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Wayward Sons | The Truth Ain't What It Used To Be (2019)



















Alors que le biopic "Bohemian Rhapsody" a illustré que l'héritage de Queen demeure toujours aussi vivace même 28 ans après la mort de Freddie Mercuy, Wayward Sons tombe à pic pour nous rappeler que le (hard) rock british, classieux et racé, a encore des choses à proposer. Et des bonnes.

Edge Of Paradise | Universe (2019)



















S'il serait exagéré de prétendre que Edge Of Paradise nous manquait - nonobstant le souvenir aussi vague que sympathique laissé par "Immortal Waltz", sa deuxième cuvée publiée en 2015- , c'est néanmoins avec un plaisir certain que nous nous penchons quatre ans plus tard sur ce "Universe" qui scelle l'alliance entre Frontiers Records et les Californiens.

Spirits Of Fire | S/T (2019)



















Depuis qu'il a remplacé Rob Halford au sein de Judas Priest, puis Matt Barlow chez Iced Earth, Tim "Ripper" Owens mène une carrière un peu difficile à suivre. Un jour, il joue les faire-valoir aux côtés de l'ex-virtuose suédois Yngwie Malmsteen, le temps du très bon "Perpetual Flame" et "Relentless" (qui l'est nettement moins), un autre, on le retrouve en solo, sous son propre nom, sans compter les nombreuses collaborations qui n'ont, pour l'instant, jamais vraiment franchi les portes d'un studio d'enregistrement (Tourniquet).

Ardours | Last Place On earth (2019)



















Ardours est un nom qui ne vous dira sans doute rien. Cela n'est pas surprenant puisque "Last Place On Earth" se présente comme sa carte de visite.

Two Of A Kind | Rise (2018)



















Auteur d’un premier effort séduisant, enfanté il y a déjà onze années, nous avions (presque) oublié l’existence de Two A Of Kind mais pas toutefois la beauté des lignes vocales de sa paire de chanteuses, Esther Brouns et Anita Craenmehr dont la complicité ensorcelante a rappelé avec bonheur aux amoureux d’un A.O.R. fardé de voix féminines les heures dorées du Heart des sœurs Wilson.

Trillium | Tectonic (2018)



















Si tous les amoureux du metal symphonique gainé de chant féminin la connaissent bien, il n'en demeure pas moins qu'Amanda Somerville pouvait rêver mieux qu'une carrière qui lui a certes permis de se frotter à la crème du power metal européen (de Avantasia à After Forever, de Edguy à Epica, la liste de ses aventures donne le vertige) mais l'a trop limitée à un rôle de guest de luxe, elle qui reste pourtant une influence majeure pour toutes les Castafiore du genre.

KröniK | Robin Beck - Love Is Coming (2017)


Moins exposée que d'autres déesses qui, comme elle, ont tapissé les chambres des jeunes hardos à la fin des années 80, Robin Beck a cartonné dans les charts en 1989 grâce à "Trouble Or Nothin'" produit par Desmond Child, compositeur alors incontournable pour Kiss, Aerosmith ou encore Bonnie Tyler, après avoir incarné un an plus tôt le visage de la marque Coca-Cola à travers le clip de son tube 'First Time'. Quand bien même elle n'a jamais vraiment déserté les bacs des disquaires, nous sommes toutefois un peu surpris de voir Robin débarquer le bustier rempli de nouvelles chansons.
Qu'espérer néanmoins de cette princesse du hard mélodique en cette fin d'année 2017 ? Peu de choses, argueront peut-être ceux qui ne voient en elle que le vestige - toujours séduisant – d'un rock classieux mâtiné d'AOR. Pourtant, "Love is Coming" témoigne que la belle n'a pas encore dit son dernier mot, loin s'en faut ! Embarquant pour son voyage son mari James Christian, plus connu comme chanteur de House Of Lords, et le songwriter Clif Magness, la New-yorkaise signe un album étonnamment addictif, (forcément) taillé pour des ondes américaines qu'il a pourtant peu de chances d'envahir. Il y a trente ans, cette rondelle aurait enflammé MTV. Aujourd'hui, elle n'intéressera que les fidèles de Frontiers Records, refuge des anciens seigneurs du hard mélo et ceux qui n'ont pas oublié sa moue et surtout sa voix légèrement éraillée. "Love Is Coming" leur donne raison avec son cortège de tubes en puissance. On peut même avancer sans trop de risques qu'il s'agit de sa meilleure offrande depuis "Livin' On A Dream" (2007), bien plus convaincante dans tous les cas que ses récentes devancières, "The Great Escape" et "Underneath", respectivement gravées en 2011 et 2013. En un déhanchement suave, son menu balance entre cartouches musclées et respirations sucrées. Si nous lui savons gré de ne pas avoir trop versé dans le sirop, n'oubliant à aucun moment ses racines rock, c'est pourtant le poignant 'In These Eyes', ballade déchirante, qui offre à son interprète la plus belle rampe de lancement vers les étoiles. Plus anecdotiques quoique ravissants se veulent en revanche les téléphonés 'If You Only Knew', 'Here I Am' ou 'Warrior' lesquels, positionnés en fin de parcours, tendent à ramollir un ensemble dont la première moitié se révèle énergisante. Le lourd et ensoleillé 'Island', qui amorce l'écoute sur des rails solides, 'On the Bright Side', certes un peu daté mais qui se suce comme une friandise acidulée dont le goût est relevé par le chant puissant de notre hôtesse de charme, le chaloupé 'Me Just Being Me' ou 'On To Something' dont le registre plus émotionnel est l'écrin velouté de cette voix chaleureuse, émaillent ce "Love Is Coming" qui pioche enfin dans ce 'Crave The Touch' aux motifs sombres et modernes une de ses plus belles pièces, qui nous fait dire que l'Américaine ne se montrerait pas moins inspirée en quittant davantage la route tracée par ce hard mélodique anachronique mais lumineux. Ceci étant, Robin Beck nous surprend très agréablement avec un disque souvent accrocheur, moins sirupeux que prévu. 3/5 (21/11/2017)






