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Rudolph Maté | Les années sauvages (1956)
























Les années sauvages appartient à ces séries B que l'on pouvait découvrir dans La dernière séance ou le lundi après-midi sur la 3. Il n'existe malheureusement plus aujourd'hui de chaînes diffusant ce genre de petites productions.

Mark Robson | Le champion (1949)


Le champion s'inscrit dans cette tradition américaine des années 40, où la boxe s'écrit à l'encre désespérée du film noir, aux côtés de Sang et or et Nous avons gagné ce soir. Après une belle série de seconds rôles dans des oeuvres marquantes (L'emprise du crime, La griffe du passé, L'homme aux abois et Chaînes conjugales), Kirk Douglas se retrouve cette fois-ci en haut de l'affiche, sous la direction de Mark Robson, pour qui aussi, cette production est importante car plus ambitieuse que les bandes horrifiques néanmoins réussies, qu'il a jusque là mis en scène (Bedlam, L'île des morts).
Son expérience, réputée, de monteur (pour Tourneur ou Welles), commande une réalisation sèche et sans afféteries. L'ambiance des salles de boxe sordides, des rings nichés au fond de salles enfumées, est parfaitement retranscrite. Le film inaugure pour Douglas une série de personnages pétris par la rage, qui cherchent à s'élever socialement, quitte à écraser l'amour et l'amitié (Le gouffre aux chimères, Histoires de détective...), hommes ombrageux ni tout blancs ni tout noirs et perdants magnifique que l'on ne peut vraiment détester. Le monde de la boxe est dépeint de façon classique mais le portrait de ce révolté constamment à vif échappe aux conventions, notamment grâce au jeu puissant du comédien qu'épaulent les toujours impeccables Arthur Kennedy et Paul Stewart. De Ruth Roman à Lola Albright sans oublier Marilyn Maxwell, la distribution féminine est de qualité. Elles incarnent trois femmes qui, à leur manière, essayeront de comprendre cet homme qui ne peut finir que seul. A noter que, contrairement aux apparences, le film n'a rien à voir avec ses deux homonymes, signés King Vidor puis Franco Zeffirelli. (vu le 03/12/2018)



















John Sturges | Les aventuriers du désert (1949)


Les chevaux, le désert et surtout Randolph Scott ne doivent pas vous tromper, Les aventuriers du désert ressemble plus à un film noir qu'à un vrai western. L'histoire se déroule dans les années 40 et l'intrigue policière prend le pas sur la quête du trésor perdu dans les sables. Bien que réalisée par John Sturges dont c'est le premier film important, l'oeuvre porte avant tout la marque de son producteur (avec le fidèle Harry Joe Brown) et vedette, Randolph Scott donc : tournage à l'économie, récit efficace, mise en scène au cordeau etc... S'il tient en haleine tout du long, notamment grâce à son excellente distribution (avec Kennedy, Ireland et Buchanan quand même) et un noir et blanc riche en contraste, The Walking Hills se révèle pourtant inférieur aux westerns que l'acteur tournera plus tard avec Budd Boetticher (La chevauchée de la vengeance...), la faute à un ensemble un peu étriqué justement et des personnages dont le passé aurait mérité d'être plus approfondi. (vu le 30/10/2018) 









Henry Hathaway | Nevada Smith (1966)


Célèbre western, Nevada Smith est pourtant sévèrement jugé par les critiques de cinéma. Il est vrai qu'il ne manque pas de défauts. Le récit se limite à une succession d'épisodes pas toujours bien reliés entre eux, certains personnages sont mal écrits ou disparaissent trop vite. L'ensemble donne l'impression de vouloir montrer beaucoup de choses sans vraiment en développer aucune (le camp des Indiens, le monastère etc...) On s'étonne qui plus est que aucun des trois meurtriers ne reconnaisse en Steve McQueen le fils du couple qu'ils ont tué. Trop vieux pour le rôle et peu crédible en métis assoiffé de vengeance, la star n'est pas pour rien dans l'échec relatif du film.
Il n'est pourtant pas interdit d'apprécier celui-ci, grâce à la mise en scène efficace du vétéran Hathaway, à la multitude de paysages magnifiés par la photographie de Lucien Ballard et à son affolante distribution de laquelle se détachent le sympathique Brian Keith et le trio de salopards composé de Karl Malden, Arthur Kennedy et Martin Landau. Dommage toutefois que certains comédiens n'aient pas grand chose à faire (Howard Da Silva par exemple, voire même Suzanne Pleshette). Ajoutons à cela la séquence dans le bagne et l'affrontement final au dénouement inattendu et on obtient sans doute pas le chef-d'oeuvre espéré mais un très solide western. (Vu le 27/02/2018 / Source : DVD)














Howard Hawks | Air Force (1943)


S'il s'inscrit pleinement dans le pur cinéma de propagande qui fleurit alors sur les écrans américains dans le sillage de l'attaque de Pearl Harbor par les Japonais, laquelle déclencha l'entrée des Etats-Unis dans le second conflit mondial, Air Force n'en demeure pas moins un grand film de guerre tout court. Pourtant celle-ci n'apparaît quasiment pas sur la pellicule, reléguée en arrière-plan et réduite à quelques combats. Car, oeuvre de commande peut-être, le film porte toutefois l'incontestable marque de son réalisateur. Howard Hawsk est le cinéaste du huis-clos, de l'attente, ce qui lui dicte une première partie presque circonscrite aux entrailles de cette forteresse volante où les protagonistes attendent, laissant les caractères de chacun se dessiner.
De plus chez Hawks, le groupe l'emporte sur les individus. Si ceux-ci, échantillons de la population américaine, sont bien définis, ils s'effacent dans un ensemble, à l'image de cette très belle scène en forme de veillée funèbre qui voit les héros se rassembler autour de leur capitaine au moment où il va mourir. Sobriété et absence totale de pathos caractérisent ce cinéma filmé à hauteur d'hommes, dimension humaine quasi intimiste parfaitement symbolisé par un casting sans vedettes. John Garfield, Arthur Kennedy et l'immense Harry Carey n'en sont pas moins formidables.