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KröniK | Aes Dana - Formors (2005)


Il aura donc fallu quatre ans à Aes Dana pour enfin livrer le successeur de La Chasse sauvage, première offrande attachante qui nous permis de découvrir un très bon groupe alliant avec une rare réussite Black Metal guerrier et envolées celtiques, long délai en partie imputable à la fermeture du micro label Sacral Productions. Et c'est donc assez logiquement que la troupe est allée frappé à la porte du voisin Adipocere au moment de mettre en bac ce Formors largement supérieur à son ainé autant dans la forme que dans le fond. Tout en reprenant son Celtic Pagan Black là où il l'avait laissé avec La chasse sauvage, Aes Dana a incontestablement progressé notamment en terme d'écriture et d'arrangement, les lignes de flutes se coulant par exemple avec plus de finesse au milieu de ces modelés abruptes.

Puissantes et ravageuses, ces huit nouvelles odes parviennent encore davantage que les leurs pourtant excellentes devancièresà faire cohabiter les deux visages d'une personnalité affirmée et, ce faisant, à capter la noirceur minérale d'une époque lointaine souvent fantasmée. qu'il ne vide pas de ses couleurs sombres. En outre, le groupe n'a pas cherché à mettre en jachère sa violence, bien au contraire, Formors se veut tout aussi abrasif que son prédécesseur tout en l'emportant sur celui-ci par la qualités de ses compositions. Citons déjà l'énorme "Gwaenardell", qui s'ouvre sur des notes de bombarde virvoltante avant de faire saigner les plaies d'un Art Noir ferrugineux. Son final déchainé est absolument superbe, apogée d'une oeuvre qui n'en manque pourtant pas. "Ventres noirs" séduit également par sa mélodie folklorique, véritable machine à remonter le temps vers ces temps réculés, cependant que "Les traces de la branche rouge" nous emporte d'entrée dans un tourbillon grésillant. Achevons cette litanie avec le puissant dyptique éponyme, dont la premier pan, "mer de glace et d'ombre"  adopte la forme d'un mid tempo envoûtant aux teintes hivernales, reflet du très beau visuel  habillant l'album.  Dommage que le groupe n'ai plus donné signe de vie depuis, la faute - encore une fois - à des problèmes de label qui ne devraient pas exister et empoisonner l'existence d'une formation qui, longtemps avant le folklore celtique ne redevienne à la mode, a su forger un alliage finalement des plus personnels. Gageons toutefois que sa récente signature avec trollzorn, où il retrouve ses confrères de Nydvind et Bran Barr, devrait lui permettre de faire de nouveau couler le sang des ancêtres. (18.10.2011) ⍖⍖⍖







It took Aes Dana four years to finally deliver the successor of La Chasse sauvage, the first endearing offering that allowed us to discover a very good band combining with a rare success Black Metal warrior and Celtic flights, long delay partly due to the closure of the micro label Sacral Productions. And it is therefore quite logical that the troupe went to knock on the door of the neighbour Adipocere when it came time to put in the bin this Formors, which was far superior to its predecessor both in form and content. While taking his Celtic Pagan Black back where he left it with La chasse sauvage, Aes Dana has undoubtedly made progress, particularly in terms of writing and arrangement, with the lines of flutes flowing more finely in the middle of these abrupt shapes. Powerful and devastating, these eight new odes succeed even more than their excellent predecessors in bringing together the two faces of an assertive personality and, in so doing, capturing the mineral darkness of a distant era often fantasized. that it does not empty of its dark colours. Moreover, the group did not try to fallow its violence, quite the contrary, Formors wants to be just as abrasive as its predecessor while overtaking it by the qualities of its compositions. Let us already mention the enormous "Gwaenardell", which opens with notes of virulent bombard before making the wounds of a ferruginous Black Art bleed. Its wild finale is absolutely superb, the pinnacle of a work that has no shortage of them. "Black bellies" also seduces with its folk melody, a real machine to go back in time to those past times, while "The traces of the red branch" takes us into a sizzling whirlwind. Let's finish this litany with the powerful dyptych of the same name, whose first part, "sea of ice and shade" takes the form of a bewitching mid tempo with winter tones, a reflection of the very beautiful visual dressing the album.  It's a pity that the band hasn't given any sign of life since, the fault - once again - for label problems that shouldn't exist and poison the existence of a band that, long before Celtic folklore became fashionable again, has forged a very personal blend. However, let us bet that his recent signature with trollzorn, where he meets his colleagues from Nydvind and Bran Barr, should allow him to shed the blood of his ancestors again. (18.10.2011)

KröniK | Aes Dana - La chasse sauvage (2001)


