alan J. Pakula | Klute (1971)
























Une fois n'est pas coutume, je vais commencer en parlant de moi. Quand j'étais adolescent, dans la seconde moitié des années 80, la télé se réduisait à trois chaînes mais les (bons) films y étaient très nombreux.

John Sturges | L'aigle s'est envolé (1976)


Tiré d'une histoire invraisemblable du romancier Jack Higgins, on attendait beaucoup de L'aigle s'est envolé. Pourtant, eu égard à sa luxueuse distribution (Michael Caine, Donald Sutherland et Robert Duvall sont de sacrés moteurs), l'impression s'impose d'être passé à côté d'un grand film. Après les quelconques Joe Kidd ou Chino et le fatigué Un silencieux au bout du canon, John Sturges, dont c'est la dernière mise en scène, semble ne pas exploiter pleinement la force de son casting et le potentiel d'un sujet propice à un suspense tendu. Sa réalisation, bien que soignée, manque de nerfs cependant que la romance entre Sutherland et Jenny Agutter ralentit un récit qui prend déjà (un peu) trop son temps.
S'il est surprenant de voir des Allemands en héros, le scénario prend soin de bien distinguer ces militaires des SS dépeints sous un jour brutal ou ridicule, témoin cette scène très appuyée où Caine défend une Juive face à une cohorte nazie. On est étonné de trouver Larry Hamgman en officier US, ravi de croiser le joli minois de Jenny Agutter mais aucun comédien ne parait finalement croire à son rôle. Dommage... | IMDb










Clint Eastwood | Space Cowboys (2000)


Œuvre importante dans la très longue carrière de Clint Eastwood, Space Cowboys l’est certainement. Après deux longs métrages, certes de grande qualité (Minuit dans le jardin du bien et du mal et Jugé coupable), mais n’ayant pas rencontré un grand succès, l’acteur se devait de prouver qu’il peut encore, à 70 ans, offrir un film majeur.
Pari réussi vu le score au box-office (plus de 90 millions de dollars de recette). Ensuite, dix-huit ans après Firefox, Space Cowboys marque un retour à la science-fiction, domaine pour lequel Clint n’a pas une grande attirance, même s’il s’agit davantage ici d’une approche adulte du genre, comme L’étoffe des héros, que d’un space opera façon Guerre des étoiles. Entouré d’un trio de comédiens tous impeccables et joyeusement complémentaires, le grand Clint poursuit, avec cette vingt-deuxième réalisation, l’exploration de ce qui est devenu un de ses thèmes favoris de ces dernières années : le vieillissement de son personnage. Même s’il s’y livre moins que dans ses films précédents, l’acteur n’a pas peur de se pencher sur la vieillesse qui le touche. Finalement la réparation d’un satellite n’est qu’un prétexte. Ce n’est nullement la science-fiction qui l’intéresse, mais la résurrection de quatre vieux briscards qui estiment (à juste titre) qu’ils ne sont pas encore bons pour la casse. Même si ces quatre personnages ont réussi leur vie, ils n’ont pu aller dans l’espace lorsqu’ils étaient dans l’US Air Force. Cette mission va justement leur permettre d’aller jusqu’au bout de leur rêve. On reconnaît là l’affection particulière de Eastwood pour les perdants magnifiques qui se battent pour s’en sortir et réaliser leur rêve, même si Space Cowboys aborde ce thème sur le mode humoristique. Le film est aussi une merveille d’équilibre, dominé par un ton toujours juste. A une première partie (la reformation de l’équipe et la remise en forme) savoureuse et très drôle, et qui a le bon goût de ne pas sombrer dans l’humour tendance gériatrie, succède une seconde (la mission en elle-même), peut-être plus conventionnelle, mais très maîtrisée et au suspense savamment conduit. Réalisé avec une simplicité et une sobriété exemplaire (comme toujours), Clint Eastwood livre avec Space Cowboys un de ses meilleurs films, ce qui, reconnaissons le, n’était pas gagné, eu égard à son sujet tout de même peu crédible. Cette odyssée de l’espace avait tout de l’entreprise casse-gueule. Mais l’originalité à tout prix n’a jamais été le souci principal de Clint. Ce qu’il cherche, c’est raconter une histoire solide, mettant en scène de vrais personnages et qui ont une âme. En cela, sur le fond comme sur la forme, Eastwood semble complètement à contre courant voire anachronique dans le cinéma américain actuel. Il apparaît bien comme le dernier représentant d’une certaine tradition hollywoodienne, classique mais nullement dépassé.




Cinézone | Donald Sutherland


Renzo Martinelli | L'affaire des cinq lunes (2003)


En quelques mots : Même si Renzo Martinelli ne saurait passer pour un grand metteur en scène, L'affaire des cinq lunes était prometteur. Donald Sutherland, en juge fraîchement à la retraite, qui mène une enquête sur la mort de Aldo Moro, cela laissait augurer de bonnes choses. Mais à l'arrivée, entre une réalisation digne d'une série TV et un récit embrouillé pour qui connaît mal cette exécution de l'ancien président du conseil en 1978 par les Brigades rouges, le résultat déçoit. Sutherland et Giancarlo Giannini semblent qui plus est peu concernés. Et au final, on ne retient de ce film que la musique de Paolo Buonvino, sombrement pulsative.