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KröniK | Rainbow - Memories In Rock II (2018)
Suscitant des réactions généralement embarrassées quand elle n'est pas franchement raillée, il est fréquent de lire un peu partout que la résurrection de Rainbow est un naufrage au point d'affirmer que Ritchie Blackmore aurait été plus inspiré de se contenter de son rôle de ménestrel au lieu d'abîmer sa légende. Mais que reproche-t-on au juste à l'ombrageux guitariste ? Premièrement, de ne pas avoir réellement reformé l'Arc-en-Ciel puisque aucun des (nombreux) membres ayant autrefois participé à l'une de ses (nombreuses) incarnations, n'a été invité à le rejoindre pour ce nouveau et dernier chapitre.
C'est oublier que Rainbow n'a jamais été un vrai groupe mais avant toute chose le jouet de l'ex Deep Purple qui en a toujours fait qu'à sa tête, usant les musiciens comme les cordes de sa Fender. Corollaire de ce grief qui n'en est donc pas un, la troupe qui l'accompagne ne serait pas à la hauteur des line-up précédents. Certes le jeu du batteur David Keith manque cruellement de patate. Mais ni Bob Nouveau et sa basse toute en rondeurs ni Jens Johansson qui fait le job sans forcer son talent ne déméritent et encore moins Ronnie Romero dont l'aisance ne peut qu'impressionner. Surtout cessons de le comparer avec l'incomparable, c'est-à-dire avec l'inégalable Ronnie James Dio que la mort a porté au rang de dieu. Rappelons que Graham Bonnet, Joe Lynn Turner et Doogie White ont eux aussi en leur temps fait les frais de cette comparaison. Bref d'aucuns se complaisent à ranger cette réunion au niveau d'un quelconque tribute band, certains allant même jusqu'à prétendre que ceux-ci sonnent parfois mieux que ce Rainbow déformé. Ils ont peut-être la puissance mais il leur manque l'âme du groupe qui ne peut être incarnée que par Blackmore lui-même. Ce qui nous conduit au dernier point, le plus pénible car, en dépit de toute la dévotion qu'il nous inspire, il faut bien admettre que l'Homme en noir, les doigts perclus d'arthrose, ne possède plus sa légendaire dextérité, jouant plus lentement (ce n'est pas grave) ou simplifiant ses interventions quand il ne bousille pas certains de ses soli (ça l'est plus). Il suffit d'écouter les versions de 'Spotlight Kid' ou de 'Child In Time', proposées par « Memories In Rock II », que sauvent cependant le claviériste Suédois, qui semble pallier les passagères carences du maître, pour mesurer combien celui-ci peine parfois à honorer son répertoire. Mais s'il a perdu en vélocité, encore que ce 'Burn' volcanique infirme quelque peu cette impression, il a incontestablement gagné en feeling. De fait, à l'instar des deux précédents lives publiés depuis la reformation, cet enregistrement capturé durant les concerts en terre anglaise de l'été 2017, atteint ses moments les plus magiques lorsque le guitar hero fait parler l'émotion plus que la poudre, témoins les 'Mistreated', 'Catch The Rainbow' '16th Century Greensleeves', 'Temple Of The King' ou 'Carry On Jon', l'hommage à Jon Lord qu'il a composé pour Blackmore 's Night et, dans une veine plus épique, 'Stargazer'. Bénéficiant d'une meilleure enveloppe sonore que « Live In Birmingham », ce nouveau signe de vie scénique de Rainbow permet également au claviériste de Stratovarius et ex Yngwie Malmsteen de se montrer extrêmement volubile, notamment sur un 'Difficult To Cure' dont il remplit presque à lui seul le quart d'heure ! Poussive pour les grincheux, cette incarnation de l'Arc-En-Ciel, malgré ses défauts, n'est au final pas sans charme et on se surprend même à s'habituer à ces relectures plus lentes, moins vivantes peut-être, que les versions originales mais pas moins belles en définitive avec leurs maladresses qui les rendent presque touchantes. Et puis, même s'il a perdu de sa superbe, Ritchie reste cette force sombre qui emporte tout. A noter que le menu de "Memories In Rock II" est complété par les trois titres gravés récemment en studio dont 'Waiting For A Sun', chroniqué ans ses pages et enrichi d'un DVD gavé d'interviews. Indispensable pour les (vrais) fans du troubadour ! 4/5 (16/04/2018)
C'est oublier que Rainbow n'a jamais été un vrai groupe mais avant toute chose le jouet de l'ex Deep Purple qui en a toujours fait qu'à sa tête, usant les musiciens comme les cordes de sa Fender. Corollaire de ce grief qui n'en est donc pas un, la troupe qui l'accompagne ne serait pas à la hauteur des line-up précédents. Certes le jeu du batteur David Keith manque cruellement de patate. Mais ni Bob Nouveau et sa basse toute en rondeurs ni Jens Johansson qui fait le job sans forcer son talent ne déméritent et encore moins Ronnie Romero dont l'aisance ne peut qu'impressionner. Surtout cessons de le comparer avec l'incomparable, c'est-à-dire avec l'inégalable Ronnie James Dio que la mort a porté au rang de dieu. Rappelons que Graham Bonnet, Joe Lynn Turner et Doogie White ont eux aussi en leur temps fait les frais de cette comparaison. Bref d'aucuns se complaisent à ranger cette réunion au niveau d'un quelconque tribute band, certains allant même jusqu'à prétendre que ceux-ci sonnent parfois mieux que ce Rainbow déformé. Ils ont peut-être la puissance mais il leur manque l'âme du groupe qui ne peut être incarnée que par Blackmore lui-même. Ce qui nous conduit au dernier point, le plus pénible car, en dépit de toute la dévotion qu'il nous inspire, il faut bien admettre que l'Homme en noir, les doigts perclus d'arthrose, ne possède plus sa légendaire dextérité, jouant plus lentement (ce n'est pas grave) ou simplifiant ses interventions quand il ne bousille pas certains de ses soli (ça l'est plus). Il suffit d'écouter les versions de 'Spotlight Kid' ou de 'Child In Time', proposées par « Memories In Rock II », que sauvent cependant le claviériste Suédois, qui semble pallier les passagères carences du maître, pour mesurer combien celui-ci peine parfois à honorer son répertoire. Mais s'il a perdu en vélocité, encore que ce 'Burn' volcanique infirme quelque peu cette impression, il a incontestablement gagné en feeling. De fait, à l'instar des deux précédents lives publiés depuis la reformation, cet enregistrement capturé durant les concerts en terre anglaise de l'été 2017, atteint ses moments les plus magiques lorsque le guitar hero fait parler l'émotion plus que la poudre, témoins les 'Mistreated', 'Catch The Rainbow' '16th Century Greensleeves', 'Temple Of The King' ou 'Carry On Jon', l'hommage à Jon Lord qu'il a composé pour Blackmore 's Night et, dans une veine plus épique, 'Stargazer'. Bénéficiant d'une meilleure enveloppe sonore que « Live In Birmingham », ce nouveau signe de vie scénique de Rainbow permet également au claviériste de Stratovarius et ex Yngwie Malmsteen de se montrer extrêmement volubile, notamment sur un 'Difficult To Cure' dont il remplit presque à lui seul le quart d'heure ! Poussive pour les grincheux, cette incarnation de l'Arc-En-Ciel, malgré ses défauts, n'est au final pas sans charme et on se surprend même à s'habituer à ces relectures plus lentes, moins vivantes peut-être, que les versions originales mais pas moins belles en définitive avec leurs maladresses qui les rendent presque touchantes. Et puis, même s'il a perdu de sa superbe, Ritchie reste cette force sombre qui emporte tout. A noter que le menu de "Memories In Rock II" est complété par les trois titres gravés récemment en studio dont 'Waiting For A Sun', chroniqué ans ses pages et enrichi d'un DVD gavé d'interviews. Indispensable pour les (vrais) fans du troubadour ! 4/5 (16/04/2018)
KröniK | Rainbow - Waiting For A Sign (2018)
Alors qu'elle ne devait initialement pas excéder trois dates en 2016, la résurrection de Rainbow, que certaines mauvaises langues refusent toujours de considérer comme telle (nous y reviendrons), commence à prendre la tournure que nous étions nombreux à espérer lui voir emprunter. Une volée de concerts organisés durant l'été 2017, d'autres annoncés pour cette année, des lives et DVD ("Memories In Rock", "Live In Birmingham") pour les immortaliser et de (timides) enregistrements en studio, confirment que Ritchie Blackmore parait avoir bel et bien retrouvé le goût pour le hard rock, quand bien même il ne l'a jamais totalement déserté, les fréquentes interventions électriques traversant les albums et les gig(ue)s de sa troupe de ménestrels en témoignent.
