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Bat - Axestasy (2019)



















Quand deux mecs de Municipal Waste, Nick Poulos (guitares) et Ryan Waste (basse) s'associent avec un vétéran de la scène hardcore/thrash des années 80, soit l'ancien batteur de D.R.I. Felix Griffin, afin de lutiner un bon vieux heavy speed des familles, cela donne Bat. Tout simplement. Les gars n'ont d'autre prétention que de se faire plaisir en ramonant un (sous) genre aussi anachronique qu'indémodable.

Soon | Culte des Ghoules - Sinister (23.09.18)




KröniK | Midnight - Sweet Death Ecstasy (2017)


Athenar n'est pas le genre de musicien que nous surprendrons un jour en flagrant délit d'évolution. Avec Midnight, qui se confond avec sa personne, il rumine depuis quinze ans un black metal primaire immuable, biberonné au speed façon Motörhead. Pourtant, l'homme s'avère moins rétrograde que ce que laissent supposer le contenant et le contenu de "Satanic Royalty" puis "No Mercy For Mayhem", deux méfaits qui lui ont permis de se tailler une réputation quasi culte au sein de l'underground, terrain préparé par une multitude de démos crachées avec la frénésie d'un diarrhéique sévère, entre 2003 et 2011. Moins cradingue qu'il n'en a donc l'air, son proto black ne s'interdit ainsi pas quelques échappées mélodiques, qui le rend au final étonnamment accrocheur malgré tout l'arsenal démoniaque à base de sexe et de blasphèmes qu'il trimbale en guise de cartouchière.

Contrairement aux médiocres qui prennent soin de se planquer derrière une vitrine bordélique au nom d'une authenticité factice, l'Américain est un mercenaire chevronné doublé d'un excellent compositeur, certes fidèle au style qu'il besogne et dont il ne se départira jamais, sans pour autant être sourd à de salutaires renouvellements. Comme son devancier dominait déjà de la tête et des épaules son originel prédécesseur, "Sweet Death And Ecstasy" témoigne que Midnight mérite mieux que cet apparat bas du front, n'hésitant pas "progresser", dans les limites imposées par le genre s'entend. Toujours pas de claviers à l'horizon ni aucun artifice ou kyste extérieur mais une propension bienvenue à serrer le frein à main plus que de coutume qui pousse ce troisième album dans les abysses d'un puits ténébreux d'où s'échappent des émanations lourdes et evil. Entame venimeuse, 'Crushed By Demon' se présente ainsi sous la forme d'une longue reptation clouée au sol par un tempo mazouté. Tout aussi implacable se veut 'Here Comes Sweet Death' dont le pouls hypnotique lui confère un caractère groovy et rock'n'roll. Et que dire de 'Before My Time In Hell', conclusion longue de plus de six minutes, sombre et rampante mais sabrée d'éruptions guitaristiques presque lumineuses. Ceci étant, la signature du maître des lieux demeure indélébile, faite de riffs hurlants au goût de rouille et de vocalises biberonnées au Destop qui raclent et décrassent. Il n'a pas davantage renoncé à foncer pied au plancher, gonflé d'une énergie punk, à l'image des 'Poison Thrash', 'Melting Brain' et autre 'Rabid !' Le tout se repaît dans le stupre le plus dégueulasse, comme l'illustrent aussi bien la pochette exquise et une saillie véloce telle que 'Penetratal Ecstasy'. Ne franchissant que de peu la demi-heure, l'album fonce très vite, même complété d'un second disque gavé de versions démos. Mais, incontestablement et sans aller jusqu'à dire que Midnight s'assagit avec le temps, le fait est que son black/thrash se révèle de plus en plus élaboré sinon plus nuancé, justifiant encore une fois la stature culte de l'Américain. (12/03/2018)

3.5/5 | Music Waves

KröniK | Outline - Fire Whiplash (2017)


