AU PIF

Affichage des articles dont le libellé est Vertigo. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Vertigo. Afficher tous les articles

KröniK | Warlock - Triumph And Agony (1987)


Warlock livre dix compositions sévèrement burnées qui sont autant de brûlots à la gloire du heavy metal.

Faisant suite au mitigé bien que réussi commercialement parlant True As Steel, sorti en 1986, Triumph And Agony demeure le testament du groupe en même temps que son opus le plus célèbre. Renouant avec l’inspiration de ses (récents) débuts, Warlock livre dix compositions sévèrement burnées qui sont autant de brûlots à la gloire du heavy metal. Certains d’entre eux sont encore aujourd’hui interprétés par Doro en solo, c’est dire leur qualité ! Citons notamment les imparables "All We Are", "I Rule The Ruins" et "Metal Tango", ainsi que la touchante ballade qui clôt l’album, "Für Immer".

Pour autant, comme le suggère le look désormais très Hair metal de ses membres (il est loin le temps du cuir et des clous à la Judas Priest !), il n’en demeure pas moins que le groupe a évolué, sinon changé. Sa musique se veut plus lisse, moins dure qu'autrefois, direction artistique que confirmeront les premiers albums solos de la chanteuse, dont le second sera même produit par Gene Simmons de Kiss. Très tôt mise en avant, Doro s’impose d’ailleurs sur Triumph And Agony comme le leader incontesté de Warlock. Le fait qu’elle apparaisse - seule - sur le visuel influencé par l’heroïc-fantasy, ne relève pas du hasard, cependant qu’elle a quasiment composé tous les titres de l’album avec le producteur Joey Balin, imprimant sa marque au groupe. Enfin, elle confirme encore une fois quelle charismatique et puissante chanteuse elle est. La jeune femme n’a franchement rien à envier à ses homologues masculins comme le prouvent ses interventions sur "Touch Of Evil". Malgré son succès, Triumph And Agony n’aura donc pas de successeur, quand bien même Force Majeure sera publié à la fois sous le nom du groupe et sous celui de sa chanteuse, laquelle se retrouve seule à tenir la barre, tous les membres de la formation d'origine ayant quitté le navire allemand. Désireuse de pouvoir travailler avec de nombreux musiciens, la blonde décide de se lancer ensuite dans une vraie carrière solo et ce, bien que Warlock soit devenu son projet. Celui-ci s’éteint donc officiellement en 1989 mais se reformera le temps d’un concert anniversaire en 2003 afin de fêter comme il se doit les 20 ans de carrière de la Metal Queen. (2006/2010)


KröniK | Warlock - True As Steel (1986)


Des titres efficaces, bien troussés, mais que parasitent d'autres plus quelconques et, au final, aucun véritable hymne.

Troisième des quatre albums officiels que Warlock enregistre sur une période très courte, True As Steel, publié en 1986, est aussi le moins bon, bien que le succès ait été au rendez-vous à l’époque, confirmant l’ascension du groupe et lui offrant même la chance de participer cette même année au Monsters Of Rock (avec, excusez du peu, Scorpions, Def Leppard, Ozzy et Dio), alors le plus important festival de Hard Rock.Toutefois, il faut bien admettre que ce disque souffre parfois d’un cruel manque d’inspiration, qui le rend assez inégal. Les titres s’enchaînent, il est vrai, sans temps mort.

Son écoute est des plus agréables mais une fois le court instrumental final ("T.O.L.") terminé, on prend conscience que les Allemands ont fait nettement mieux, surtout avec Burning The Witches et qu’ils semblent avoir perdu en route une forme d’innocence, de naïveté également. Pourtant, la recette est la même que sur Hellbound par exemple et Doro donne tout ce qu’elle a, apportant à des compositions classiques un charme réel mais cette fois la mayonnaise prend moins bien. Certaines chansons se révèlent assez plates, à l’image de la ballade obligée, "Love Song", aussi peu originale que son titre, à l’image également du rapide mais quelconque "Speed Of Sound" ou de "Lady In A Rock’n’ Roll Hell". Heureusement, d’autres morceaux ne sont néanmoins pas désagréables, bien au contraire : "Mr. Gold" au refrain imparable, l’énergique "Fight For Rock" , hit qui ouvre alors au groupe la porte des radios, "True As Steel" et son tempo assez lent et rehaussé lui aussi de lignes vocales mémorables, et dans une moindre mesure les dernières mesures de "Igloo On The Moon". Le bilan est mitigé en définitive. Des titres efficaces, bien troussés, mais que parasitent d'autres plus quelconques et, au final, aucun véritable hymne. Il va sans dire que son successeur, le célèbre Triumph And Agony, corrigera cette lacune et de la plus belle des manières… (2006/2010)