KröniK | The Ferrymen - S/T (2017)


En attendant un nouvel opus de Rainbow, il y a encore un an hautement improbable mais aujourd'hui envisageable, son taciturne leader prenant un évident plaisir à revisiter sur scène le répertoire de l'Arc-en-Ciel et du Poupre Profond. Ronnie Romero profite de l'exposition que lui confère le fait d'évoluer désormais aux côtés d'un musicien aussi prestigieux que Ritchie Blackmore pour grossir son carnet d'adresses autrefois circonscrit à l'Espagne.
Si on ignore l'origine de ce montage international, The Ferrymen le voit ainsi s'associer au multi-instrumentiste suédois Magnus Karlsson au pedigree gros comme le bottin (Kiske/Sommerville, Primal Fear, Bob Catley entre beaucoup d'autres) et le mercenaire américain de la batterie Mike Terrana au tableau de chasse plus étoffé encore. Il y a quinze ans, à l'époque où on ne jurait que par le power metal, le fruit de leurs ébats aurait cartonné. En 2017, l'écoute, somme toute agréable, de ce galop d'essai éponyme ne peut se départir d'une impression tenace de déjà-entendu. Lancé sur des rails qu'il ne quittera à aucun moment, cet album enquille les mélodies téléphonées forgées dans les aciéries d'Outre-Rhin, que seul le chant puissant de Romero sauve de l'ennui. Ce jugement peut paraître sévère mais on attendait quand même mieux d'une addition de talents que ce disque tiède, ressemblant à mille autres jusque dans le titre de ses chansons. Eu égard aux musiciens chevronnés en présence, l'ensemble bénéficie d'un emballage impeccable et d'une interprétation ad hoc mais cela ne saurait suffire à l'extraire du tout-venant.  'End Of The Road', amorce pesante où le chanteur de Rainbow peut rugir avec panache, 'Fool You All' sabré de zébrures malmsteeniennes, la ballade obligée 'One Heart' sans oublier 'Welcome To My Snow' surnagent dans un menu bloqué vers les années 80.  Le reptilien 'The Darkest Hour' illustre toutefois que le trio serait inspiré de creuser davantage le sombre sillon d'un heavy plombé plutôt que de galoper à travers les terres lessivées d'un speed power metal fatigué. Sans Ronnie Romero qui lui impulse son énergie ravageuse, il est permis de se demander si cet album ne serait pas totalement passé inaperçu. Reste à savoir maintenant si The Ferrymen survivra à cette carte de visite aussi efficace que dénuée de personnalité, qui devrait néanmoins séduire les amateurs du genre qui s'y sentiront à l'aise comme dans de vieilles et confortables pantoufles. 2.5/5 (11/09/2017)






KröniK | Glenn Hughes - Resonate (2016)


