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John Ford | L'aigle vole au soleil (1957)


Si l'on veut vraiment connaître John Wayne, L'aigle vole au soleil fait partie des films qu'il faut avoir vus, avec L'homme tranquille ou La prisonnière du désert, toujours mis en scène par John Ford. Il prouve dans ce biopic consacré à la vie de l'aviateur et plus tard scénariste Frank "Spig" Wead quel grand comédien il était, loin de la figure monolithique que ses détracteurs lui prêtaient. Il faut le voir vieilli, boitant dans la peau de cet homme brisé mais qui trouve la force de survivre, de se surpasser. C'est une formidable leçon de courage que nous propose le réalisateur qui trouve là un sujet selon son coeur dont on voit mal qui d'autre que lui, aurait pu le filmer.
S'il commence sur une note légère et humoristique, cette truculence cède ensuite à la place à la gravité sans que la camaraderie chère aussi bien à Ford qu'à son acteur fétiche, ne déserte une histoire où l'amitié est plus forte que l'amour, témoin la relation que Wead entretient avec sa femme, idéalement campée par Maureen O'Hara, incandescente et sauvage. Un beau flm (trop) méconnu. | IMDb















Allan Dwan | L'aigle des frontières (1939)


L'aigle des frontières raconte l'histoire fameuse de Wyatt Earp et de Doc Holliday, deux personnages qui ont façonné la mythologie de l'Ouest et qui seront maintes fois évoqués au cinéma. De fait, ce western souffre de la comparaison avec La poursuite infernale de John Ford (1946) et Règlements de compte à OK Corral de John Sturges (1957), ne partageant ni le lyrisme du premier ni la force du second. Si Randolph Scott campe un Wyatt Earp convaincant, Cesar Romero fait pale figure à côté de Kirk Douglas et même de Victor Mature dont les interprétations seront bien plus tourmentées. Mais en artisan chevronné, Allan Dwan connaît son métier, signant un film truculent, avalé par la marée d'obscurité qu'étale un noir et blanc profond.
Nous avons aussi le plaisir de retrouver dans de petits rôles les indispensables John Carradine et Ward Bond. Ce n'est donc la pas meilleure adaptation de cet affrontement légendaire mais reste largement supérieure aux plus récents et lourdingues Wyatt Earp de Lawrence Kasdan et Tombstone de George P. Cosmatos, grâce notamment à son économie de moyens et le charme du cinéma des années 30. | IMDb








Lewis R. Foster | Guet-apens chez les Sioux (1956)


Pourquoi regarder "Guet-apens chez les Sioux" ?
Parce qu'il s'agit d'un honnête western de série B, solidement troussé par Lewis Foster, petit maître du genre dont on préfère toutefois les nombreuses bobines avec John Payne (El Paso, ville sans loi par exemple).
Parce que le film bénéficie d'une distribution intéressante d'où émergent le vétéran Ward Bond et des sales gueules que les habitués aiment tant retrouver, celles de Skip Homeier ou de John Doucette.
Parce que Linda Darnell montre qu'elle a encore, à cette époque, de beaux restes.
Parce que Dakota Incident (un bon titre malheureusement - et comme souvent - trahit en français) est finalement curieux, agrégat de deux récits qui se succèdent, le premier urbain et tendu, le second, désertique mais plus convenu et louchant vers Fort Bravo sans en avoir la force.