KröniK | Warlock - Hellbound (1985)


Hellbound est un bon cru, bien meilleur en revanche que l’inégal True As Steel.

Fort d’une première éruption métallique remarquée autant pour sa réussite artistique que pour sa chanteuse dont le nom commence alors à circuler, Warlock se voit rapidement courtisé et signe avec Vertigo, maison de disque qui accompagnera d’ailleurs Doro pendant très longtemps, jusqu’au controversé Machine II Machine en 1995. Entre février et avril 1985, les Allemands s’enferment dans un studio munichois pour accoucher du successeur de Burning The Witches, dans le sillage duquel il s’inscrit en toute logique. Hellbound se présente de fait comme une collection d’hymnes heavy taillés pour la scène.

Ceux-ci mettent en avant la puissance vocale du petit bout de femme qui tient le micro. Il faut l’entendre s’époumoner sur le très bon morceau éponyme par exemple. Par rapport à sa glorieuse devancière, cette seconde offrande peut compter sur une prise de son plus chaleureuse, moins brute de décoffrage et sur des compositions solidement charpentées et enrichies par des arrangements plus soignés. Témoignent de ces qualités les imparables "Wrathchild", qui n’est pas une reprise de Iron Maiden, "All Night", "Out Of Control", qui ne prend son envol qu’après une longue mise en bouche, ce qui est étonnant. Citons également pour faire bonne mesure, le lourd "Down And Out" et "Shout It Out". Comme ils l’on fait sur le premier album, les Teutons ne se fendent que d’une seule ballade, en guise de conclusion, "Catch My Heart", que Doro se charge toutefois de dynamiser avec son timbre si particulier. Qu’ajouter si ce n’est que Warlock a fait d’incontestable progrès en quelques mois, quand bien même Burning The Witches dégageait plus de charme et une urgence sympathique. Plus contrôlé et pensé, Hellbound est un bon cru, bien meilleur en revanche que l’inégal True As Steel qui va lui succéder l’année suivante. (2010)


KröniK | Warlock - Burning The Witches (1984)


Galop d'essai de l'équipe allemande en 1984, Burning The Witches demeure un disque important car il constitue une des premières incarnations féminines d’un genre, le Heavy Metal, jusqu’alors essentiellement masculin et dominé par une esthétique plutôt virile et machiste. Bien entendu, il y a eu d'autres groupes pour préparer le terrain mais, Warlock, en mettant en avant une femme capable de rivaliser avec les Bruce Dickinson et autre Udo Dirkschneider, s’impose comme un précurseur. Basé à Düsseldorf, le combo qui s’articule alors autour de Doro(thee) Pesh, de Rudy Graf et Peter Szigeti aux guitares, de Frank Rittel à la quatre cordes et du batteur Michael Eurich, formation qui gravera également Hellbound, soit ses deux opus les plus durs, commence très vite à faire parler de lui à force d’écumer les petites salles de concerts où il peut apprivoiser un répertoire efficace à défaut d’être original en soit.