Au moment où il livre - enfin - un nouveau morceau, chose encore inconcevable il y a deux ans, nous nous prenons même à rêver qu'il puisse offrir un jour un successeur à "Stranger In Us All". Celui-ci viendra peut-être en son temps... Pour l'heure et après la relecture tiédasse de son propre tube 'I Surrender' et celle, tout aussi dispensable, du traditionnel 'Land Of Hope And Glory', l'ombrageux guitariste signe donc son premier inédit sous la bannière arc-en-ciel depuis 1995 ! S'il y aura toujours des grincheux pour affirmer que ce 'Waiting For A Sign' se veut plus proche de son répertoire d'inspiration médiévale et renaissance et que Ronnie Romero n'arrive pas à la cheville de ses prédécesseurs, force est pourtant de reconnaître que ce titre, qui rappelle davantage les débuts de Rainbow que l'ère Joe Lynn Turner ou Doogie White, nous rassure déjà sur un point : Ritchie n'a rien perdu de sa science de la mélodie séduisante, simple mais qui fait mouche. Et quel plaisir, toujours, de l'entendre jouer en électrique, notamment lors d'une dernière partie où il se fend même d'un clin d'oeil à 'Perfect Strangers' ! Son incroyable feeling intact, le troubadour décoche ces lignes dont lui seul a le secret, lesquelles ne pourront que procurer des frissons à ses éternels admirateurs. Mid-tempo tranquille, le titre est aussi porté par l'organe de feu du chanteur chilien dont on savait, pour l'avoir admiré sur scène, que Blackmore avait eu raison de le préférer à ses devanciers. Ce qui ne sera probablement pas l'avis de tout le monde mais l'homme en noir s'en fiche, convaincu d'avoir pioché la perle rare. Derrière, Jens Johansson se montre discret, tapissant le décor d'un voile moelleux. Seul bémol, peut-être, la prise de son aurait mérité un peu plus d'épaisseur. Mais en l'état, 'Waiting For A Sign', dont le texte a été composée par Candice Night, est une merveilleuse composition, nous laissant plus que jamais espérer un neuvième opus fait de ce même bois. En attendant cette hypothétique offrande, il faudra se contenter de ce premier signe de vie historique, édité en single avant de compléter le menu du live "Memories In Rock II", prochainement dans les bacs. 4/5 (13/03/2018)
Au moment où il livre - enfin - un nouveau morceau, chose encore inconcevable il y a deux ans, nous nous prenons même à rêver qu'il puisse offrir un jour un successeur à "Stranger In Us All". Celui-ci viendra peut-être en son temps... Pour l'heure et après la relecture tiédasse de son propre tube 'I Surrender' et celle, tout aussi dispensable, du traditionnel 'Land Of Hope And Glory', l'ombrageux guitariste signe donc son premier inédit sous la bannière arc-en-ciel depuis 1995 ! S'il y aura toujours des grincheux pour affirmer que ce 'Waiting For A Sign' se veut plus proche de son répertoire d'inspiration médiévale et renaissance et que Ronnie Romero n'arrive pas à la cheville de ses prédécesseurs, force est pourtant de reconnaître que ce titre, qui rappelle davantage les débuts de Rainbow que l'ère Joe Lynn Turner ou Doogie White, nous rassure déjà sur un point : Ritchie n'a rien perdu de sa science de la mélodie séduisante, simple mais qui fait mouche. Et quel plaisir, toujours, de l'entendre jouer en électrique, notamment lors d'une dernière partie où il se fend même d'un clin d'oeil à 'Perfect Strangers' ! Son incroyable feeling intact, le troubadour décoche ces lignes dont lui seul a le secret, lesquelles ne pourront que procurer des frissons à ses éternels admirateurs. Mid-tempo tranquille, le titre est aussi porté par l'organe de feu du chanteur chilien dont on savait, pour l'avoir admiré sur scène, que Blackmore avait eu raison de le préférer à ses devanciers. Ce qui ne sera probablement pas l'avis de tout le monde mais l'homme en noir s'en fiche, convaincu d'avoir pioché la perle rare. Derrière, Jens Johansson se montre discret, tapissant le décor d'un voile moelleux. Seul bémol, peut-être, la prise de son aurait mérité un peu plus d'épaisseur. Mais en l'état, 'Waiting For A Sign', dont le texte a été composée par Candice Night, est une merveilleuse composition, nous laissant plus que jamais espérer un neuvième opus fait de ce même bois. En attendant cette hypothétique offrande, il faudra se contenter de ce premier signe de vie historique, édité en single avant de compléter le menu du live "Memories In Rock II", prochainement dans les bacs. 4/5 (13/03/2018)
Soon | Rainbow - Memories In Rock II
KröniK | Rainbow - Live In Birmingham 2016 (2017)
Au moment de chroniquer "Memories In Rock", premier témoignage live de cette nouvelle incarnation (plutôt que reformation) de Rainbow, nous regrettions que les deux performances allemands aient été choisies au détriment du gig britannique qui dévoilait pourtant quelques jours plus tard un groupe déjà mieux rôdé, plus mordant surtout. Parallèlement à la nouvelle (petite) série de concerts estivaux, signe que le taciturne guitariste est heureux de cette escapade électrique en dehors du giron d'un Blackmore's Night qui fête aussi cette année ses vingt ans de carrière, Eagle Records a donc la bonne idée de publier sous la forme d'un double live ce show qui s'est tenu à Birmingham le 25 juin 2016.
Si la prise de son manque de pêche, ne rendant pas justice au travail de chacun des musiciens, son écoute confirme que cette formation gagne en puissance au fil des dates, se révèle plus en place à l'image d'un Ritchie moins tendu que lors des échauffements allemands. Par rapport à ceux-ci, la setlist a été enrichie de deux titres de Deep Purple (encore !) mais s'agissant de 'Soldier Or Fortune', que le ténébreux moustachu a par ailleurs souvent revisité avec Candice Night, et de 'Burn', inutile de dire que cet ajout ne peut que nous ravir, d'autant que les versions proposées ne manquent ni de justesse (pour le premier) ni de vigueur (pour le second). Et puis quel pied de revoir Blackmore interpréter cet hymne emblématique de l'ère Coverdale ! Alors bien entendu, le maître de cérémonie ne possède plus sa dextérité, son doigté nerveux (l'homme a de l'arthrose, ne l'oublions pas) qui étaient encore les siens en 1995 lorsqu'il relançait (déjà) l'Arc-en-ciel avec Doogie White au chant, offrant aujourd'hui une relecture au ralentie (poussive dirons les râleurs) de brûlots qui mériteraient il est vrai une rythmique plus hard que rock , laquelle permettrait alors de propulser le jeu néanmoins toujours aussi flamboyant de Ritchie. Ceci explique pourquoi ce sont les compositions les plus atmosphériques ('Mistreated', 'Catch The Rainbow) ou les plus lentes ('Perfect Strangers', 'Stargazer') qui résistent le mieux à cette nouvelle mouture, laquelle se fend en outre d'un 'Child In Time' incandescent car zébré d'un solo de guitare enflammé. Reste que, plus qu'à un tribute band, comme le prétendent certaines mauvaises langues, on a (presque) l'impression d'avoir à faire à un Blackmore's Night revisitant le répertoire passé de son leader, le chant féminin en moins (sauf pour les choeurs) et l'organe de feu de Ronnie Romero en plus dont on comprend pourquoi il a été préféré à un Joe Lynn Turner, par exemple, capable de tout chanter, aussi bien du Gillan que du Dio. Avec une autre section rythmique (Bob Nouveau et David Keith sont plus à leur place au milieu des ménestrels, ce qui n'enlève rien à leur savoir-faire) et tout en confirmant Jens Johansson derrière les claviers, ce Rainbow pourrait davantage emporter l'adhésion, susciter sinon la passion au moins l'intérêt plutôt que cet accueil tiède, cette indifférence polie que beaucoup lui opposent. Les nouveaux concerts et l'espoir d'un nouvel opus permettront peut-être au groupe de s'imposer dans le coeur des fans. Souhaitons-le car l'homme en noir mérite mieux comme épitaphe que cette reformation en demi teinte. Ne faisons toutefois pas la fine bouche face à ce "Live In Birmingham 2016" au demeurant savoureux grâce à un Blackmore toujours impérial même un peu rouillé, dont l'empreinte sombre et brutale fera à jamais la différence avec Steve Morse et tous ceux qui entendent l'imiter. 3.5/5 (2017) | Facebook
Si la prise de son manque de pêche, ne rendant pas justice au travail de chacun des musiciens, son écoute confirme que cette formation gagne en puissance au fil des dates, se révèle plus en place à l'image d'un Ritchie moins tendu que lors des échauffements allemands. Par rapport à ceux-ci, la setlist a été enrichie de deux titres de Deep Purple (encore !) mais s'agissant de 'Soldier Or Fortune', que le ténébreux moustachu a par ailleurs souvent revisité avec Candice Night, et de 'Burn', inutile de dire que cet ajout ne peut que nous ravir, d'autant que les versions proposées ne manquent ni de justesse (pour le premier) ni de vigueur (pour le second). Et puis quel pied de revoir Blackmore interpréter cet hymne emblématique de l'ère Coverdale ! Alors bien entendu, le maître de cérémonie ne possède plus sa dextérité, son doigté nerveux (l'homme a de l'arthrose, ne l'oublions pas) qui étaient encore les siens en 1995 lorsqu'il relançait (déjà) l'Arc-en-ciel avec Doogie White au chant, offrant aujourd'hui une relecture au ralentie (poussive dirons les râleurs) de brûlots qui mériteraient il est vrai une rythmique plus hard que rock , laquelle permettrait alors de propulser le jeu néanmoins toujours aussi flamboyant de Ritchie. Ceci explique pourquoi ce sont les compositions les plus atmosphériques ('Mistreated', 'Catch The Rainbow) ou les plus lentes ('Perfect Strangers', 'Stargazer') qui résistent le mieux à cette nouvelle mouture, laquelle se fend en outre d'un 'Child In Time' incandescent car zébré d'un solo de guitare enflammé. Reste que, plus qu'à un tribute band, comme le prétendent certaines mauvaises langues, on a (presque) l'impression d'avoir à faire à un Blackmore's Night revisitant le répertoire passé de son leader, le chant féminin en moins (sauf pour les choeurs) et l'organe de feu de Ronnie Romero en plus dont on comprend pourquoi il a été préféré à un Joe Lynn Turner, par exemple, capable de tout chanter, aussi bien du Gillan que du Dio. Avec une autre section rythmique (Bob Nouveau et David Keith sont plus à leur place au milieu des ménestrels, ce qui n'enlève rien à leur savoir-faire) et tout en confirmant Jens Johansson derrière les claviers, ce Rainbow pourrait davantage emporter l'adhésion, susciter sinon la passion au moins l'intérêt plutôt que cet accueil tiède, cette indifférence polie que beaucoup lui opposent. Les nouveaux concerts et l'espoir d'un nouvel opus permettront peut-être au groupe de s'imposer dans le coeur des fans. Souhaitons-le car l'homme en noir mérite mieux comme épitaphe que cette reformation en demi teinte. Ne faisons toutefois pas la fine bouche face à ce "Live In Birmingham 2016" au demeurant savoureux grâce à un Blackmore toujours impérial même un peu rouillé, dont l'empreinte sombre et brutale fera à jamais la différence avec Steve Morse et tous ceux qui entendent l'imiter. 3.5/5 (2017) | Facebook
