"The Dead Light", le nouvel album de fen (atmospheric black metal), sortira le 6 décembre 2019 chez Prophecy Productions.
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KröniK | Fen & Sleepwalker - Call Of Ashes II / Stone And Sea (2016)
Hasard du calendrier, c'est à quelques semaines d'intervalle seulement que nous découvrons "Winter", le cinquième très attendu opus de Fen et – enfin - "Call Of Ashes II / Stone And Sea", split partagé avec les Russes de Sleepwalker, annoncé depuis des mois et dont nous désespérions de ne pouvoir un jour en goûter la saveur. Edité par Kzenza Records et prévu à l'origine en mars en dernier, sa sortie a finalement été repoussée à l'automne 2016, pour n'atteindre en définitive nos oreilles qu'en ce début d'année, soit avec quasiment un an de retard et (trop) longtemps donc après qu'il ait été gravé. Mais cette arlésienne est désormais là, prête à être dépucelée.
C'est avec une excitation non feinte que nous entamons la défloration d'une offrande dont l'origine nous échappe, les deux protagonistes n'évoluant pas dans le même registre, Post (rock) black metal pour les Britanniques, Drone (Dark) Ambient pour les Russes dont la renommée pour le moins limitée rend cette association plus étrange encore. Le fait que ce soit leur contribution, entièrement instrumentale, qui lance ce menu long d'une trentaine de minutes, n'en facilite d'ailleurs pas la pénétration. Certes hermétiques et opaques, les trois pistes tricotées par Sleepwalker n'égrènent pas moins une sourde mélancolie, plaintes puissamment émotionnelles dont le tapis électronique est rongé par des guitares grouillantes ('Call Of Ashes II') ou belles comme un chat qui dort, témoin ce 'Oblivion' déchirant. Pulsatif, 'Somnanbulistic Trance' erre, quant à lui, quelque part aux confins d'un post rock minimaliste, passerelle dressée vers la partition sombrement atmosphérique des Anglais. En un quart d'heure qui donne envie d'en écouter davantage, le groupe parvient ainsi à laisser d'épais sédiments dans la mémoire que balaient cependant les compositions enregistrées par Fen, sous la houlette du maître Greg Chandler. Quand bien même ces dernières ne sauraient être considérées comme ce que leurs auteurs ont enfanté de plus inspiré, contrairement à celles qui leur succéderont, rassemblées au sein d'un « Winter » qui fera date (mais c'est une autre histoire), elles affichent les traits si personnels de cet art noir riche de nuances, à la fois aérien et terreux, ancré cette fois-ci dans la roche de ces falaises battues par les vents et la pluie, puisant son inspiration dans les esprits d'un monde maritime déchaîné. Si 'Stone & Sea ' est un instrumental trop court pour que le groupe puisse dérouler ses rouleaux tentaculaires, 'The Last Gravestone' et plus encore 'Tides Of Glass', à la trame meurtrie, vibrent de cette énergie rageuse, de cette noirceur abrupte, gonflée par cette démesure tempétueuse. Sans être indispensable, ce split permet de découvrir un groupe aussi méconnu que prometteur (Sleepwalker) et d'épancher notre soif de Fen... 3/5 (2017) | Facebook
C'est avec une excitation non feinte que nous entamons la défloration d'une offrande dont l'origine nous échappe, les deux protagonistes n'évoluant pas dans le même registre, Post (rock) black metal pour les Britanniques, Drone (Dark) Ambient pour les Russes dont la renommée pour le moins limitée rend cette association plus étrange encore. Le fait que ce soit leur contribution, entièrement instrumentale, qui lance ce menu long d'une trentaine de minutes, n'en facilite d'ailleurs pas la pénétration. Certes hermétiques et opaques, les trois pistes tricotées par Sleepwalker n'égrènent pas moins une sourde mélancolie, plaintes puissamment émotionnelles dont le tapis électronique est rongé par des guitares grouillantes ('Call Of Ashes II') ou belles comme un chat qui dort, témoin ce 'Oblivion' déchirant. Pulsatif, 'Somnanbulistic Trance' erre, quant à lui, quelque part aux confins d'un post rock minimaliste, passerelle dressée vers la partition sombrement atmosphérique des Anglais. En un quart d'heure qui donne envie d'en écouter davantage, le groupe parvient ainsi à laisser d'épais sédiments dans la mémoire que balaient cependant les compositions enregistrées par Fen, sous la houlette du maître Greg Chandler. Quand bien même ces dernières ne sauraient être considérées comme ce que leurs auteurs ont enfanté de plus inspiré, contrairement à celles qui leur succéderont, rassemblées au sein d'un « Winter » qui fera date (mais c'est une autre histoire), elles affichent les traits si personnels de cet art noir riche de nuances, à la fois aérien et terreux, ancré cette fois-ci dans la roche de ces falaises battues par les vents et la pluie, puisant son inspiration dans les esprits d'un monde maritime déchaîné. Si 'Stone & Sea ' est un instrumental trop court pour que le groupe puisse dérouler ses rouleaux tentaculaires, 'The Last Gravestone' et plus encore 'Tides Of Glass', à la trame meurtrie, vibrent de cette énergie rageuse, de cette noirceur abrupte, gonflée par cette démesure tempétueuse. Sans être indispensable, ce split permet de découvrir un groupe aussi méconnu que prometteur (Sleepwalker) et d'épancher notre soif de Fen... 3/5 (2017) | Facebook
KröniK | Fen - Winter (2017)
En l'espace d'une dizaine d'années, Fen a su occuper une place à part au sein de la chapelle noire de la Perfide Albion, forgeant un art unique où la puissance abrasive d'un black metal évolutif se conjugue aux émotions charriées par un post rock forestier. Chaque nouvelle offrande des Anglais efface le souvenir laissé par son prédécesseur pour s'imposer comme la pierre angulaire d'une discographie fascinante.