S'il est permis de s'interroger quant à l'utilité pour Demona d'avoir troqué son nom pour celui, plus tiède, de Outline, changement qui l'oblige à redémarrer de zéro (ou presque), le fait de retrouver la tigresse sexy Tanza Speed dont la simple présence rend déjà le zizi tout dur, suffit néanmoins à notre bonheur. C'est le plaisir des choses simples. Nouveau patronyme donc, nouveau départ mais un style qui reste (fort heureusement) inchangé. Toujours flanqué du fidèle batteur J. Hammer, la belle Chilienne n'a ainsi pas renoncé à honorer ce speed metal acéré et forcément old-school dont elle a le secret et dont elle ne se départira sans doute jamais.
Bref, ceux qui suivent le duo depuis longtemps ne seront pas dépaysés et surtout pas lorsque ce dernier nous ressert 'Metal Is Me' de son ancien répertoire, véritable profession de foi qui résume à elle seule cette signature survoltée, gainée de feulements féminins haut perchés. 

Si la brunette était un homme, elle aurait les couilles coincées dans la braguette. Mais elle fait partie du (soi-disant) sexe faible dont elle affiche fièrement les attributs, mis en valeur par des pauses guerrières et des tenues en cuir minimalistes. Ne vous y trompez cependant pas, Tanza n'est pas qu'un physique aussi excitant soit-il. Doté d'une personnalité affirmée et arc-boutée sur sa guitare, elle est une sorte d'héroïne, porte-étendard d'un metal traditionnel aussi intemporel que bourré d'une énergie crasseuse. Avec Outline, sans (mauvaise) surprise, elle continue de prêcher la bonne parole de ce speed metal sous amphétamine qui n'appartient qu'au tandem. « Fire Wiplash », son premier rot sous cette appellation, n'est certes qu'une démo dont la prise de son primitive est garantie sans OGM dedans, qui plus est uniquement composée de trois seuls vrais inédits coincés entre une intro et la « reprise » de Demona citée plus haut mais «'Away From You', le titre éponyme et surtout 'Lady Teaser' foncent à la vitesse d'un cheval au galop, saillies exaltées propices au headbanging sauvage qui auraient naturellement eu leur place sur « Speak With The Devil ». Et si l'impression d'entendre toujours un peu la même chose demeure (ce qui a toujours été le cas avec la belle et son comparse), on s'en moque pas mal au final car le plaisir est là, de sucer ces douilles, d'une efficace authenticité, crachées avec un tempo de bulldozer. Voilà en définitive une mise en bouche qui nous rassure sur un point : même sous un autre nom, Tanza reste fidèle à elle-même, c'est bien là le principal ! (15/01/2018)

3/5

KröniK | Hades Archer - Temple Of The Impure (2017)


