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Gordon Douglas | Mara Maru (1952)


Si, quatre ans auparavant, il faisait encore illusion dans Les aventures de Don Juan (Vincent Sherman), en 1952, Errol Flynn apparait le visage déjà marqué. Il a grossi et semble peu concerné par ce qu'il tourne. Après la médiocre Taverne de la Nouvelle Orléans de William Marshall, Mara Maru demeure cependant un film d'aventures honnête, ce qu'il doit moins au comédien, fatigué et absent donc mais davantage à Gordon Douglas, lequel, grâce à un noir et blanc profond et d'habiles cadrages (les scènes finales dans l'église) distille une ambiance moite et menaçante. Sa mise en scène est efficace quand bien même le résultat est très inférieur à La maîtresse de fer tourné la même année. Ni les personnages ni le récit n'échappent aux conventions. A l'image de la tête d'affiche, tous les acteurs paraissent s'exécuter sans grand conviction et rien ne passe entre Ruth Roman (rarement enthousiasmante de toute façon) et son partenaire.
Raymond Burr n'a aucun mal à dominer l'écran même si, là aussi, il semble sous-employé. Quelques scènes sous-marines, des bagarres et une conclusion plastiquement intéressante rachètent la banalité d'un ensemble mineur mais agréable, auquel on préfère très nettement A l'abordage que Errol Flynn enchaînera sous la houlette de George Sherman. Encore de la série B mais avec le panache en plus. (vu le 08/12/18)













Norman Taurog | Un pitre au pensionnat (1955)


Après, notamment, Parachutiste malgré lui ou Le cabotin et son compère, Dean Martin et Jerry Lewis retrouvent à l'occasion d'Un pitre au pensionnat un de leurs réalisateurs réguliers, le vétéran de la comédie Norman Taurog pour un résultat franchement jubilatoire, rencontre entre le slaptick et la comédie policière. Habillée d'un technicolor rutilant, l'oeuvre est soignée et Raymond Burr compose un méchant idéal. Et puis, il faut voir Jerry Lewis se faire passer pour un gamin de douze ans face à des jeunes filles crédules qui ne percent à aucun moment la supercherie. De là, une avalanche de gags et de situations aux nombreux sous-entendus érotiques. L'acteur y montre l'étendu d'un talent superbement chorégraphié qu'il élève au rang d'art, loin du simple clown auquel ceux qui ne l'ont jamais vu, aiment à le réduire.
Paradoxalement, le tandem entre donc dans l'âge adulte par le biais de cette production dans la grande tradition comique américaine. Artistes et modèles et surtout Un vrai cinglé de cinéma, qui mettra un terme à la collaboration entre les deux comédiens, confirmeront cette maturité enfin acquise. (Vu le 14/07/2018)