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Soon | Urfaust - Empty Space Meditation


Date | 28/10/2016
Label | Ván Records
Genre | Black Metal

                                      

KröniK | Urfaust - Einsielder (2009)

Ván Records

Einsielder est le nouveau graal des hollandais violents d'Urfaust. Mais attention, j'en vois déjà qui s'excitent au fond de la classe, ce n'est malheureusement qu'un EP. Un de plus donc si l'on comptabilise aussi dans cette catégorie courte les divers splits gravés ces dernières années. Toutefois, Urfaust reste sans doute l'un des rares groupes au monde chez qui 20 petites minutes à peine vaudront toujours mieux que 60 chez bien d'autres ! Un EP donc mais deux titres dont le premier, dépasse la barre des dix minutes au compteur. Plus proche de la contribution du duo au récent split avec Joyless ("Unter Töchtern Der Wüste") que des incantations noires et cosmiques de Drei Rituale Jenseits Des Kosmos, ces deux compositions poursuivent de fait une évolution stylistique qui s'éloigne du rituel ambient pour accoster les terres, érodées tout de même par des vents tumultueux, d'une musique (légèrement) plus accessible. Bien entendu Urfaust demeure fidèle à ce (black) metal lancinant et hypnotique qui n'appartient qu'à lui avec cette prise de son très brute, sans affèterie, mais par exemple le chant de IX sur "IX : Einsielder" se veut plus fantomatique qu'aggressif quand bien même l'homme donne toujours l'impression de scander des mots plutôt que de prononcer de véritables paroles. De même, cette longue complainte qui confine à la transe est ornée de sons de claviers presque progressives, notamment lors des dernières mesures. Plus court, "Verderber" renoue pourtant avec les ambiances dérangeantes propre aux Bataves. Une basse branchée sur les entrailles de la terre, une guitare qui ne file jamais droit et déverse un tourbillon entêtant de notes qui dérivent dans l'espace. Et ces cris hystériques et possédés sur fond de tempo qui ne démarre jamais vraiment. Un monstre sonore qui vrille le cerveau et qui s'achève dans un fracas de riffs cacophoniques démentiels. Monumental. Deux chefs-d'oeuvre mais la question demeure toujours la même : à quand un nouvel et véritable album ? (08.08.2009) ⍖⍖⍖





KröniK | Urfaust / Joyless - Split (2009)


Lettre à Urfaust. Les mecs, je vous adore, soyez-en certains. Je vous tiens pour de véritables artistes, faisant parties des rares auteurs réussissant encore à conférer une raison d'être au black metal. Chacune de vos explorations est un monument, une bande-son rituelle qui vrille mon âme et ce qui me reste de cerveau. Seulement voilà, quand allez-vous vous décider à enfanter enfin un nouvel album, un troisième, le dernier en date remontant tout de même à 2005 (Verräterischer, Nichtswürdiger Geist) ? L'attente est interminable. Pourtant, depuis, vous n'avez pas chômé, entre un EP hallucinant (Drei Rituale Jenseits Des Kosmos) et plusieurs splits excellents. D'ailleurs, le dernier d'entre-eux, celui que vous partagez avec les Norvégiens de Joyless, repose sur une de vos composition les plus démentielles que vous ayez jamais écrites.

Comme toujours avec vous, en l'espace de six petites minutes, vous parvenez avec "Unter Töchtern Der Wüste" à donner l'impression d'étirer votre trame sur une durée double. Surtout, ce titre est gangrené par une ambiance décadente absolument grandiose. Le chant qui semble avoir été gravé pour un 45 tours passé en 33, les guitares dissonantes comme cela ne devrait pas être autorisé par la police et un tempo hypnotique constamment au bord de la rupture façonnent cette cérémonie incantatoire vertigineuse et tellement noire qu'elle renvoie dans les bacs à sable toutes les faces de goules peinturlurées à la truelle et prenant la pose dans une forêt enneigée. Avec un style qui n'appartient qu'à vous, vous ouvrez les vannes d'une folie vicieuse. Votre sens du malsain est admirable et forcément, en comparaison, la contribution de Joyless ("The Adorn Japetus"), bien que déglinguée, manque de profondeur et de cette puissance cryptique dont vous seuls êtes capable. Les habitués de ces ex-Forgotten Woods s'y retrouveront certainement...moi un peu moins et ce, en dépit d'atmosphères délicieusement délétères et qui ne filent jamais droit. Une bonne association, pas si incohérente que cela, éditée qui plus est sous un format vinyle très beau (merci Ván). Mais j'attends toujours une nouvelle offrande d'Urfaust... Hein les mecs ? (26.07.2009) ⍖⍖⍖