KröniK | Rainbow - Memories In Rock : Live In Germany (2016)
Les 17, 18 (en Allemagne) et 25 juin (à Birmingham) marquent le retour de Ritchie Blackmore sous les couleurs de l'arc-en-ciel. Ces trois dates sont événementielles car cela fait alors vingt ans que l'homme en noir n'a pas foulé une scène en dehors du giron acoustique qu'il forme avec sa muse Candice Night depuis 1997 et ce quand bien même il n'a pas manqué de visiter régulièrement son ancien répertoire, en studio ('Child In Time' sur « The Village Lanterne », 'Temple Of The King' sur « Dancer And The Moon ») ou en live, occasions pour lui de ressortir sa légendaire Stratoscaster blanche pour le plus grand plaisir des fans parmi lesquels nombreux sont ceux à n'avoir jamais fait le deuil de son passé électrique. S'ils se sont soldés par un chaleureux succès, ces trois concerts n'en non pas moins fait râler les éternels grincheux. Premier reproche fait à Ritchie, cette réunion est moins une reformation de Rainbow à laquelle aucun ancien membre, hormis le maître des lieux bien entendu, ne prend part, que la réunion de musiciens, dont la plupart jouent (le batteur David Keith, Candice aux choeurs et jamais bien loin de sa légende de mari) ou ont joué (le bassiste Bob Nouveau aka sir Robert Of Normandie, Jens Johansson de Stratovarius en tant qu'invité sur « Under The Violet Moon ») avec Blackmore's Night, autour du ténébreux guitariste. C'est oublier que celui-ci a toujours préféré s'entourer d'un personnel neuf plutôt que de faire appel à de vieux combattants, comme ce fut le cas en 1995 lorsqu'il relança le groupe suite à son départ de Deep Purple, s'entourant alors de jeunes loups et non pas des Joe Lynn Turner, Bobby Rondinelli et consorts qui n'attendaient pourtant que cela. Deuxième reproche, Ronnie Romero (Lords Of Black) fait pale figure à côté de tous ces grands chanteurs qui ont accompagné Ritchie, de Ian Gillan à Dio, de David Coverdale à Graham Bonnet, grief sur lequel nous reviendrons plus loin. Troisième et dernier regret, justifié celui-ci, la setlist retenue ne sort jamais des sentiers battus quand nombre de pépites, extraites de « Down To Earth »,« Straight Between The Eyes » ou même « Stranger In Us All » moins connues auraient facilement pu s'y glisser à la place d'hymnes purpleliens qui représentent à eux seuls une bonne moitié du programme ! Là encore, quitte à revisiter le riche répertoire de Deep Purple, pourquoi ne pas avoir remplacé les «'Perfect Strangers', 'Black Night' et autre 'Smoke On The Water' archi rabachés par des titres issus de « Stormbringer » ou de l'injustement oublié «Slaves And Masters » que le six-cordiste tient pourtant pour un de ses préférés ? Edité en plusieurs formats (CD et/ou DVD avec ou sans livre), « Memories In Rock : Live In Germany » pioche comme son nom l'indique dans les deux concerts allemands. Quoiqu'on aurait préféré qu'il privilégie la date britannique qui a vu le groupe briller encore davantage, ce live ne peut que ravir les inconditionnels de l'ombrageux troubadour. Le menu démarre avec 'Highway Star' suivi de 'Spotlight Kid' dans des versions qu'on a connu plus mémorables. Alors qu'il a toujours eu besoin de un ou deux titres pour s'échauffer, l'Homme en noir paraît tout d'abord qui plus est crispé, presque rouillé et il faut attendre l'immense 'Mistreated' pour que son jeu flamboyant se réveille vraiment. Difficile, cette composition mythique permet en outre de mesurer le talent de Ronnie Romero qui se frotte avec aisance à ce classique, quand bien même, il n'égale pas tout à fait ses aînés, Glenn Hughes en tête dont on a encore en mémoire certaines interprétations atomiques en solo. A ce titre, qui peut affirmer que le vocaliste, malgré un déficit en charisme et une attitude scénique parfois agaçante dans sa manière d'haranguer le public, n'assure pas son rôle ? Capable aussi bien d épouser les lignes vocales de Dio, Turner, Coverdale ou Gillan, ce qui n'est pas donné à tout le monde, reconnaissons-le, sa performance n'est émaillée d'aucune vraie faiblesse, ce qui n'est pas non plus un mince exploit lorsque l'on se trouve dans le viseur d'une forte personnalité de l'acabit de Blackmore, pas vraiment réputé pour être bienveillant avec ceux qui l'accompagnent ! Alignant les habituels 'Since You've Gone ', 'Long Live Rock'n'Roll', 'Man On The Silver Mountain', le canevas de ces concerts se révèle certes avare en réelle surprise, reste que pouvoir admirer, peut-être pour une des dernières fois, le maestro se frotter à l'émotionnel 'Catch The Rainbow' ou à l'épique 'Stargazer', n'a pas de prix. Ce sont d'ailleurs les pièces les plus lentes, les plus longues qui lui permettent de démontrer que son touché unique demeure intact et inimitable. 'Child In Time', couplé à « Woman From Tokyo' et 'Perfect Strangers' complètent cette envoûtante série. Au final, si « Memories In Rock » ne détrônera jamais dans notre cœur « On Stage » ou « Live In Munich 1977 » et que la comparaison avec le « Boston 1981 », édité au même moment ne joue pas forcément en sa faveur, on ne saurait bouder notre plaisir à son écoute d'autant plus que, si quelques dates supplémentaires sont dors-et-déjà envisagées, une reformation durable semble hautement improbable. Ce qu' on ne peut que regretter, surtout quand on sait que Ritchie a composé ces dernières années plus de deux cents titres dans cette veine électrique, sans doute condamnés à rester dans ses tiroirs... 4/5 (2016)
KröniK | Blackmore's Night - Secret Voyage (2008)
Il y a deux façons d’aborder un nouvel opus de Ritchie Blackmore sous la bannière qu’il forme depuis 1997 avec sa compagne, la radieuse Candice Night : la mauvaise et la bonne. La première se réduit bien souvent en un compte d’apothicaire qui cherche à énumérer le nombre de chansons durant lesquelles le maître ressort sa Stratocaster (il y en 5 cette fois-ci, mais nous y reviendrons). La seconde tient de la démonstration : Blackmore’s Night est bel et bien ce qu’il a fait de mieux depuis le sabordage de Rainbow en 1984. Contrairement à ses anciens compagnons du Pourpre Profond qui sont déjà en pré-retraite (seulement quatre disques depuis 1996 !), l’homme en noir publie aujourd’hui tout de même sa septième offrande avec son projet médiéval et renaissance, si l’on tient compte de la parenthèse Winter Carols. Le ménestrel est donc plus prolifique que jamais. Et plus inspiré surtout. Si on sentait bien que Ghost Of A Rose (2003) avait fixé durablement le style du groupe, entre rock et folklore des temps anciens, Secret Voyage n’en est pas pour autant une resucée. Proche de The Village Lanterne de part son côté électrique de plus en plus affirmé, cette collection de douze chansons possède cette science de l’équilibre parfait entre titres rock lesquels, sont bien entendu transpercés par les interventions magiques de Ritchie, plages folkloriques rafraichissantes et ballades doucereuses. Secret Voyage commence très fort (trop peut-être) avec l’intro “ God Save The Keg ”, qui voit pour la première fois Blackmore débuté un de ses disques par un instrumental, invitation au voyage tout d’abord orchestrale et grandiloquente (kitch diront les mauvaises langues) avant de se colorer de teintes plus sombres avec chœurs grandioses et orgues liturgiques sur fond de guitares électriques et qui s’enchaîne par un admirable fondu au monumental “ Locked Within The Crystal Ball ”, plus de 8 minutes de bonheur et certainement l’apogée de l’album. Dotée d’une rythmique puissante, cette chanson, traversée de multiples ambiances, mélange avec une réussite éclatante tout ce qui fait le charme du groupe : lignes vocales superbes et cristallines de Candice, influences médiévales discrètes et surtout jeu racé et efficace de Blackmore (il faut voir comme sa guitare surgit toujours dont on ne sait où). Après un tel déluge, les morceaux suivants ont forcément moins de saveur et beaucoup souhaiteraient certainement que Ritchie se limite à ce genre de composition électrique dans lequel il excelle. Mais Blackmore'’ Night, ce n’est pas que cela ; c’est aussi des pauses diaphanes telles que “ Gildred Cage ” ou des envolées accrocheuses à l’image de “ Toast Of Tomorrow ” et ses touches slaves. Moins éblouissants dans un premier temps, tous les autres titres sont pourtant de vrais petits bijoux : “ Prince Waldeks Galliard ”, un instrumental comme seul Blackmore à le secret ; “ Rainbow Eyes ”, reprise, en plus rapide toutefois d’un extrait de Long Live Rock’n’Roll de Rainbow justement ; “ The Circle ”, l’autre Everest de Secret Voyage, coupé par des mélodies orientales, porté par une basse volubile et qui s’achève sur une intervention flamboyante de Ritchie ; “ Can’t Help Falling In Love ”, standard d’Elvis qui permet au maître de livrer quelques accords étourdissants avec sa fidèle Strat’ couleur blanche et le magnifique “ Peasants Promise ”, délicieusement folklorique. Plus classiques, “ Sister Gypsy ”, “ Far Far Away ” et “ Empty Words ” sont de douces mélopées rafraichissantes et sympathiques. Encore un très grand disque donc, qui devrait ravir tous les amoureux (de plus en plus nombreux) du groupe. En dépit des apparences, Blackmore, plutôt que de rejouer ad vitam aeternam les mêmes oldies issus de In Rock ou Machine Head, continue, lui, et contrairement à Gillan and C°, à aller de l’avant, quand bien même il puise désormais son inspiration dans les siècles passés. Un mot enfin sur les troubadours qui accompagnent le duo et qui sont loin d’être interchangeables. Au contraire ils déterminent aussi les sonorités des chansons. Ainsi, le départ des deux choristes, Lady Madeline et Lady Nancy nous rend orphelins de ses chœurs féminins qui avaient tant illuminés Ghost Of A Rose et The Village Lanterne, tandis que l’arrivée de Gypsy Rose marque le retour du violon dans les compositions. On notera aussi la participation de Pat Regan, producteur et ami de Ritchie depuis The Battle Rages On de Deep Purple, en lieu et place du fidèle Sir Robert Of Normandie. Le chef-d’œuvre de l’année 2008. Assurément. Pourvu que Blackmore’s Night ait, comme en 2006, la bonne idée de venir visiter la France et ses châteaux… 4/5 (2008)
KröniK | Blackmore's Night - Paris Moon (2007)
Commençons par les choses qui fâchent, qui n’enlève pour autant rien (ou si peu) à la qualité incontestable de ce second DVD, après le gargantuesque Castles & Dreams, d’un groupe désormais accepté comme tel et non plus seulement perçu comme une fantaisie passagère née dans les brumes du cerveau du sombre Blackmore. Tous ceux qui assistèrent, émus et heureux, au premier concert des ménestrels dans le royaume de France (et à l’Olympia, qui plus est !) attendaient avec impatience cette sortie que la présence de nombreuses caméras le soir du show laissaient naturellement espérer.
