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KröniK | Whitesnake - 1987 (1987)


Le serpent étant un animal qui a la faculté de changer de peau, Whitesnake n’a donc jamais aussi bien porté son nom, tant le groupe s'est métamorphosé, sans perdre en qualité, avec cet album légendaire. 

L’appréciation de ce disque dépend grandement de la relation qui vous unit au groupe : si vous êtes un fan de la première heure, vous risquez de regretter qu’il ait perdu en route son identité et préférer donc ses débuts bluesy. En revanche, si vous l’avez découvert avec sa précédente production, Slide It In et que vous adorez le gros son et les cheveux permanentés, ce 1987 est fait pour vous. Dans tous les cas, ce disque est une bombe et un des joyaux du hard des années 80. Sa genèse se révèle intéressante.

Depuis la fin des seventies, Whitesnake, emmené par l’ancien et charismatique chanteur de Deep Purple, connaît un succès grandissant en Europe avec son hard bluesy puissant ; mais il ne rencontre pas le même engouement au pays de l’Oncle Sam. 1987, baptisé aussi parfois d’une manière éponyme a clairement été enregistré afin de toucher le public américain. Pour se faire, Coverdale rompt avec ses habitudes et s’entoure d’un nouveau line-up (hormis le bassiste Neil Murray) : John Sykes et Adrian Vandenberg aux guitares et Aynsley Dunbar à la batterie (sans compter Don Airey pour les claviers). De même, il ne fait plus appel au fidèle Martin Birch pour la production, pour lui préférer Mike Stone et Keith Olsen afin d’obtenir un son plus américain, moins européen. Enfin, il reprend deux titres parmi les plus fameux de son répertoire passé : “ Crying In The Rain ” dont il offre une version gigantesque ; et “ Here I Go Again ”. Résultat, 1987 se vend par palettes entières faisant de Whitesnake un des géants de l’histoire du metal. A l’écoute des sept autres chansons qui le composent, on peut comprendre pourquoi ; il y en a pour tous les goûts : brûlots à écouter à fond la caisse, pied au plancher (“ Bad Boys ”, “ Children Of The Night ”, “ Don’t Turn Away ”), ballade pour emballer les gonzesses (“ Is This Love ”) ou morceau de bravoure façon Led Zeppelin (l’énorme “ Still Of The Night ”). Tous les titres sont des tubes en puissance et bénéficient d’une interprétation impressionnante de l’ensemble des musiciens, Coverdale en tête, dont la voix a perdu en charme ce qu’elle a gagné en puissance. Le serpent étant un animal qui a la faculté de changer de peau, Whitesnake n’a donc jamais aussi bien porté son nom, tant le groupe s'est métamorphosé, sans perdre en qualité, avec cet album légendaire. (2006)


KröniK | Warlock - Triumph And Agony (1987)


Warlock livre dix compositions sévèrement burnées qui sont autant de brûlots à la gloire du heavy metal.

Faisant suite au mitigé bien que réussi commercialement parlant True As Steel, sorti en 1986, Triumph And Agony demeure le testament du groupe en même temps que son opus le plus célèbre. Renouant avec l’inspiration de ses (récents) débuts, Warlock livre dix compositions sévèrement burnées qui sont autant de brûlots à la gloire du heavy metal. Certains d’entre eux sont encore aujourd’hui interprétés par Doro en solo, c’est dire leur qualité ! Citons notamment les imparables "All We Are", "I Rule The Ruins" et "Metal Tango", ainsi que la touchante ballade qui clôt l’album, "Für Immer".

