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Luigi Comencini | L'argent de la vieille (1972)
























Les meilleures comédies ne sont-elles pas celles qui abordent des sujets qui n'ont rien de drôle ? L'argent de la vieille en constitue un bon exemple car derrière ses allures un peu vulgaires, se cache une satire féroce comme les (grands) réalisateurs italiens les affectionnaient. 

Umberto Lenzi | Bracelets de sang (1975)


Bien que réunissant le même tandem derrière (Umberto Lenzi) et devant (Tomas Milian) la caméra que La rançon de la peur (1974) et malgré un titre français qui sonne comme une promesse sanglante, Il Guistiziere Sfida La Citta est un polar étonnamment sage dépourvu d'accès de violence mais néanmoins nerveux et riche en bagarres et poursuites en tous genres. Louchant vers le vigilante movie, il surprend aussi, de la part de Lenzi, par son traitement presque bon enfant, vierge de cette noirceur qui poisse nombre de pellicules italiennes. Même Milian parait sobre, composant une figure vengeresse au look emprunté à Serpico, plus mélancolique que brutale. Il prouve en cela et si besoin en était encore, l'étendu d'un talent parfois excessif mais jubilatoire.
Il va sans dire qu'il est le principal atout de ce film pépère qu'il domine malgré une distribution où fourmillent les (sales) gueules habituelles (Luciano Catenacci, Luciano Pigozzi, Antonio Casale ou Guido Alberti) et où ni la belle Femi Benussi ni le fatigué Joseph Cotten n'ont grand chose à faire. Ni radical comme La rançon de la peur ni rigolo voire parodique comme Echec au gang, Bracelets de sang possède un ton résolument à part, ce qui le distingue des autres polars urbains italiens des années 70. (Vu le 23/04/2018 : Source : enregistré sur Ciné Polar en 2010)
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Robert Fuest | L'abominable Dr. Phibes (1971)


En quelques mots : Avec L'abominable Dr. Phibes, Vincent Price trouve un rôle à sa mesure et le bestiaire du cinéma d'épouvante une figure mythique. Le film de Robert Fuest jouit en effet d'une réputation quasi culte que justifient l'inventivité de ses meurtres, inspirés des dix plaies d'Egypte, un humour constant, presque burlesque, du côté des policiers chargés de mener l'enquête, ses décors baroques et bien entendu, la présence charismatique du comédien fétiche de Roger Corman. A noter aussi la participation d'autres comédiens chevronnés, du vétéran hollywoodien Joseph Cotten à Terry-Thomas, sans oublier le trop méconnu Peter Jeffrey et la belle Caroline Munro, même si elle n'apparaît qu'à travers des photographies. L'ambiance étrange n'est pas sans évoquer la série Chapeau melon et bottes de cuir dont plusieurs épisodes ont d'ailleurs été mis en scène par Fuest. Une suite sera tournée l'année suivant avec une réussite bien moindre. Le film a-t-il influencé Brian De Palma pour son Phantom Of The Paradise, réalisé trois ans plus tard ? On peut le penser...

Chez l'UFSF

Michael Cimino | La porte du paradis (1980)


En quelques mots :  Loin d'être le chef-d'oeuvre présenté par certains, qui parfois ne l'ont même pas vu, La porte du paradis demeure avant tout un grand film malade, à la fois vaste fresque hollywoodienne et film d'auteur, pouvant être virtuose et baroque d'un côté, sentimental et creux de l'autre. Si son affiche est un clin d'oeil évident à Autant en emporte le vent, ce troisième long-métrage de Cimino en est bien entendu l'antithèse, western crépusculaire qui ne se contente pas de démythifier l'Ouest comme il est alors de bon ton de le faire mais brosse une image sans concession de la conquête de l'Ouest où il n'est plus question de l'homme blanc contre les Indiens mais des riches contre les pauvres, des Anglais contre des pauvres hères venus d'Europe de l'Est. C'est l'âme du peuple américain qui attaqué par ce film, d'où son échec, le public refusant le reflet que le cinéaste lui tendait. Pourtant, aujourd'hui, l'actualité lui confère un écho glaçant. Et pour une fois, la version longue, celle qui se rapproche le plus de l'ambition d'origine, se justifie tant la version courte sortie en salle en 1981, possède un goût d'inachevé, attaquée dans son ampleur par des coups de ciseaux imposés...