Difficile de ne pas penser à Inquisition en découvrant Hades Archer. Les deux sont des duos, sont originaires d'Amérique Latine (Colombie pour le premier mais émigré depuis aux Etats-Unis, Chili pour le second) et surtout un même stupre occulte et cryptique bouillonne dans les profondeurs de leur âtre.
Toutefois, et quand bien même ils partagent également un goût identique pour les modelés rampant et les perforations impures depuis lesquelles s'écoulent un jus macabre, la comparaison s'arrête là car, comme souvent avec les hordes venues de ces contrées, Nabucodonosor III (chant et cordes) et Hateaxes Command (batterie) cultivent un art noir bien plus bestial, le manche lourd aux dimensions monstrueuses planté dans les boyaux des Venom, Sarcofago, Hellhammer et autre Black Witchery. Qu'ils soient hébergés par Hells Headbangers garantit de toute façon une approche à la fois primitive et fielleuse d'où les inutiles préliminaires sont bannis. C'est la pureté du mal originel qui brûle dans l'intimité caverneuse de ce black Metal dont la hampe turgescente est sillonnée de stigmates death metal. Encadré par deux émanations courtes et oppressantes, « Temple Of The Impure » est emporté par un torrent déchaîné, s'articulant autour de saillies ultra rapides et de vicieux coups de boutoir en un magma halluciné. Si les premières sont représentées par des agressions telles que 'Circus Of Abominations', 'Sex Sex Sex Perversions' ou bien encore 'Unus Cantus Bestia' dont les noms, suintant le sperme grumeleux, suffisent déjà à comprendre que les Chiliens ne sont pas là pour broder au point de croix, moissonnant au contraire les cadavres au fond d'un charnier diabolique, les seconds sont incarnés par les 'The Gods Sold This World For Des…' 'Hecate Undressed' et 'Apollyon's Brightness' aux allures de pesantes cérémonies incantatoires que hante un chant directement expulsé des entrailles de la terre et vrillé par des guitares depuis lesquelles éjacule une beauté souterraine... Quand ces deux facettes ne copulent pas carrément au sein d'un même titre, à l'image de 'Chaos Teratosis Chimeras' et de l'éponyme 'Temple Of The Impure' dont le relief sauvage est percé de gouffres béants. Il va sans dire que notre préférence tend vers les passages les plus malsains, lorsque le groupe serre le frein à main, s'enfonçant alors dans des tranchées aussi viciées que macabres, confinant à un orgasme intense et evil. Ce faisant, il signe avec leur propre sang noir, une ode à Lucifer vertigineuse dans sa brutalité impie. 3.5/5 (2017)






Soon | Druid Lord - Grotesque Offerings


"Grotesque Offerings", le nouvel opus de Druid Lord (US doom death), sera disponible 19 janvier 2018 via Hells Headbangers.



A lire | Acid Witch - Midnight Movies (2015)


Acid Witch : avec un nom comme le sien, il va sans dire que nous attendions beaucoup de ce groupe américain. Las, celui-ci n'a pourtant jamais vraiment été à la hauteur des promesses également annoncées par son éphémère collaboration avec Lasse Pyykkö comme chanteur. De fait, si l'implication, à ses débuts, du leader de Hooded Menace, paraissait des plus bandantes, force est de reconnaître que Witchtanic Hellucinations puis le EP Witch House ne dépassaient guère le statut d'anecdotes sympathiques. Privé du Finlandais et nonobstant un solide menu, Stoned témoignait déjà des limites de cette formation, hésitant entre death baveux et  doom occulte, finalement presque trop parodique pour être prise au sérieux, joujou entre les mains de musiciens réunis pour déconner. 

Après un silence de quatre années, absence qui semble confirmer ces faiblesses, Acid Witch a décidé de sortir de son caveau pour prendre un peu l'air. Sauf qu'un petit split avec Nunslaughter ("Spooky") et maintenant cette courte rondelle de moins de vingt minutes au jus, c'est bien maigre. Pourtant et alors que nous n'en  attendions rien ou pas grand chose, ce Midnight Movies mérite le détour. Apparemment, l'abstinence a eu du bon pour les Américains qui nous reviennent plus en forme que jamais, plus inspirés surtout car ayant peut-être enfin trouver leur voie même si le menu proposé n'est en réalité constitué que de reprises (Fastway, Sorcery...). Remisé au fond d'une morgue, ils ont troqué leur death doom séminal pour une espèce de heavy metal antédiluvien néanmoins toujours biberonné aux séries Z et à l'occultisme de foire. S'il n'a rien perdu de sa rugosité, le chanteur parait parfois s'être coincé les couilles dans la braguette (I'm Back). Ce n'est pas ce qu'il y a de plus réussi dans cette galette, contrairement aux nappes de claviers façon BO de films d'horreur bis italiens, témoin le final de Partytime. Mentionnons également les lignes de guitares souvent jouissives, à l'origine de soli qui le sont tout autant, lesquels zèbrent After Midnight et Soldiers Of The Night. Peu ambitieux sans doute et laissant un goût de trop dans la bouche, Midnight Movies n'en demeure pas moins l'effort le plus convaincant d'Acid Witch depuis toujours, peut-être justement, argueront les mauvaises langues, parce que ce ne sont pas ses propres compos...  Malgré tout et alors qu'on l'avait un oublié, l'enterrant trop tôt, le groupe fait mieux que se rappeler à notre bon souvenir. Reste à savoir ce que vaudra le prochain album... (2015) ⍖⍖