Pour autant, comme le suggère le look désormais très Hair metal de ses membres (il est loin le temps du cuir et des clous à la Judas Priest !), il n’en demeure pas moins que le groupe a évolué, sinon changé. Sa musique se veut plus lisse, moins dure qu'autrefois, direction artistique que confirmeront les premiers albums solos de la chanteuse, dont le second sera même produit par Gene Simmons de Kiss. Très tôt mise en avant, Doro s’impose d’ailleurs sur Triumph And Agony comme le leader incontesté de Warlock. Le fait qu’elle apparaisse - seule - sur le visuel influencé par l’heroïc-fantasy, ne relève pas du hasard, cependant qu’elle a quasiment composé tous les titres de l’album avec le producteur Joey Balin, imprimant sa marque au groupe. Enfin, elle confirme encore une fois quelle charismatique et puissante chanteuse elle est. La jeune femme n’a franchement rien à envier à ses homologues masculins comme le prouvent ses interventions sur "Touch Of Evil". Malgré son succès, Triumph And Agony n’aura donc pas de successeur, quand bien même Force Majeure sera publié à la fois sous le nom du groupe et sous celui de sa chanteuse, laquelle se retrouve seule à tenir la barre, tous les membres de la formation d'origine ayant quitté le navire allemand. Désireuse de pouvoir travailler avec de nombreux musiciens, la blonde décide de se lancer ensuite dans une vraie carrière solo et ce, bien que Warlock soit devenu son projet. Celui-ci s’éteint donc officiellement en 1989 mais se reformera le temps d’un concert anniversaire en 2003 afin de fêter comme il se doit les 20 ans de carrière de la Metal Queen. (2006/2010)


Arthur Allan Seidelman | Le visiteur (1987)


Curiosité méconnue, Le visiteur mérite mieux que son exploitation quasi avortée, celui-ci n'ayant eu droit qu'à une seule projection lors du marché du film avant de terminer sa carrière directement en VHS sur les étales des vidéoclubs. Réalisé par le mec qui a commis Hercule à New York, The Caller n'est pas le shasher que sa jaquette veut vendre mais une sorte huis-clos où deux personnages, dont l'identité et les motivations nous échappent, s'affrontent dans de mystérieuses conditions. Si elle n'est pas à  la hauteur de ses ambitions, cette production Charles Band s'avère intrigante, bénéficiant d'un twist final pour le moins surprenant. Face à une Madolyn Smith au jet limité, Malcolm McDowell trouve un rôle inquiétant, livrant alors sa performance la plus jubilatoire depuis le Cat People de Paul Schrader...















Scotty Fox | A Rare Starlet (1987)


Dans ce film troussé par Scotty Fox, John Leslie campe un réalisateur de porno, qui teste ces comédiennes en les opposant dans une sorte de compétions où elles doivent redoubler de vice.
De Laurel Canyon à Alicia Monet en passant par Veronica Doll, les femmes sont belles mais il faut attendre la dernière séquence pour le légendaire comédien donner de sa personne. Bref, tout le charme du X américain des années 80, moins audacieux que celui de la décennie précédente mais hyper sexy.










Lucio Fulci | Aenigma (1987)


En quelques mots : Parce qu'il marquait alors le retour de Lucio Fulci dans le domaine de l'horreur après plusieurs années d'errements entre post nuke fauché (2072, les mercenaires du futur) et érotisme (Le miel du diable), Aenigma jouit d'une petite notoriété pourtant bien injustifiée, symbolique en cela d'une fin de carrière sans éclat. Si par ses envolées baroques et les accords électriques de sa bande-son, il braconne sur les terres d'un Argento, le film s'apparente avant tout à un slasher, censé se dérouler aux Etats-unis mais tourné en Yougoslavie, que (presque) n'importe quel tâcheron aurait pu mettre en scène. Bien sage, l'empreinte de Fulci ne surgit guère qu'à travers de rares séquences sanguinolentes voire malsaines (celles des escargots) mais qui n'évitent pas toujours le ridicule. Réalisé sans conviction, joué avec les pieds, et peu aidé par un doublage français catastrophique, tout juste digne d'un porno, Aenigma est trop impersonnel pour marquer les esprits, laid et ennuyeux. Seule une scène vaguement érotique qui vire au cauchemar parvient à briser une torpeur plombée. Bref, que les vrais classiques du maître semblent loin !