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Burning Witches | Wings Of Steel (2019)



















Avec son unique piste inédite flanquée de trois extraits live, "Wings Of Steel" ressemble davantage à un single gonflé aux OGM qu'à l'EP vendu comme tel par Nuclear Blast.

Monkey3 | Sphere (2019)



















Larguant au fil du temps les amarres du stoner pour accoster les rivages d'un (post) metal plus évolutif quoique toujours aussi dynamique et instrumental, Monkey3 a su façonner une identité aussi affirmée qu'attachante qui finalement n'appartient qu'à lui.

Eggs Of Gormorhh | Outpregnate (2019)



















Le premier contact avec un album se fait généralement par son artwork. Celui, abominable, qui habille Outpregnate et que signe Daniel "Nekronikon" Corcuera suffit déjà à se faire une idée assez précise de son contenu, avant même d'en avoir écarté les lèvres. Bestial et malsain, barbare et putride sera donc le successeur de Rot Prophet.

Astral Silence | Sagittarius A* (2019)



















Un mot pour commencer, au sujet de Trancendance, label aussi modeste que précieux dont les offrandes possèdent la noblesse de l'artisanat. Ne cessant de s'enrichir, son catalogue fouille l'immensité obscure et atmosphérique du black metal spatial aux confins de l'ambient.

Nostromo | Narrenschiff (2019)



















Les Suisses de Nostromo ont toujours multiplié les références, qu’elles soient cinématographiques, picturales ou littéraires. On se souvient ainsi que leur nom est emprunté au vaisseau spatial du "Alien" de Ridley Scott. Pour leur nouvel EP, le second depuis leur retour aux affaires après un hiatus de onze années, ils puisent le combustible d'une barbarie qui leur est coutumière dans "La nef des fous" (Das Narrenschiff), ouvrage allemand écrit au XVe siècle par Sébastien Brant qui inspira aussi bien une peinture à Jérôme Bosch que la sculpture qui en illustre la pochette.

Jesus Franco | Le cri d'amour de la déesse blonde / Voodoo Passion (1977)

























Quand Jesus Franco s'acoquine avec le producteur Erwin C. Dietrich, le résultat bascule naturellement davantage dans le stupre que dans le sang. Du coup, lorsque ce duo de coquins s'empare du thème du vaudou, pourtant riche en frissonnantes promesses, c'est pour en exploiter le potentiel forcément érotique.

Cellar Darling | The Spell (2019)



















En 2008, quand "Slania" a été publié, qui aurait pu alors imaginer que celle qui assurait à la fois le chant féminin et les parties de vièle à roue sur cette première offrande d'Eluveitie deviendrait plus tard une véritable artiste, chanteuse et musicienne complète à la personnalité et à l'univers bien affirmés ?  Peu de personnes assurément.

Unhold | Here Is The Blood (2018)



















Si les Suisses d’Unhold ne nous ont pas autant fait patienter cette fois-ci entre "Here Is The Blood" et "Towering" (2015), comme ils l'avaient fait entre celui-ci et "Gold Cut" que sept années séparaient quand même, le fait est qu'ils demeurent toujours ce collectif aussi rare que précieux dont chaque nouvelle hostie est attendue comme le Graal sévère et aérien d'un post-hardcore atmosphérique.

KröniK | ColdCell - Those (2017)


Stagnant dans les eaux troubles d'un post doom vénéneux, "Those" libère les émanations mortifères d'un black metal souterrain. 

Peu à peu, ColdCell est en train de gravir les marches d'une exposition amplement méritée, au gré de multiples changements de labels, le voyant passer de l'obscur Gravity Entertainment (le temps de l'originel "Generation Abomination") au révéré Avantgarde qui vient de le signer et où son black metal glacial et désincarné trouvera l'idéal refuge pour proliférer. Sans doute l'écurie italienne n'a pas été insensible à ce "Those", édité par Czar Of Cricket, troisième méfait qui impressionne par sa maîtrise des ambiances mortifères et du canevas tourmenté.