La troupe nous ayant offert une prestation fleuve de près de 2h30, il était logique d’en retrouver la totalité sur le DVD. Las, plusieurs titres sont malheureusement passés à la trappe, et pas des moindres : citons surtout les deux reprises de Deep Purple, “ Child In Time ” (couplée à “ Mond Tanz ”) , pourtant éblouissante et celle, plus surprenante, du classique parmi les classiques, “ Smoke On The Water ”, que Ritchie interpréta davantage pour faire plaisir au public que par une réelle envie. Second reproche, pourquoi avoir joint au support numérique, un disque tronqué ne comprenant que quelques extraits de ce dernier et non pas son pendant fidèle ? Voilà pour les bémols de Paris Moon qui si non nous permet avec plaisir de nous replonger durant deux heures dans cette soirée que tous les fans du couple chérissent désormais comme un trésor. Equilibrée, la set-list traverse les cinq offrandes (déjà !) publiées alors par le groupe, de Shadow Of The Moon à The Village Lanterne. Si, toujours bien épaulé par des musiciens talentueux et sympathiques sur lesquels les journalistes ne s’attardent pas suffisamment et qui pourtant méritent toutes les éloges, des deux choristes (aujourd’hui parties voler de leurs propres ailes), Lady Madeline et Lady Nancy au remarquable et fidèle Squire Malcolm Of Lumley derrière les fûts, du brillant claviériste Bard David Of Larchmont au dynamique Sir Robert Of Normandie, lequel se fend d’un solo de basse puissant et jouissif durant l’instrumental “ Durch Dem Wald Zum Bach Haus ”, le duo brille de mille feux durant l’intégralité du concert, celui-ci a livré avec largesse nombre de moments de pure magie : le rythmé “ Past Times With Good Company ”, le ténébreux “ World Of Stone ”, le joyeux “ Home Again ”, qui témoigne pour ceux qui l’ignoraient, de l’incontestable humour que possède le maître, le très médiéval “ The Clock Ticks On ”, que le guitariste introduit par des notes orientalisantes échappées d’une espèce de vièle, sans oublier le gigantesque “ Fires Of Midnight ”. Candice, aussi charmante que charismatique, chante magnifiquement bien, tandis que Blackmore se montre aussi à l’aise en acoustique qu’en électrique lors des rares fois où il fait prendre l’air à sa divine stratocaster, à l’image de “ St Teresa ”, que précède les premières mesures de “ Difficult To Cure ” ou de la flamboyante relecture du “ Ariel ” de Rainbow, long de près de 10 minutes. Purple n’est pas oublié non plus, représenté par l’intimiste “ Soldier Of Fortune ”. Cette inoubliable soirée gravée à tout jamais dans nos mémoires et dans nos cœurs, est donc aujourd’hui immortalisée en DVD, et tant pis si une poignée de chansons brillent par leur absence. Mon dieu, quel groupe fabuleux ! 4/5 (2009) | Facebook
La troupe nous ayant offert une prestation fleuve de près de 2h30, il était logique d’en retrouver la totalité sur le DVD. Las, plusieurs titres sont malheureusement passés à la trappe, et pas des moindres : citons surtout les deux reprises de Deep Purple, “ Child In Time ” (couplée à “ Mond Tanz ”) , pourtant éblouissante et celle, plus surprenante, du classique parmi les classiques, “ Smoke On The Water ”, que Ritchie interpréta davantage pour faire plaisir au public que par une réelle envie. Second reproche, pourquoi avoir joint au support numérique, un disque tronqué ne comprenant que quelques extraits de ce dernier et non pas son pendant fidèle ? Voilà pour les bémols de Paris Moon qui si non nous permet avec plaisir de nous replonger durant deux heures dans cette soirée que tous les fans du couple chérissent désormais comme un trésor. Equilibrée, la set-list traverse les cinq offrandes (déjà !) publiées alors par le groupe, de Shadow Of The Moon à The Village Lanterne. Si, toujours bien épaulé par des musiciens talentueux et sympathiques sur lesquels les journalistes ne s’attardent pas suffisamment et qui pourtant méritent toutes les éloges, des deux choristes (aujourd’hui parties voler de leurs propres ailes), Lady Madeline et Lady Nancy au remarquable et fidèle Squire Malcolm Of Lumley derrière les fûts, du brillant claviériste Bard David Of Larchmont au dynamique Sir Robert Of Normandie, lequel se fend d’un solo de basse puissant et jouissif durant l’instrumental “ Durch Dem Wald Zum Bach Haus ”, le duo brille de mille feux durant l’intégralité du concert, celui-ci a livré avec largesse nombre de moments de pure magie : le rythmé “ Past Times With Good Company ”, le ténébreux “ World Of Stone ”, le joyeux “ Home Again ”, qui témoigne pour ceux qui l’ignoraient, de l’incontestable humour que possède le maître, le très médiéval “ The Clock Ticks On ”, que le guitariste introduit par des notes orientalisantes échappées d’une espèce de vièle, sans oublier le gigantesque “ Fires Of Midnight ”. Candice, aussi charmante que charismatique, chante magnifiquement bien, tandis que Blackmore se montre aussi à l’aise en acoustique qu’en électrique lors des rares fois où il fait prendre l’air à sa divine stratocaster, à l’image de “ St Teresa ”, que précède les premières mesures de “ Difficult To Cure ” ou de la flamboyante relecture du “ Ariel ” de Rainbow, long de près de 10 minutes. Purple n’est pas oublié non plus, représenté par l’intimiste “ Soldier Of Fortune ”. Cette inoubliable soirée gravée à tout jamais dans nos mémoires et dans nos cœurs, est donc aujourd’hui immortalisée en DVD, et tant pis si une poignée de chansons brillent par leur absence. Mon dieu, quel groupe fabuleux ! 4/5 (2009) | Facebook
KröniK | Blackmore's Night - Winter Carols (2006)
Année qui demeurera importante dans la longue carrière de Ritchie Blackmore, 2006 l’aura en effet vu publier une de ses meilleures offrandes (The Village Lanterne) et se produire à l’Olympia, salle légendaire s’il en est, pour un concert d’ores et déjà historique (le premier du groupe en France, pays que le guitariste n’avait qui plus est pas visité depuis 1995 tout de même). Comme si cela ne suffisait pas, voilà déjà Blackmore’s Night de retour avec ce Winter Carols.
Mais attention, celui-ci n’est pas à proprement parler un nouvel album du tandem, plutôt un cadeau de Noël. En effet, aucun titre original à l’horizon (hormis une relecture du “ Wish You Were Here ”, qui figurait au menu de Shadow Of The Moon) mais une collection de chansons de Noël à la sauce médiévale. Les fans de Deep Purple et de Rainbow se pinceront certainement le nez à l’écoute de ce disque qui leur offrira encore une bonne raison d’ignorer ce que créé aujourd’hui celui qu’ils considéraient jadis comme un prodige de la six cordes, tout juste bon, d’après eux, désormais à animer une fête de la bière en Allemagne. Ne doutons pas en revanche que les fans de Blackmore’s Night – et il y en a ! – seront séduits par Winter Carols qui permet au duo de briller dans un registre qu’il maîtrise maintenant parfaitement. Il se compose de douze morceaux, dont quatre sont déjà connus des amateurs : “ Wish You Were Here ” donc, ainsi que les trois ritournelles jointes sous forme de cd bonus baptisé Christmas Eve à la compilation Beyond The Sunset (“ We Three Kings ”, “ Emmanuel ” et “ Christmas Eve ”) il y a deux ans de cela. Le reste se révèle tout aussi charmant et sans être essentiel se glisse sans problème dans le répertoire d’un Blackmore’s Night qui a bien entendu mis de côté, malheureusement, les teintes électriques qui ont tant illuminé The Village Lanterne. A l’arrivée, Winter Carols est une œuvre acoustique, positive et chaleureuse qui termine en beauté une année donc bien remplie pour ses géniteurs. 3/5 (2009) | Facebook
Mais attention, celui-ci n’est pas à proprement parler un nouvel album du tandem, plutôt un cadeau de Noël. En effet, aucun titre original à l’horizon (hormis une relecture du “ Wish You Were Here ”, qui figurait au menu de Shadow Of The Moon) mais une collection de chansons de Noël à la sauce médiévale. Les fans de Deep Purple et de Rainbow se pinceront certainement le nez à l’écoute de ce disque qui leur offrira encore une bonne raison d’ignorer ce que créé aujourd’hui celui qu’ils considéraient jadis comme un prodige de la six cordes, tout juste bon, d’après eux, désormais à animer une fête de la bière en Allemagne. Ne doutons pas en revanche que les fans de Blackmore’s Night – et il y en a ! – seront séduits par Winter Carols qui permet au duo de briller dans un registre qu’il maîtrise maintenant parfaitement. Il se compose de douze morceaux, dont quatre sont déjà connus des amateurs : “ Wish You Were Here ” donc, ainsi que les trois ritournelles jointes sous forme de cd bonus baptisé Christmas Eve à la compilation Beyond The Sunset (“ We Three Kings ”, “ Emmanuel ” et “ Christmas Eve ”) il y a deux ans de cela. Le reste se révèle tout aussi charmant et sans être essentiel se glisse sans problème dans le répertoire d’un Blackmore’s Night qui a bien entendu mis de côté, malheureusement, les teintes électriques qui ont tant illuminé The Village Lanterne. A l’arrivée, Winter Carols est une œuvre acoustique, positive et chaleureuse qui termine en beauté une année donc bien remplie pour ses géniteurs. 3/5 (2009) | Facebook
KröniK | Blackmore's Night - The Village Lanterne (2006)
Cinquième album du projet folklorique médiéval emmené depuis 1997 par le ténébreux guitar hero Ritchie Blackmore et sa douce, Candice Night, The Village Lanterne s'inscrit dans la continuité du précédent opus, le déjà merveilleux Ghost Of A Rose. On a vraiment l'impression à l'écoute de ces deux galettes que le couple a trouvé la bonne formule entre le rock et le folk et qu'il s'agit dorénavant du fruit d'un véritable groupe, quand bien même les musiciens (tous fantastiques et talentueux, mais avec Blackmore, comment pourrait-il en être autrement ?) qui l'accompagnent restent forcément en retrait par rapport au fameux duo.
