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Krönik | Xasthur - The Funeral Of Being (2003)


Comment une musique aussi noire et suicidaire peut-elle voir le jour dans une région aussi ensoleilée que la Californie ? Que la Norvège et ses forêts enneigées aient pu être le berceau du black metal, cela peut se comprendre, mais dans le cas de Xasthur, comme de Leviathan d’ailleurs, on a plus de mal à imaginer des musiciens grimés entrain d’enregistrer des albums aussi désespérés et misanthropiques, enfermés dans leur cave à l’ombre d’un palmier !  Pourtant, suite à la disparition de la plus part des seigneurs du genre (Burzum, Emperor, Immortal…) et à la perte de l’esprit orginel, le salut semble aujourd’hui venir de la côte ouest américaine. Enchaînant les albums comme si sa vie en dépendait, le mystérieux Malefic incarne quasiment à lui tout seul cette nouvelle vague du metal noir. The Funeral Of Being s’inscrit dans la droite lignée de ses prédécesseurs et ne cherche nullement à révolutionner le style créé par Xasthur (ce n’est pas le but). Sans surprise mais avec brio, il régurgite donc ce black metal haineux et dépressif, lent comme une procession funéraire, construit autour de longs titres lancinants et répétitifs qui distillent des atmosphères mortifères, lugubres et oppressantes. Malefic hurle comme si on lui arrachait la peau des os et crache sa haine pour la race humaine et le conformisme qui la ronge. En cela, la Californie, temple du paraître et de la futilité, apparaît finalement comme le terreau idéal propice à  l’émergence d’une scène black metal aux Etats-Unis. Encore un grand disque à mettre au profit de Xasthur, lequel, s’il demeure fidèle à une recette dont il ne se départira probablement jamais, parvient à chaque fois à ne pas se répéter, quand bien même la patte du groupe est identifiable et ce, dès la première note versée. 4/5 (2006)


                                   

KröniK | Xasthur - Nocturnal Poisoning (2002)


Xasthur, projet purement studio défendu par un musicien solitaire, Malefic, fait partie de ce véritable triumvirat du black metal underground américain, avec Leviathan et Velvet Cacoon. Tous les trois ont en commun un même amour pour l’œuvre de Varg Vikernes, maître à penser du grand Burzum et pour un black malsain, lent et parfois quasi hypnotique. Si Leviathan est le plus extrême des trois et Velvet Cacoon le plus expérimental car plongeant sa musique parfois aux confins de l’ambiant, Xasthur est quant à lui le plus scandinave, et donc le plus accessible du lot (tout est relatif bien sûr). "Nocturnal Poisoning" constitue la parfaite porte d’entrée à son univers suicidaire, torturé et d’une noirceur absolue. Il se compose de huit titres (dont une reprise de Mutiilation) qui semblent ne former qu’un seul bloc pétrifié de près de 70 minutes. Cachés derrière une production pourrie et grésillante, un peu à l’image des premiers Burzum (d’ailleurs, l’instrumental final, 'Forgotten Depths Of Nowhere', qui suinte une tristesse infinie, pourrait sans peine être issu du cerveau de Vikernes), ces longs morceaux sont forgés autour de riffs pollués et répétitifs formant un substrat sinistre derrière lequel résonne tel un écho funèbre le chant hurlé et inaudible de Malefic. 'In The Hate Of Battle', 'Soul Abduction Ceremony', 'Legion Of Sin And Necromancy' ou 'Nocturnal Poisoning' et ses 15 minutes de lenteur étouffante et malsaine, sont de véritables perles noires morbides qui vous engourdissent et vous entraînent dans un abymes de dépression sans fin. Mais contrairement à toutes ces hordes pataugeant dans un true black stérile afin de mieux cacher leur médiocrité, Xasthur exude lui le vrai souffle obscur qui donne vie au pur black metal ; il renoue de fait avec l’esprit originel qui habitait ces bâtisseurs d’édifices impies que furent Burzum, Mayhem, Darkthrone, Immortal ou Emperor. 4,5/5 (2006)