S'ils n'inventent rien dans ni dans la forme, minérale et sinueuse, ni dans le fond, sombre et torturé, les Suisses ont parfaitement assimilé et digéré les leçons de leur compatriote Triptykon avec lequel il partage cette même expression grouillante et maladive d'un art noir aussi labyrinthique que schizophrénique. Il ne manque aux Bâlois que le génie visionnaire de l'ex Celtic Frost pour se défaire de ce statut de disciple habile qui leur colle à la peau. Il s'agit là, très honnêtement, du seul (relatif) défaut de ce groupe qui dévoile avec cette offrande un style parvenu néanmoins à maturation, lente dérive dans des geôles souterraines et humides. Pulsatif et abyssal, "Those" est tout du long rongé par une gangrène corrosive. Avalé par une nuit épaisse aux allures de marée noire, son menu répand sa négativité poisseuse en s'abîmant dans les méandres d'un post doom lancinant, influence qui lui dicte un tempo plus empesé que fielleux et un sens des atmosphères pointillistes qu'égrènent des guitares à la fois squelettiques et tentaculaires ('Entity II'). Bien qu'il ne se prive pas de quelques accélérations plus typiquement black, témoin le percutant et enveloppant 'Heritage' que transpercent de désespérés accès de fureur, ColdCell prend son temps pour bâtir ce cénotaphe aux dimensions cyclopéennes, laissant respirer des plaintes engourdies pour mieux les laisser exploser en un torrent définitif, tel ce 'Drought In The Heart' convulsif et contemplatif, tumultueux et cendreux tout ensemble. Ce substrat instrumental aussi vertigineux que reptilien est creusé par un chant aux nombreuses nuances, tour à tour sentencieux ou écorché, rituel ou survolté, évoquant alors la folie contaminatrice de Bethlehem ou Deinonychus. Il est le venin de ce mal lourd et rampant qui infuse dans les profondeurs intimes de cet opus qui a quelque chose d'un gouffre qu'aucune lumière ne parvient à pénétrer. Stagnant dans les eaux troubles d'un post doom vénéneux, "Those" libère les émanations mortifères d'un black metal souterrain. (13/05/2018)


KröniK | Krane - Pleonexia (2017)


Avec "Pleonexia", c'est presque un nouveau départ que Krane entame, la faute à un galop d'essai, "Ouroboros", qui n'a pas bénéficié de l'exposition qu'il méritait, suivi de quatre (trop) longues années de disette. Espérons que cette seconde offrande lui ouvre la voie du succès, aussi bien commercial que critique, que l'habileté de ses auteurs devrait lui promettre.
Elle possède en tout cas les qualités nécessaires pour effacer ces débuts trop modestes car sur le terrain où il braconne, à savoir le post rock instrumental, genre plus ardu qu'on ne croit à besogner, à force d'être corrompu par des palettes entières de groupes en mode photocopieur ou en pilotage automatique, le quatuor impose d'emblée un ton plus singulier qu'il n'y paraît, une touche à la fois organique et tragique extrêmement personnelle. Question de géographie peut-être, les Suisses ayant toujours su cultiver leur différence. Rien de très original pourtant à l'horizon de cet album avec son lot de guitares tour à tour stratosphériques ou impétueuses, au service de longues pistes à l'architecture évolutive. Mais, véritables ascenseurs émotionnels, celles-ci savent toucher l'âme autant que le cœur., car l’ensemble, bien que froid, se veut vivant et puissamment dynamique. Plus qu'un agrégat de morceaux, aussi homogènes soient-ils, "Pleonexia" se doit d'être absorbé dans sa vertigineuse entièreté. Chacune de ses pièces forment le maillon d'une suite dont la lente progression lui donne l'allure d'une œuvre conceptuelle que renforce l'entrelacs de ses différents chapitres. Son menu épouse les courbes abruptes d'un relief vallonné, succession de plaines et de montagnes que les musiciens gravissent avec une vigueur mêlée à une belle finesse de touche. Maîtrisant la science de la montée en puissance orgasmique, Krane gratifie l'auditeur d'une amorce foudroyante. Préparé par 'Deception', réveil ouaté et pointilliste, 'Strategic Level' déboule ainsi, rampe de lancement d'une fulgurante beauté propulsée par des rouleaux de batterie qui se fracassent contre les falaises massives qu'érigent des guitares dont le manche sécrète une douloureuse mélancolie. Orageuses et délicates, les ambiances hachurent le ciel d'une myriade de sentiments, passant de la colère à la tristesse, de la rage à l'espoir jusqu'aux regrets. En l'espace d'un peu plus de sept minutes, le combo nous emporte avec lui sur ses ailes de géant. En un fondu enchaîné, 'Destabilisation' lui succède, respiration plus courte qui bourgeonne de douces sonorités électro. Bien qu'instrumental, "Pleonexia" n'en accueille pas moins des bribes de paroles martelées le temps d'un 'Operational' qui dessine un grand huit pulsatif, vrillé par une tension cataclysmique, multipliant les va-et-vient entre noirceur déchaînée et clarté neigeuse. Les six-cordes tendent tour à tour des lignes grosses comme des câbles ou égrènent des notes vibratoires qui s'arc-boutent sur cette rythmique mangeuse d'espace. Etonnamment, plus le disque avance plus ses pistes se montrent ramassées, trapues, entre 'Tactical Level', grondant d'une force sismique, 'Combat' aussi lourd et qu'éruptif et cet épilogue lunaire qu'est’ 'Aftermath'. Si de nombreux albums de post rock pêchent par manque d'audace, "Pleonexia" se révèle au contraire passionnant et aventureux, ce qui fait de lui une excellente surprise, fenêtre sur un groupe à (re)découvrir d'urgence. 3.5/5 (30/11/2017)