Malheureusement un peu oublié aujourd'hui, la faute à une carrière freinée par l'arrêt successif des deux labels ayant publié ses deux seules offrandes à ce jour (ceci expliquant sans doute aussi un peu cela), Aes Dana est pourtant apparu il y a une dizaine d'année comme un de nos plus valeureux druides aux côtés de Belenos, Bran Barr et Nydvind, véritable tétralogie du (celtic) Pagan Black Metal à la gauloise. Et un des plus anciens puisque que la troupe honore les temps anciens depuis 1994. Gravé en 2001, La chasse sauvage, évoquera beaucoup de souvenirs chez certains d'entre vous, ceux rattachés au défunt label Sacral Productions (dont le fondateur fut aussi à la tête de la passionnante - et tout aussi oubliée - formation Matutina, dont il faudra bien un jour reconnaître le talent si singulier) et surtout à cet Art noir mêlant avec bruit et fureur  instruments traditionnels (bombarde, flute...) et guitares abrasives, accroches celtiques et chants guerriers pour un résultat qui ravive toute la violence d'une époque reculée baignant dans le sang et la magie.

A l'instar de ses frères d'armes, Aes Dana prend soin de ne jamais diluer ses atours les plus abruptes dans des mélodies guillerettes pour festnoz à la mode. Comprendre, La chasse sauvage n'oublie jamais que ses racines s'enfoncent autant dans un lointain passé celte que dans un têtre minéral et grésillant, témoin l'épidermique et pourtant grandiose "Ethereal Visions Part II". Toute la force du groupe réside dans cet alliage ferrugineux équilibré où les influences cetliques se fondent avec finesse sans jamais voir l'air d'être de maladroites greffes, comme c'est trop souvent le cas. Efficaces et virvoltant, emportés par ces lignes de flute qui font toujours leur petit effet ("Les complaintes de Nemon" par exemple), ces titres sont agressifs, rapides (il suffit d'écouter "Le reveil de Fafnir" pour s'en convaincre), vibrant d'une puissance séculaire qui semble provenir du fond des âges. Il s'agit d'une oeuvre sombre don t les motifs bretonnants n'étouffe jamais l'extrême brutalité, symbole de temps obscurs qui ne se réduisent pas à de simpls banquets où l'on danse la gigue en se saoulant à la cervoise et au contraire lui contribuent à lui confèrer une sorte de poésie païenne ("Les chemins de Brennos"), chants de guerre autant que chants d'une terre charriant magie et mystère. Cru et tumultueux et sans aucun polissage incongru malgré ses teintes folkloriques, La chasse sauvage, riche de nombreux morceaux de bravoure ("Anwynn", "La dernière marche"...), peut juste à titre être considéré comme une des pierres angulaires du Pagan Black Metal hexagonal. A (re)découvrir. (17.10.2011) ⍖⍖⍖







Unfortunately a little forgotten today, the fault for a career hampered by the successive discontinuation of the two labels that have published their only two offerings to date (this probably explaining also a little that), Aes Dana appeared ten years ago as one of our most valiant druids alongside Belenos, Bran Barr and Nydvind, true tetralogy of the (Celtic) Pagan Black Metal in the Gallic style. And one of the oldest since the troupe has been honouring the old times since 1994. Engraved in 2001, La chasse sauvage, will bring back many memories for some of you, those attached to the late label Sacral Productions (whose founder was also at the head of the fascinating - and equally forgotten - Matutina formation, whose unique talent must one day be recognized) and especially to this Black Art mixing with noise and fury traditional instruments (bombard, flute.) and abrasive guitars, Celtic hooks and warrior songs for a result that revives all the violence of a remote era bathed in blood and magic. Like her brothers in arms, Aes Dana takes care never to dilute her most abrupt attire in cheeky melodies for fashionable festnoz. Understand, La chasse sauvage never forgets that its roots are as deep in a distant Celtic past as in a mineral and sizzling beech, witness the epidermis and yet grandiose "Ethereal Visions Part II". The group's strength lies in this balanced ferruginous alloy where the cetlique influences blend together with finesse without ever seeing the appearance of clumsy grafts, as is too often the case. Efficient and virulent, carried away by these lines of flute that always make their little effect ("Les complaintes de Nemon" for example), these tracks are aggressive, fast (just listen to "Le réveil de Fafnir" to be convinced), vibrant with a secular power that seems to come from the bottom of the ages. It is a dark work whose Breton motifs never stifle extreme brutality, a symbol of dark times that cannot be reduced to simple banquets where people dance the jig while getting drunk with cervoise and on the contrary contribute to giving it a kind of pagan poetry ("Les chemins de Brennos"), war songs as much as songs of a land carrying magic and mystery. Raw and tumultuous and without any incongruous polishing despite its folk tones, La chasse sauvage, rich in many pieces of bravery ("Anwynn", "La dernière marche"...), can rightly be considered as one of the cornerstones of the hexagonal Pagan Black Metal. To (re)discover. (17.10.2011)