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Roberto Mauri | Les 3 centurions (1964)
























Co-production franco-italienne, Les 3 centurions ne compte pas parmi les titans du péplum de la péninsule. En 1964, le genre est déjà en déclin et ne tardera plus à être concurrencé par le western dans les salles de quartier.

Alvaro Mancori | Hercule l'invincible (1964)


En 1964, le péplum italien vit ses derniers feux, bientôt détrôné par le western dans les salles obscures. Résultat, les budgets se tarissent et les metteurs en scène les plus réputés (Freda, Ferroni...) finissent par déserter le genre, remplacés par des artisans plus modestes. Hercule l'invincible s'inscrit dans ce contexte de fin de règne. Peu de moyens à l'écran, comme le démontre le recours à des stock-shots et des décors peu impressionnants. Pourtant, emballée par Alvaro Mancori, ancien directeur de la photo dont il s'agit de la seule expérience comme réalisateur, cette nouvelle aventure d'Hercule (rebaptisé Ursus en français !) se situe plutôt dans la bonne moyenne grâce à des effets spéciaux réussis (la rivière de lave) et des matte paintings dont on dit qu'il pourrait être l'oeuvre de Mario Bava, qualité qui rachète la pauvreté d'un scénario qui sillonne un chemin bien lessivé. L'action constante permet de ne jamais s'ennuyer tandis que pointe un zeste de burlesque. Et il est amusant de retrouver Dan Vadis, futur membre de la troupe de Clint Eastwood (dans Bronco Billy notamment), dans la peau d'un colosse de foire. (vu le 05.01.2019)









Freddie Francis | L'empreinte de Frankenstein (1964)


Troisième des sept films produits par la Hammer consacrés au personnage créé par Mary Shelley, L'empreinte de Frankenstein est l'un des deux à ne pas avoir été tournés par Terence Fisher mais par Freddie Francis, le second, Les horreurs de Frankenstein (1970) sera l'oeuvre du scénariste Jimmy Sangster. De là peut-être une réputation moins flatteuse que celle dont jouissent les métrages mis en scène par Fisher qui d'ailleurs devait le réaliser mais qu'un accident de voiture contraint à laisser sa place à Francis, directeur de la photographie réputé (Les chemins de la haute ville, Les innocents...) mais qui a alors déjà plusieurs bons films à son actif comme réalisateur (Paranoïaque et Meurtre par procuration). Inférieur à ses deux prédécesseurs, L'empreinte de Frankenstein n'en demeure pas moins intéressant en cela qu'il s'éloigne de ces derniers par un traitement plus proche des productions Universal des années 30.
Fragmentée, il suit une construction moins linéaire cependant que le personnage du baron parait plus positive, chercheur révolutionnaire plus seulement en butte contre les superstitions et ses anciens collègues mais devant affronter une bourgeoisie corrompue qui l'a spolié (cf. la figure du bourgmestre). L'introduction de Zoltan, l'hypnotiseur, est une bonne idée, comme celle de réduire le personnage féminin à une souillon sourde et muette, loin des habituelles sensuels Hammer Girls. Bien sûr, le visage émacié, le regard glacial, Peter Cushing est impeccable sans un rôle qu'il connait bien. Dommage que les maquillages soient grossiers et que le scénario n'évite pas les invraisemblances... (Vu le 22/09/2018)












Ernst Hofbauer & Alberto Cardone | Les aigles noirs de Santa Fé (1964)


Les aigles noirs de Santa Fé, c'est tout le (petit) charme de ces (petits) westerns teutons des années 60 dont il est un des fleurons avec la fameuse série des Winnetou. Aux commandes, on retrouve Ernst Hofbauer, qui a bricolé un peu tout et n'importe quoi, secondé par Alberto Cardone, auquel on devra Les colts de la violence (avec Gianni Garko). De l'action, des Indiens survoltés, des gueules que les bisseux aiment tant croiser (Brad Harris, Horst Frank, Serge Marquand, Tony Kendall), du charme avec Olga Schoberová et Helga Sommerfeld. On ne s'ennuie jamais dans ces films allemands qui possèdent une identité bien eux, entre le western américain, espagnol et italien. | IMDb









Jesus Franco | Agent 077 Opération Jamaïque (1964)


Son titre, français, ne doit pas vous tromper, Agent 077 Opération Jamaïque (La muerte Silba Un Blues) n'a rien à voir avec James Bond ni même avec les Eurospy qui fleurissent alors sur les écrans, film policier exotique, plus bavard que dynamique, comme il y en avait également beaucoup à l'époque. Malgré un récit aussi clair que du jus de chaussette, ce touche à tout parfois génial qu'est Jesus Franco, fait montre d'une réelle habileté. La photographie en noir et blanc et la musique jazzy dictant un rythme qui swingue, portent sa griffe, même si cette pellicule très courte n'est pas, loin de là, ce qu'il a fait de mieux...










Gilles Grangier | L'âge ingrat (1964)


L'âge ingrat marque la rencontre de deux monstres sacrés du cinéma français, Jean Gabin et Fernandel, amis à la ville qui en sont aussi les producteurs via leur éphémère société Gafer. Bien sûr, c'est du cinéma à "papa" à faire hurler les Cahiers et les penseurs de la Nouvelle Vague. Mais on a le droit prendre du plaisir à regarder du vrai cinéma populaire, drôle et sans prétention. Témoin d'une France qui n'existe malheureusement, plus, ce film est tout entier construit autour de ses deux vedettes, sacrifiant les seconds rôles et un scénario pour le moins limité. Dommage que le rôle de Noël Roquevert ne soit pas plus développé et Marie Dubois pas mieux utilisée.
Partageant alors avec Henri Verneuil la plupart des réalisations des Gabin, Gilles Grangier s'efface derrière les deux cabotineurs. Malgré un résultat plus anecdotique que La traversée de Paris par exemple, leur rencontre demeure savoureuse, grâce à l'évidente complicité qui les lie. Et c'est toujours mieux que Le tatoué !












Alan Bridges | Act Of Murder (1964)


















On peut affirmer que Act Of Murder fait partie des meilleurs films de cette série cinématographique adaptée de l'oeuvre de Edgar Wallace.

Guy Hamilton | L'affaire Winstone (1964)


En quelques mots : Présent dans la mémoire des cinéphiles avant tout pour ses quatre James Bond (Goldfinger, Les diamants sont éternels, Vivre et laisser mourir et L'homme au pistolet d'or) et son Harry Palmer (Mes funérailles à Berlin), Guy Hamilton a par ailleurs donné au film de guerre plusieurs productions, auxquelles peut vaguement se rattacher L'affaire Winstone. Réalisé en 1964, celui-ci témoigne surtout de cet immuable savoir-faire britannique, sauvant un scénario aussi mince que le dossier du militaire accusé de meurtre que doit défendre Robert Mitchum. De fait, s'il faut attendre la dernière heure et les scènes du tribunal pour que la tension s'emballe, cette oeuvre mineure n'en demeure moins pas captivante, illustrant la haine qui lie alors Anglais et Américains loin de l'entente de façade. Comme toujours Mitchum semble ne rien faire et en quelques apparitions Trevor Howard rehausse à lui seul ce Man In The Middle curieux qui s'inscrit à sa manière, inattendue car sans vrai suspense mais non sans intérêt, dans cette tradition du film de procès militaire dont participent aussi bien Condamné au silence (1955) de Preminger que Ouragan sur la Caine (1954) de Dymtryk.