Lorsqu’il entre en studio en novembre 1983, les chansons ont donc été rodées durant de longs mois et cela se sent. Certaines d'entre elles sont même apparues sur la démo capturée peu de temps avant. Quelle maîtrise, déjà, de la part de jeunes musiciens à l’énergie communicative chez lesquels on perçoit l’envie d’en découdre. Plus dur que Lita Ford, plus inspiré que Girlschool, Warlock s’impose très vite comme une valeur sûre. Il faut dire qu’il a dans ses rangs une chanteuse de caractère, à la voix puissante et au grain si particulier : Doro, dont peu devaient alors imaginer qu'elle serait toujours en activité presque trente ans plus tard ! Respect ! Outre les qualités vocales de la jeune femme, le groupe prouve aussi avec cette offrande séminale sa capacité à pondre des hymnes Heavy Metal instantanés ("Burning The Witches"), qu’il s’agisse de brûlots rapides ("Hateful Guy", "Sign Of Satan", somme toute plutôt agressif pour l'époque), voire presque speed ("Metal Racer"), de mid-tempo ("Holding Me"). L’album va à 100 à l’heure et seule la poignante ballade "Without You" permet de se reposer les esgourdes un moment. Le groupe réussira-t-il à faire mieux par la suite que ce disque qu’aucune baisse de régime ne vient empoisonner ? Ce n’est pas certain, seul Triumph And Agony étant d’un niveau comparable, dans un registre plus commercial cependant. Dans tous les cas, le succès est au rendez-vous et des hordes de fans se pressent alors à ses concerts pour le supporter et admirer sa chanteuse en action. Warlock se place donc en pionnier du Metal féminin, même si sa musique reste au final des plus masculines. (2006)

3.5/5 | Music Waves

KröniK | Black Sabbath - Born Again (1983)


Nonobstant des qualités réelles sur lesquelles nous reviendrons et que de nombreux fans du groupe se refusent encore à admettre, Born Again ouvre pourtant une période sombre, pour ne pas dire chaotique, dans sa carrière qui ne prendra fin qu’avec le retour d’Ozzy Osbourne dans le giron maternel en 1997, tunnel tortueux que le come-back éphémère de Dio entre 1991 et 1992 ne brisera pas vraiment. Lorsque le lutin décide en 1982 de prendre ses cliques et ses claques pour diriger (enfin) sa propre formation, tout le monde se demande qui va lui succéder au sein du Sabbath Noir. La petite histoire veut que ce soit lors d’une soirée durant laquelle Tony Iommi, Geezer Butler et Ian Gillan ne se sont pas contentés de boire de l’eau minérale que l’union avec l’ancien chanteur de Deep Purple, alors en panne de succès depuis longtemps et en attente de la reformation prochaine du dinosaure, ait été scellée (!). Si, à l’annonce de cette nouvelle, il était permis de trouver cette alliance sinon mauvaise au moins assez curieuse, le timbre de Gillan étant très différent de celui de ses deux prédécesseurs, à l’arrivée, Born Again, le fruit de ce mariage étonnant, s’impose comme un très grand disque, habile synthèse entre les ambiances sinistres des premiers opus et la lourdeur tellurique du dernier Dio. Bénéficiant en outre du retour du batteur prodigue Bill Ward, débarrassé - pour un temps seulement - de son addiction à l’alcool, Black Sabbath n’a alors jamais sonné aussi noir et écrasant. Précurseur du Doom, il annonce même avec l’infernal "Zero The Hero", monumentale pièce longue de près de huit minutes, les excavations caverneuses que le genre sculptera à partir des années 90. Si toutes les oreilles sont (forcément) braquées vers la performance du chanteur, moins catastrophique que prévue mais dont on préfère tout de même admirer le talent chez Purple, il faut louer le jeu plus abyssal que jamais de la paire Iommi/Butler qui plonge Born Again dans une mine de charbon qu’aucune lumière n’atteint. Même la ballade éponyme, douloureusement malsaine, est recouverte d’un suaire lugubre. Mais, entre un Bill Ward rapidement remplacé par Bev Bevan (ex Electric Light Orchestra), un décor de scène gigantesque, reproduction de Stonehenge démentielle qu’aucune salle de concert n’est suffisamment spacieuse pour accueillir, et un Gillan victime de trou de mémoire et qui, les tournées une fois achevées, quitte comme prévu le groupe pour participer à la résurrection attendue du Pourpre Profond, cette incarnation sabbathienne sera vite avortée. Unique témoignage de ce line-up improbable, Born Again est certes inégal car parasité par deux instrumentaux dispensables ("Stonehenge" et "The Dark") et les peu réussis "Digital Bitch" et "Hot Line", et pâtissant d’un mixage malheureux, il est néanmoins enténébré par quelques compositions hallucinantes ("Trashed", "Disturbing The Priest"….) et une atmosphère pesante et cryptique bien rendue. Jusqu’à Dehumanizer, le groupe ne fera pas mieux… 4/5 (2010)


