Après If... (1968) puis Le meilleur des mondes possibles (1973), Britannia Hospital est le dernier volet d'une trilogie iconoclaste écrite par David Sherwin, réalisée par Lindsay Anderson et dont le personnage principal, Mick Travs, immortalisé par Malcolm McDowell, agit comme le révélateur des maux qui gangrènent la société britannique. Ici le microcosme hospitalier symbolise une Angleterre malade dont le film n'épargne aucun des composants, tapant aussi bien dans les syndicalistes, les révolutionnaires que dans la famille royale et l'aristocratie incarnée par un vieux nabot. Mais peut-être parce que McDowell y est moins présent, Britannia Hospital ne possède pas la force de ses devanciers, troquant les expérimentions d'un langage cinématographique libéré de son carcan à la seule verve contestataire. Le résultat est cynique, visionnaire dans son message mais sans grandes idées de cinéma...
AU PIF
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Lindsay Anderson | Le meilleur des mondes possibles (1973)
Si l'on veut vraiment connaître Malcolm McDowell, c'est Le meilleur des mondes possibles qu'il faut voir. Le film est tourné autour de lui et quasiment fait par lui puisqu'il en a inspiré le récit. Il est presque de tous les plans. Pour l'occasion, il retrouve le théoricien du Free cinema, Lindsay Anderson. Entre les deux, la complicité est évidente. Il retrouve aussi le personnage de Mick Travis qu'il a créé pour If... dont une bonne partie des comédies (Peter Jeffrey, Arthur Lowe, Chrstine Noonan, Graham Crowden...) peuplent O Lucky Man ! Le fait que chacun d'entre eux, comme tous les autres acteurs (sauf McDowell), campent plusieurs rôles participent de cette impression d'avoir à faire à un film dans un film, comme le suggère la fin où Mick Travis (à moins que cela ne soit Malcolm lui-même) passe une audition pour interpréter Mick Travis (!) sous la direction de Anderson.
Il est étonnant de voir aussi comment le métrage se nourrit d'Orange mécanique que l'Anglais vient de tourner, en piochant dans son casting (Warren Clarke, Philip Stone) ou en détournant les scènes où Alex sert de cobaye. Au grès des aventures picaresques de ce Candide d'un nouveau temps et d'un nouveau genre, le regard halluciné et le sourire au coin des lèvres, le film tisse un portrait sans fard de l'Angleterre des années, tirant à boulets rouges sur la justice, l'armée, l'Eglise, la science... On rit souvent (jaune) face à ce O Lucky Man qui manie aussi bien le non-sens que le vitriol, rythmé par la musique de Alan Price (The Animals) dont les interventions agissent à la manière d'un choeur antique. | IMDb
Il est étonnant de voir aussi comment le métrage se nourrit d'Orange mécanique que l'Anglais vient de tourner, en piochant dans son casting (Warren Clarke, Philip Stone) ou en détournant les scènes où Alex sert de cobaye. Au grès des aventures picaresques de ce Candide d'un nouveau temps et d'un nouveau genre, le regard halluciné et le sourire au coin des lèvres, le film tisse un portrait sans fard de l'Angleterre des années, tirant à boulets rouges sur la justice, l'armée, l'Eglise, la science... On rit souvent (jaune) face à ce O Lucky Man qui manie aussi bien le non-sens que le vitriol, rythmé par la musique de Alan Price (The Animals) dont les interventions agissent à la manière d'un choeur antique. | IMDb
Lindsay Anderson | If... (1968)
Trois ans avant Orange mécanique, il y eu pour Malcolm McDowell ce If... grâce auquel Stanley Kubrick l'a d'ailleurs repéré pour le futur rôle d'Alex DeLarge. Palme d'or à Cannes en 1969 (dont le jury aura su apprécier l'hommage final au Zéro de conduite de Jean Vigo), on comprend aisément pourquoi en ces temps de contestation et de révolution étudiante. Peinture au vitriol de l'institution scolaire britannique, le film de Lindsay Anderson ne manque pas d'égratigner d'autres piliers de la société anglaise, que ce soit l'armée ou l'Eglise cependant que la sexualité et ses tabous ne sont pas plus épargnés. If... commence comme la simple illustration de la vie d'un collège britannique où, entre les études, le sport, la cantine, se multiplient brimades, humiliation et punition.
Mais très vite, la forme se veut expérimentale, symbole d'un cinéma libre dont Anderson est un des artisans les plus emblématiques avec Karel Reisz et Tony Richardson, alternant, d'une scène à l'autre, la couleur et le noir et blanc, ce qui accentue le caractère poétique de l'ensemble. Peu à peu, le récit glisse de la contestation à la révolte, de la farce à la violence, au fur à mesure que les antagonismes se dessinent et que la trame se resserre autour d'un trio d'élèves anticonformistes, mené par McDowell. Dans la peau de Mick Travis, il impose déjà sa présence entre insolence et ironie. L'entente entre le réalisateur et le comédien est telle que deux autres films mettront en scène ce personnage, Le meilleur des mondes possibles (197) puis Britannia Hospital (1982) | IMDb
Mais très vite, la forme se veut expérimentale, symbole d'un cinéma libre dont Anderson est un des artisans les plus emblématiques avec Karel Reisz et Tony Richardson, alternant, d'une scène à l'autre, la couleur et le noir et blanc, ce qui accentue le caractère poétique de l'ensemble. Peu à peu, le récit glisse de la contestation à la révolte, de la farce à la violence, au fur à mesure que les antagonismes se dessinent et que la trame se resserre autour d'un trio d'élèves anticonformistes, mené par McDowell. Dans la peau de Mick Travis, il impose déjà sa présence entre insolence et ironie. L'entente entre le réalisateur et le comédien est telle que deux autres films mettront en scène ce personnage, Le meilleur des mondes possibles (197) puis Britannia Hospital (1982) | IMDb
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