Après Robin Beck et son "Love Is Coming", c'est au tour d'une autre rockeuse des années 80, Lee Aaron, de se rappeler à notre bon souvenir.
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KröniK | Whitesnake - Slide It In (1984)
Slide It In s’éloigne du blues des débuts pour lui préférer un hard mélodique qui annonce déjà parfois l’orientation prise à partir de 1987.
Après une poignée d’albums enregistrés autour d’un line-up stable et solide, David Coverdale doit palier au départ du fidèle guitariste Bernie Mardsen et du batteur Ian Paice parti chez Gary Moore. Ils sont remplacés respectivement par Mel Galley (ex-Trapeze) et surtout par le mercenaire de la batterie, l’extraordinaire Cozy Powell (ex–Rainbow). Celui-ci confère par sa frappe puissante et lourde, un côté plus heavy aux nouvelles compositions essentiellement dues au duo Coverdale / Galley.
De fait, ce disque s’éloigne du blues des débuts (même s’il en subsiste quelques traces comme sur le morceau – titre ou sur “ Hungry For Love ”) pour lui préférer un hard mélodique qui annonce déjà parfois l’orientation prise à partir de 1987. Cela est particulièrement évident avec les efficaces “ Standing In The Shadow ” et “ Give Me More Time ” ou dans le son de clavier de Jon Lord – dont c’est la dernière apparition sur un disque du groupe, avant de retrouver ses anciens compagnons au sein d’un Deep Purple fraîchement reformé –, plus proche des synthétiseurs que des éruptions d’orgues qu’il affectionnait au temps du Pourpre profond ; cependant que l’énorme “ Slow An’Easy ” révèle l’amour du chanteur pour Led Zeppelin, influence qui éclatera encore davantage les années à venir : même voix à la Robert Plant, même rythmique lourde à la Bonham… En fermant les yeux, nous pourrions presque croire que le Dirigeable a ressuscité. Troublant vraiment. Du reste, il s’agit d’un des meilleurs morceaux de Slide It In, avec “ Gambler ”, brûlot parfait pour débuter un album, ou le puissant “ Love Ain’t No Stranger ”. Il n’y a donc absolument rien à jeter sur cette galette, encore une fois produite de main de maître par l’incontournable Martin Birch, élément essentiel du son de la Purple Family. Tous les titres font mouche et permettent ainsi à Slide It In de figurer parmi les sommets de la discographie du Serpent blanc. En outre, par son orientation plus mélodique, plus américaine dirions-nous, il constitue une transition parfaite entre l’ancien et le nouveau Whitesnake, qui ne tardera pas à faire exploser les charts de l’Oncle Sam. (2006)
Après une poignée d’albums enregistrés autour d’un line-up stable et solide, David Coverdale doit palier au départ du fidèle guitariste Bernie Mardsen et du batteur Ian Paice parti chez Gary Moore. Ils sont remplacés respectivement par Mel Galley (ex-Trapeze) et surtout par le mercenaire de la batterie, l’extraordinaire Cozy Powell (ex–Rainbow). Celui-ci confère par sa frappe puissante et lourde, un côté plus heavy aux nouvelles compositions essentiellement dues au duo Coverdale / Galley.
De fait, ce disque s’éloigne du blues des débuts (même s’il en subsiste quelques traces comme sur le morceau – titre ou sur “ Hungry For Love ”) pour lui préférer un hard mélodique qui annonce déjà parfois l’orientation prise à partir de 1987. Cela est particulièrement évident avec les efficaces “ Standing In The Shadow ” et “ Give Me More Time ” ou dans le son de clavier de Jon Lord – dont c’est la dernière apparition sur un disque du groupe, avant de retrouver ses anciens compagnons au sein d’un Deep Purple fraîchement reformé –, plus proche des synthétiseurs que des éruptions d’orgues qu’il affectionnait au temps du Pourpre profond ; cependant que l’énorme “ Slow An’Easy ” révèle l’amour du chanteur pour Led Zeppelin, influence qui éclatera encore davantage les années à venir : même voix à la Robert Plant, même rythmique lourde à la Bonham… En fermant les yeux, nous pourrions presque croire que le Dirigeable a ressuscité. Troublant vraiment. Du reste, il s’agit d’un des meilleurs morceaux de Slide It In, avec “ Gambler ”, brûlot parfait pour débuter un album, ou le puissant “ Love Ain’t No Stranger ”. Il n’y a donc absolument rien à jeter sur cette galette, encore une fois produite de main de maître par l’incontournable Martin Birch, élément essentiel du son de la Purple Family. Tous les titres font mouche et permettent ainsi à Slide It In de figurer parmi les sommets de la discographie du Serpent blanc. En outre, par son orientation plus mélodique, plus américaine dirions-nous, il constitue une transition parfaite entre l’ancien et le nouveau Whitesnake, qui ne tardera pas à faire exploser les charts de l’Oncle Sam. (2006)
KröniK | Whitesnake - Saints & Sinners (1982)
Saints & Sinners marque en quelque sorte la fin d’un chapitre dans l’histoire du groupe car il est le dernier enregistré avec son line-up le plus célèbre (et le préféré des fans) : Coverdale, Mardsen, Moody, Lord et Paice. De fait, musicalement, il clôt aussi la période hard bluesy de Whitesnake, son successeur, Slide It In, bien que conservant encore quelques oripeaux du passé, faisant un peu office de transition avec la période hard US qu’incarneront 1987 et Slip Of The Tongue. Ce huitième album est en toute logique très apprécié des amateurs. Et à raison, quand bien même il semble un peu inférieur aux précédents.
Les dix compositions qui le composent font mouche, la plupart étant dans un registre plutôt énergique et bluesy, à l’instar des imparables “ Young Blood ”, “ Victim Of Love ” ou “ Dancing Girls ”. Mais, malgré leurs évidentes qualités, elles sont éclipsées par les deux joyaux que demeurent “ Crying In The Rain ” et “ Here I Go Again ”, qui bénéficieront d’une relecture sur le disque 1987 (tout comme “ Fool For Yoy Loving ” tiré de Ready An’ Willing sur Slip Of The Tongue). Ces deux perles justifient à elles seules l’achat de Saints & Sinners, et sans lesquelles il ne serait qu’un disque de plus dans la carrière du Serpent blanc , le groupe donnant l’impression d’avoir tout dit dans la veine musicale qu’il a choisit depuis la fin des années 70. Pour autant, ces 40 minutes passent comme une lettre à la poste ; mais le renouvellement qui ne tardera pas à intervenir sera peut-être en définitive salutaire, au grand dam des fans de la première heure. (2006)
Les dix compositions qui le composent font mouche, la plupart étant dans un registre plutôt énergique et bluesy, à l’instar des imparables “ Young Blood ”, “ Victim Of Love ” ou “ Dancing Girls ”. Mais, malgré leurs évidentes qualités, elles sont éclipsées par les deux joyaux que demeurent “ Crying In The Rain ” et “ Here I Go Again ”, qui bénéficieront d’une relecture sur le disque 1987 (tout comme “ Fool For Yoy Loving ” tiré de Ready An’ Willing sur Slip Of The Tongue). Ces deux perles justifient à elles seules l’achat de Saints & Sinners, et sans lesquelles il ne serait qu’un disque de plus dans la carrière du Serpent blanc , le groupe donnant l’impression d’avoir tout dit dans la veine musicale qu’il a choisit depuis la fin des années 70. Pour autant, ces 40 minutes passent comme une lettre à la poste ; mais le renouvellement qui ne tardera pas à intervenir sera peut-être en définitive salutaire, au grand dam des fans de la première heure. (2006)
KröniK | Whitesnake - Come An' Get It (1981)
Come An’ Get It s’inscrit dans la droite lignée de ses aînés et libère donc ce hard rock bluesy chaleureux qui suinte le sperme et la sueur.