                                  


Acid Witch: with a name like his, it goes without saying that we expected a lot from this American band. But he never really lived up to the promises also announced by his ephemeral collaboration with Lasse Pyykkö as singer. In fact, if the involvement, at the beginning, of the leader of Hooded Menace, seemed very sexy, it must be admitted that Witchtanic Hellucinations and then the EP Witch House did not go beyond the status of sympathetic anecdotes. Private to the Finn and notwithstanding a solid menu, Stoned already testified to the limits of this formation, hesitating between drooling death and occult doom, finally almost too parodic to be taken seriously, playful in the hands of musicians gathered to mess around. After a four-year silence, an absence that seems to confirm these weaknesses, Acid Witch decided to leave his cellar to get some fresh air. Except that a small split with Nunslaughter ("Spooky") and now this short puck of less than twenty minutes in the juice, it's very thin. However, and while we didn't expect much or nothing from it, this Midnight Movies is worth a visit. Apparently, abstinence has been good for Americans who are coming back to us in better shape than ever, more inspired especially because they may finally find their way even if the proposed menu is really only made up of covers (Fastway, Sorcery...). Put back to the bottom of a morgue, they traded their seminal death doom for a kind of antediluvian heavy metal, yet still bottle-fed with Z-series and fair occultism. If he has not lost any of his roughness, the singer sometimes seems to have stuck his balls in the fly (I'm Back). This is not the most successful thing in this cake, unlike the BO-style keyboards of Italian bis horror films, witnesses the Partytime finale. Let's also mention the lines of guitars that are often enjoyable, at the origin of solos that are just as enjoyable, which zebra After Midnight and Soldiers Of The Night. Unambitious undoubtedly and leaving a taste of too much in the mouth, Midnight Movies remains nevertheless the most convincing effort of Acid Witch since always, perhaps precisely, will argue the wrong tongues, because they are not his own compositions...  Despite everything and while we had forgotten one, burying it too early, the group did better than remember us. It remains to be seen what the next album will be worth.... (2015)



Soon | Void Meditation Cult - Utter The Tongue Of The Dead


Date | 31/10/2016
Label | Hells Headbangers Records
Genre| Black Death Metal


Soon | Agatus - The Eternalist


Date | 09/10/2016
Label | Hells Headbangers Records
Genre | Black Metal


KröniK | Denouncement Pyre - Black Sun Unbound (2016)