Surtout, la musique se fait, et pour notre plus grand plaisir, de plus en plus électrique, Ritchie n'hésitant pas à décocher des solis ravageurs sur plusieurs compos : "I Gess It Doesn't Matter Anyone", "St. Theresa", "Mond Tanz / Child In Time" (oui, vous ne rêvez pas), "Just Call My Name" et "Street Of Dreams" (alors là, l'orgasme nous guette). Le guitariste prouve ainsi à ses détracteurs - et Dieu sait qu'ils se sont multipliés depuis qu'il a abandonné le hard rock - que ses talents de composition et de jeu demeurent intacts. Il faut vraiment être sourd pour ne pas s'en rendre compte ! Sinon, pour la première fois depuis la seconde offrande, Under The Violet Moon, sur lequel figurait une relecture de "Self Portrait", Ritchie offre deux reprises de son ancien répertoire : "Child In Time" pour Deep Purple - excellente, avec une performance vocale mémorable des deux choristes Lady Nancy et Lady Madeline - et "Street Of Dreams" pour Rainbow. L'adjonction de ces deux classiques contribue à faire de The Village Lanterne une sorte de synthèse, de résumé de la carrière de l'homme en noir. Blackmore's Night livre donc à nouveau un album romantique, splendide et de bon goût, qui ravira les fans et, espérons-le, incitera les réfractaires au groupe, à le découvrir. A noter que, cerise sur le gâteau, l'édition limitée du disque renferme une seconde version de "Street Of Dreams", sur laquelle Joe Lynn Turner, l'ancien chanteur de l'Arc-en-ciel, partage le chant avec Candice. 4/5 (2006) | Facebook
Surtout, la musique se fait, et pour notre plus grand plaisir, de plus en plus électrique, Ritchie n'hésitant pas à décocher des solis ravageurs sur plusieurs compos : "I Gess It Doesn't Matter Anyone", "St. Theresa", "Mond Tanz / Child In Time" (oui, vous ne rêvez pas), "Just Call My Name" et "Street Of Dreams" (alors là, l'orgasme nous guette). Le guitariste prouve ainsi à ses détracteurs - et Dieu sait qu'ils se sont multipliés depuis qu'il a abandonné le hard rock - que ses talents de composition et de jeu demeurent intacts. Il faut vraiment être sourd pour ne pas s'en rendre compte ! Sinon, pour la première fois depuis la seconde offrande, Under The Violet Moon, sur lequel figurait une relecture de "Self Portrait", Ritchie offre deux reprises de son ancien répertoire : "Child In Time" pour Deep Purple - excellente, avec une performance vocale mémorable des deux choristes Lady Nancy et Lady Madeline - et "Street Of Dreams" pour Rainbow. L'adjonction de ces deux classiques contribue à faire de The Village Lanterne une sorte de synthèse, de résumé de la carrière de l'homme en noir. Blackmore's Night livre donc à nouveau un album romantique, splendide et de bon goût, qui ravira les fans et, espérons-le, incitera les réfractaires au groupe, à le découvrir. A noter que, cerise sur le gâteau, l'édition limitée du disque renferme une seconde version de "Street Of Dreams", sur laquelle Joe Lynn Turner, l'ancien chanteur de l'Arc-en-ciel, partage le chant avec Candice. 4/5 (2006) | Facebook
KröniK | Blackmore's Night - Ghost Of A Rose (2003)
Un an à peine après avoir livré le double live "Past Times With Good Company", Ritchie Blackmore est de nouveau de retour avec le groupe qui porte son nom ainsi que celui de sa compagne. Cette cadence retrouvée – on ne l’avait pas connu aussi prolifique depuis les dernières heures de Rainbow lors de la première moitié des années 80 – est un signe qui ne trompe pas : cela faisait très longtemps que l’Homme en noir n’avait pas été aussi heureux, épanoui et inspiré également, corollaire de cette positivité ressuscitée.
Quatrième album du duo, "Ghost Of A Rose" est une confirmation, celle que "Fires At Midnight", son prédécesseur, qui témoignait d’un certain retour de la part de Ritchie vers une musique plus électrique, plus dynamique, n’était pas le fruit d’une évolution sans lendemain. Tout en demeurant fidèle à une identité dont les bases ont été établies dès le séminal "Shadow Of The Moon" (1997), Blackmore’s Night tend de plus en plus à marier son folk médiéval et renaissance à des influences tout simplement plus rock. Et ce qui sur les deux premiers opus tenait de l’exception (“ No Second Chance ”, “ Gone With The Wind ”…) se mut désormais en une norme bienvenue. Les teintes folkloriques colorent comme de bien entendu toujours la plupart des compositions, mais le couple semble avoir trouvé un équilibre parfait entre rock électrique et déambulations acoustiques. Pas si éloigné que cela du Rainbow période Joe Lynn Turner, le magnifique “ Way To Mandalay ” qui ouvre l’album, confirme ainsi clairement une évolution dont on ne se plaindra pas. Agrémenté de deux reprises bien senties, le “ Diamonds And Rust ” de Joan Baez et le moins connu “ Rainbow Blues ” de Jethro Tull (on se souvient d'ailleurs encore de la flûte enchanteresse de Ian Anderson sur le “ Play Minstrel Play ” du premier opus), le menu oscille entre échappées folkloriques virevoltantes (l’excellent “ Cartouche ”, le diptyque “ Queen For A Day ”, le rafraîchissant “ Loreley ”), pauses instrumentales si chères au maître (“ Nur Ein Minute ”, “ Mr. Peagram’s Morris And Sword ”), et ballades émotionnelles, théâtres où brille la voix cristalline de Candice (le néanmoins sombre “Ivory Tower ”, l’hivernal “ Where Are We Going From Here ”, “ Dandelion Wine ”). Et que dire des deux morceaux de bravoure du disque ? Les flamboyants “ Ghost Of A Rose ” et ses chœurs féminins ” et surtout “ All For One ”, assurément un des plus beaux chefs-d’œuvre jamais écrits par Blackmore qui pose en son final un solo brillant comme il en a le secret et sur lequel plane le fantôme du “ Eyes Of Fire ” de l'Arc-en-ciel. Gigantesque ! Et quel pied, lorsque le taciturne guitariste ressort sa Stratocaster blanche le temps de quelques minutes jouissives qui démontrent qu’il demeure toujours un musicien d’exception et renvoie à leurs chères études 99.9% des astiqueurs de manche de la planète ! Soutenus par le groupe le plus solide qui les ait jamais accompagné (mention particulière aux deux choristes Lady Nancy et Lady Madeline, quand bien même sir Robert Of Normandie, Malcolm Of Lumley et Bard David Of Larchmont abattent chacun un travail discret mais essentiel), Ritchie et Candice montrent tout du long de ce nouveau joyau quelle alchimie il existe entre eux deux. A l’écoute de "Ghost Of A Rose", on mesure combien le ménestrel a eu cent fois raison de quitter en 1993 un Deep Purple à bout de souffle. 4/5 (2009) | Facebook
Quatrième album du duo, "Ghost Of A Rose" est une confirmation, celle que "Fires At Midnight", son prédécesseur, qui témoignait d’un certain retour de la part de Ritchie vers une musique plus électrique, plus dynamique, n’était pas le fruit d’une évolution sans lendemain. Tout en demeurant fidèle à une identité dont les bases ont été établies dès le séminal "Shadow Of The Moon" (1997), Blackmore’s Night tend de plus en plus à marier son folk médiéval et renaissance à des influences tout simplement plus rock. Et ce qui sur les deux premiers opus tenait de l’exception (“ No Second Chance ”, “ Gone With The Wind ”…) se mut désormais en une norme bienvenue. Les teintes folkloriques colorent comme de bien entendu toujours la plupart des compositions, mais le couple semble avoir trouvé un équilibre parfait entre rock électrique et déambulations acoustiques. Pas si éloigné que cela du Rainbow période Joe Lynn Turner, le magnifique “ Way To Mandalay ” qui ouvre l’album, confirme ainsi clairement une évolution dont on ne se plaindra pas. Agrémenté de deux reprises bien senties, le “ Diamonds And Rust ” de Joan Baez et le moins connu “ Rainbow Blues ” de Jethro Tull (on se souvient d'ailleurs encore de la flûte enchanteresse de Ian Anderson sur le “ Play Minstrel Play ” du premier opus), le menu oscille entre échappées folkloriques virevoltantes (l’excellent “ Cartouche ”, le diptyque “ Queen For A Day ”, le rafraîchissant “ Loreley ”), pauses instrumentales si chères au maître (“ Nur Ein Minute ”, “ Mr. Peagram’s Morris And Sword ”), et ballades émotionnelles, théâtres où brille la voix cristalline de Candice (le néanmoins sombre “Ivory Tower ”, l’hivernal “ Where Are We Going From Here ”, “ Dandelion Wine ”). Et que dire des deux morceaux de bravoure du disque ? Les flamboyants “ Ghost Of A Rose ” et ses chœurs féminins ” et surtout “ All For One ”, assurément un des plus beaux chefs-d’œuvre jamais écrits par Blackmore qui pose en son final un solo brillant comme il en a le secret et sur lequel plane le fantôme du “ Eyes Of Fire ” de l'Arc-en-ciel. Gigantesque ! Et quel pied, lorsque le taciturne guitariste ressort sa Stratocaster blanche le temps de quelques minutes jouissives qui démontrent qu’il demeure toujours un musicien d’exception et renvoie à leurs chères études 99.9% des astiqueurs de manche de la planète ! Soutenus par le groupe le plus solide qui les ait jamais accompagné (mention particulière aux deux choristes Lady Nancy et Lady Madeline, quand bien même sir Robert Of Normandie, Malcolm Of Lumley et Bard David Of Larchmont abattent chacun un travail discret mais essentiel), Ritchie et Candice montrent tout du long de ce nouveau joyau quelle alchimie il existe entre eux deux. A l’écoute de "Ghost Of A Rose", on mesure combien le ménestrel a eu cent fois raison de quitter en 1993 un Deep Purple à bout de souffle. 4/5 (2009) | Facebook
KröniK | Blackmore's Night - Past Times With Good Company (2002)
Ritchie Blackmore et les lives, c’est une longue histoire d’amour débutée en 1972. A cela rien de surprenant quand on sait que c’est bien sur scène, quand bien même il excelle aussi sur disque, que le talent du guitariste prend toute son envergure, toute sa dimension.