                                   

KröniK | Doro - Machine II Machine (1995)


Savez-vous à quoi reconnaît-on le talent ? Sans doute (entre autre) à la capacité précieuse de sauver sa peau quoiqu’il arrive. Démonstration avec le Machine II Machine de Doro. Après s’être imposée comme une des rares femmes à pouvoir rivaliser avec les hommes au sein de la chapelle Heavy durant les années 80, puis prouver qu’elle pouvait exister par elle-même grâce à ses premières aventures en solitaire, la chanteuse allemande surprend tout le monde en gravant en 1995 ce cinquième opus aux traits volontairement modernes, lourds et indus. Cet alliage curieux aurait pu aboutir à une réussite, pourquoi pas ? Ce n'est pas tout à fait le cas.
Est-ce à dire que Machine II Machine est honteux ? Que nenni ! Inégal, trop long et maladroit, en revanche, oui. Prolongeant, après Angels Never Die, sa collaboration avec le producteur Jack Ponti, Doro fait aussi appel à Kevin Shirley (Dream Theater, Iron Maiden), tandis que le bassiste Greg Smith, qui participe la même année au Stranger In Us All d’un Rainbow reformé, la seconde pour l’écriture sur la majorité des titres. Si certaines chansons dégagent une puissance incontestable, citons par exemple les premières salves ("Tear It Up", l’hypnotique "Ceremony", probablement l’une des meilleures du lot, "Are They Coming For Me", dont les accents arabisant et la mélodie rappelleront le "Kashmir" de Led Zeppelin), cependant que "Don’t Mistake For Love" honore le pur Hard-Rock auquel la belle nous a habitué, d’autres, par contre, sont moins heureuses, tels que les lourdingues "Machine To Machine", "Love Is The Thrill" ou le remix technoïde de "Ceremony" par ses compatriotes de Die Krupps, avec lesquels elle enregistre le complément de cet album, Machine II Machine : Electric Club Mix, EP publié quelques mois plus tard qui, comme son nom l'indique, la voit tâter franchement du bidouillage industriel. Au moins, reconnaissons à Doro une liberté mêlée d’une vraie sincérité dans sa démarche au moment où certaines de ses concurrentes rentrent leurs griffes soit en suivant les modes (Lita Ford avec Black), soit en se noyant dans la soupe (Lee Aaron, Robin Beck). Peut-être est-ce pour cette raison que, malgré la réussite pour le moins mitigée de cette cuvée, la chanteuse conserve un charme et un talent intactes, à l’aise aussi bien dans le registre agressif ("Like Whiskey Straight") que dans celui de la ballade ("In Freiheit Stirbt mein Here"). Disque aujourd’hui oublié, comme le démontre son absence depuis longtemps lors des concerts de la Teutonne, Machine II Machine n’est pas totalement mauvais mais déçoit et ouvre une période moins glorieuse tant d’un point de vue artistique que commercial pour sa génitrice, baisse de régime et d'inspiration que confirmera Love Me In Black trois ans plus tard. 2.5/5 (2010) | Facebook






KröniK | Doro - Angels Never Die (1993)