En 1981, le Serpent Blanc vient d’atteindre le point G de sa carrière sur un plan artistique (pour le tiroir-caisse, il faudra attendre la fin de cette même décennie), suite à la triple éjaculation épaisse et fertile que forment les salves Trouble, Lovehunter et Ready And Willin’, orgasme parachevé par le désormais mythique live… In The Heart Of The City. L’érection toujours au garde à vous, David Coverdale repart déjà l’assaut quelques mois à peine après, avec dix nouveaux coups de boutoir. Come An’ Get It s’inscrit dans la droite lignée de ses aînés et libère donc ce hard rock bluesy chaleureux qui suinte le sperme et la sueur et, ce faisant, offre peut-être même un des joyaux de la carrière des Anglais.
Dix titres, dix bijoux sexy et imparables éclaboussés par la semence du Coverdale au top de sa (ses) forme(s). Rien, absolument rien à jeter. Comment résister à des appels de hanche du calibre de l’hymne “ Don’t Break My Heart Again ”, “ Come An’ Get It ”, de “ Hot Stuff ”, qui permet aux claviers de Jon Lord de dégouliner comme ils en ont l’habitude ? Introduit par la slide du duo Bernie Mardsen / Mickey Moody, “ Lonely Days, Lonely Heart ” vous fout un gourdin pas possible et que dire du bluesy sentant bon les Bayous “ Wine, Women An’ Song ” sur lequel le chanteur roucoule des paroles bien en-dessous de la ceinture (“ Then baby, you can kiss my ass… ”), si ce n’est que l’on tiens du lourd. Après le lent et superbe “ Child Of Babylon ”, Whitesnake revient à ses premières amours en pénétrant entre les cuisses béantes d’une musique toujours aguicheuse, comme l’illustrent les excellents “ Would I Lie To You ”, “ Girl ” ou “ Hit An’Run ” et ses parties de slide endiablée. Et quand survient le puissant “ Till The Day I Die ” qui clôt l’album, on n’a qu’une seule envie, celle d’enfiler sa femme, d’honorer son corps. Porté par des musiciens au paroxysme de leur inspiration et de leur talent, le Serpent Blanc démontre avec Come An’ Get It qu’il a bel et bien dépassé le stade de la puberté et des émois maladroits qui l’accompagnent. Son style reconnaissable entre mille a atteint sa maturité. Bref, on n’est pas loin du chef-d’œuvre. Whitesnake ne tardera pourtant pas à tromper sa maîtresse anglaise pour s’en aller bientôt caresser les courbes d’une belle Américaine… (07/08/08)
En 1981, le Serpent Blanc vient d’atteindre le point G de sa carrière sur un plan artistique (pour le tiroir-caisse, il faudra attendre la fin de cette même décennie), suite à la triple éjaculation épaisse et fertile que forment les salves Trouble, Lovehunter et Ready And Willin’, orgasme parachevé par le désormais mythique live… In The Heart Of The City. L’érection toujours au garde à vous, David Coverdale repart déjà l’assaut quelques mois à peine après, avec dix nouveaux coups de boutoir. Come An’ Get It s’inscrit dans la droite lignée de ses aînés et libère donc ce hard rock bluesy chaleureux qui suinte le sperme et la sueur et, ce faisant, offre peut-être même un des joyaux de la carrière des Anglais.
Dix titres, dix bijoux sexy et imparables éclaboussés par la semence du Coverdale au top de sa (ses) forme(s). Rien, absolument rien à jeter. Comment résister à des appels de hanche du calibre de l’hymne “ Don’t Break My Heart Again ”, “ Come An’ Get It ”, de “ Hot Stuff ”, qui permet aux claviers de Jon Lord de dégouliner comme ils en ont l’habitude ? Introduit par la slide du duo Bernie Mardsen / Mickey Moody, “ Lonely Days, Lonely Heart ” vous fout un gourdin pas possible et que dire du bluesy sentant bon les Bayous “ Wine, Women An’ Song ” sur lequel le chanteur roucoule des paroles bien en-dessous de la ceinture (“ Then baby, you can kiss my ass… ”), si ce n’est que l’on tiens du lourd. Après le lent et superbe “ Child Of Babylon ”, Whitesnake revient à ses premières amours en pénétrant entre les cuisses béantes d’une musique toujours aguicheuse, comme l’illustrent les excellents “ Would I Lie To You ”, “ Girl ” ou “ Hit An’Run ” et ses parties de slide endiablée. Et quand survient le puissant “ Till The Day I Die ” qui clôt l’album, on n’a qu’une seule envie, celle d’enfiler sa femme, d’honorer son corps. Porté par des musiciens au paroxysme de leur inspiration et de leur talent, le Serpent Blanc démontre avec Come An’ Get It qu’il a bel et bien dépassé le stade de la puberté et des émois maladroits qui l’accompagnent. Son style reconnaissable entre mille a atteint sa maturité. Bref, on n’est pas loin du chef-d’œuvre. Whitesnake ne tardera pourtant pas à tromper sa maîtresse anglaise pour s’en aller bientôt caresser les courbes d’une belle Américaine… (07/08/08)
KröniK | Whitesnake - Live... In The Heart Of The City (1980)
Avec Live… In The Heart Of The City, Whitesnake offre l’un des plus grands lives de l’histoire du hard rock.
Il est de bon ton pour un groupe d’offrir un live après avoir publié quelques albums, soit pour marquer une pause ; soit parce qu’il a alors atteint une certaine osmose le lui permettant. En gravant ce Live… In The Heart Of The City légendaire, Whitesnake entre plutôt dans la seconde catégorie. Le groupe est alors à son apogée car il est conduit par son meilleur line-up : David Coverdale au chant (forcément !), Bernie Mardsen et Micky Moody aux guitares, Neil Murray à la basse, Jon Lord aux claviers et Ian Paice à la batterie.
On peut difficilement rêver mieux. En outre, ce live s’inscrit en héritier d’une longue tradition initiée par Deep Purple, dont Coverdale, Lord et Paice furent des membres quelques années auparavant, et qui fût un des premiers combos à enregistrer des lives régulièrement (Made In Japan, Made In Europe). Cet album n’a pas été capturé sur une seule date (ce qui est rarement le cas) mais sur trois concerts à l’Hammersmith de Londres (deux en 1980 et un en 1978) ; et délivre 11 des meilleurs morceaux du groupe extraits essentiellement de Snakebite, Trouble, Lovehunter et surtout Ready An’ Willing, ainsi que deux classiques issus du répertoire du Pourpre profond (“ Might Just Take Your Life ” et le superbe “ Mistreated ” pour une très bonne interprétation, à laquelle il manque toutefois la présence sombre et unique de Ritchie Blackmore). Du fait, Live… In The Heart Of The City a des allures de best of, tous les brulôts étant joués, d’une manière fidèle et somptueuse : les énergiques “ Come On ”, “ Sweet Talker ” et “ Ready An’ Willing ” ; les grandioses “ Walking In The Shadow Of The Blues “ et “ Love Hunter ”, dans une version dantesque de plus de dix minutes, et dont les racines blues sont encore davantage accentuées sur scène. L’imparable “ Fool For You Loving ” qui a permis la même année à Whitesnake de lui ouvrir la porte des charts ne manque bien sûr pas à l’appel, tout comme l’énorme “ Ain’t Gonna Cry No More ”, l’efficace “ Take Me With You ”, sans oublier “ Ain’t No Love In The Heart Of The City ”, gorgé de feeling. Coverdale livre tout au long de ces titres une performance impeccable quand bien même elle impressionne moins que lorsqu’il était dans Deep Purple. Les cinq autres musiciens ne sont pas en reste non plus : Mardsen et Moody brillent de mille feux, Lord se déchire avec ses claviers et Murray et Paice forgent une rythmique solide. Avec Live… In The Heart Of The City, Whitesnake offre l’un des plus grands lives de l’histoire du hard rock. Il constitue enfin un témoignage scénique rare de la première partie de carrière (la meilleure) du groupe. (2006)
Il est de bon ton pour un groupe d’offrir un live après avoir publié quelques albums, soit pour marquer une pause ; soit parce qu’il a alors atteint une certaine osmose le lui permettant. En gravant ce Live… In The Heart Of The City légendaire, Whitesnake entre plutôt dans la seconde catégorie. Le groupe est alors à son apogée car il est conduit par son meilleur line-up : David Coverdale au chant (forcément !), Bernie Mardsen et Micky Moody aux guitares, Neil Murray à la basse, Jon Lord aux claviers et Ian Paice à la batterie.