"Made In Japan" (1972), "Made In Europe" (1976) et le "Live In London" (1982) pour Deep Purple, "On Stage" (1977) pour Rainbow sans oublier tous les trésors exhumés ses dernières années tels que le "Mark III – The Final Concerts" (1996) pour le premier, "Live In Munich 1977" (2006) pour le second, sa carrière est balisée par des enregistrements de ce type tout bonnement mythiques. A cette litanie immortelle, nous pouvons désormais rajouter ce premier double live de Blackmore’s Night, projet que l’on ne présente plus maintenant. Capturé durant le Fires At Midnight Tour en Allemagne - le premier pays à avoir succombé à la musique écrite par le précieux duo, et dans lequel, sans doute avec le Japon, l'Homme en noir est un dieu vivant -, "Past Times With Good Company" pioche comme il se doit dans les trois albums que le groupe a alors dans sa besace : "Shadow Of The Moon" (« Shadow Of The Moon », absolument gigantesque, « Play Minstrel Play » et son bouquet final, l’instrumental « Minstrel Hall », « Renaissance Faire » et le très rock « Writting On The Wall »), "Under A Violet Moon" (« Past Time With Good Company », « Under A Violet Moon », le très beau « Beyond The Sunset », « Morning Star », introduit par un violon aux accents presque tziganes et le médiéval « Durch Den Wald Zum Bachhaus ») et bien sûr le petit dernier (« Fires At Midnight », long de plus de douze minutes, « Home Again » et « I Still Remember »). Le couple n’oublie pas cependant de revisiter deux classiques de l’ancien répertoire du ténébreux musicien avec le squelettique « Soldier Of Fortune » pour le Pourpre Profond et « Sixteenth Century Greensleeves » pour l’Arc-en-ciel. Mais avec intelligence et intégrité, Ritchie ne se repose jamais sur sa gloire d’antan et ces emprunts à son passé demeurent toujours parcimonieux là où de nombreux artistes auraient fait le choix prudent de ne proposer que des reliques propices à séduire les vieux fans. Pas de ça chez le britannique qui préfère faire honneur à ses nouvelles compositions, celles-ci le méritant d'ailleurs amplement puisque n’ayant rien à envier à leurs devancières. D’autant plus que, fidèle à son habitude, Blackmore, sur scène, ne se contente jamais de proposer des calques des versions studio. Ainsi, ces chansons ont bien souvent des allures de piste de décollage, portes ouvertes à toutes les transformations possibles, même si les années 70 et leurs dérives démentielles, qui voyaient les titres s’étirer d’une manière hallucinante, sont loin désormais. Ces morceaux n’en sont donc pas moins transcendés par une bande de ménestrels au talent énorme. Il suffit d’écouter le jeu du guitariste durant le monumental « Fires At Midnight » ou bien la seconde partie de « Past Time With Good Company » qui a quelque chose d’une fête médiévale colorée, pour s’en rendre compte. Et si Candice Night livre tout du long une performance dont il faut louer l’excellence, que dire d’un Ritchie qui brille lui aussi de mille feux, aussi à l’aise en électrique qu’en acoustique, format qui ne pardonne aucune approximation. Contrairement à ce que beaucoup pensent, il n’a donc rien perdu de sa maîtrise. Mieux, rarement son jeu aura été aussi précis, fin et surtout chargé d’émotion. Elégant et racé, "Past Times With Good Company" se révèle être donc un live incontournable, à conseiller aussi bien aux amateurs de Blackmore’s Night (cela va de soi) qu'à tous ceux (les plus nombreux, malheureusement) qui ont occulté ce pan dans la carrière du guitariste depuis le sabordage de Rainbow. Ces derniers se rendront compte alors qu’ils ont eu tort, même si Ritchie n’officie clairement plus (quoique) dans le registre que les fans de Deep Purple auraient voulu le voir embrasser à tout jamais. Mais l’homme n’en a toujours fait qu’à sa tête… et c’est tant mieux ! 4/5 (2009) | Facebook
"Made In Japan" (1972), "Made In Europe" (1976) et le "Live In London" (1982) pour Deep Purple, "On Stage" (1977) pour Rainbow sans oublier tous les trésors exhumés ses dernières années tels que le "Mark III – The Final Concerts" (1996) pour le premier, "Live In Munich 1977" (2006) pour le second, sa carrière est balisée par des enregistrements de ce type tout bonnement mythiques. A cette litanie immortelle, nous pouvons désormais rajouter ce premier double live de Blackmore’s Night, projet que l’on ne présente plus maintenant. Capturé durant le Fires At Midnight Tour en Allemagne - le premier pays à avoir succombé à la musique écrite par le précieux duo, et dans lequel, sans doute avec le Japon, l'Homme en noir est un dieu vivant -, "Past Times With Good Company" pioche comme il se doit dans les trois albums que le groupe a alors dans sa besace : "Shadow Of The Moon" (« Shadow Of The Moon », absolument gigantesque, « Play Minstrel Play » et son bouquet final, l’instrumental « Minstrel Hall », « Renaissance Faire » et le très rock « Writting On The Wall »), "Under A Violet Moon" (« Past Time With Good Company », « Under A Violet Moon », le très beau « Beyond The Sunset », « Morning Star », introduit par un violon aux accents presque tziganes et le médiéval « Durch Den Wald Zum Bachhaus ») et bien sûr le petit dernier (« Fires At Midnight », long de plus de douze minutes, « Home Again » et « I Still Remember »). Le couple n’oublie pas cependant de revisiter deux classiques de l’ancien répertoire du ténébreux musicien avec le squelettique « Soldier Of Fortune » pour le Pourpre Profond et « Sixteenth Century Greensleeves » pour l’Arc-en-ciel. Mais avec intelligence et intégrité, Ritchie ne se repose jamais sur sa gloire d’antan et ces emprunts à son passé demeurent toujours parcimonieux là où de nombreux artistes auraient fait le choix prudent de ne proposer que des reliques propices à séduire les vieux fans. Pas de ça chez le britannique qui préfère faire honneur à ses nouvelles compositions, celles-ci le méritant d'ailleurs amplement puisque n’ayant rien à envier à leurs devancières. D’autant plus que, fidèle à son habitude, Blackmore, sur scène, ne se contente jamais de proposer des calques des versions studio. Ainsi, ces chansons ont bien souvent des allures de piste de décollage, portes ouvertes à toutes les transformations possibles, même si les années 70 et leurs dérives démentielles, qui voyaient les titres s’étirer d’une manière hallucinante, sont loin désormais. Ces morceaux n’en sont donc pas moins transcendés par une bande de ménestrels au talent énorme. Il suffit d’écouter le jeu du guitariste durant le monumental « Fires At Midnight » ou bien la seconde partie de « Past Time With Good Company » qui a quelque chose d’une fête médiévale colorée, pour s’en rendre compte. Et si Candice Night livre tout du long une performance dont il faut louer l’excellence, que dire d’un Ritchie qui brille lui aussi de mille feux, aussi à l’aise en électrique qu’en acoustique, format qui ne pardonne aucune approximation. Contrairement à ce que beaucoup pensent, il n’a donc rien perdu de sa maîtrise. Mieux, rarement son jeu aura été aussi précis, fin et surtout chargé d’émotion. Elégant et racé, "Past Times With Good Company" se révèle être donc un live incontournable, à conseiller aussi bien aux amateurs de Blackmore’s Night (cela va de soi) qu'à tous ceux (les plus nombreux, malheureusement) qui ont occulté ce pan dans la carrière du guitariste depuis le sabordage de Rainbow. Ces derniers se rendront compte alors qu’ils ont eu tort, même si Ritchie n’officie clairement plus (quoique) dans le registre que les fans de Deep Purple auraient voulu le voir embrasser à tout jamais. Mais l’homme n’en a toujours fait qu’à sa tête… et c’est tant mieux ! 4/5 (2009) | Facebook
KröniK | Blackmore's Night - Fires At Midnight (2001)
"Fires At Midnight" est un album important dans la carrière de Blackmore’s Night car, on s’en rend compte maintenant, il en forme le pivot, le tournant stylistique.