Nonobstant de réelles qualités de composition, True At Heart a néanmoins pu décevoir de part son aspect trop lisse faisant trop la part belle aux ballades et aux chansons calmes. Publié deux ans plus tard, Angels Never Die restaure l’habile mélange entre puissance et émotion qui avait si bien fonctionné avec la seconde échappée en solitaire de la chanteuse. De plus, le visuel illustré représentant la jeune femme, ainsi que la présence en fin de parcours d’un titre écrit en allemand (ce qui deviendra plus tard un moment obligé sur les derniers albums) tendent également un lien avec le récent passé, celui de Force Majeure.
Ce quatrième opus modèle donc son menu sur les deux premiers succès de Doro, le groupe. Groupe ? Il est difficile à l’époque de le considérer comme tel, la belle faisant appel à chaque fois à de nouveaux partenaires, qu’il s’agisse des producteurs ou des musiciens. Angels Never Die ne déroge pas à la règle. Après Gene Simmons et Barry Beckett, Doro s’associe au duo formé par Jack Ponti (avec le lequel elle collaborera également sur Machine II Machine en 1995) et Vic Pepe, tandis qu’elle recrute de nouveaux mercenaires pour l’accompagner, dont le bassiste Nick Douglas, le seul à être encore à ses côtés aujourd’hui ! Ces changements de personnels pourraient nuire à la qualité du projet. Au contraire, Doro semble bien puiser à chaque fois dans ce sang frais, l’inspiration nécessaire. Avec sa collection de brûlots imparables et séduisants, Angels Never Die le démontre. Il s’agit ni plus, ni moins de l’une des plus grandes réussites, artistiques surtout, de Doro. C’est le retour des hymnes comme on les aime : « Eye On You », où sa voix reconnaissable entre mille fait d’entrée des merveilles, « Bad Blood » et ses riffs lourds, « Cryin’ » ou « All I Want ». Les ballades, quant à elles, balisent toujours le menu sans être par ailleurs trop envahissantes. Du reste, la plupart sont très belles, du sombre « Born To Bleed » au poignant « Enough For You », de « So Alone Together » à « Don’t Go » sans oublier bien entendu « Alles Ist Gut », qui voit donc la blonde recourir à sa langue natale, choix sinon courageux au moins étonnant à une époque où il était encore impensable, surtout pour un groupe populaire, de chanter autrement qu’en anglais. Titre très bon au demeurant bien qu’un peu à part et gorgé de feeling, « Last Day Of My Life » déroule un canevas plus lent, après une entame légèrement bluesy. Angels Never Die est donc un beau succès pour Doro, confirmé par la publication d'un premier enregistrement live quelques mois plus tard. C’est pourtant aussi peut-être son dernier grand disque avant longtemps. Machine II Machine, en effet, en larguant les amarres vers une musique plus synthétique et expérimentale ouvrira une période moins heureuse sur un plan commercial pour la jeune femme… 3/5 (2010) | Facebock






KröniK | Doro - True As Heart (1991)


Force Majeure et plus encore Doro, ont démontré que l’Allemande pouvait exister par elle-même, en tant qu’artiste à part entière et pas seulement comme la chanteuse de Warlock, groupe sympathique bien que néanmoins sans génie particulier. Suite au succès de son deuxième album en solo qui l’a vue collaborer, excusez du peu, avec Gene Simmons, Doro aurait pu prolonger cette heureuse association pour True At Heart. Mais, éprise de liberté et préférant donc tenter de nouvelles rencontres, elle fait appel cette fois-ci à Barry Beckett pour tenir le rôle de producteur exécutif et l’aider à mettre sa voix au service d’une musique selon son cœur.
Vu le pedigree plus maintream que métal du bonhomme (Joe Cocker, Joan Baez, Bob Dylan...), ce choix a certainement déterminé en grande partie la couleur de cette troisième galette qui, tout en confirmant le virage plus lisse emprunté par son aîné, entraîne la blonde vers des rivages plus délicats. Plus mous, diront les mauvaises langues. La multiplication, non pas des pains mais des ballades (plus de la moitié de la tracklist tout de même !) témoigne de l’aspect plus intime de True At Heart. On pourrait le regretter, estimant qu’un registre plus nerveux sied davantage à la belle. Ce n’est pas faux. Mais outre le fait qu’elle a prouvé par le passé que les ambiances plus posées peuvent également lui réussir, que l’on songe au superbe "Without You" (sur Burning The Witches ou le sobre "Beyond The Trees" (Force Majeure), ces chansons qui parsèment le menu de ce disque se révèlent plutôt convaincantes. Ainsi, des perles épurées telles que "The Fortuneteller", "Even Angels Cry", "Fall For Me Again", le bouleversant "With The Wave Of Your Hand", ou "Gettin Nowhere Without You", strié de notes de saxophone, illustrent une autre facette plus soft, moins hard, de Doro, dont on aurait aimé, il est vrai, qu’elle privilégie ses penchants pour un métal plus musclé. Ce qu’elle fait cependant avec une belle – mais limitée - collection de cartouches destinées à ses fans : "Cool Love", le magnifique "You Gonna Break My Heart" (l’Everest de l’album), "Hear Me", ainsi que dans une moindre mesure "Heartshapped Tattoo", au tempo assez lent. Livre ouvert sur son cœur, True At Heart est un bon disque dans la longue carrière de la metal queen dont le seul défaut réside en réalité dans la trop grande place faite aux ballades, aussi touchantes soient-elles, ainsi qu'aux mid-tempo, au détriment des titres plus heavy. Ceux-ci du reste ne se hissent pas tout à fait au niveau des hymnes passés, hormis "You Gonna Break My Heart". Angels Never Die, son successeur, corrigera en partie ce déséquilibre... 3/5 (2010) | Facebock







