Si le polar américain a parfois adopté les codes du western, que l'on songe aux Inconnus dans la ville (Richard Fleischer - 1955) et surtout à Un homme est passé (John Sturges - 1955), l'inverse est également vrai.
AU PIF
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Jacques Tourneur | They All Come Out (1939)
Modeste série B de 70 minutes à peine, They All Come Out n'en demeure pas moins intéressant en cela qu'il témoigne de la capacité de Jacques Tourneur dont il s'agit d'un des premiers films, de tirer le meilleur d'un sujet imposé. Au départ, il s'agit d'un moyen métrage commandé par le Ministère de la Justice, justifiant la précision documentaire dans sa peinture sans fard du système carcéral américain dont il vante la réussite dans la réhabilitation des prisonniers. Mais l'objet se double également d'un honnête film noir qu'animent des personnages bien écrits et campés par des comédiens peu connus (hormis Tom Neal, Charles Lane et George Tobias) mais impeccables. Il nous fait même regretter que Rita Johnson n'ait pas eu une carrière plus étoffée. Loin bien entendu des grandes réussites à venir (La féline, Vaudou etc...), They All Come Out démontre que cette partie obscure de la filmographie de Tourneur mérite qu'on l'a (re)découvre. (vu le 28/11/2018)
Raoul Walsh | The Strawberry Blonde (1941)
C'était un temps où les réalisateurs pouvaient enfiler plusieurs films sur une même année. Ainsi en 1941 ce n'est pas moins de quatre métrages (!) que Raoul Walsh réalisera : High Sierra, la charge fantastique, L'entraîneuse fatale et The Strawberry Blonde.
Howard Hawks | Air Force (1943)
S'il s'inscrit pleinement dans le pur cinéma de propagande qui fleurit alors sur les écrans américains dans le sillage de l'attaque de Pearl Harbor par les Japonais, laquelle déclencha l'entrée des Etats-Unis dans le second conflit mondial, Air Force n'en demeure pas moins un grand film de guerre tout court. Pourtant celle-ci n'apparaît quasiment pas sur la pellicule, reléguée en arrière-plan et réduite à quelques combats. Car, oeuvre de commande peut-être, le film porte toutefois l'incontestable marque de son réalisateur. Howard Hawsk est le cinéaste du huis-clos, de l'attente, ce qui lui dicte une première partie presque circonscrite aux entrailles de cette forteresse volante où les protagonistes attendent, laissant les caractères de chacun se dessiner.
De plus chez Hawks, le groupe l'emporte sur les individus. Si ceux-ci, échantillons de la population américaine, sont bien définis, ils s'effacent dans un ensemble, à l'image de cette très belle scène en forme de veillée funèbre qui voit les héros se rassembler autour de leur capitaine au moment où il va mourir. Sobriété et absence totale de pathos caractérisent ce cinéma filmé à hauteur d'hommes, dimension humaine quasi intimiste parfaitement symbolisé par un casting sans vedettes. John Garfield, Arthur Kennedy et l'immense Harry Carey n'en sont pas moins formidables.
De plus chez Hawks, le groupe l'emporte sur les individus. Si ceux-ci, échantillons de la population américaine, sont bien définis, ils s'effacent dans un ensemble, à l'image de cette très belle scène en forme de veillée funèbre qui voit les héros se rassembler autour de leur capitaine au moment où il va mourir. Sobriété et absence totale de pathos caractérisent ce cinéma filmé à hauteur d'hommes, dimension humaine quasi intimiste parfaitement symbolisé par un casting sans vedettes. John Garfield, Arthur Kennedy et l'immense Harry Carey n'en sont pas moins formidables.
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