Le temps, les années qui passent, semblent n'avoir aucune prise sur Glenn Hughes dont la voix n'a rien perdu de sa puissance, source inépuisable de frissons, contrairement à celles de maints autres chanteurs de sa génération aujourd'hui souvent à la peine, sauvant les meubles en studio mais incapables d'assurer sur scène.
Mieux, après une décennie, les eighties où il ne fut que l'ombre de lui-même, esclave de la cocaïne, réduit à faire des backing vocals chez ceux qui se souviennent alors encore de lui, il est permis d'affirmer que le bassiste au timbre de feu connaît depuis la fin des années 90, plus qu'une seconde vie, ce qui est tout simplement son apogée artistique, multipliant albums solo de grande classe ("Soul Mover", "Music For The Divine"...) et collaborations orgasmiques (Black Country Communion, California Breed etc...). Même si, pour beaucoup, il restera éternellement associé à ses pourtant éphémères passages chez Trapeze et surtout Deep Purple. Alors qu'il avait délaissé sa carrière en solitaire depuis 2008 et "First Underground Nuclear Kitchen", après l'avoir abondamment et régulièrement enrichie depuis "From Now On" (1993), pour se concentrer sur les super-groupes cités plus haut, "Resonate" marque le retour de cette légende vivante sous propre nom. Et encore une fois, nous ne saurions bouder notre plaisir face à ce témoignage supplémentaire de la forme insolente qu'affiche toujours le bonhomme malgré ses soixante-quatre ans au compteur. De fait, quand nombre de vétérans s'enlisent dans une musique d'un autre âge ou serrent le frein à main pour se promener tranquillement sur un terrain plus posé voire acoustique, Glenn Hughes demeure fidèle à lui-même et à ce rock ni poussiéreux ni mou de la douille, aussi puissant qu'intemporel. Si son prédécesseur portait bien son nom, acronyme du mot "funk", ce nouvel opus démarre quant à lui sur le tout aussi justement nommé 'Heavy', manière d'affirmer d'emblée que son géniteur est encore loin de sucrer les fraises. Reste que cette dureté de trait est toutefois enrobée d'atours moelleux grâce à ces vocalises riches de nuances, tour à tour haut perchées ou plus funky. Tout du long, de 'My Town' à 'God Of Money', cette lourdeur plombée que nimbent des claviers humides et chaleureux confère à "Resonate" ce socle épais qui fait de lui une des offrandes les plus heavy justement de Glenn Hughes en solo, sans pour autant affoler le compteur Geiger comme a pu le faire le "Fused" (2005) qui l'associait au jeu tellurique de Tony Iommi. Quoiqu'épaulé par un groupe entièrement acquis à sa cause, que composent le guitariste et producteur danois Søren Andersen, le claviériste australien Lachlan Doley et le batteur suédois Pontus Engbourg, lequel laisse son kit à l'ami Chad Smith (Red Hot Chili Peppers) le temps de deux titres, musiciens que Glenn ne muselle jamais, comme le prouvent ces soli racés ('Flow') ou ces orgies de claviers échappées des années 70 ('Steady'), ce sont bien sa basse vrombissante et sa voix inimitable qui se bonifie comme le bon vin, qui alimentent ces concentrés d'énergie tous plus imparables les uns que les autres, riches de belles nuances, souvent colorées ('Landmines'), énergiques toujours et dont la puissance trapue ne les exonère ni d'une forme de beauté, à l'image du soyeux 'When I Fall', ni en émotions. Démarrant sur les chapeaux de roue, plus l'album avance, plus il dévoile ses courbes les plus veloutées ('Long Time Gone'). Il s'agit donc encore une fois d'une belle réussite à mettre l'actif de Glenn Hughes, moins funk, plus heavy mais toujours positif et touché par le Divin. (2016) | Facebook







KröniK | Lords Of Black - II (2016)