KröniK | Wolf Counsel - Age Of Madness / Reign Of Chaos (2017)


Malgré une première bûche sculptée en 2015, ce n'est qu'un an plus tard que Wolf Counsel s'est véritablement offert à nous par l'entremise du prometteur "Ironclad" grâce auquel nous découvrions l'artisan déjà affûté d'un doom sabbathien épais comme une coulée de lave charriant une mélancolie granitique. Dressant avec vigueur les couleurs d'une inspiration fertile, les Suisses en remettent déjà une couche avec "Age Of Madness / Reign Of Chaos" qui mérite mieux que son titre quelconque. Fidèles à une lecture orthodoxe du genre, les Helvètes continuent de prêcher un art d'une belle pureté, forgeant des psaumes taillés dans le béton à l'aide de guitares goudronneuses et d'un chant nasillard de canard pris d'un bon rhume souffrant du syndrome Ozzy Osbourne.
Scotchées au sol, ces pièces sentencieuses avancent à la vitesse d'une limace escaladant une côte par grand vent, même si un 'Semper Occvltvs', que couvre l'ombre du Cathedral le plus groovy avant de s'enfoncer toutefois dans un puits sans fond, témoigne que le quatuor ne rechigne pas, quand il le faut, à enclencher la seconde. Foreuse trapue qui creuse de reptiliennes galeries dans la terre, cette troisième offrande assène une véritable leçon de doom sourd à toute évolution, que ne vient corrompre aucun kyste extérieur, si ce n'est de salvatrices mélopées féminines le temps d'un 'O'Death' majestueux dans son expression plombée. Le résultat enchante et nous faire dire que Wolf Counsel serait plutôt inspiré de reproduire l'expérience. Pourtant, l'ensemble échappe au monolithisme le plus absolu par une science subtile de la progression, à l'image du coup de massue éponyme qui s'étale sur plus de dix minutes pendant lesquelles il gravit un relief massif que les guitares colorent d'une beauté déchirante avant de laisser la batterie s'exprimer avec une volubilité inattendue. Instrumentale, cette seconde partie voit Ralph Hubert briller de mille feux, laissant jaillir de son manche des soli à la fois épiques et rampants. Ses interventions irriguent puissamment "Age Of Darkness / Reign Of Chaos" et lui confèrent une approche dynamique sinon acérée, à laquelle participe également une basse galopante ('Coffin Nails'). Quelques effets sur le chant de Ralf Winzer Garcia saupoudrent de teintes psyché un ensemble robuste que le terminal 'Remembrance' entraîne avec une inexorabilité minérale vers la mort, plainte pétrifiée aux allures de pesant chemin de croix. La vie paraît alors suspendue, le tempo engourdi, témoin de son ensevelissement dans une nasse mortifère jusqu'à ses dernières mesures, frappées du sceau d'un désespoir infini, qui résonnent comme d'ultimes battements de cœur. Dans la lignée de ses prédécesseurs, ce troisième opus confirme Wolf Counsel parmi les dauphins les plus solides d'un doom éternel. 3/5 (28/11/2017)






Soon | Borgne - [∞]


"[∞]", le nouvel opus de Borgne (Black metal), verra la nuit le 30 mars 2018 via Avantgarde Music.





