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André De Toth | La chevauchée des bannis (1959)


Western hivernal tourné dans un décor minimaliste figé par la neige, La chevauchée des bannis est une petite perle du genre. De la série B, peut-être mais qui vaut bien des films plus renommés. Le film doit beaucoup à sa superbe photo en noir et blanc de Russell Harlan (le périple final et fantomatique dans la montagne enneigée est absolument magnifique) et au scénario de Philip Yordan, ingénieux car n'empruntant pas tout à fait la direction que les premières minutes semblent vouloir suggérer. On sent tout du long que derrière la caméra se trouve un vrai metteur en scène, en l'occurrence André De Toth qui dirige l'affrontement singulier entre le minéral Robert Ryan et le savoureux Burl Ives.
A noter d'ailleurs une bonne distribution complémentaire avec la belle Tina Louise et le toujours grandiose Jack Lambert, une des plus sales gueules du cinéma américain des années 50. Au rigorisme du cadre désolé et à la sécheresse des personnages répond la scène du bal qui exsude un érotisme trouble qui donne presque la nausée. Sans doute un des derniers grands westerns américains de l'âge d'or dont Clint Eastwood s'est peut-être souvenu au moment de réaliser Pale Rider...| IMDb





















Alfred E. Green | Sierra (1950)


En quelques mots : Exploité en France sous le titre La tête d'un innocent, Sierra reste un western mineur mais attachant, trop propret et conventionnel pour marquer les esprits sans être pour autant dénué d'intérêt, ce qu'il doit à plusieurs facteurs. Parce qu'il est réalisé par Alfred E. Green, metteur en scène à la curieuse carrière, déjà auteur d'un atypique Four Face West en 1948 avec Joel McCrea. Parce qu'il marque les quasi débuts de Audie Murphy et de Tony Curtis, lequel n'y a toutefois qu'un rôle très secondaire. Ils se recroiseront d'ailleurs la même année dans le plus vigoureux Kansas en feu de Ray Enright. Le héros de la Seconde Guerre mondiale ne semble pas encore très à l'aise, même face à son épouse d'alors, Wanda Hendrix, du coup, le toujours impeccable Dean Jagger et Burl Ives lui volent aisément la vedette. Parce qu'il y a ce flamboyant technicolor, magnifiant de superbes paysages et d'amples scènes de chevaux. A cette époque, Universal ne regardait pas encore à la dépense, soignant décors et casting, ce qui explique la bonne tenue de ce western sympathique à défaut d'être inoubliable.