Si depuis ses débuts en 2006, il nous avait habitué à un rythme régulier, n'espaçant ses créations que d'un an ou deux, le groupe semblait être l'arrêt depuis 2014 et un "Carrion Skies" aux allures d'aboutissement. Et ce n'est pas l'arlésienne "Call Of Ashes II / Stone And Sea" split partagé avec les Russes de Sleepwalker", finalement publié avec des mois de retard, qui nous rassurait. Mais ce (trop) long tunnel aura donc enfin été brisé. Et doublement. Tout d'abord par l'alliance sus-citée, découverte il y a peu et surtout par ce "Winter" qui, encore une fois, nous fera oublier ses devanciers pourtant ô combien mémorables. Si son titre quelconque pouvait laisser craindre un simple album de plus sinon une créativité en berne, ces doutes somme toute bien relatifs se trouvent vite balayés par un contenu d'une démentielle richesse. Prometteuse, son architecture, basée sur six pistes dont une seule - et de peu - descend sous la barre des dix minutes cependant que la première d'entre elles franchit celle des dix-sept minutes, durée que les Britanniques n'avaient encore jamais atteint même si les compos aux formes démesurées définissent depuis toujours leur identité sonore, augurait d'emblée d'une réussite majeure. Dont acte. Fidèles à leur habitude, les musiciens lancent l'écoute avec ce qui se révèle être sans doute la plus belle création de ce cinquième opus. Après une lente et pulsative entame qu'un chant clair irrigue, 'Pathway' bascule brutalement dans des froides ténèbres. La voix de The Watcher se fait hargneuse, mordant la chair jusqu'au sang mais très vite la guitare perce ce rempart vertigineux, laissant filtrer à travers la pierre des rais d'émotions. Aucune longueur ni temps mort ne viennent grever cette composition-fleuve où alternent les contrastes, tour à tour torrentielle ou aérée, agressive ou apaisée, galopant le long d'un chemin obscur et sinueux que bordent des passerelles atmosphériques, jusqu'à un final squelettique qui s'enchaîne à un 'Penance' orageux mais lui aussi travaillé par de multiples forces. Guidé par une basse mangeuse d'espace, sa conclusion s'envole très haut, emportée par de furieux rouleaux. Tricotant tout d'abord de douces notes post rock, 'Fear' avale ensuite tout sur son passage, suivant le sillon terreux creusé par cette guitare à la fois ferrugineuse et pointilliste. Quoique fait du même bois, 'Interment' ne cesse d'être écartelé entre noirceur et lumière, accueillant quelques lignes de chant clair. Avec le bien nommé 'Death', l'hiver s'installe durablement, pièce qui meurt cependant peu à peu de façon délicate après avoir été le théâtre d'une violence noire, annonçant l'épilogue ('Sight') qui suit un tracé inverse, de la pale lumière au crépuscule glacial. Mais plus que l'agrégat de morceaux mis bout à bout, que l'on picore par miette, "Winter" se doit être abordé comme un seul bloc indivisible dont chaque acte s'emboîte pour former une symphonie aussi belle que désespérée, aussi minérale que planante. Sans se départir de sa signature gravée dans la roche, Fen accouche à nouveau d'une oeuvre monumentale autant dans sa forme que dans sa richesse, opus foisonnant aux couleurs hivernales. 4/5 (2017) | Facebook
Si depuis ses débuts en 2006, il nous avait habitué à un rythme régulier, n'espaçant ses créations que d'un an ou deux, le groupe semblait être l'arrêt depuis 2014 et un "Carrion Skies" aux allures d'aboutissement. Et ce n'est pas l'arlésienne "Call Of Ashes II / Stone And Sea" split partagé avec les Russes de Sleepwalker", finalement publié avec des mois de retard, qui nous rassurait. Mais ce (trop) long tunnel aura donc enfin été brisé. Et doublement. Tout d'abord par l'alliance sus-citée, découverte il y a peu et surtout par ce "Winter" qui, encore une fois, nous fera oublier ses devanciers pourtant ô combien mémorables. Si son titre quelconque pouvait laisser craindre un simple album de plus sinon une créativité en berne, ces doutes somme toute bien relatifs se trouvent vite balayés par un contenu d'une démentielle richesse. Prometteuse, son architecture, basée sur six pistes dont une seule - et de peu - descend sous la barre des dix minutes cependant que la première d'entre elles franchit celle des dix-sept minutes, durée que les Britanniques n'avaient encore jamais atteint même si les compos aux formes démesurées définissent depuis toujours leur identité sonore, augurait d'emblée d'une réussite majeure. Dont acte. Fidèles à leur habitude, les musiciens lancent l'écoute avec ce qui se révèle être sans doute la plus belle création de ce cinquième opus. Après une lente et pulsative entame qu'un chant