KröniK | Eluveitie - Evocation II : Pantheon (2017)


Que Eluveitie ait (enfin) décidé de compléter le diptyque acoustique "Evocation", entamé il y a huit ans, alors même qu'il vient de traverser la période la plus chaotique de son histoire, voyant la majeure partie de ses membres déserter ses rangs, à commencer par son emblématique chanteuse et joueuse de vièle Anna Murphy (Nucleus Torn, Lethe), n'est peut-être pas si étonnant en ce sens où ce second volet, en prenant des allures d'escapade salvatrice, permet à Chrigel Glanzmman et sa (nouvelle) troupe de se rôder avant d'offrir un véritable successeur à "Origins", tout en lui assurant un succès programmé.
Pourtant, s'il épouse les mêmes traits celtiques et dansants, "Pantheon" ne peut se confondre avec une facile resucée de "The Arcane Dominion" dont il se distingue par sa nature plus chamanique encore. Alors que son prédécesseur a été enfanté dans le sillage heureux  de "Slania" qui a véritablement lancé les Suisses, ce deuxième segment puise sans aucun doute ses teintes crépusculaires dans le contexte sombre que les Suisses ont vécu. Cette obscurité enveloppe une bonne moitié de l'album auquel elle confère des accents quasi ritualistes dont l'exemple le plus saisissant reste le nocturne et tribal 'Artio'. Aux côtés des ritournelles les plus sautillantes ('Epona', 'Lvgvs ou l'inoxydable 'Omnios') se nichent de ténébreuses mélopées ('Esvs'), souvent très courtes ('Tovtatis'), qui mitent un menu tout du long écartelé entre pénombre et lumière. De fait, si non seulement ceux qui attendaient du pur metal folklorique dont ne subsistent que des oripeaux à travers le chant du maître des lieux, qui plus est en retrait, en seront pour leur frais, les amateurs de gigues virevoltantes ne seront pas plus comblés par cet opus qui, bien que souvent entraînant ('Tarvos II'), se pare donc d'apparats mélancoliques et presque funéraires, nous plongeant dans une Gaule ombrageuse où règnent magie et croyances telluriques. Quoiqu'un peu trop chargé avec ses dix-huit pistes au compteur, "Pantheon" n'en demeure pas moins fascinant de bout en bout. Si elle impressionne par ses pulsations instrumentales ('Taranis'), l'offrande est le réceptacle de la voix tour à tour ensorcelante et sentencieuse de Fabienne Erni qui n'a pas à rougir de la comparaison avec une Anna Murphy pourtant très appréciée des aficionados. Elle est assurément la grande découverte de cet album dont on peut penser que sans elle,  il n'aurait pas brillé du même éclat solaire et obscur tout ensemble. Entêtant et incantatoire, "Pantheon" est aussi accessible que déroutant, œuvre d'une ambivalence noire grâce à laquelle Eluveitie se ressource miraculeusement. 3.5/5 (02/09/2017)






KröniK | Antiversum - Cosmos Comedenti (2017)


Que ceux qui tirent dans l'ombre les ficelles de Antiversum, désireux de garder leur identité mystérieuse, soient des musiciens, issus de la chapelle helvétique, rompus à l'art noir, ne surprend pas vraiment, tant ce "Cosmos Comedenti" impressionne d'emblée par sa capacité à matérialiser un univers sonore aussi labyrinthique que pétrifié, alors qu'il ne s'agit que d'un premier signe de mort, toutefois préparé par une démo remarquée ("Total Vacum") et un split partagé, entre autres, avec Bölzer et Deathcult encore tout chaud.
En quatre plaintes aussi sinistres que cyclopéennes, le groupe taille dans la roche abrasive d'une crypte obscure un black metal caverneux qui s'affranchit des frontières pour se nourrir aussi bien du death le plus mortifère que du doom le plus abyssal, magma ténébreux qui s'écoule en un flot oppressant de menstrues sépulcrales. Le relief étiré de ces compositions qui voisinent toutes autour des dix minutes au compteur, ouvre un cadre d'une emphase morbide et viciée. Rongé par un stupre vénéneux, "Cosmos Comedenti" épouse la forme tentaculaire d'un dédale dont les parois sont vrillées de l'intérieur par des guitares aiguisées comme des scalpels souillés de sang qui percent dans la chair un vortex halluciné. D'une négativité aussi viscérale que foudroyante, ces pistes ont quelque chose de trous noirs avalant le plus petit signal de vie, la plus infime trace de lumière, depuis lesquels un chant lointain et grumeleux crache ses psalmodies incantatoires. Le tout semble avoir été capturé dans une caisse de résonance naufragée dans l'espace. De 'Antinova' à Nihil Ad Probandum', l'opus charrie une semence nihiliste qui se répand comme une lèpre polluée. Une totale négation enferme ce premier album dans les entrailles d'une geôle crépusculaire. Construites sur une architecture reptilienne aux noueuses ramifications, ces quatre complaintes forment une masse compacte qu'il paraît vain de vouloir décrire en détail, corps indivisible chargé de matière noire qui doit être absorbé dans sa globalité organique. Errance métaphysique aux confins du black, du death et du doom, "Cosmos Comedenti" dévoile une entité au potentiel qu'on devine abyssal... 3/5 (28/08/2017)