On peut difficilement rêver mieux. En outre, ce live s’inscrit en héritier d’une longue tradition initiée par Deep Purple, dont Coverdale, Lord et Paice furent des membres quelques années auparavant, et qui fût un des premiers combos à enregistrer des lives régulièrement (Made In Japan, Made In Europe). Cet album n’a pas été capturé sur une seule date (ce qui est rarement le cas) mais sur trois concerts à l’Hammersmith de Londres (deux en 1980 et un en 1978) ; et délivre 11 des meilleurs morceaux du groupe extraits essentiellement de Snakebite, Trouble, Lovehunter et surtout Ready An’ Willing, ainsi que deux classiques issus du répertoire du Pourpre profond (“ Might Just Take Your Life ” et le superbe “ Mistreated ” pour une très bonne interprétation, à laquelle il manque toutefois la présence sombre et unique de Ritchie Blackmore). Du fait, Live… In The Heart Of The City a des allures de best of, tous les brulôts étant joués, d’une manière fidèle et somptueuse : les énergiques “ Come On ”, “ Sweet Talker ” et “ Ready An’ Willing ” ; les grandioses “ Walking In The Shadow Of The Blues “ et “ Love Hunter ”, dans une version dantesque de plus de dix minutes, et dont les racines blues sont encore davantage accentuées sur scène. L’imparable “ Fool For You Loving ” qui a permis la même année à Whitesnake de lui ouvrir la porte des charts ne manque bien sûr pas à l’appel, tout comme l’énorme “ Ain’t Gonna Cry No More ”, l’efficace “ Take Me With You ”, sans oublier “ Ain’t No Love In The Heart Of The City ”, gorgé de feeling. Coverdale livre tout au long de ces titres une performance impeccable quand bien même elle impressionne moins que lorsqu’il était dans Deep Purple. Les cinq autres musiciens ne sont pas en reste non plus : Mardsen et Moody brillent de mille feux, Lord se déchire avec ses claviers et Murray et Paice forgent une rythmique solide. Avec Live… In The Heart Of The City, Whitesnake offre l’un des plus grands lives de l’histoire du hard rock. Il constitue enfin un témoignage scénique rare de la première partie de carrière (la meilleure) du groupe. (2006)
KröniK | Whitesnake - Lovehunter (1979)
Lovehunter poursuit le style hard bluesy développé par ses glorieux prédécesseurs, tout en renouvelant quelque peu le son du groupe.
Généralement, le premier contact avec un disque, est sa pochette. Or celle de Lovehunter, cinquième offrande de Whitesnake, ne peut qu’émoustiller l’auditeur mâle et normalement constitué. Qu’y découvre-t-on ? Une femme nue, le dos cambré et chevauchant un serpent géant (le chanceux !). Ce visuel aux connotations sexuelles des plus évidentes, reflète parfaitement l’univers et les paroles très en-dessous de la ceinture de David Coverdale, leader de la formation britannique. Mais une pochette, aussi réussie soit-elle, ne fait pas forcément un bon album.
Pas de souci à ce niveau-là, Lovehunter est remarquable. Il poursuit le style hard bluesy développé par ses glorieux prédécesseurs, tout en renouvelant quelque peu le son du groupe grâce à l’intronisation aux claviers du légendaire Jon Lord, ancien compère du chanteur au sein de Deep Purple et détenteur d’une identité musicale très forte et immédiatement reconnaissable (le purplelien “ Mean Business ”). Produit sous la houlette de l’incontournable Martin Birch, Lovehunter alterne brûlots imparables (“ Long Way From Home ”, “ Medecine Man ”, le superbe “ Outlaw ”), blues fievreux (“ Walking In The Shadow Of The Blues ”, “ Love Hunter ” et ses parties de slide dues à Micky Moody) et pause doucereuse (“ We Wish You Well ”, qui clôt l’album). Sans être aussi excellent que Snakebite, Lovehunter demeure un très bon disque, comme d’ailleurs la plupart de ceux produits par Whitesnake, qui est toujours resté fidèle à ses standards de qualité et ce, en dépit des multiples changements de personnel autour du charismatique David Coverdale que ce groupe majeur de l’histoire du hard rock a connu durant sa longue carrière. (2006)
Généralement, le premier contact avec un disque, est sa pochette. Or celle de Lovehunter, cinquième offrande de Whitesnake, ne peut qu’émoustiller l’auditeur mâle et normalement constitué. Qu’y découvre-t-on ? Une femme nue, le dos cambré et chevauchant un serpent géant (le chanceux !). Ce visuel aux connotations sexuelles des plus évidentes, reflète parfaitement l’univers et les paroles très en-dessous de la ceinture de David Coverdale, leader de la formation britannique. Mais une pochette, aussi réussie soit-elle, ne fait pas forcément un bon album.
Pas de souci à ce niveau-là, Lovehunter est remarquable. Il poursuit le style hard bluesy développé par ses glorieux prédécesseurs, tout en renouvelant quelque peu le son du groupe grâce à l’intronisation aux claviers du légendaire Jon Lord, ancien compère du chanteur au sein de Deep Purple et détenteur d’une identité musicale très forte et immédiatement reconnaissable (le purplelien “ Mean Business ”). Produit sous la houlette de l’incontournable Martin Birch, Lovehunter alterne brûlots imparables (“ Long Way From Home ”, “ Medecine Man ”, le superbe “ Outlaw ”), blues fievreux (“ Walking In The Shadow Of The Blues ”, “ Love Hunter ” et ses parties de slide dues à Micky Moody) et pause doucereuse (“ We Wish You Well ”, qui clôt l’album). Sans être aussi excellent que Snakebite, Lovehunter demeure un très bon disque, comme d’ailleurs la plupart de ceux produits par Whitesnake, qui est toujours resté fidèle à ses standards de qualité et ce, en dépit des multiples changements de personnel autour du charismatique David Coverdale que ce groupe majeur de l’histoire du hard rock a connu durant sa longue carrière. (2006)
KröniK | Whitesnake - Snakebite (1978)
Loin de la machine à tubes typée hard US de la fin des années 80, le Serpent blanc œuvre alors dans un hard bluesy d’excellente facture, gorgé de feeling et à l’origine de chansons savoureuses.
Suite au split de Deep Purple, ses anciens membres se lancent chacun dans des carrières solo. Dès 1977, le chanteur David Coverdale fonde son propre groupe, Whitesnake et publie une ribambelle d’albums en l’espace de trois ans seulement. Enregistré entre Northwind (1977) et Trouble (1978), et produit par le fidèle Martin Birch (Purple, Rainbow…) ainsi que par l’ancien bassiste du Pourpre profond, Roger Glover (le temps de cinq titres), Snakebite, premier (mini) album à sortir sous la bannière Whitesnake (les deux précédents opus l’ont été en tant que disques solo du chanteur) s’avère déjà représentatif de la première partie de carrière du groupe.