Creusant un sillon identique à son prédécesseur, ce « Almighty Arcanum » dont les cicatrices qu'il a su creuser dans la peau et la mémoire ne sont pas prêtes de se refermer, « Black Sun Unbound » ne confirme pas seulement que Denouncement Pyre compte parmi les hordes les plus evil – et donc les plus jouissives - en activité, mais atteste surtout que ses géniteurs ont eu raison, après un « World Demise » aussi rapide que fielleux, de libérer de son carcan black death une verge striée de rainures malsaines que dresse une lourde turgescence. Est-ce à dire que les Australiens en décidant de serrer le frein à main, ont mis de l'eau dans leur vin de messe ? Que nenni. Au contraire car en préférant l'érection d'ambiances mortifères à l'agression bas du front, ils éjaculent une noirceur décuplée et plus nocive encore. A l'instar de leur compatriote Deströyer 666, ils ont compris qu'en ralentissant les coups de reins, l'intensité n'est en rien altérée. Ceci dit, « Black Sun Unbound » ne saurait être vu comme un album mou de la cartouche. Jamais avare en saillies brutales, le groupe crache sa haine à la vitesse d'un torrent en crue, témoins les furieux 'Wounds Of Glogotha ou bien 'Revere The Pyre', mais alterne le plus souvent au sein d'un même titre salves féroces et breaks implacables. Le résultat se révèle (forcément) dévastateur, il met à genoux le pauvre pèlerin, lequel en bon masochiste, tend la joue gauche pour en reprendre plein la gueule.  Après un 'Abnegate', en guise de préliminaires sinistres tout en progression et qui pour une fois ne tient pas du vain remplissage, l'assaut démarre avec 'Deathless Dreaming', courte agression dont la vélocité se voit néanmoins brisée en chemin par une douloureuse perforation. Imprimant tout du long une tension vicieuse, les Australiens creuse un charnier d'où s'échappent de méphitiques émanations. D'une violence aussi démentielle que survoltée, ces déflagrations emportent tout sur leur passage. Armé de ces riffs qui labourent les chairs tels des scalpels trempés dans la rouille, à l'image de  'Scars Adorn The Whore In Red', que hantent des miasmes morbides,  la horde noire  trouve l'équilibre terrifiant entre bestialité et ambiances mortifères. 'Black Sun Unbound' ou le terminal 'Sophrosune', pour ne citer que deux spécimens de cette brutalité millimétrée, illustrent cette ravageuse dualité.  Il est permis d'affirmer que Denouncement Pyre vient sans doute d'enfanter son méfait le plus incisif à ce jour. On frémit d'avance à ce qui nous attend par la suite...  4/5 (2016)


Soon | Denoucement Pyre - Black Sun Unbound


Date : 22/07/2016
Label : Hells Headbangers
Genre : Black death


Crucified Mortals | Crucified Mortals (2011)


Certains réussissent à sortit un premier album après seulement deux ou trois ans d’existence tandis que d’autres doivent patienter de longues années avant d’y parvenir par manque de chance sinon de talent. Crucified Mortals entre dans la seconde catégorie. Dix ans après sa naissance et des palettes entières de démos et autres splits tous plus obscurs les uns que les autres, ces Américains, pourtant loin d’être des puceaux, accouchent enfin de leur galop d’essai longue durée. Il serait exagérer de prétendre que nous attendions tel un messie ce modeste jet éponyme. On a vécu sans lui pendant tout ce temps et on pourrait continuer à en faire de même après. Ceci étant, Crucified Mortals a tout de la bonne surprise. Le groupe n’invente rien - ce n’est de toute façon pas le propos – mais régurgite avec sincérité (la prise  de son fleure bon l’authenticité) et efficacité un Thrash Metal à la Slayer époque South Of Heaven (impossible de ne pas y penser à l’écoute de l’enchaînement « The Seance / Sordid Treachery »). Malgré le recours à des aplats bien lourds (« Figure In Black ») et à des rythmiques de bûcheron, le combo va souvent très vite (« Desecrating The Dead », « Fatal Scheme »…), renouant ainsi avec toute la scène speed metal des eigthies. On préfère pourtant lorsque les gars se lancent dans l’érection de tempo plus lents et plus implacables encore. La première partie de « Perpetrator », le bien nommé « Doom » qui, placé en fin de parcours, fait mourir l’album en le plongeant dans un marécage boueux ou encore certains passages de « Ghastly Affliction » illustrent cette capacité à serrer le frein à main. Alors certes, les limites de Crucified Mortals, autant le groupe que le disque, sont aisément perceptibles, mais au final on s’en fiche pas mal car le plaisir de reprendre une bonne tranche de Thrash biberonné au satanisme et aux zombies est là et bien là. Pas très ambitieux, le fait est entendu, cet essai est donc à prendre pour ce qu’il est – une petite galette de série B dégageant une forte odeur d’underground – et surtout pas davantage. (2011)


Inquisition | Ominous Doctrines Of The Perpetual Mystical Macrocosm (2011)