Jean-Louis Roy | L'inconnu de Shandigor (1967)


Est-ce son origine géographique - la Suisse - mais L'inconnu de Shandigor est une oeuvre au climat étrange qui mélange les genres, à la fois récit d'espionnage, film de science-fiction, le tout baignant dans une ambiance parfois proche de la parodie. Drapé dans un beau noir et blanc qui lui permet d'étendre un voile expressionniste (on pense à Fritz Lang), L'inconnu de Shandigor doit en fait davantage à sa galerie de personnages aussi hallucinés qu'hallucinants que campent avec une présence ad-hoc de vraies gueules de cinéma telles que Daniel Emilfork, Serge Gainsbourg (?), Jacques Dufilho et Howard Vernon, qu'à son histoire nébuleuse. En effet, très vite, le canevas perd son intérêt, ce qui n'empêche pas le spectateur d'être envoûté par cet espèce de ballet surréaliste qui voit plusieurs camps s'affronter atour d'un chercheur et de son improbable invention.
Tournée en partie à Barcelone, dont on identifie certaines créations dues à Gaudi, il s'agit d'une oeuvre très méconnue, plastiquement très réussie, parfois prétentieuse dans sa volonté esthétisante, maladroite (les scènes romantiques avec la fille du professeur) mais porteuse d'une vraie poésie singulière et obscure. Une fois l'avoir vue, on n'est pas prêt d'oublier de si vite ces hommes au crâne chauve commandés par Gainsbourg ni le jeu pincé de Daniel Emilfork ou démentiel de Dufilho qui semble tout droit échappé d'un épisode de Chapeau melon et bottes de cuir ! A (re)découvrir d'urgence...
















KröniK | Brokenhead - A Prompt And Utter Destruction (2017)


Bien qu'il partage un de ses membres avec Stortregn, Brokenhead ne laboure pas les terres négatives du black metal mais galope à travers le champ de bataille ensanglanté du thrash. Et du meilleur, du qui fouraille aux quatre vents sans faire de prisonnier. Que cela fait d'ailleurs du bien de se faire ramoner les orifices par une cartouche de l'acabit de ce A Prompt And Utter Destruction, à laquelle on n'en voudra pas trop de n'être qu'un EP tant son cahier des charges est assuré avec une habileté aiguisée. Et puis de toute façon, mieux vaut cinq saillies ultra efficaces qui font saigner les muqueuses qu'un long programme mou de la douille.
Limités par le temps, les Suisses vont donc à l'essentiel, martelant un metal épais et bourru dont la nerveuse érection est dressée grâce à d'imparables influences mélo death. Entre des vocalises charbonneuses et une rythmique de mammouth énervé, les guitares nourries au heavy metal se faufilent sans vaseline, enrichissant ces compos d'une énergie furieuse, à l'image d'un Buy The Lie aussi acéré que robuste. Classiques dans la forme mais protégées par un fuselage qui claque, celles-ci n'oublient pas de noircir un fond au goût de cendres et de sang. A Prompt And Utter Destruction a quelque chose d'un rouleau-compresseur lancé à vive allure que rien ne peut stopper, témoin ce Night Belongs To Us dont le tempo plombé est secoué d'accélérations virtuoses. Toute la force de Brokenhead réside d'ailleurs dans cette façon d'injecter à son thrash une bonne dose de mélodie qui, loin d'en limer les griffes, le rend plus tranchant encore. Plus irrésistible aussi. Endless Terror ou Greed sont faits de ce même bois qui prend feu, creusant dans leur sillage et dans la peau des tranchées dans les profondeurs desquelles bouillonne une semence abrasive. S'il passe (forcément) trop vite, cet effort est la carte de visite prometteuse d'un groupe dont on devine que le potentiel explosif n'en est qu'à ses balbutiements. La suite devrait en toute logique faire très mal. Du tout bon. 3.5/5 (2017) | Facebock






Soon | Sum Of R - Orga


Date | 15/09/2017
Label | Cyclic Law
Genre | Drone / Ambient

 

Soon | Drudkh & Paysage d'Hiver - Somewhere Sadness Wanders


Date | 25/08/2017
Label | Season Of Mist
Genre | Black Metal