Loin de la machine à tubes typée hard US de la fin des années 80, le Serpent blanc œuvre alors dans un hard bluesy d’excellente facture, gorgé de feeling et à l’origine de chansons savoureuses ; en parfaite osmose avec le chant rauque et suave de Coverdale. Accompagné de musiciens talentueux, dont certains le seconderont longtemps (Micky Moody et Bernie Mardsen aux guitares, ainsi que Neil Murray à la basse), le chanteur livre huit morceaux qui puisent leur inspiration directement dans le dernier album de Deep Purple, Come Taste The Band, mais en plus bluesy encore ; et quand bien même Snakebite, qui se compose en fait de quatre titres inédits (les quatre premiers) et de quatre autres extraits de Northwinds, ne se pose peut-être pas en incontournable de la formation (quoique), certains de ses titres se révèlent être de petites perles . Citons l’entraînant “ Come On ” justement, le superbe et lent “ Ain’t No Love In The Heart Of The City (un classique) ou les imparables “ Steal Away ” et “ Keep On Giving Me Love ”, sans oublier “ Queen Of Heart ” et ses lignes de piano à la Supertramp et bénéficiant d’une architecture plus recherchée, cependant que le sommet du disque est sans doute atteint avec le racé et puissant “ Only My Soul ”. Comme souvent à l’époque, Snakebite est très court (36 minutes environ), mais il n’y a rien à jeter dessus, contrairement aux productions actuelles, souvent remplies jusqu’à la gueule de chansons inégales. Ce n’est pas le cas ici. (2006)
Suite au split de Deep Purple, ses anciens membres se lancent chacun dans des carrières solo. Dès 1977, le chanteur David Coverdale fonde son propre groupe, Whitesnake et publie une ribambelle d’albums en l’espace de trois ans seulement. Enregistré entre Northwind (1977) et Trouble (1978), et produit par le fidèle Martin Birch (Purple, Rainbow…) ainsi que par l’ancien bassiste du Pourpre profond, Roger Glover (le temps de cinq titres), Snakebite, premier (mini) album à sortir sous la bannière Whitesnake (les deux précédents opus l’ont été en tant que disques solo du chanteur) s’avère déjà représentatif de la première partie de carrière du groupe.
Loin de la machine à tubes typée hard US de la fin des années 80, le Serpent blanc œuvre alors dans un hard bluesy d’excellente facture, gorgé de feeling et à l’origine de chansons savoureuses ; en parfaite osmose avec le chant rauque et suave de Coverdale. Accompagné de musiciens talentueux, dont certains le seconderont longtemps (Micky Moody et Bernie Mardsen aux guitares, ainsi que Neil Murray à la basse), le chanteur livre huit morceaux qui puisent leur inspiration directement dans le dernier album de Deep Purple, Come Taste The Band, mais en plus bluesy encore ; et quand bien même Snakebite, qui se compose en fait de quatre titres inédits (les quatre premiers) et de quatre autres extraits de Northwinds, ne se pose peut-être pas en incontournable de la formation (quoique), certains de ses titres se révèlent être de petites perles . Citons l’entraînant “ Come On ” justement, le superbe et lent “ Ain’t No Love In The Heart Of The City (un classique) ou les imparables “ Steal Away ” et “ Keep On Giving Me Love ”, sans oublier “ Queen Of Heart ” et ses lignes de piano à la Supertramp et bénéficiant d’une architecture plus recherchée, cependant que le sommet du disque est sans doute atteint avec le racé et puissant “ Only My Soul ”. Comme souvent à l’époque, Snakebite est très court (36 minutes environ), mais il n’y a rien à jeter dessus, contrairement aux productions actuelles, souvent remplies jusqu’à la gueule de chansons inégales. Ce n’est pas le cas ici. (2006)
KröniK | DeWolff - Thrust (2018)
Malgré la poignée d'albums qui l'a précédé, on peut affirmer que "Roux-Ga-Roux" a permis à DeWolff d'accéder à l'étage du dessus aussi bien en termes de réussite que de succès. De fait, nombreux sont ceux à l'avoir découvert avec cette rondelle rafraîchissante gorgée d'un feeling humide et vintage. Alors qu'ils ne sont encore que de jeunes adultes, les Bataves étonnent agréablement par l’insolente classe dont ils font preuve et pour leur amour d'une musique anachronique, celles de leurs parents. Chemises à fleurs, pattes d'eph, combi Westfalia, pipe à eau sont convoqués par ce rock plus psyché que stoner car moelleux et très peu velu. Cream, Deep Purple ou Led Zep trouvent davantage grâce à leurs yeux que Black Sabbath.
Propulsé parmi les combos les plus excitants de ce revival sixties et seventies, le trio n'avait pas le droit de décevoir avec "Thrust". Dont acte. En utilisant les mêmes ingrédients, à savoir un chant sucré et sexy, une guitare racée, une batterie qui groove et surtout un orgue qui fleurit de toutes parts, DeWolff a encore gagné en maturité, aboutissant à un résultat plus jubilatoire encore. Si l'écoute est lancée par un 'Big Talk' musclé et nerveux, qu'enrobent cependant des effluves veloutés, l'album trempe tout du long dans des sonorités tendres et pleines de généreuses rondeurs, témoin ce 'California Burning' aux accents purpleliens période Mark III. Bien que ses traits se fassent plus (un peu plus) appuyés sur le puissant 'Deceit & Woo' sur lequel plane l'ombre du Dirigeable et alors que les 'Double Crossing Man' ou ‘Tombstone Child' ne manquent pas de vitalité, les Hollandais apposent toujours leur cachet coloré et sensible grâce à ces chœurs féminins gospel ('Swain') et cette manière qui n'appartient qu'à eux de tendre un pont entre un hard rock britannique antédiluvien et la terre bluesy et soul du nouveau continent. Plus le disque avance et plus ces racines noires affleurent à la surface de chansons ouatées telles que 'Sometimes' ou 'Outta Step & III At Ease' qui voient Pablo roucouler pendant que ces deux compagnons plantent le décor d'une Amérique de bastringue. Comme il a déjà eu maintes occasions de le démontrer, DeWollf n'a pas son pareil pour faire parler l'émotion en s'illustrant dans un registre doux. 'Once In A Blue Moon' et 'Freeway Flight' sont ainsi deux lentes respirations dont le format étiré leur confère une énergie progressive aux allures de feu d'artifice émotionnel. Avec "Thrust", les Bataves atteignent le nirvana, synthétisant toutes leurs influences sous la forme d'un ensemble onctueux et caressant. (25/03/2018)
Propulsé parmi les combos les plus excitants de ce revival sixties et seventies, le trio n'avait pas le droit de décevoir avec "Thrust". Dont acte. En utilisant les mêmes ingrédients, à savoir un chant sucré et sexy, une guitare racée, une batterie qui groove et surtout un orgue qui fleurit de toutes parts, DeWolff a encore gagné en maturité, aboutissant à un résultat plus jubilatoire encore. Si l'écoute est lancée par un 'Big Talk' musclé et nerveux, qu'enrobent cependant des effluves veloutés, l'album trempe tout du long dans des sonorités tendres et pleines de généreuses rondeurs, témoin ce 'California Burning' aux accents purpleliens période Mark III. Bien que ses traits se fassent plus (un peu plus) appuyés sur le puissant 'Deceit & Woo' sur lequel plane l'ombre du Dirigeable et alors que les 'Double Crossing Man' ou ‘Tombstone Child' ne manquent pas de vitalité, les Hollandais apposent toujours leur cachet coloré et sensible grâce à ces chœurs féminins gospel ('Swain') et cette manière qui n'appartient qu'à eux de tendre un pont entre un hard rock britannique antédiluvien et la terre bluesy et soul du nouveau continent. Plus le disque avance et plus ces racines noires affleurent à la surface de chansons ouatées telles que 'Sometimes' ou 'Outta Step & III At Ease' qui voient Pablo roucouler pendant que ces deux compagnons plantent le décor d'une Amérique de bastringue. Comme il a déjà eu maintes occasions de le démontrer, DeWollf n'a pas son pareil pour faire parler l'émotion en s'illustrant dans un registre doux. 'Once In A Blue Moon' et 'Freeway Flight' sont ainsi deux lentes respirations dont le format étiré leur confère une énergie progressive aux allures de feu d'artifice émotionnel. Avec "Thrust", les Bataves atteignent le nirvana, synthétisant toutes leurs influences sous la forme d'un ensemble onctueux et caressant. (25/03/2018)
4/5 | Music Waves
KröniK | Stray Train - Blues From Hell (2017)
Basé en Slovénie et découvert par beaucoup en chauffe-salle lors des concerts assurés cette année par Blues Pills et Kadavar, Stray Train a débuté en 2015 sous la forme d'un cover band, piochant dans le répertoire de quelques grands noms du hard rock des seventies (entre autres). Il en reste aujourd'hui quelque chose, comme en témoigne "Blues From Hell", sa seconde rondelle. Avec une pincée d'AC/DC ('Electrified'), une louche de blues façon Gary Moore ('Love Is Just A Breath Away') et surtout une bonne dose du Led Zep le plus épais ('Heading For The Sun'), le tout recouvert d'une couche de stoner à la Queens Of The Stone Age ('Mad Machine'), les racines du combo font plus qu'affleurer à la surface.