Nonobstant ses qualités bien réelles et sur lesquelles nous reviendrons, on ne peut pas s’empêcher de penser à l’écoute du très attendu Ominous Doctrine Of The Perpetual Mystical Macrococsm que Inquisition a perdu en cours de route une partie de son charme et de son identité. Si l’entité d’origine colombienne dont le quartier général est désormais basé aux Etats-Unis, n’a jamais caché être influencée par Immortal, ce qui n’était jusqu’à présent qu’une source d’inspiration est devenue bien plus que cela (« Ominius Doctrines Of The Perpetual… »). De fait, si vous aimez la bande à Abbath tout en regrettant le son trop policé que celle-ci a choisi de revêtir depuis quelques albums, alors ce nouvel opus d’Inquisition vous est clairement destiné. Le mimétisme est évident sinon embarrassant, Dagon adoptant le même genre de voix de canard enrhumé que le chanteur norvégien (« Command Of The Dark Crown »). Heureusement, le duo conserve encore cette croûte sonore grésillante et sale comme le sang menstruel, cette aura evil et cryptique unique qui l’empêche de sombrer dans le piège de la pale photocopie. De plus, bien que les rythmes rapides ne sont pas pour leur déplaire, en, témoignent « Astral Path To Surpreme… » ou « Cosmic Invocation Rites », les deux musiciens ne sont jamais aussi à leur aise que lorsqu’ils n’enclenchent jamais la seconde, dressant alors une verge lourde et plus démoniaque encore. Le gigantesque « Desolate Funeral Chant » ou les démentielles décélérations transperçant « Crepuscule Battle Hymn » ou «Hymn For A Dead Star »  illustrent très justement cette faculté des Colombiens à patauger pour notre plus grand plaisir dans le mazout. Ceux-ci ont toujours couler une bonne dose de Death Doom dans leur Black Metal occulte et le prouvent encore cette fois-ci. On ne s’en plaindra pas car c’est bien ces méplats reptiliens proéminents qui confèrent à leur musique inquisitoire une bonne partie de sa personnalité. Et puis de toute façon, Ominius Doctrines Of The Perpetual Mystical Macrocosm demeure toujours plus jouissivement evil que tout ce que peut faire Immortal depuis plus de dix ans. Rien que pour cela, le groupe mérite respect et allégeance. (2011)


Demona | EP 2015 (2015)


Ce EP au format 7'' est l'occasion de vous parler de Demona que peu doivent vraiment connaître - à tort - malgré une discographie débutée en 2007 riche de deux offrandes et surtout de splits, démos et autres miettes par palettes entières. Le groupe vient d'Amérique latine et du Chili, plus précisément, origine géographique qui en dit plus long que bien des discours quant à une expression sonore forcément old school, sans affèterie aucune ni artifices. C'est sauvage et survolté, comme souvent avec les hordes venues de là-bas. Quoique pourrait le suggérer son nom, Demona n'est pas le maître d'une quelconque cérémonie occulte mais l'artisan d'un bon vieux Heavy Speed Metal des familles, très punk et NWOBHM dans l'âme. Comme bien d'autres donc. Alors pourquoi ressentir le besoin de parler de lui ? Pour son atout de charme bien évidemment, qui s'incarne dans la personne de Tanza, véritable Metal Queen aux allures de tigresse, laquelle loin d'une potiche vulgaire porte le groupe sur ses épaules dont elle est plus que la chanteuse et guitariste mais la maîtresse des lieux. Demona se confond avec elle. Ajoutons à ce descriptif quelques roues solaires qui ne manquent jamais  l'appel et qui font donc toujours leur petit effet, et vous aurez compris notre attachement pour cette modeste entité. Bon, toutefois un joli minois ne suffit pas à faire de la bonne musique. C'est pourtant le cas ici. Oh non pas que la Chilienne transcende le Heavy Speed, lequel ne se prête de toute façon pas à ce genre de prétention. Tanza a néanmoins pour elle, outre une sincérité qui confine à la dévotion, une frénétique énergie qui emporte tout. Sorte de profession de foi, de déclaration, 'Chasing The Speed' et 'Allura Red', qui remplissent chacun une face de cette rondelle en témoignent, et de la plus déchaînée des manières. Le fidèle trouvera peut-être que la belle ne se renouvelle pas trop, moulinant toujours une même recette qui cavale à base de vocalises haut perchées et de riffs trempés dans les menstrues. Qu'importe au final car le plaisir est là, intact et dressé avec vigueur. (2015)