clair irrigue, 'Pathway' bascule brutalement dans des froides ténèbres. La voix de The Watcher se fait hargneuse, mordant la chair jusqu'au sang mais très vite la guitare perce ce rempart vertigineux, laissant filtrer à travers la pierre des rais d'émotions. Aucune longueur ni temps mort ne viennent grever cette composition-fleuve où alternent les contrastes, tour à tour torrentielle ou aérée, agressive ou apaisée, galopant le long d'un chemin obscur et sinueux que bordent des passerelles atmosphériques, jusqu'à un final squelettique qui s'enchaîne à un 'Penance' orageux mais lui aussi travaillé par de multiples forces. Guidé par une basse mangeuse d'espace, sa conclusion s'envole très haut, emportée par de furieux rouleaux. Tricotant tout d'abord de douces notes post rock, 'Fear' avale ensuite tout sur son passage, suivant le sillon terreux creusé par cette guitare à la fois ferrugineuse et pointilliste. Quoique fait du même bois, 'Interment' ne cesse d'être écartelé entre noirceur et lumière, accueillant quelques lignes de chant clair. Avec le bien nommé 'Death', l'hiver s'installe durablement, pièce qui meurt cependant peu à peu de façon délicate après avoir été le théâtre d'une violence noire, annonçant l'épilogue ('Sight') qui suit un tracé inverse, de la pale lumière au crépuscule glacial. Mais plus que l'agrégat de morceaux mis bout à bout, que l'on picore par miette, "Winter" se doit être abordé comme un seul bloc indivisible dont chaque acte s'emboîte pour former une symphonie aussi belle que désespérée, aussi minérale que planante. Sans se départir de sa signature gravée dans la roche, Fen accouche à nouveau d'une oeuvre monumentale autant dans sa forme que dans sa richesse, opus foisonnant aux couleurs hivernales. 4/5 (2017) | Facebook
Fen | Epoch (2011)
Le raccourci est facile mais Fen est un peu à l’Angleterre ce que Agalloch est aux Etats-Unis, soit l’artisan d’un Black Metal évolutif, nourri d’influences atmosphériques et peintre d’une nature, quasi mystique chez les Américains, beaucoup plus terreuse et âpre chez les enfants d’Albion. Le groupe développe à sa manière très personnelle un art noir dont il serait tentant de dire qu’il est aéré de touches moins extrêmes, aux confins du Post-Rock notamment, mais qui pourtant charrie toujours une brume opaque, lourde qui l’empêche de décoller. De fait, la musique de Fen reste collée à la terre, à la tourbe, à la boue, reflet de paysages naturels figés par le brouillard. A l’instar de son prédécesseur, The Malediction Fields, Epoch a quelque chose d’une porte ouverte sur une nature sombre, humide et crépusculaire, que seule le socle anglais battu par la pluie et le vent pouvait enfanter. De prime abord décevante, cette seconde offrande qui se déploie encore une fois par le biais de longues échappées, n’offre pas son intimité dès sa première pénétration. Les écoutes initiales renvoient l’image d’une œuvre aux contours flous, corsetée par un crachin pénétrant et de laquelle on ne retient tout d’abord pas grand chose. Puis peu à peu, sa richesse se fait jour, perçant le fog qui l’entoure. On découvre alors un album qui allie la rage du pur Black-Metal ("Ghosts Of The Flood") à une beauté terreuse. De cet humus jaillissent des compositions fleuves qui sillonnent des chemins sinueux assombris par l’orage, même si par moment quelques rayons de soleil parviennent à percer les nuages ("The Gibbet Elms" en constitue une bonne illustration). Tour à tour venimeux ou plus clair et presque shoegaze bien que toujours en léger retrait, le chant est comme une vigie funeste guidant l’auditeur tandis que les claviers tapissent des champs aux ambiances grisâtres ("Ashbringer" par exemple, que déchirent des fissures atmosphériques ou "Of Wilderness And Ruin") et les guitares, autant stratosphériques que prisonnières d’une croûte boueuse, tissent des mélodies grêles empreintes d’une mélancolie hivernale. Fen possède vraiment cette capacité de mettre les mains dans la terre, de promener l’auditeur dans un décor marécageux. S'il creuse un sillon identique à son prédécesseur dont il demeure toutefois un cran en-dessous, Epoch confirme la singularité et l’inspiration de ses auteurs qui viennent également de collaborer avec De Arma pour un split (Toward The Shores Of The End) lui aussi tout à fait recommandable. On tient vraiment avec Winterfylleth, Wodenthrone et Fen, une nouvelle génération de hordes noires britanniques qui, chacune à leur façon, honorent le Black Metal tout en l’inscrivant dans une histoire et une géographie qui leur est propre. (2011)
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