En effet, après deux disques – "Shadow Of The Moon" et "Under A Violet Moon" – passés à dessiner une musique à mi-chemin entre le folk progressif et le rock, et oscillant entre électrique (un peu) et acoustique (beaucoup), ce troisième essai montre un Ritchie Blackmore qui semble (enfin) vouloir, certes encore timidement, renouer avec son passé. Résultat, jamais depuis la renaissance (éphémère) de Rainbow avec le mésestimé "Stranger In Us All" en 1995, la guitare du maître n’avait autant rugi, et ce dès le premier titre, l’accrocheur « Written In The Stars », durant lequel sa Stratocaster vient égrener ses notes si reconnaissables. Bien sûr, "Fires At Midnight" est toujours émaillé par de nombreuses déambulations médiévales et acoustiques, telles que « Home Again », « Crowning Of The King », des instrumentaux qui offrent à Blackmore tout le loisir de démontrer sa maîtrise des arpèges dépouillés (« Fayre Thee Well », « Praetorius ») et des ballades diaphanes (« Hanging Tree»). Mais à leurs côtés, il y a une poignée de compositions très rock, équilibre parfait entre emprunts Renaissance et musique électrique (bien plus nombreuses que sur ses deux aînés). Celles-ci sont d’ailleurs les plus belles du lot. Comment de ce fait, ne pas être ensorcelé par l’arabisant « I Still Remember », le sombre et monumental « Fires At Midnight », percé du plus grand (et plus long !) solo, largement digne des grandes heures de Deep Purple et de Rainbow, que l’Homme en noir a décoché depuis longtemps, et le virevoltant « Village On The Sand » ? Ajoutons à cette liste le puissant, bien qu’acoustique, « Storm », qui débute calmement avant de décoller au rythme d’un tempo des plus enlevés. Important, disions-nous au début de cette chronique, cet album l’est aussi pour deux autres raisons : il marque la naissance de la collaboration durable entre le duo et le label SPV, laquelle coïncide avec l’ascension commerciale du projet, tandis qu'un embryon de groupe commence à se former autour du couple pour la tournée qui va suivre avec des musiciens qui l’accompagneront pendant longtemps, tels que le bassiste Robert Of Normandie, le batteur Sir Malcolm Of Lumley et les deux choristes Lady Nancy et Lady Madeline."Fires At Midnight" se révèle être donc un très grand cru et (alors) le plus rock de la discographie de Ritchie et Candice, tous les deux délivrant bien entendu tout du long une interprétation en tout point digne d'éloge. Les œuvres suivantes, "Ghost Of Rose", "The Village Lanterne" et "Secret Voyage", poursuivront par la suite cette évolution avec la réussite que l'on sait... 4/5 (2009) | Facebook
En effet, après deux disques – "Shadow Of The Moon" et "Under A Violet Moon" – passés à dessiner une musique à mi-chemin entre le folk progressif et le rock, et oscillant entre électrique (un peu) et acoustique (beaucoup), ce troisième essai montre un Ritchie Blackmore qui semble (enfin) vouloir, certes encore timidement, renouer avec son passé. Résultat, jamais depuis la renaissance (éphémère) de Rainbow avec le mésestimé "Stranger In Us All" en 1995, la guitare du maître n’avait autant rugi, et ce dès le premier titre, l’accrocheur « Written In The Stars », durant lequel sa Stratocaster vient égrener ses notes si reconnaissables. Bien sûr, "Fires At Midnight" est toujours émaillé par de nombreuses déambulations médiévales et acoustiques, telles que « Home Again », « Crowning Of The King », des instrumentaux qui offrent à Blackmore tout le loisir de démontrer sa maîtrise des arpèges dépouillés (« Fayre Thee Well », « Praetorius ») et des ballades diaphanes (« Hanging Tree»). Mais à leurs côtés, il y a une poignée de compositions très rock, équilibre parfait entre emprunts Renaissance et musique électrique (bien plus nombreuses que sur ses deux aînés). Celles-ci sont d’ailleurs les plus belles du lot. Comment de ce fait, ne pas être ensorcelé par l’arabisant « I Still Remember », le sombre et monumental « Fires At Midnight », percé du plus grand (et plus long !) solo, largement digne des grandes heures de Deep Purple et de Rainbow, que l’Homme en noir a décoché depuis longtemps, et le virevoltant « Village On The Sand » ? Ajoutons à cette liste le puissant, bien qu’acoustique, « Storm », qui débute calmement avant de décoller au rythme d’un tempo des plus enlevés. Important, disions-nous au début de cette chronique, cet album l’est aussi pour deux autres raisons : il marque la naissance de la collaboration durable entre le duo et le label SPV, laquelle coïncide avec l’ascension commerciale du projet, tandis qu'un embryon de groupe commence à se former autour du couple pour la tournée qui va suivre avec des musiciens qui l’accompagneront pendant longtemps, tels que le bassiste Robert Of Normandie, le batteur Sir Malcolm Of Lumley et les deux choristes Lady Nancy et Lady Madeline."Fires At Midnight" se révèle être donc un très grand cru et (alors) le plus rock de la discographie de Ritchie et Candice, tous les deux délivrant bien entendu tout du long une interprétation en tout point digne d'éloge. Les œuvres suivantes, "Ghost Of Rose", "The Village Lanterne" et "Secret Voyage", poursuivront par la suite cette évolution avec la réussite que l'on sait... 4/5 (2009) | Facebook
KröniK | Blackmore's Night - Under A Violet Moon (1999)
Contre toute attente, et alors que ses fans de la première heure espéraient que Shadow Of The Moon resterait sans lendemain, Ritchie Blackmore revient deux ans plus tard avec une seconde offrande sous la bannière de son projet acoustico-médiéval qu’il a monté avec sa compagne Candice Night.
La chance de pouvoir écouter un jour un nouvel essai de Rainbow, lequel était pourtant encore envisagé en 1997 avec un line-up qui aurait totalement été remanié (la rumeur d’un retour de Ronnie James Dio circulera même quelques années plus tard), semble de fait de plus en plus improbable. Apaisé et heureux comme il ne l’a pas été depuis très (très) longtemps, le ténébreux guitariste a donc décidé de se concentrer désormais uniquement sur Blackmore’s Night, au sein duquel il apparaît effectivement très l’aise. Sans surprise, Under A Violet Moon poursuit le chemin entamé par son aîné avec sa collection de ritournelles folkloriques essentiellement acoustiques même si l’Homme en noir sait encore dégainer sa Stratocaster durant de rares instants, à l’image du superbe "Gone With The Wind", rehaussé de chœurs grandioses ; certainement un des meilleurs titres du lots, un des plus rock également. Alors certes, c’est toujours une jouissance de pouvoir entendre le maître jouer en électrique, mais il faut pourtant se faire une raison : celui-ci en a visiblement assez du hard-rock, courant dont il fût pourtant un des géniteurs et, à cinquante ans (bien) tassés, il aspire à composer une musique qui dorénavant lui correspond davantage. Que l’on aime ou non cette nouvelle orientation, reconnaissons au guitariste sa sincérité et son intégrité aussi, car combien il lui aurait été facile de continuer sur la lancée de Stranger In Us All, le dernier Rainbow en date. Reconnaissons aussi au séduisant couple, secondé ici le temps de quatre morceaux par Jens Johansson (Yngwie Malmsteen, Stratovarius…) aux claviers, l’incontestable réussite dans cette voie originale. S’il ne parvient pas à égaler son prédécesseur, Under A Violet Moon n’en est pas moins lui aussi riche de très bonnes compositions, illuminées par la voix aérienne et cristalline de Candice, aussi radieuse que le jeu de son compagnon est noir. Citons notamment l’entraînant titre éponyme (un classique aujourd’hui), le médiéval "Past Time With Good Company", l’orientalisant "Morning Star" et son violon empreint d’une gravité certaine, les instrumentaux "Possum Goes To Prague" et "Beyond The Sunset", qui démontrent si besoin en était encore tout le feeling dont Ritchie est capable. Retenons également l’hispanisant "Spanish Nights", introduit par des arpèges d’une beauté noire et l’étonnante reprise de Rainbow "Self Portrait", extrait du premier opus de 1975. Par rapport à Shadow Of The Moon, cette cuvée se teinte de couleurs plus moyenâgeuses encore ("March The Heroes Home", le diaphane "Catherine Howard’s Fate", "Durch Den Wald Zum Bach Haus") tout en étant moins électrique. Blackmore’s Night confirme donc avec cet album, l’un des préférés du duo, qu’il est un projet sérieux et en rien éphémère. On ne peut que s'en réjouir et tant pis pour les esprits chagrins qui déplorent que le guitariste ait décidé de ranger pour de bon son hard-rock au grenier. 3.5/5 (2009) | Facebook
La chance de pouvoir écouter un jour un nouvel essai de Rainbow, lequel était pourtant encore envisagé en 1997 avec un line-up qui aurait totalement été remanié (la rumeur d’un retour de Ronnie James Dio circulera même quelques années plus tard), semble de fait de plus en plus improbable. Apaisé et heureux comme il ne l’a pas été depuis très (très) longtemps, le ténébreux guitariste a donc décidé de se concentrer désormais uniquement sur Blackmore’s Night, au sein duquel il apparaît effectivement très l’aise. Sans surprise, Under A Violet Moon poursuit le chemin entamé par son aîné avec sa collection de ritournelles folkloriques essentiellement acoustiques même si l’Homme en noir sait encore dégainer sa Stratocaster durant de rares instants, à l’image du superbe "Gone With The Wind", rehaussé de chœurs grandioses ; certainement un des meilleurs titres du lots, un des plus rock également. Alors certes, c’est toujours une jouissance de pouvoir entendre le maître jouer en électrique, mais il faut pourtant se faire une raison : celui-ci en a visiblement assez du hard-rock, courant dont il fût pourtant un des géniteurs et, à cinquante ans (bien) tassés, il aspire à composer une musique qui dorénavant lui correspond davantage. Que l’on aime ou non cette nouvelle orientation, reconnaissons au guitariste sa sincérité et son intégrité aussi, car combien il lui aurait été facile de continuer sur la lancée de Stranger In Us All, le dernier Rainbow en date. Reconnaissons aussi au séduisant couple, secondé ici le temps de quatre morceaux par Jens Johansson (Yngwie Malmsteen, Stratovarius…) aux claviers, l’incontestable réussite dans cette voie originale. S’il ne parvient pas à égaler son prédécesseur, Under A Violet Moon n’en est pas moins lui aussi riche de très bonnes compositions, illuminées par la voix aérienne et cristalline de Candice, aussi radieuse que le jeu de son compagnon est noir. Citons notamment l’entraînant titre éponyme (un classique aujourd’hui), le médiéval "Past Time With Good Company", l’orientalisant "Morning Star" et son violon empreint d’une gravité certaine, les instrumentaux "Possum Goes To Prague" et "Beyond The Sunset", qui démontrent si besoin en était encore tout le feeling dont Ritchie est capable. Retenons également l’hispanisant "Spanish Nights", introduit par des arpèges d’une beauté noire et l’étonnante reprise de Rainbow "Self Portrait", extrait du premier opus de 1975. Par rapport à Shadow Of The Moon, cette cuvée se teinte de couleurs plus moyenâgeuses encore ("March The Heroes Home", le diaphane "Catherine Howard’s Fate", "Durch Den Wald Zum Bach Haus") tout en étant moins électrique. Blackmore’s Night confirme donc avec cet album, l’un des préférés du duo, qu’il est un projet sérieux et en rien éphémère. On ne peut que s'en réjouir et tant pis pour les esprits chagrins qui déplorent que le guitariste ait décidé de ranger pour de bon son hard-rock au grenier. 3.5/5 (2009) | Facebook
KröniK | Blackmore's Night - Shadow Of The Moon (1997)
Nombreux (la majorité ?) sont ceux à dater en 1997 la fin de Ritchie Blackmore, jadis prodige parmi les prodiges au service de la déesse Stratocaster, celui qui inventa le hard rock grâce à ses soli acérés, aujourd’hui considéré comme un vulgaire ménestrel pour fête de la bière en Allemagne.
