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KröniK | West, Bruce & Laing - Live 'n' Kickin' (1974)


Troisième et dernier album de ce power-trio, Live ‘n’ Kickin’, comme son nom l’indique, est donc un live. Mais contrairement à la plupart des albums de ce type, il ne s’agit pas d’un best of déguisé, le track listing ne se résumant qu’à quatre morceaux seulement, chacun étant d’une durée conséquente à la manière de ce qui se faisait dans les années 70. De plus, aucune chanson n’est extraite du second (et meilleur) disque, Whatever Turns You On (1973).
Malgré tout, et même s’il ne constitue donc pas l’album adéquat pour découvrir le groupe, Live ‘n’ Kickin’ demeure un bon live où éclate le talent de ses membres, du jeu de guitare bluesy et parfois furieux de l’imposant Leslie West (c’est lui qui se taille d’ailleurs la part du lion) à la batterie de Corky Laing en passant par les lignes de basse du légendaire Jack Bruce. Les meilleurs titres sont aussi les deux plus longs car ils prennent des allures de jams : “ Play With Fire ” (des Rolling Stones) et surtout “ Powerhouse Sod ”. (2006)



Krönik | West, Bruce & Laing - Whatever Turns You On (1973)


West, Bruce & Laing est un supergroupe réunissant deux membres de Mountain (Leslie West à la guitare et Corky Laing à la battarie) et un ex-Cream (Jack Bruce à la basse). Contrairement à Moutnain qui donne dans le Hard rock bluesy et parfois lyrique, ce groupe éphémère insiste quant à lui beaucoup plus sur ses racines blues. Après un premier essai convaincant, Why Doncha en 1972, le groupe remet donc le couvert pour ce qui demeure son meilleur album.  Blues-rock rageur (“ Backfire ”, “ Rock’n’roll Machine ”) ou plus classique (“ Slow Blues ”) alternent avec de petites perles à l’ambiance plus originale (“ Token ”, “ Like A Plate ”). Apothéose du disque : la superbe ballade “ November Song ”, toute en émotion et en finesse.
Même si West et Bruce se partagent le chant, on a quand même l’impression que le second est un peu en retrait par rapport au guitariste, ce qui est bien dommage vu son talent. L’album eut été encore meilleur avec davantage de titres emmenés par sa seule voix. (2006)


KröniK | West, Bruce & Laing - Why Dontcha (1972)


Après trois albums dont les deux premiers, "Climbing !" et "Nantucket Sleighreide" sont aujourd'hui considérés comme des pierres angulaires du hard rock naissant, Mountain se saborde en 1972. Très vite, son chanteur et guitariste, Leslie West, met en branle un nouveau groupe. Pour l'accompagner, il n'a pas à chercher bien loin en embauchant derrière les fûts son ancien compère au sein du défunt, Corky Laing. Désireux de collaborer de nouveau avec un bassiste/chanteur à la voix aussi douce que la sienne est rugueuse, comme c'était le cas avec Felix Pappalardi, l'homme a l'idée géniale de s'associer à Jack Bruce resté discret depuis le split de Cream survenu trois ans plus tôt. Afin de ne tromper personne, le projet aux allures de super-groupe décide de s'appeler tout simplement West, Bruce & Laing. Deux rondelles ainsi qu'un live naîtront de cette éphémère alliance. "Why Dontcha" est la première d'entre-elle. Ceux qui espèrent y croiser une resucée de la légende britannique ne la trouveront pas (vraiment) car le power-trio porte avant tout la marque hargneuse des ex Mountain. Pour autant, West, Bruce & Laing ne saurait être perçu comme une simple copie de son aîné dont il est néanmoins l'évident successeur. Il est à la fois plus brutalement bluesy, plus sec et l'opposition entre les deux tessitures vocales avec en corollaire des titres très nuancés tour à tour durs ou plus délicats, n'est pas seulement affirmée mais amplifiée. D'une certaine manière, on peut voir "Why Dontcha" comme une lutte - amicale - entre les deux facettes du groupe. D'un côté, des brûlots trapus et assez sauvages pour l'époque, tels que le morceau éponyme aux lignes accrocheuses, 'The Doctor', chanté par Corky et pollué par une slide démoniaque qui prendra toute sa démesure en live, sans oublier 'Love Is Worth The Blues', lente et lourde pulsation au feeling poisseux qu'enjambe un pont instrumental orgasmique. De l'autre, des perles raffinées (em)portées par la grâce de Jack Bruce. Le très beau 'Out Into The Fields' et ses choeurs magnifiques, 'While You Sleep' et 'Pollution Woman', nappé de nappes de synthétiseurs, alternent ainsi avec les décharges libérées par la guitare déglinguée de Leslie toujours prête à sortir ses griffes ('Third Degree'). Grand disque donc et grand succès à l'époque, "Why Dontcha" sera l'occasion pour ses auteurs de briller sur scène ("Live n' Kickin'" en témoignera) avant de lui offrir un successeur plus inspiré encore, "Whatever Turns You On"... 3.5/5 (2014)