KröniK | Doro - S/T (1990)


Si sur le papier, Force Majeure marque le point de départ de la carrière solo de la chanteuse, c’est bien ce disque éponyme - son second - qui incarne ses premiers pas hors de Warlock, son aîné n’ayant pu bénéficier d’une sortie sous la bannière du groupe que pour des raisons essentiellement juridiques. Désireuse ne plus être liée à une seule formation dont elle estime qu‘elle bride sa liberté, Doro décide donc désormais de voler de ses propres ailes, ce que confirme bien le nom de cet opus aux airs de nouveau départ.
En outre, le succès aidant, elle fait le choix d’affirmer une "américanisation" de sa musique que Triumph and Agony et Force Majeure avaient déjà entamé. Fini les visuels typés heroic fantasy, la jolie teutonne s’affiche sur la pochette de Doro à la manière d’une chanteuse pop. Autre signe qui ne trompe pas : la présence de Gene Simmons (Kiss, mais est-il besoin de le préciser ?) en tant que producteur exécutif. L’avisé musicien et amateur de belles femmes collabore à l’écriture de plusieurs morceaux alors qu’une reprise de son légendaire groupe se glisse dans le menu. C’est l’excellent « Only You » (extrait de Music From The Elder). Avec un tel soutien de poids et une équipe de mercenaires pour l’accompagner (dont Paul Morris qui jouera plus tard dans Rainbow ou le batteur Chris Frazier), comment cet album aurait pu être mauvais ? De fait, également produit par Tommy Thayer (alors guitariste de Black ’N’ Blue et futur membre de Kiss d’ailleurs !) et Pat Regan, une des rares personnes à s’entendre avec Ritchie Blackmore, il s’impose comme une des pierres angulaires de la carrière de sa chanteuse. Avec bonheur et talent, elle coule, son identité dans une plastique plus FM, moins heavy peut-être, malgré le lourd « Something Wicked This Way Comes ». Des brûlots tels que « Broken », « Mirage » ou « Unholy Love » illustrent cette orientation. Ceci étant dit, Doro reste fidèle à la cause métallique dont elle est l‘incontestable déesse. Elle ne perd pas son temps à chanter des guimauves - les ballades y sont rares et belles ( « I’ll Be Holding On ») - et prouve que l’homme a la langue démesurée n’a pas limé ses griffes. Ses performances superbes sur « I Had Too Much To Dream », « Rock On » et plus encore sur le fabuleux « Alive », certainement un de ses meilleurs titres, sont autant de preuve d’une puissance vocale et d’un charisme intacts. Meilleur que son prédécesseur, l'album connait un grand succès, ce qui conforte l'Allemande dans sa décision de mener sa barque à sa guise. Dommage que True At Heart, gravé l’année suivante avec une bande de musiciens totalement renouvelée, n’ait pas totalement transformé l’essai. 4/5 (2010) | Facebock






KröniK | Doro - Force Majeure (1989)


