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Mikhail Kalatozov | La tente rouge (1969)
























Dernier film de Mikhail Kalatozov, La tente rouge est une oeuvre décevante, production soviéto-italienne trop longue et dont le rythme assez lent la cloue au sol. Malgré - ou à cause - de sa brillante distribution internationale dominée par Peter Finch, le métrage pèche par manque d'authenticité, ce que renforce la partition reconnaissable entre mille du maestro Morricone, très belle au demeurant.

John Boorman | Zardoz (1974)


Je me souviens avoir découvert Zardoz quand j'étais môme, à la télévision, diffusé en première partie de soirée sur FR3, chose impensable aujourd'hui ! S'il peut paraître tout aussi étonnant que la Fox, un grand studio, ait produit un film aussi invendable, c'est oublier que nous sommes alors en plein dans les années 70, décennie riche en pellicules d'anticipation et en cinéma "autre". Mais l'oeuvre de Boorman n'a en réalité pas grand chose en commun avec les Soleil Vert et autre THX 1138. Chez le Britannique, la SF sert de prétexte à élaborer un récit philosophique qui fonctionne par l'allégorie. Après avoir culminé dans le réalisme brutal avec Délivrance, le réalisateur inaugure avec Zardoz un corpus poétique et fantasmagorique dans lequel Le seigneur des anneaux qui voulait adapter, aurait eu toute sa place.
Moqué pour ses effets spéciaux, la tenue de Sean Connery et son esthétisme un peu Flower Power, par certains qui le considèrent comme un nanar ridicule, Zardoz propose pourtant un univers extrêmement élaboré, totalitaire et sexuellement refoulé,  qui pioche chez Le magicien d'Oz bien entendu mais aussi dans le Metropolis de Fritz Land voire chez H.G. Wells et Sa machine à explorer le temps. Abstrait et irréel, le film fascine autant qu'il intrigue et reste une oeuvre forte grâce à la puissance de son imaginaire et des choix artistiques de John Boorman. Inclassable. (Vu le 21/04/2018 / Source : DVD)
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Cy Endfield | Train d'enfer (1957)


Sous ses dehors de film noir où des camionneurs s'affrontent dans une compétition effrénée et meurtrière, Train d'enfer témoigne de la mutation, à l'instar des Criminels (Joseph Losey - 1960) ou de Amant et fils (Jack Cardiff - 1960), que connait alors le cinéma britannique qui, tout en respectant certaines conventions se nourrit de plus en plus d'un naturalisme social, annonçant la nouvelle vague anglaise des Karel Reisz et autre Tony Richardson. Ancré dans une Angleterre boueuse et sinistre, le film illustre la condition difficile de ces chauffeurs chargés de transporter du ballast selon un incessant et quotidien va-et-vient parfois au péril de leur vie. Aliénés, ils forment néanmoins une communauté qu'un élément étranger va venir perturber. Interprété par Stanley Baker avec ce mélange de virilité rugueuse et de sensibilité qui lui est propre, on ne sait pas grand chose de ce dernier si ce n'est qu'il sort de prison.
Si la première partie du récit nous le montre en train de dompter une de ces mécaniques infernales et de pénétrer cet univers clos et masculin où les femmes sont réduites à une discrète fille de salle et une beauté qui cherche à s'élever de sa condition en séduisant les hommes, très vite Hell Drivers s'articule autour de sa rivalité paroxysmique avec Red, le chef de la bande. Si on peut regretter une critique sociale encore timide et certains personnages et situation caricaturaux, le résultat s'avère brutal et puissant, conduit par Cy Enfield (Zoulou) avec toute la sèche efficacité nécessaire. Il convient enfin de souligner une brillante distribution que peuplent nombre de jeunes comédiens promis à devenir célèbre, de Patrick MacGoohan à Sean Connery en passant par David MacCallum, aux côté d'Herbert Lom et de Peggy Cummins, blonde épicée et sexuelle, immortalisée par Le démon des armes (Joseph H. Lewis - 1950). (Vu le 19/03/2018 / Source : DVD)