Si certains le regretteront, estimant que la jeune pousse doit s'affranchir de ses références dans l'espoir d'accéder à l'étage du dessus, il est pourtant permis de trouver plaisant ce deuxième essai qu'il faut prendre pour ce qu'il est, une galette de hard rock à l'ancienne aussi efficace que sympathique. Alors certes, les Slovènes n'ont pas encore digéré leurs influences mais ils parviennent néanmoins à les couler à l'intérieur de compositions bien troussées et remuantes, qui savent aussi bien faire parler la poudre que l'émotion. Que demander de plus ? Un supplément de personnalité sinon d'âme ? Certainement. Reste qu'en l'état, "Blues From Hell" honore son cahier des charges et c'est le principal. Et il faut être sourd pour ne pas déceler dans ce menu revitalisant un potentiel qui ne demande qu'à être défloré. Sans prétention mais le (bon) rock chevillé au corps, le groupe enfile avec une énergie tranquille de percutantes saillies auxquelles il semble bien difficile de résister, irriguées par des guitares qui suintent par toutes les notes un feeling à la fois chaleureux et humide ('Emona'). Tour à tour bourrus ou nerveux, ces douze titres ne souffrent d'aucune véritable faiblesse, si ce n'est peut-être l'acoustique 'Miracle' qui démontre que ses géniteurs se révèlent davantage à leur aise, les amplis poussés à fond et les santiags solidement arrimées au sol. Le plombé 'Give It Away', le zeppelinien 'No Easy', saupoudré de quelques chœurs ou le bluesy 'House Of Cards' servent d'écrin rampant à de belles décharges électriques. Avec un peu plus de personnalité, gageons que Stray Train devrait, la prochaine fois, largement transformer ce deuxième essai. 3/5 (08/12/2017)
Si certains le regretteront, estimant que la jeune pousse doit s'affranchir de ses références dans l'espoir d'accéder à l'étage du dessus, il est pourtant permis de trouver plaisant ce deuxième essai qu'il faut prendre pour ce qu'il est, une galette de hard rock à l'ancienne aussi efficace que sympathique. Alors certes, les Slovènes n'ont pas encore digéré leurs influences mais ils parviennent néanmoins à les couler à l'intérieur de compositions bien troussées et remuantes, qui savent aussi bien faire parler la poudre que l'émotion. Que demander de plus ? Un supplément de personnalité sinon d'âme ? Certainement. Reste qu'en l'état, "Blues From Hell" honore son cahier des charges et c'est le principal. Et il faut être sourd pour ne pas déceler dans ce menu revitalisant un potentiel qui ne demande qu'à être défloré. Sans prétention mais le (bon) rock chevillé au corps, le groupe enfile avec une énergie tranquille de percutantes saillies auxquelles il semble bien difficile de résister, irriguées par des guitares qui suintent par toutes les notes un feeling à la fois chaleureux et humide ('Emona'). Tour à tour bourrus ou nerveux, ces douze titres ne souffrent d'aucune véritable faiblesse, si ce n'est peut-être l'acoustique 'Miracle' qui démontre que ses géniteurs se révèlent davantage à leur aise, les amplis poussés à fond et les santiags solidement arrimées au sol. Le plombé 'Give It Away', le zeppelinien 'No Easy', saupoudré de quelques chœurs ou le bluesy 'House Of Cards' servent d'écrin rampant à de belles décharges électriques. Avec un peu plus de personnalité, gageons que Stray Train devrait, la prochaine fois, largement transformer ce deuxième essai. 3/5 (08/12/2017)
KröniK | UFO - The Salentino Cuts (2017)
De loin, simple album de reprises, "The Salentino Cuts" n'offre pas un programme particulièrement appétant. Jugez plutôt : voir UFO se frotter à un exercice souvent synonyme d'imagination en berne, ça sent les vétérans en panne de jus qui, sous prétexte de vouloir se faire plaisir en reprenant des standards de groupes qui leur tiennent à cœur, accouchent à moindres frais d'un objet bâclé, pour satisfaire en fait quelque devoir contractuel envers le label Cleopatra Records. De près pourtant, la réalité se veut plus nuancée.
Alors certes, à son écoute, les Anglais ne donnent pas l'impression d'avoir forcé leur talent, se contentant avec l'assurance tranquille de vieux briscards qu'ils sont désormais d'interpréter à la cool des classiques qui plus est connus de tous, ce qui minimise encore un peu plus la prise de risque mais rend confortable la défloration de "The Salentino Cuts" au contenu éprouvé. Ainsi, il paraît bien difficile de résister à une amorce incarnée par l'irrésistible doublette 'Heartful Of Soul' / 'Break On Throught', hymnes respectivement composés, est-il vraiment utile de le préciser, par les Yardbirds et les Doors, réceptacle pour le premier d'une puissante performance de Phil Mogg tandis que le second baigne dans les effluves moelleuses dégueulées par les claviers de Paul Raymond. Alors que certains préfèrent s'accaparer les chansons qu'ils reprennent pour les fondre dans leur style, UFO privilégie la fidélité à l'émancipation, ne cherchant pas transformer le matériau d'origine auquel il confère toutefois une patine souvent très bluesy, tout en insistant plus encore sur les traits sudistes du 'Just Got Paid' de ZZ Top et du 'Paper In Fire' de John Mellemcamp. Ce traitement se révèle des plus évidents sur le 'Pusher' de Steppenwolf ou le hit 'Ain't No Sunshine' qui voit Vinnie Moore se glisser dans la peau d'un Gary Moore dont il retrouve les accents émotionnels. D'ailleurs si l'interprétation de l'ensemble des musiciens est à louer, le guitariste se taille la part du lion, enflammant ces compositions telles que le funky 'Too Rolling Stoned' de Robin Thrower où il abuse de la wah-wah. Aux côtés de l'anachronique 'River Of Deceit' de Mad Season (c'est le seul titre issu des dernières décennies), qui tombe comme un cheveu sur la soupe, il convient de mentionner les relectures graisseuses du 'Rock Candy' de Montrose' et du 'Mississippi Queen' de Mountain, tandis que celle de 'Honey Bee' tombe à point pour louer la mémoire du regretté Tom Petty qui nous a quittés le 2 octobre dernier. Si nombreux sont ceux qui attendaient autre chose de la part du dinosaure que "The Salentino Cuts", celui-ci témoigne qu'un bon album de reprises vaut toujours mieux qu'un tiède disque original. En définitive, il s'agit d'une agréable surprise de la part d'un groupe qui de toute façon n'a plus rien à prouver. 3.5/5 (19/10/2017)
Alors certes, à son écoute, les Anglais ne donnent pas l'impression d'avoir forcé leur talent, se contentant avec l'assurance tranquille de vieux briscards qu'ils sont désormais d'interpréter à la cool des classiques qui plus est connus de tous, ce qui minimise encore un peu plus la prise de risque mais rend confortable la défloration de "The Salentino Cuts" au contenu éprouvé. Ainsi, il paraît bien difficile de résister à une amorce incarnée par l'irrésistible doublette 'Heartful Of Soul' / 'Break On Throught', hymnes respectivement composés, est-il vraiment utile de le préciser, par les Yardbirds et les Doors, réceptacle pour le premier d'une puissante performance de Phil Mogg tandis que le second baigne dans les effluves moelleuses dégueulées par les claviers de Paul Raymond. Alors que certains préfèrent s'accaparer les chansons qu'ils reprennent pour les fondre dans leur style, UFO privilégie la fidélité à l'émancipation, ne cherchant pas transformer le matériau d'origine auquel il confère toutefois une patine souvent très bluesy, tout en insistant plus encore sur les traits sudistes du 'Just Got Paid' de ZZ Top et du 'Paper In Fire' de John Mellemcamp. Ce traitement se révèle des plus évidents sur le 'Pusher' de Steppenwolf ou le hit 'Ain't No Sunshine' qui voit Vinnie Moore se glisser dans la peau d'un Gary Moore dont il retrouve les accents émotionnels. D'ailleurs si l'interprétation de l'ensemble des musiciens est à louer, le guitariste se taille la part du lion, enflammant ces compositions telles que le funky 'Too Rolling Stoned' de Robin Thrower où il abuse de la wah-wah. Aux côtés de l'anachronique 'River Of Deceit' de Mad Season (c'est le seul titre issu des dernières décennies), qui tombe comme un cheveu sur la soupe, il convient de mentionner les relectures graisseuses du 'Rock Candy' de Montrose' et du 'Mississippi Queen' de Mountain, tandis que celle de 'Honey Bee' tombe à point pour louer la mémoire du regretté Tom Petty qui nous a quittés le 2 octobre dernier. Si nombreux sont ceux qui attendaient autre chose de la part du dinosaure que "The Salentino Cuts", celui-ci témoigne qu'un bon album de reprises vaut toujours mieux qu'un tiède disque original. En définitive, il s'agit d'une agréable surprise de la part d'un groupe qui de toute façon n'a plus rien à prouver. 3.5/5 (19/10/2017)
KröniK | Radio Moscow - New Beginnings (2017)
Loin d'être une bande de puceaux venant tout juste de chaparder les vinyles de leurs parents, cela fait déjà quelques années et une poignée d'albums que les Californiens traînent leurs pattes d'eph' sur les routes caillouteuses du (proto) hard rock. Si leur nom n'est bien entendu pas inconnu des aficionados, gageons que le soutien de poids assuré par le mastodonte Century Media devrait leur permettre de toucher un public plus large, comme semble le suggérer le titre de leur sixième rondelle. S'il ne les surprendra pas, "New Beginnings" ne décevra pas pour autant les habitués qui seront heureux, après trois ans d'abstinence discographique, de pouvoir sucer ce rock bien dur dont les effluves psyché qui le noient ne l'exonèrent donc jamais d'une forme de brutalité sale et tranchante.