Il ne fait aucun doute que, si son chanteur, ne participait pas à la résurrection du grand Rainbow, le temps de trois concerts durant l'été 2016 et dont on espère qu'ils ne seront que le prélude à une réconciliation durable entre Ritchie Blackmore et la cause électrique qu'il a déserté depuis trop longtemps (ceci est une autre histoire), Lords Of Black ne bénéficierait pas aujourd'hui ni de la même exposition ni probablement du soutien de Frontiers Records, actuelle maison de disques de l'Homme en noir qui édite son deuxième album. Non pas que ce groupe espagnol soit mauvais, bien au contraire, cependant son premier effort n'ayant pas laissé un souvenir indélébile dans les mémoires, son successeur aurait alors certainement, sans cette publicité bienvenue, suivi un chemin identique. Mais, nombreux sont ceux à se demander qui est donc ce Ronnie Romero, presque inconnu en dehors de sa cage d'escalier que le ténébreux guitariste a préféré à ses anciens comparses pourtant tous disponibles. Ceci étant, il nous avait déjà fait le coup en 1995 en recrutant le peu connu Doogie White alors que Joe Lynn Turner était prêt à remettre le couvert. Si une vidéo dévoilant le chanteur en train de se frotter, non sans puissance et talent, au classique 'Stormbringer', a de suite rassuré les plus septiques, n'allez toutefois pas croire que Lords Of Black trempe son manche dans une palette aux couleurs pourpre ou arc-en-ciel. Quoique que traditionnel, sa musique creuse avant tout le sillon d'un power metal comme en usinent les aciéries scandinaves ou d'Outre-Rhin, sombrement mélodique et vaguement progressif, ancrage confirmé par la présence derrière la console du bassiste de Helloween, Roland Grapow, responsable de la prise de son, du mixage et du mastering de cet album sobrement baptisé "II". Si, à l'image de sa pochette et du nom de ses auteurs,  il ne respire pas vraiment l'originalité, au moins l'ensemble se montre-t-il d'une efficacité à toute épreuve, rempli de cavalcades de guitares, de claviers et piano aux teintes ténébreuses et de vocalises haut perchées. Passée l'intro de rigueur, le menu aligne un premier front de titres solides à défaut d'être exceptionnels. Malgré un air tenace de déjà-entendu, force est d'admettre que "Merciless', 'Only One Life Away' ou 'Everything You're Not' creusent de profonds stigmates dans la mémoire, hymnes irrésistibles taillés pour la scène que propulse l'organe de feu de Ronnie Romero vers lequel nos pavillons sont forcément braqués. Bien que son timbre puisse en rappeler d'autres (en vrac le Jorne Lande de la grande époque, Pasi Rantanen de Thunderstone...), le bonhomme nous régale et sauve à coup sûr ces compositions de la banalité et ce, nonobstant les interventions acérées du guitariste (et co producteur) Tony Hernando. Dommage en revanche que l'écoute traîne quelque peu en longueur, la faute à une seconde partie moins mémorable, qui s'essouffle. Du haut de ses neuf (interminables) minutes au compteur, 'Ghost Of You' démontre ainsi qu'un format court, plus resserré, sied au contraire davantage aux Espagnols. Reste néanmoins un album robuste et (très) bien fait qui devrait sans peine emporter l'adhésion des amateurs de heavy metal épique aux entournures. La reformation de Rainbow ne durera probablement pas mais elle nous aura au moins permis de découvrir un bon groupe et un chanteur au potentiel énorme. 3,5/5 (2016)


                                   

Voodoo Hill | Waterfall (2015)


De tous les projets auxquels Glenn Hughues a prêté sa voix, Voodoo Hill demeure sans doute un des moins exposés. Ce qui est d'autant plus dommage que sa collaboration avec Dario Mollo, guitariste aussi talentueux que sous-estimé, a donné naissance entre 2000 et 2004 à deux albums solides sans être incontournables, dont le premier et éponyme qui comprenait notamment une énergique reprise du Deep Purple Mark III, 'The Gypsy', pierre précieuse extraite de "Stormbringer", l'un des trois disques que le bassiste a gravé avec les Anglais et d'ailleurs celui où son influence est la plus visible. Après avoir ressuscité, il y a trois ans, The Cage, le groupe qu'il anime avec l'ex-chanteur de Black Sabbath, le tout aussi sous-estimé Tony Martin et le mercenaire de la quatre cordes, Tony Franklin, Mollo s'associe de nouveau à l'ancien Purple. "Waterfall" est le fruit de ces retrouvailles. Si l'on préfère bien entendu lorsque le chanteur pose sa voix miraculeusement intacte après toutes ces années sur la musique composée par Tony Iommi  ou par le trop éphémère Black Country Communion, ne boudons pas notre plaisir à l'écoute de cet opus émaillé de bonnes compositions, lesquelles nous permettent encore une fois de goûter au timbre magique du dinosaure ('Waterfall'), ce qui n'a pas de prix. Bénéficiant d'une prise de son plus puissante que ses devancières, cette troisième rondelle s'inscrit toutefois dans leur sillage, comme si rien n'avait changé depuis dix ans. Voire depuis plus longtemps encore, en ce sens où le guitariste semble être resté bloqué dans une faille temporelle, celles des années 70 et 80, ce dont on ne se plaindra pas. Disciple de l'école Blackmore, l'homme est attaché à un hard rock à l'ancienne racé et mélodique, comme l'illustre l'énorme (le meilleur du lot et de loin) 'Underneath And Down Below' qui convoque lors d'une partie instrumentale du feu de dieu, le fantôme de Rainbow et du Malmsteen de la grande époque. Son art se révèle cependant plus heavy que celui forgé par Ritchie. Héritier également de Tony Iommi, Dario aime mouliner des riffs bien lourds dans la tradition du gaucher ('Eldorado', Karma Go'). Mais, ne possédant ni le génie ni l'inspiration de ses deux muses, l'écriture de l'Italien se cantonne malheureusement à la série B, ce qui n'est pas péjoratif. Bref, c'est bien fait, ça s'écoute agréablement, même si certains titres pèchent par leurs traits inodores ('All That Remains'), sans pour autant marquer durablement les esprits. Bon disque au demeurant, théâtre de belles lignes de guitare et de chant, "Waterfall" ne devrait toutefois pas modifier la réputation, mineure bien que carrée et  généreuse, de Voodoo Hill. (2015)