Premier album publié en solo, Force Majeure tient un rôle particulier dans la discographie de Doro en cela qu’il fait office de transition avec son précédent groupe. En 1987, alors qu’il publie son quatrième opus, Triumph And Agony avec le succès que l’on sait, Warlock n’est déjà plus ce qu’il était à ses débuts. De la formation d’origine, la jeune femme, qui s'est très vite imposée au détriment de ses compagnons, est la seule à être encore présente et la musique, au départ très heavy, a peu à peu dérivé vers des rivages plus mélodiques et FM.
Le groupe aurait pu survivre à cette évolution, mais privé du droit de conserver le nom Warlock à cause de leur ex-manager, Doro grave donc en 1989 ce qui aurait pu être le successeur de Triumph And Agony, ce qui explique pourquoi Force Majeure est sorti, à l'instar également de la compilation Rare Diamonds, sous la double bannière Doro + Warlock La présence du batteur Bobby Rondinelli (ex Rainbow), du bassiste Tommy Henriksen et du songwriter Joey Balin, ainsi que le visuel proche graphiquement de l'ultime opus cité plus haut, témoignent qui plus est de cette parenté évidente. Ce rappel historique exposé, penchons-nous donc sur cette rondelle qu’il est permis de considérer comme une des pierres angulaires de la carrière de la sympathique et charismatique teutonne, qui reste tout de même une des rares femmes à jouir d’une telle aura dans le monde du métal. Il comprend en effet de très bons titres qui poursuivent la direction entamée par le testament de son ancienne formation vers une « américanisation » du son (et du look !), ce que l’album suivant, Doro, fera bien plus que confirmer. Etonnamment, le menu débute par une reprise du standard de Procol Harum, "A Whiter Shade Of Pale", que la belle revisite avec une réussite certaine, reprise qui deviendra par la suite un des classiques de son répertoire. Suivent ensuite douze chansons originales, parmi lesquelles il faut citer le lourd "Save My Soul", le plus rapide "World Gone Wild", "Cry Wolf" et "Hellraiser", sans oublier "Hard Times". Doro se fend aussi de plusieurs ballades qui fond mouche, ce qui ne sera pas toujours le cas par la suite : "Mission Of Mercy", assez musclée tout de même, "River Of Tears", enrobée de lignes acoustiques, et surtout le très beau et sobre, bien que court, "Beyond The Trees", où la blonde, accompagné d’un piano, transpire l’émotion. On comprend pourquoi Force Majeure, rapidement disque d'or en Allemagne, demeure plus de vingt ans après sa sortie, un des albums préférés des fans. 3.5/5 (2010)






KröniK | Dio - Lock Up The Wolves (1990)


Si les débuts de Dio en solo furent remarquables, prouvant ainsi à ceux qui en doutaient qu’il pouvait exister avec succès sans avoir besoin d’un Ritchie Blackmore ou d’un Tony Iommi, la seconde moitié des années 80 témoigne déjà d’une baisse de régime, notamment incarnée par l’inégal Dream Evil en 1987. C’est dans ce contexte qu’est enfanté Lock Up The Wolves, conçu pour remettre le groupe sur de bons rails. Pour cela, le lutin entreprend le grand ménage de printemps et recrute une toute nouvelle équipe autour de sa personne.
Davantage que l’ancien batteur d’AC/DC, Simon Wright et le claviériste et ex Yngwie Malmsteen (et futur Stratovarius !) Jens Johansson, c’est surtout l’embauche d’un jeune inconnu pour tenir le poste Ô combien déterminant de guitariste, Rowan Robertson que Dio présente comme le nouveau Vivian Campbell, qui retient l’attention. Or contre tout-attente, puisque annoncé comme un retour aux sources, ce cinquième album n’est pourtant pas à la hauteur des espoirs placés en lui. Loin, très loin de la flamboyance de Holy Diver et The Last In Line, il peut se résumer en une collection de morceaux au mieux assez lourds, au pire, paresseux et sans folie. "Wild One" démarre pourtant le programme sur les chapeaux de roue comme le veut la tradition, laissant ainsi espérer un réveil de la réussite d'antan. Suit le sabbathien "Born On The Sun", perle méconnue du répertoire du groupe, où la frappe lourde de Wright imprime un tempo ultra pesant. Malheureusement, la suite n’est pas du même tonneau, alternant chansons poussives ("Hey Angel", pas désagréable toutefois, "Night Music") et pièces lentes et heavy, néanmoins un peu plus convaincantes telles que le lancinant "Between Two Worlds", le titre éponyme long de plus de huit minutes ou l'émotionnel "My Eyes". Déséquilibré, Lock Up The Wolves aligne donc quelques bonnes compositions, malgré tout tombées dans les oubliettes de la mémoire, et qui voisinent regrettablement avec d’autres bien trop banales ("Walk On Water", "Twisted") eu égard au talent de sa charismatique figure de proue. Ceci dit, l’interprétation ne saurait susciter la moindre réserve si ce n’est peut-être la discrétion, pour ne pas dire l’absence, de Johansson, étonnamment sage. Dio vocalise merveilleusement comme il l’a toujours fait et le fera toujours, tandis que la jeune recrue s’en sort avec les honneurs sans pour autant faire oublier Vivian Campbell. Echec artistique autant que commercial, Lock Up The Wolves, alors qu’il aurait dû freiner l’érosion de la popularité de son leader, ne fera en fait que la renforcer encore davantage. Son projet coincé dans une impasse, on comprend alors aisément pourquoi Ronnie acceptera peu après l’invitation faite par ses anciens employeurs pour retourner temporairement sein d’un Black Sabbath lui aussi en pleine déroute, cette réunion devant pour chacune des parties en présence permettre de renouer avec un succès après lequel elles courent alors depuis quelques années… 2.5/5 (24/05/2010)