Bref, on est là plus proche de Hendrix ou MC5 que de Purple. Basé sur la sacro sainte trinité guitare / basse / batterie, Radio Moscow ne s'encombre d'aucun d'artifice, cherchant à dompter l'énergie sauvage du riff primaire. Bien que soutenue par une rythmique survoltée ('Last To Know'), la guitare de Parker Griggs règne en maître au milieu de cette orgie électrique, hurlant, sortant les griffes pour le plus grand plaisir des adeptes de ces saillies furieuses et humides ('New Skin'). A l'exception du terminal 'Dreams, long de presque six minutes et dont la dernière partie est avalée dans un brouillard duveteux d'effets fuzzy et dans une moindre mesure de l'instrumental 'Woodrose Morning' aux teintes spatiales, tous les titres qui parsèment ce "New Beginning" tendu comme un string transpirent une urgence bourrue qu'alimente la voix agressive du guitariste. Le bluesgrass ('Pick Up The Pieces') n'est parfois pas loin, le rock sudiste non plus ('Driftin' et son harmonica déglingué). Radio Moscow a une façon bien à lui de forger un rock à la fois trapu et direct tout en ouvrant les vannes de jams dantesques (ce 'No One Knows Where They've Been' fiévreusement énergique à la Rory Gallagher). Ce n'est certes pas très original mais l'intérêt est de toute façon ailleurs, dans cette puissance épidermique et mazoutée qui doit autant à une prise de son garantie sans OGM qu'à ces trois musiciens à l'unisson d'un psychédélisme noir. Suintant un feeling nerveux, "New Beginings" se révèle être la porte d'entrée idéale pour découvrir Radio Moscow. 3/5 (03/09/2017)
Bref, on est là plus proche de Hendrix ou MC5 que de Purple. Basé sur la sacro sainte trinité guitare / basse / batterie, Radio Moscow ne s'encombre d'aucun d'artifice, cherchant à dompter l'énergie sauvage du riff primaire. Bien que soutenue par une rythmique survoltée ('Last To Know'), la guitare de Parker Griggs règne en maître au milieu de cette orgie électrique, hurlant, sortant les griffes pour le plus grand plaisir des adeptes de ces saillies furieuses et humides ('New Skin'). A l'exception du terminal 'Dreams, long de presque six minutes et dont la dernière partie est avalée dans un brouillard duveteux d'effets fuzzy et dans une moindre mesure de l'instrumental 'Woodrose Morning' aux teintes spatiales, tous les titres qui parsèment ce "New Beginning" tendu comme un string transpirent une urgence bourrue qu'alimente la voix agressive du guitariste. Le bluesgrass ('Pick Up The Pieces') n'est parfois pas loin, le rock sudiste non plus ('Driftin' et son harmonica déglingué). Radio Moscow a une façon bien à lui de forger un rock à la fois trapu et direct tout en ouvrant les vannes de jams dantesques (ce 'No One Knows Where They've Been' fiévreusement énergique à la Rory Gallagher). Ce n'est certes pas très original mais l'intérêt est de toute façon ailleurs, dans cette puissance épidermique et mazoutée qui doit autant à une prise de son garantie sans OGM qu'à ces trois musiciens à l'unisson d'un psychédélisme noir. Suintant un feeling nerveux, "New Beginings" se révèle être la porte d'entrée idéale pour découvrir Radio Moscow. 3/5 (03/09/2017)
KröniK | Back Roads - II (2017)
Si Back Roads est si bon, ce n'est pas uniquement parce qu'il vient de Lyon ni parce qu'il est propulsé par l'organe de feu d'une chanteuse, Sylvaine, digne des plus grandes tigresses, mais surtout parce qu'il a (re)trouvé la formule magique d'un hard rock à la fois bluesy et râpeux dont les racines seventies lui confèrent une patine chaudement authentique sans faire de lui un groupe vintage ou garage de plus. Son art possède tout simplement ce qu'on appelle une âme, loin de ces banales photocopies du passé aussi jouissives soient-elles.
