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Day Before Us | Ode à la nuit d'ombre (2019)



















Après avoir offert à la France ses premières messes, Day Before Us livre aujourd'hui une nouvelle offrande qu'une seule année sépare de sa devancière, "Adorned Path Of Stillness", poursuivant ainsi avec une belle régularité, une oeuvre dont la force sensitive est inversement proportionnelle à une exposition malheureusement  bien trop timide.

Live report | Day Before Us (Chatou - 21.10.18)


L'église Notre-Dame de l'Assomption à Chatou accueillait Day Before Us le dimanche 21 octobre pour sa première représentation en France. Le concert est gratuit mais ce n'est qu'un public clairsemé que composent amateurs et curieux, qui est venu écouter religieusement le duo. L'évènement n'en est donc que plus intime et précieux. Philippe Blache  est accompagné de la chanteuse Natalya Romashina. Nous les devinons concentrés, peut-être intimidés. Dans ce cadre qui se prête idéalement à la musique sombrement éthérée de Day Before Us, ils mêlent chant féminin poétique et nappes ambient élégiaques. Nul besoin de les identifier ou de les connaître pour être envoûtés par ces cantiques (extraits notamment de "Adorned Path Of Stillness ou inédits), qui invitent à la contemplation et au recueillement. Peu à peu, une lumière automnale pénètre l'édifice dont elle perce les vitraux comme un halo venu de l'au-delà. La performance est courte mais miraculeuse et enchanteresse. 








































KröniK | Day Before Us - Prélude à l'âme d'élégie (2016)


Peu à peu, pierre à pierre, seul dans son coin mais au gré de ses rencontres, Philippe Blache est en train de bâtir, avec Day Before Us, son jardin secret, une oeuvre monumentale dont prétendre qu'elle fascine autant qu'elle touche l'âme tient du doux euphémisme. Les offrandes se suivent, toutes plus précieuses les unes que les autres, partageant une même mélancolie funèbre, sans pour autant se ressembler. Après "Crystal Sighs Of A Broken Universe", "Prélude à l'âme d'élégie" marque une nouvelle étape dans l'édification de cet édifice nocturne qui invite au recueillement, à la contrition.
On ne soulignera jamais assez combien chaque opus de ce projet intim(ist)e forme un tout où photographies, musiques et textes fusionnent en une pièce d'art total. Découvrir le digipack qui habille cet essai est comme ouvrir les pans d'un retable, avec respect et modestie face à ce qu'il représente, à ce qu'il incarne. Religieuse et introspective, sa défloration impose la solitude et l'obscurité où s'amassent les ombres, les souvenirs. Les regrets. A moins d'abuser de superlatifs, les mots manquent pour décrire avec justesse cet album qui se vit autant qu'il s'écoute. Les pistes, au nombre de huit, se succèdent, s'enchaînent, et les sentiments, les émotions avec, tour à tour mélancoliques ou plus vaporeuses mais toujours épurées et glaciales. De fait, "Prélude à l'âme d'élégie" est riche de ses nuances et de sa variété. Variété des lignes vocales, parfois masculines ('Rise Of Elegeia'), féminines généralement, égrenant les fantomatiques mélopées de Natalya Romashina et surtout celle de Jessica Pearce. Variété des langues utilisées, français, anglais, italien, russe. Variété toujours des sonorités qu'étalent pianos et claviers liturgiques ou funéraires ('Ecstasy Of The Stigmatist'), toujours envoûtants ('Tempestarii'). Variété encore d'un menu qui cimentent longues respirations funèbres et  plaintes plus courtes et expérimentales ('Alda Börnom'). Variété enfin d'une bande-son qui navigue entre  darkwave, ambient et musique néo-classique voire trip-hop le temps du curieux 'Talk Room'. Mais tout du long, le crépuscule domine. Comment à ce titre ne pas ressentir un flot de tristesse en se laissant bercer par l'inaugural 'Lorsque la nuit lasse étreint l'inconnu', plainte immersive d'une beauté aussi souterraine qu'enveloppante et d'une admirable pureté ? Comment ne pas être touché au plus profond de son être durant ce 'Voyna Serdtsa' bouleversant que tapissent les couleurs noires du désespoir ? D'une poésie funéraire, "Prélude à l'âme d'élégie" vibre d'une puissance lyrique qui fait de lui peut-être la création la plus belle, la touchante de son auteur. 4.5/5 (2017) | Facebook





Live Report | The Moon And The Nightspirit + Trobar De Morte + Rastaban (Paris - 01/04/2017)


C'est une soirée au goût de Moyen-âge et d'orient à laquelle nous étions conviés, le 1er avril dans l'enceinte du Glazart. Les quelques échoppes où s'étalent tuniques et bijoux nous plongent d'emblée dans une atmosphère chamarrée.

Si TROBAR DE MORTE et bien entendu THE MOON AND THE NIGHTSPIRIT sont fortement attendus, RASTABAN, chargé de chauffer la salle, n'en est pas moins accueilli avec chaleur par un public qui tombera vite dans son escarcelle pleine de charme et d'énergie, deux qualités qu'affiche la belle Mariane Libert, maîtresse de cérémonie à laquelle il est bien difficile de résister, à peine éclipsée la présence du colosse Louis Aubri et son didgeridoo imposant. Les deux guitaristes ne sont toutefois pas en reste, surtout Stephan Késenne, principal compositeur du groupe belge, aussi à l'aise avec une six-corde qu'avec un violon cependant que le batteur imprime un tempo rapidement hypnotique. C'est d'ailleurs là toute la force du tribal folk, aussi pulsatif qu'accrocheur que la tribu brode avec une envie et un plaisir communicatifs, comme l'illustrent les entraînants Hore Dolom, Zora ou Moja Dusa. Une charmante découverte.



C'est ensuite au tour des Espagnols d'investir la scène devant laquelle le public, nombreux, s'amasse. Figure majeure de ce courant néoclassical, on peut s'étonner de sa position intermédiaire sur l'affiche mais, guidé par leur figure de proue, la sirène Lady Morte, les troubadours ont livré un set ensorcelant, mêlant volutes arabisantes et folklore ibérique en un tourbillon enchanteur. Bien sûr et nonobstant les qualités des autres musiciens, tous les regards sont braqués sur la chanteuse à la présence magnétique. Quand elle ne joue pas du hurdy gurdy, elle se lance dans une danse des sept voiles du plus bel effet. Les classiques du groupes émaillent une prestation solaire, de Summoning The Gods à The Sorceress, de Morgana à Yggdrasil. 


C'est enfin autour des Hongrois d'investir la scène. Quel plaisir de retrouver Agnes et Mihaly, aussi discrets que concentrés. Soutenu par une section rythmique qui dicte un tempo sombrement pulsatif, quasi chamanique, le couple tisse sa toile crépusculaire et médiévale, elle au chant et au violon, lui à la guitare et de temps à autre, derrière le micro. Armé du récent et superbe Metanoia, THE MOON AND THE NIGHTSPIRIT entraîne dans une sarabande magique un public tout acquis à sa cause. Les titres s'enchaînent (trop vite) dans une interprétation parfaite et envoûtante. Un très grand moment. 



Un grand merci aux groupes et à Ondes Noires pour cette très belle soirée !