Midnight / Shitfucker | Split 7'' (2015)


Midnight fait partie de ces créatures qui ont l'underground chevillé au corps et qu'on imagine de toute façon assez mal se repaître ailleurs que dans l'obscurité. De fait, ordonnateur d'un Speed Black metal aussi rageur que crasseux, Athenar, son (presque) unique membre ne cesse, comme il se doit, d'éjaculer des démos et autres splits, brefs, tous ces petits étrons qui font le charme de l'UG. Dernier en date, cette alliance avec Shitfucker, aussi rapide qu'un boutonneux déchargeant pour la première fois. Deux crachats au compteur, pliés en six minutes à peine, montre en main, un sur chaque face de ce 7'' publié par le très respectable Hells Headbangers, label qui à lui seul garantit l'authenticité de la chose. La contribution de Midnight répond au nom fleuri de 'Sadist Sodomystic Seducer'. Entre le old Motörhead et la violence du black thrash d'Amérique du Sud en (beaucoup) moins evil, le chant venimeux dégueule, la guitare est trempée dans le stupre au goût de rouille. Ca fonce sur les chapeaux de roues mais avec toujours en sus cette frénésie qui donne envie de taper du pied, laquelle marquera toujours la différence entre la brutalité épidermique et le chaos bordélique. Composé, entre autres, de membres d'Acid Witch, Shitfucker (ah ce nom !) livre quant à lui un 'Nightmare (pt.2)' qui, comme dans le cas du split avec Abigail sorti quasiment au même moment, peine à convaincre avec cet espèce de black metal aux relents punk pas vraiment désagréable en soi mais vite oublié une fois son écoute terminée. On tient là donc pour résumer, une rondelle loin d'être indispensable qui, sans « l'aura » un peu culte de ses deux géniteurs, n'aurait guère attiré l'attention. (2016)


Dwell | Vermin And Ashes (2014)


Demo tape d'une vingtaine de minutes éditée en 2013 par Deadbangers, Ash Tombs avait réussi en trois titres seulement, à nous ferrer, petite cathédrale abritant un doom death austère et grisâtre déjà rempli jusqu'à la gueule de grandes idées. La chapelle danoise étant sans doute des plus minces, les musiciens à l'origine de Dwell ne nous sont pas inconnus, side-project du guitariste Allan B. Larsen d'Altar Of Oblivion et de son compère au sein de The Vein et Church Bizarre, le chanteur Jens B. Pedersen. Ce respectable pedigree n'est d'ailleurs étranger ni à la qualité de ce jet séminal ni à cette inspiration aussi belle que sentencieuse. Sans faire de lui un messie attendu de pied ferme, reconnaissons cependant que les espoirs placés dans ce premier album étaient grands. Vermin And Ashes est-il à la hauteur de ceux-ci ? Si l'on est d'abord un peu frustré de ne découvrir finalement que trois nouveaux titres (sur six !), le reste reprenant l'intégralité de la démo, cette déception se trouve vite balayée à la fois par le plaisir de réécouter les morceaux de Ash Tombs toujours aussi puissamment mortifères et par l'excellence des pistes inédites. Celles-ci peinent pourtant au début à s'imposer face aux grandioses 'Become The Void', instrumental sinistre tout en ambiances glaciales, et plus encore 'Plunging Into Ash Tombs', que cisaillent les riffs cendreux d'Allan B. Larsen dont on reconnaît bien la griffe, ici toutefois moins mélodiques que chez Altar Of Oblivion. Mais, les écoutes aidant, la première partie de l'album se révèle finalement, par petites touches, corpus moins immédiat, plus complexe sans doute aussi, ce qu'il doit probablement à un line-up enrichi que complètent désormais quatre autres mercenaires, pour la plupart issus de la même famille (de The Vein en particulier). Devenus un vrai groupe, les Danois peuvent explorer une écriture des plus personnelles, granitique et menaçante mais qui gronde d'une beauté souterraine, à l'image de 'Pathless And Dormant', autre titre (presque) instrumental, hanté par des nappes brumeuses et des voix sépulcrales, illustrant encore une fois cet art des atmosphères fantomatiques. Labyrinthiques, 'Vermin In My Arteries', émaillé de lignes de guitares belles à pleurer et 'A Collapse Sublime', aux atours tout d'abord plus abruptes, bien qu'il soit lui aussi enténèbrés par des claviers aux teintes spectrales, ont quelque chose de gemmes noirs nichés au fond d'une intimité longue à déflorer. Cela une fois fait, on mesure combien est grand cet opus, théâtre d'un Doom Death vraiment particulier. (2015)