KröniK | Black Sabbath - Seventh Star (1986)


Plus encore que le mésestimé Born Again braillé par un Ian Gillan dont on se demande encore ce qu’il faisait par là, Seventh Star est bien l’album qui a inauguré le déclin (sur un plan commercial uniquement) du groupe de la Perfide Albion.
D’ailleurs, avec Tony Iommi comme seul membre originel toujours à la barre, peut-on alors encore parler de groupe ? Pour appréhender cet opus parmi les plus décriés de sa carrière, il faut en réalité bien avoir en tête sa genèse. A l’origine, Seventh Star qui le voit s’acoquiner avec un Glenn Hughes qui, à cette époque, est gangrené par la dope, n’est en réalité qu’une escapade en solo pour le guitariste. Sa nature explique donc la teneur beaucoup plus mélodique (“ In For The Kill ”), ainsi que la présence à priori incongrue – encore que les collaborations suivantes entre les deux musiciens démontreront le contraire - de l’ancien bassiste de Deep Purple (après tout, après Gillan, pourquoi pas ?) derrière le micro, d’un album qui ne doit d’être sorti sous la bannière Black Sabbath qu’à cause de la pression de la maison de disque qui estima que le nom du groupe s’avérait forcément plus porteur pour le tiroir-caisse que celui du gaucher. Quand bien même il annonce par moment le style qui sera de mise lors de l’ère Tony Martin (Headless Cross…), à l’image du lent titre éponyme notamment, Seventh Star est donc à prendre pour ce qu’il est – un album solo – et non pas comme ce qu’en a fait le label (le douzième opus du sab’). Une fois ce cadre posé, on peut juger avec justesse ce disque méconnu dont ses géniteurs n’ont pas à avoir honte. Bien au contraire. En dehors de deux courtes étreintes anecdotiques (“ Sphinx ”, “ In Memory ”), le moustachu démontre qu’il n’a pas encore besoin de prendre du viagra pour dresser une érection créatrice. Du très beau “ No Stranger To Love ” au puissant “ Danger Zone ”, de l’énervé “ Turn To Stone ” à l’envoûtant “ Seventh Star ”, pièce maîtresse du lot, ces coulées voient le guitariste se déchirer sur son manche (“ Heart Like A Wheel ” et son orgie de six cordes) et ce faisant, il livre quelques unes de ses plus belles éjaculations, autant de sources d’orgasmes sans fin. Bien que totalement shooté du matin jusqu’au soir, Hughes n’a pourtant rien perdu de sa superbe en terme de puissance vocale (“ Angry Heart ”). Un très bon album qui mérite d’être (re)découvert afin qu’il soit (enfin) jugé à sa juste valeur et qui prouve que cette période sombre de Black Sabbath, entre le milieu des années 80 et le retour de la loque humaine Ozzy, mérite mieux que le dédain, le mépris ou au mieux, l’indifférence, dont elle est malheureusement la victime. Entouré de chanteurs bien plus talentueux, de la trempe d’un Dio ou d’un Hughes, Tony Iommi prouve qu'il est un grand compositeur et n’a nullement besoin de Osbourne pour exister contrairement à ce que beaucoup estiment. A tort. 3.5/5 (2008) | Facebook