                                     

KröniK | Y&T - Facemelter (2010)


Rien n’est jamais terminé. Ce n’est pas Y & T qui dira le contraire. Entamant sa carrière au milieu des années 70 sous le patronyme de Yesterday and Today, le groupe californien connait son heure de gloire lors de la décennie suivante avec une triplette d’albums légendaires (Earthskaker, Black Tiger et Mean Streak) qui lui permettent d’imposer son hard rock plein de feeling ni glam ni outrageux, avant de tout doucement décliner en choisissant de ramollir sa musique. En 1991, c’est la séparation, suivie de deux reformations, la première en 1995, éphémère et sans grand éclat, la seconde en 2001, matérialisée depuis par plusieurs tournées, des recueils de morceaux rares et un Dvd. Le groupe a tout connu, le succès, l’indifférence et désormais, à l’image de nombre d’autres formations de classic-rock, la fin du purgatoire en bénéficiant de l’intérêt mâtiné de nostalgie pour les dinosaures chez les fans du vieux continent notamment. Ce que l'on peut comprendre, car on en vient parfois à regretter cette époque lointaine où étaient privilégiées les bonnes mélodies, le son propre, les constructions simples. C’est pourquoi nous attendions, sans plus trop y croire, un nouvel opus des Américains. Les concerts, c’est bien, mais nous commencions à avoir soif de nouvelles compositions. Première galette depuis le sinistre Endangered Species (1997), Facemelter vient donc enfin combler ce vide discographique. Malgré la qualité des performances scéniques offertes par les musiciens et le talent intact du grand Dave Meniketti (chant, guitare), cette douzième cuvée est-elle pour autant à la hauteur des attentes ? La pochette, d’une laideur indigne du groupe, et la banalité des noms de certaines chansons ("Wild Child", "If You Want Me"…) ne sont heureusement pas révélatrices de la teneur de celles-ci. Inutile de tourner autour du pot plus longtemps : Facemelter se pose comme ce que Y & T a livré de plus convaincant depuis très longtemps. Depuis Ten ? Certainement. Depuis Mean Streak ? Peut-être bien. Dès l’efficace "On With The Show", que précède une intro comme au temps de Black Tiger avec "From The Moon" et "Open Fire", les poils se dressent sur les bras. Chanteur et guitariste mésestimé, Meniketti y apparaît plus en forme que jamais. Son solo vitaminé est superbe et digne de l’apogée de son groupe. Quasiment tous les titres sont des hymnes potentiels, riches de refrains à chantonner sous la douche pour ceux qui se lavent, de mélodies aux petits oignons et de soli racés gorgés de chaleur et de feeling. Comment résister à des perles telles que "How Long", au rythme plutôt lourd, "Shine On", "Wild Child", le dynamique "I’m Coming Home", le véloce "Blind Patriot". Les tempos assez lents sont superbes, comme le démontrent "Don’t Bring Me Down", "Gonna Go Blind", émaillé par les interventions chatoyantes du guitariste, ou bien "Losing My Mind". Comme toujours, l'exploration d'un registre plus émotionnel, exercice qui a toujours réussi au groupe, est rare mais bon, incarné par "If You Want Me". Toutefois, en dépit de la très bonne tenue de Facemelter, il est cependant permis de douter qu’il suffise à ses auteurs pour renouer avec le succès d’antan. En Europe peut-être, mais sur leur territoire, c’est moins probable. Aujourd’hui, cette musique ne fait plus recette là-bas. Qu’importe: fort d’un line-up solide, soudé et qui prend un évident plaisir à jouer, Y & T se fend de l’album que les fans espéraient : du grand hard rock, légèrement bluesy, enrichi de cette touche si particulière, qui doit beaucoup à la voix chaleureuse et reconnaissable entre mille de son meneur d'hommes. Un retour dans les bacs réussi. 4/5 (2010)