Remarqué par un galop d'essai éponyme et auto-produit déjà prometteur, le quintet déboule trois ans plus tard avec une seconde galette qui fait mieux que confirmer les (très) bonnes impressions laissées par son aîné. Qu'il soit baptisé du seul chiffre "II" témoigne d'un dépouillement qui en dit plus long que bien des discours quant à sa vision du Rock avec un grand R, noble et décrassé de tous kystes extérieurs. Sans parler du fait que cela contribue à le rattacher à une longue série de glorieuses formations des années 70 (ou pas) qui faisaient de même, à commencer par Led Zeppelin, probablement l'influence la plus évidente du combo avec Deep Purple (nous y reviendrons).Bref, Back Roads va à l'essentiel, ne s'embarrasse d'aucune prétention si ce n'est celle de se faire plaisir, fidèle au son qu'ils ont dans les tripes, ne conservant que la substantifique moelle d'une musique brute de décoffrage. Ce qui ne signifie ni qu'elle soit sans gras ni qu'elle soit rudimentaire. Au contraire, ces compositions révèlent un travail d'écriture et d'arrangements souterrain mais redoutable, qu'enrobe une peau dure et tannée. Cette deuxième cuvée étale les solides attributs que le groupe possède dans son corset. Des guitares nerveuses nourries aux maîtres Jimmy Page et Ritchie Blackmore, une assise rythmique mazoutée et bien sûr le timbre granuleux et un peu sale de cette chanteuse qui transpire un feeling velu trouvent ici l'espace nécessaire pour cracher leur sauce graisseuse. Les deux manches, entre les mains de Christophe Oliveres et Fabrice Dutour, qui se frottent et s'affrontent, viennent enrichir en harmonies heavy metal, à l'image de 'Dancing With The Devil', une palette furieusement jubilatoire, qui s'est étoffée avec puissance depuis trois ans. Un tempo de bûcheron énervé se conjugue à de juteuses attaques de six-cordes dont le mordant rappelle le jeu de l'Homme en noir, témoin ce 'Frenetic Traffic' qui abat d'emblée le petit bois comme à la grande époque de Purple justement. Zeppelinien en diable ('Put You On Hold' ou le lourd et bluesy 'Duel To The Death'), ce qui suit alterne saillies galopantes ('Into The Swamp') et coups de boutoir rugueux ('Trouble Hotel'), même si on devine que le groupe préfère avoir les pieds prisonniers d'une croûte plombée, comme l'illustrent 'Free Fall' ou le terminal 'Ship Of Fools', où l'influence du Dirigeable se révèle peut-être la plus prégnante. Avec cet opus trapu et remuant, Back Roads s'affirme comme un redoutable groupe de (hard) rock qui a des tripes et une âme. 4/5 (29/06/2017) | Facebock
Remarqué par un galop d'essai éponyme et auto-produit déjà prometteur, le quintet déboule trois ans plus tard avec une seconde galette qui fait mieux que confirmer les (très) bonnes impressions laissées par son aîné. Qu'il soit baptisé du seul chiffre "II" témoigne d'un dépouillement qui en dit plus long que bien des discours quant à sa vision du Rock avec un grand R, noble et décrassé de tous kystes extérieurs. Sans parler du fait que cela contribue à le rattacher à une longue série de glorieuses formations des années 70 (ou pas) qui faisaient de même, à commencer par Led Zeppelin, probablement l'influence la plus évidente du combo avec Deep Purple (nous y reviendrons).Bref, Back Roads va à l'essentiel, ne s'embarrasse d'aucune prétention si ce n'est celle de se faire plaisir, fidèle au son qu'ils ont dans les tripes, ne conservant que la substantifique moelle d'une musique brute de décoffrage. Ce qui ne signifie ni qu'elle soit sans gras ni qu'elle soit rudimentaire. Au contraire, ces compositions révèlent un travail d'écriture et d'arrangements souterrain mais redoutable, qu'enrobe une peau dure et tannée. Cette deuxième cuvée étale les solides attributs que le groupe possède dans son corset. Des guitares nerveuses nourries aux maîtres Jimmy Page et Ritchie Blackmore, une assise rythmique mazoutée et bien sûr le timbre granuleux et un peu sale de cette chanteuse qui transpire un feeling velu trouvent ici l'espace nécessaire pour cracher leur sauce graisseuse. Les deux manches, entre les mains de Christophe Oliveres et Fabrice Dutour, qui se frottent et s'affrontent, viennent enrichir en harmonies heavy metal, à l'image de 'Dancing With The Devil', une palette furieusement jubilatoire, qui s'est étoffée avec puissance depuis trois ans. Un tempo de bûcheron énervé se conjugue à de juteuses attaques de six-cordes dont le mordant rappelle le jeu de l'Homme en noir, témoin ce 'Frenetic Traffic' qui abat d'emblée le petit bois comme à la grande époque de Purple justement. Zeppelinien en diable ('Put You On Hold' ou le lourd et bluesy 'Duel To The Death'), ce qui suit alterne saillies galopantes ('Into The Swamp') et coups de boutoir rugueux ('Trouble Hotel'), même si on devine que le groupe préfère avoir les pieds prisonniers d'une croûte plombée, comme l'illustrent 'Free Fall' ou le terminal 'Ship Of Fools', où l'influence du Dirigeable se révèle peut-être la plus prégnante. Avec cet opus trapu et remuant, Back Roads s'affirme comme un redoutable groupe de (hard) rock qui a des tripes et une âme. 4/5 (29/06/2017) | Facebock
KröniK | Thomas Wynn And The Believers - Wade Waist Deep (2017)
Malgré plusieurs années au compteur, des chroniques élogieuses et des concerts partagés avec Gov't Mule ou Blackberry Smoke, Thomas Wynn And The Believers demeure encore trop peu connu. Gageons que le récent soutien de Mascot Records et surtout un troisième album de la trempe de "Wade Waiste Deep" devraient apporter au sextet d'Orlando l'exposition qui jusqu'à présent lui faisait malheureusement défaut. Comment pourrait-il en être autrement quand on est capable de vidanger avec une telle classe ce mélange gorgé de feeling qui donne la trique des grands jours à base de blues caillouteux et de rock sudiste aux relents poisseux d'americana, le tout biberonné aux mamelles zeppeliniennes ('Burn As One').
Cette généreuse troupe de musiciens possède de nombreux atouts. Le chant de Thomas Wynn, à la fois puissant et imbibé de Jack Daniels, taillé pour les bars country de l'Amérique rurale et que souligne celui de sa sœur Olivia, laquelle mène parfois la danse, comme sur le reptilien 'Man Out Of Time', qui lance l'opus avec mordant. Juteuse et nourrie au jus de cactus, la guitare du bonhomme est la source de passages orgasmiques, témoin ce 'You Can't Hurt Me', par ailleurs nimbé de claviers moelleux au goût de seventies. L'harmonica de Chris Antemesaris et une énergie percussive complètent le tableau. Humide comme les Everglades, moite comme les bayous, "Wade Waiste Deep" se veut une merveille d'équilibre entre tendres respirations, brûlots tannés et orgies furieusement électriques. Passé l'opener cité plus haut, ce sont les premières qui animent tout d'abord l'opus avec l'éponyme 'Wade Waiste Deep', 'Heartbreak Alley', 'My Eyes Won't Be Open et le plus rock 'This Love' qui forment un corpus velouté. Puis à partir de 'I Don't Regret', ballade vitaminée, le menu entame sa mue, dévoilant peu à peu une peau plus dure et plus jouissive encore. L'éruptive montée en puissance 'Mountain Fog', l'entraînant 'Feel The Good' et le rampant 'We Could All Die Scraming' où se mêlent orgues aux couleurs du Pourpre Profond et gratte déglinguée, propulsent l'album vers des sommets dont le point culminant est incarné par le terminal 'Turn In Into Gold', gigantesque élévation longue de plus de sept minutes au jus qui justifie à elle seule son écoute. Sa furieuse échappée instrumentale menée par cette six-cordes gonflée d'émotions flirte avec le nirvana, achevant l'écoute d'une manière aussi dantesque que définitive. C'est grand, c'est beau et ouvre pour Thomas Wynn et sa bande un horizon enchanté. "Wade Waiste Deep" est un pur joyau de blues rock, tout simplement. 4/5 (14/07/2017) | Facebock