Nombreux sont pourtant ceux aussi qui pensent que Blackmore’s Night a offert au virtuose un second souffle après la reformation en demi teinte de Deep Purple. Nombreux surtout sont ceux qui ont eu alors une révélation : la découverte d’une magnifique chanteuse, Candice Night, que les plus attentifs n’auront sans doute pas manqué de remarquer la timide participation au Stranger In Us All (1995), unique album du Rainbow reformé.Pour résumer, ce nouveau projet de Ritchie Blackmore, on le chérit ou on le méprise. C’est pourtant bien mal connaître le ténébreux anglais que de croire que celui-ci est alors devenu fou. Bien que très éloigné de son ancien répertoire, l’existence de Shadow Of The Moon n’a en réalité rien d’une absurdité au sein de sa carrière. Les couleurs médiévales figuraient déjà, par exemple, au menu de The Book Of Taliesyn de Purple en 1968. De même, certaines de ces nouvelles chansons, réarrangées, auraient bien pu se glisser sur les opus de l’Arc-En-Ciel période Dio (“ The Temple Of The King ” n’est parfois pas très loin). La filiation est évidente pour qui n’est pas aveuglé par sa mauvaise foi. Quand ce premier essai est sorti, beaucoup pensent (et espèrent !) que Blackmore’s Night se limitera à un projet parallèle et éphémère entre deux offrandes de Rainbow. C’est d’ailleurs de cette façon que Ritchie l’a présenté durant les interviews qu’il avait données durant la promotion de Stranger In Us All. Celui-ci n’ayant suscitée qu’une indifférence polie, malgré une tournée réussie, l’homme en noir décidera finalement de se concentrer désormais uniquement sur ce nouveau groupe. Avec le recul, on ne peut que s'en féliciter tant cet album demeure ce qu’il a composé de mieux depuis Down To Earth de Rainbow (1979). Parenthèse rafraichissante, Shadow Of The Moon voit pour la première fois le guitariste écrire pour une chanteuse, au service d’une musique essentiellement acoustique ( seuls “ Writing On The Wall ”, le sublime “ No Second Chance ” et le mélancolique “ Wish You Were Here ” sont éclairés d’interventions électriques) entre rock et folk, teintée de quelques légères touches progressives, qui doivent beaucoup à la participation de Ian Anderson (Jethro Tull) et de sa flûte endiablée sur le final enlevé de “ Play Minstrel Play ”. Ce qu’il y a de troublant et qui démontre la maturité à laquelle Blackmore est parvenu aujourd’hui, est sa capacité à s’effacer au profit d’un tout, à se fondre dans un ensemble porté par le chant aérien et cristallin de sa compagne. Ces morceaux rayonnent des lignes vocales de la jeune femme, aussi lumineuses que la guitare du maître est sombre. Entouré d’une bande de ménestrels, le duo, bien servi par la production de Pat Regan, fidèle de Ritchie (il était déjà responsable du mixage de The Battle Rages On de Deep Purple en 1993), alterne chansons originales (“ Be Mine Tonight ”, “ Spirit Of The Sea ”…) et reprises du répertoire classique, médiéval et renaissance (“ Magical World ”, Play Minstrel Play ”, “ Greensleeves ”…), balisés par de courtes pièces instrumentales, qui permettent d’admirer le jeu fin et précis du maître (“ Minstrel Hall, “ Memmingen ”). Riche de nombreux classiques (“ Shadow Of The Moon ”, qu’introduisent des ambiances orientales, “ The Clock Ticks On ”, “ Minstrel Hall ”, “ No Second Chance ” et “ Mond Tanz ”), cette ballade médiévale et doucereuse affichent aussi des accents plein de mélancolie (“ Ocean Gypsy ”), ce dont Blackmore ne nous avait que rarement habitué. Vous l’aurez donc compris, Shadow Of The Moon est une vraie merveille, pendant longtemps la plus réussie du couple, et Blackmore’s Night un groupe exceptionnel et unique qui aura permis à Ritchie de se renouveler et ce faisant, de toucher peu à peu un autre public qui ne le connaissait pas forcément jusqu’à présent. Essentiel. (2009) | Facebook
Nombreux sont pourtant ceux aussi qui pensent que Blackmore’s Night a offert au virtuose un second souffle après la reformation en demi teinte de Deep Purple. Nombreux surtout sont ceux qui ont eu alors une révélation : la découverte d’une magnifique chanteuse, Candice Night, que les plus attentifs n’auront sans doute pas manqué de remarquer la timide participation au Stranger In Us All (1995), unique album du Rainbow reformé.Pour résumer, ce nouveau projet de Ritchie Blackmore, on le chérit ou on le méprise. C’est pourtant bien mal connaître le ténébreux anglais que de croire que celui-ci est alors devenu fou. Bien que très éloigné de son ancien répertoire, l’existence de Shadow Of The Moon n’a en réalité rien d’une absurdité au sein de sa carrière. Les couleurs médiévales figuraient déjà, par exemple, au menu de The Book Of Taliesyn de Purple en 1968. De même, certaines de ces nouvelles chansons, réarrangées, auraient bien pu se glisser sur les opus de l’Arc-En-Ciel période Dio (“ The Temple Of The King ” n’est parfois pas très loin). La filiation est évidente pour qui n’est pas aveuglé par sa mauvaise foi. Quand ce premier essai est sorti, beaucoup pensent (et espèrent !) que Blackmore’s Night se limitera à un projet parallèle et éphémère entre deux offrandes de Rainbow. C’est d’ailleurs de cette façon que Ritchie l’a présenté durant les interviews qu’il avait données durant la promotion de Stranger In Us All. Celui-ci n’ayant suscitée qu’une indifférence polie, malgré une tournée réussie, l’homme en noir décidera finalement de se concentrer désormais uniquement sur ce nouveau groupe. Avec le recul, on ne peut que s'en féliciter tant cet album demeure ce qu’il a composé de mieux depuis Down To Earth de Rainbow (1979). Parenthèse rafraichissante, Shadow Of The Moon voit pour la première fois le guitariste écrire pour une chanteuse, au service d’une musique essentiellement acoustique ( seuls “ Writing On The Wall ”, le sublime “ No Second Chance ” et le mélancolique “ Wish You Were Here ” sont éclairés d’interventions électriques) entre rock et folk, teintée de quelques légères touches progressives, qui doivent beaucoup à la participation de Ian Anderson (Jethro Tull) et de sa flûte endiablée sur le final enlevé de “ Play Minstrel Play ”. Ce qu’il y a de troublant et qui démontre la maturité à laquelle Blackmore est parvenu aujourd’hui, est sa capacité à s’effacer au profit d’un tout, à se fondre dans un ensemble porté par le chant aérien et cristallin de sa compagne. Ces morceaux rayonnent des lignes vocales de la jeune femme, aussi lumineuses que la guitare du maître est sombre. Entouré d’une bande de ménestrels, le duo, bien servi par la production de Pat Regan, fidèle de Ritchie (il était déjà responsable du mixage de The Battle Rages On de Deep Purple en 1993), alterne chansons originales (“ Be Mine Tonight ”, “ Spirit Of The Sea ”…) et reprises du répertoire classique, médiéval et renaissance (“ Magical World ”, Play Minstrel Play ”, “ Greensleeves ”…), balisés par de courtes pièces instrumentales, qui permettent d’admirer le jeu fin et précis du maître (“ Minstrel Hall, “ Memmingen ”). Riche de nombreux classiques (“ Shadow Of The Moon ”, qu’introduisent des ambiances orientales, “ The Clock Ticks On ”, “ Minstrel Hall ”, “ No Second Chance ” et “ Mond Tanz ”), cette ballade médiévale et doucereuse affichent aussi des accents plein de mélancolie (“ Ocean Gypsy ”), ce dont Blackmore ne nous avait que rarement habitué. Vous l’aurez donc compris, Shadow Of The Moon est une vraie merveille, pendant longtemps la plus réussie du couple, et Blackmore’s Night un groupe exceptionnel et unique qui aura permis à Ritchie de se renouveler et ce faisant, de toucher peu à peu un autre public qui ne le connaissait pas forcément jusqu’à présent. Essentiel. (2009) | Facebook
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