Satanic Warmaster | Fimbulwinter (2014)


Incapable de se contenter d'une seule maîtresse à lutiner, Werwolf multiplie depuis toujours les projets et autres collaborations plus ou moins durables, expliquant pourquoi Satanic Warmaster, son principal port d'attache, ne livre que très rarement un nouveau véritable méfait, quand bien même l'homme n'est jamais avare de sa maléfique semence qu'il crache régulièrement par le biais d'un grand nombre de démos, 7'' et autres lives. Mais il n'en demeure pas moins que le successeur de Nachzeher, offert en 2010, était fortement attendu. Quatre ans plus tard déboule donc ce Fimbulwinter par ailleurs assez étonnant, non pour sa valeur, égale à celles de ses devanciers mais pour ses atours des plus mélodiques. Cela se vérifie à tous les niveaux, qu'il s'agisse de la prise de son, claire et tellement loin de la croûte grésillante et Evil à laquelle Satanic Warmaster nous avait habitué dans le passé, que de ces ambiances qui n'appuient jamais vraiment sur l'interrupteur, témoin la reprise de Vornat, 'Korppi' cependant que les claviers, de part leur importance, ont tendance à vider le menu de sa négativité ('When Thunder Hail') et ce, nonobstant la rapide brutale qui propulse une bonne moitié de celui-ci, à l'image de 'Dragon's Egg'. Plus long que ses aînés, Fimbulwinter est en réalité en deux parties. A un premier segment, sans doute moins intéressante car plus quelconque et qu'animent les titres les plus directs, en succède ainsi un second aux pistes plus étirées, oscillant entre sept et huit minutes au jus, davantage portées sur les atmosphères sombres et glaciales. C'est tout d'abord 'Nuin-Gaer-Faun' dont une bonne moitié est instrumentale, puis 'Winter's Hunger' qui, après un furieux début, guidé par des guitares abrasives, mute en plage immobile aux couleurs hivernales, parfaite transition annonçant le terminal 'Silent Call Of Moon's Temples', lente respiration synthétique égrenant les notes minimalistes d'un Ambient Black Metal suintant une solitude infinie. Malgré ses réelles qualités, cette nouvelle offrande déçoit quelque peu surtout après ses quatre années d'attente. On attendait mieux et plus sinistre de la part de Satanic Warmaster dont Nachzeher, notamment, demeure un modèle du genre. Reste un album efficace et très bien fait bien que trop vierge de cette froide et forestière négativité que nous recherchions... (2015)


Midnight | No Mercy For Mayhem (2014)



















Régurgitant un proto black metal dont le speed thrash est le survolté combustible, Midnight bénéficie d'une aura vaguement culte néanmoins méritée. En 2011, "Satanic Royalty" est venu (enfin) couronner ses nombreuses années d'activisme passées à éjaculer des démos par palettes entières.