Cette généreuse troupe de musiciens possède de nombreux atouts. Le chant de Thomas Wynn, à la fois puissant et imbibé de Jack Daniels, taillé pour les bars country de l'Amérique rurale et que souligne celui de sa sœur Olivia, laquelle mène parfois la danse, comme sur le reptilien 'Man Out Of Time', qui lance l'opus avec mordant. Juteuse et nourrie au jus de cactus, la guitare du bonhomme est la source de passages orgasmiques, témoin ce 'You Can't Hurt Me', par ailleurs nimbé de claviers moelleux au goût de seventies. L'harmonica de Chris Antemesaris et une énergie percussive complètent le tableau. Humide comme les Everglades, moite comme les bayous, "Wade Waiste Deep" se veut une merveille d'équilibre entre tendres respirations, brûlots tannés et orgies furieusement électriques. Passé l'opener cité plus haut, ce sont les premières qui animent tout d'abord l'opus avec l'éponyme 'Wade Waiste Deep', 'Heartbreak Alley', 'My Eyes Won't Be Open et le plus rock 'This Love' qui forment un corpus velouté. Puis à partir de 'I Don't Regret', ballade vitaminée, le menu entame sa mue, dévoilant peu à peu une peau plus dure et plus jouissive encore. L'éruptive montée en puissance 'Mountain Fog', l'entraînant 'Feel The Good' et le rampant 'We Could All Die Scraming' où se mêlent orgues aux couleurs du Pourpre Profond et gratte déglinguée, propulsent l'album vers des sommets dont le point culminant est incarné par le terminal 'Turn In Into Gold', gigantesque élévation longue de plus de sept minutes au jus qui justifie à elle seule son écoute. Sa furieuse échappée instrumentale menée par cette six-cordes gonflée d'émotions flirte avec le nirvana, achevant l'écoute d'une manière aussi dantesque que définitive. C'est grand, c'est beau et ouvre pour Thomas Wynn et sa bande un horizon enchanté. "Wade Waiste Deep" est un pur joyau de blues rock, tout simplement. 4/5 (14/07/2017) | Facebock
KröniK | Layla Zoe - Breaking Free (2016)
On ne peut avoir que de la tendresse pour Layla Zoe, blueswoman dont la sincérité se conjugue à un charme fou à la fois naturel et énergique. Cela fait plusieurs années que l'on suit avec une ferveur communicative ce petit bout de femme, aussi bien en studio que sur les scènes qu'elle aime à arpenter pour délivrer la bonne parole d'un Blues Rock comme vieilli dans un fût de chêne. Presque trois ans après "The Lily", "Breaking Free" devrait définitivement installer la charismatique Canadienne parmi les meilleures chanteuses du genre, irrésistible collection de brûlots dont on voit mal comment elle ne pourrait pas séduire autant ses fans tous acquis à sa noble cause qu'aux néophytes désireux de faire sa connaissance. Les premiers comme les seconds ne le regretteront donc pas. Idéalement épaulée par des musiciens dont la discrétion ne les empêche nullement d'abattre en arrière plan un formidable boulot, la belle trouve dans cette dizaine de nouvelles compositions, au milieu desquelles s'est glissée une reprise des Rolling Stones, 'Wild Horses' , l'écrin aussi puissant que soyeux pour sublimer sa voix ravageuse et trempée de feeling, aussi à l'aise dans un registre rocailleux que mélancolique. Long de plus d'une heure qui file pourtant très vite, l'opus alterne en un savant dosage, titres râblés d'une force crasseuse (un peu), tels ce 'Backstage Queen' chargé d'un groove rock'n'roll parfait pour lancer l'écoute ou bien encore le rampant 'Run Away' sans oublier 'Wild One' qui voit la slide de Sonny Landreth se frotter aux courbes de la belle, et envolées plus ambiancées (surtout) aux allures de rampe de lancement pour l'organe volcanique de Layla qui ouvre alors avec largesse les vannes d'une tristesse tour à tour doucereuse ('Sweet Angel') ou carrément déchirante à l'image de 'Highway Of Tears' lequel, du haut de ses onze minutes au jus, s'impose comme l'épicentre de l'album, fabuleuse ballade digne du Gary Moore de 'Parisienne Walkways'. Frissons garantis. Emporté par une énergie chaleureuse, "Breaking Free" vibre tout du long d'une intensité suave qui en fait un très grand disque de Blues Rock, à la fois classique, à l'ancienne dans son authenticité mais cependant moderne dans son accroche du feu de dieu. Vous l'aurez donc compris, n'hésitez pas à tenter le voyage généreux avec cette grande dame qui porte sur ses épaules cette galette impeccable qu'il est permis de considérer comme la plus achevée de son auteure. (2016)
KröniK | Livingstone - Explore (2014)
Bien sûr, nous pourrions débuter cette chronique par la sempiternelle présentation que justifierait d'ailleurs la jeunesse du groupe formé en 2010 et dont "Explore" est la carte de visite après un premier EP éponyme. Mais ces habituelles informations sont-elles vraiment nécessaires pour appréhender ce galop d'essai ? Non car l'essentiel est ailleurs, dans l'essence même de ce Blues Rock qui sent bon les Bayous et l'alcool frelaté. Nul besoin de longs discours, c'est remuant et chaleureux, bourré d'un feeling à la fois humide et sec. Humide comme la sueur, sec comme le désert que l'on imagine arpenté par le groupe depuis longtemps alors qu'il vient en réalité de Paris ! Il va sans dire que cela ne s'entend pas, contrairement au fait que ses membres ont passé plus de dix mois à traverser les States, périple initiatique dans lequel ils ont très clairement puisé autant leur inspiration que leur âme quand bien même ils n'oublient pas leur racines européennes. ZZ Top, Gary Moore ou Rory Gallagher sont ainsi convoqués par cette poignée de brûlots aussi simples que savoureux, aussi directs que puissants. D'aucuns argueront que Livingstone ne fait pas preuve d'une grande originalité. Pas faux. Mais outre le fait que le genre se juge moins par sa faculté à innover que par son authenticité, l'énergie communicative dont déborde le trio balaie de toute façon cette réserve toute relative. Ramassé, l'album fait mouche, tour à tour franchement sudiste ('Fade Away', 'Crying In A River Of Gold'), rugueux parfois ('Never Break') ou plus doucereux également ('Million Miles Away') bien que toujours groovy, culminant avec ce 'Down On The Ground' gigantesque et digne des plus grands. Que dire d'autre à son propos si ce n'est qu'on tient là une de ces galettes pleines de fraîcheur et qui donne la banane, réussite inattendue qui n'en est donc que plus agréable et qu'on ne saurait trop conseiller aux amateurs d'effluves bluesy mâtinées de Southern Rock. 3/5 (2014)
KröniK | Firebird - Grand Union (2009)
L'analogie peut sembler osée, pourtant prétendre que Bill Steer est au (grind) death metal ce que Ritchie Blackmore est au hard rock n'est finalement pas si absurde que cela. En effet, tous les deux se sont imposés dans un genre avec lequel ils ont décidé de prendre leur distance pour se faire plaisir et jouer la musique qu'ils ont (désormais) dans le sang. Après son départ de Carcass, groupe auquel il doit sa renommée (plus qu'avec Napalm Death), le guitariste monte à la fin des années 90 Firebird pour y honorer à la fois la formule magique du power-trio et le grand hard rock bluesy, au grand désarroi de ses fans de la première heure lesquels, à l'instar de ceux du père de "Smoke On The Water, ne comprennent pas pourquoi il a pris la tangente vis à vis d'une scène dont ils auraient voulu qu'il ne la quitte jamais. Seulement voilà, quand bien même Steer participe depuis l'an dernier à la reformation du groupe de Jeff Walker, cela fait longtemps maintenant que ce n'est plus le death metal qui coule dans ces veines mais le rock de la fin des sixties et du début des seventies, celui de Humble Pie, Cream, Grand Funk Railroad ou Johnny Winter (ce sont les références que le musicien cite volontiers). Grand Union est déjà sa cinquième offrande sous cette bannière et vu l'aisance avec laquelle il renoue avec ses premières amours, il aurait bien tort de ne pas insister. Dans la lignée de ses prédécesseurs, ce recueil de douze chansons généreuses et finement ciselées se veut une petite merveille qui fait du bien. Loin du stoner stérile et souvent opportuniste, ce rock transpire la sincérité. On sent que Bill Steer ne triche pas. Sans être un chanteur exceptionnel, il égrène des lignes vocales qui se marient à la perfection avec une musique vintage et chaleureuse. Aussi à l'aise avec une gratte qu'avec un harmonica (le superbe "Worried Mind"), l'Anglais aligne une brochette de petites pépites gorgées de feeling, telles que les imparables "Blue Flame", "Jack The Lad" avec sa rythmique de bucheron, l'envoûtant " Lonely Road", rehaussé de nappes de claviers antédiluviens, "Fool For You", que Steer transperce d'un solo lumineux, "Silent Stranger" et son intro à la wah-wah et plus encore le grandiose "Caledonia", dont les premières notes ne sont d'ailleurs pas sans évoquer le fantôme du Blackmore époque Rainbow justement. Anachronique peut-être Grand Union s'impose malgré tout comme une réussite incontestable et certainement comme le meilleur essai de Firebird à ce jour. Si A l'heure des disques surproduits et sans chaleur, vous cherchez au contraire une galette qui vit, respire, quelque chose de vrai avec une âme, alors je ne saurais trop vous conseiller de jeter une oreille sur cet album au charme délicieusement suranné mais couillu. 3.5/5 (2009)
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