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Gilles Grangier | Archimède le clochard (1959)
























Jean Gabin et Gilles Grangier ont bossé douze fois ensemble, entre 1953 (La vierge du Rhin) et Sous le signe du taureau (1969). Tourné en 1959 et succédant au Désordre et la nuit, Archimède le clochard marque leur sixième collaboration.

Gilles Grangier | Gas-oil (1955)


S'il permet à Jean Gabin de tourner pour la deuxième fois sous la houlette de Gilles Grangier après La vierge du Rhin, Gas-oil scelle surtout la collaboration fructueuse entre le comédien et Michel Audiard qui en assure les dialogues et l'adaptation du roman de Georges Bayle, Du raisin dans le gaz-oil. Le résultat est un solide polar de série B même s'il parait un un peu pantouflard. Ca manque de jus et sans être bâclé, l'ensemble laisse une impression d'inachevé à d'un dénouement vite expédié. Mais le film lie le charme rustique d'une France disparue à celui d'un cinéma qui l'est tout autant, avec ces camions d'un autre âge, ces routiers qui sentent le bon graillon et le pinard et ces toutes trognes qu'on aime tant croiser. 















Jean-Pierre Mocky | L'albatros (1971)


A force de tourner aujourd'hui un peu n'importe quoi, on en viendrait presque à oublier que Mocky a réalisé un paquet de (très) bons films. Dans une veine romantico-anarchiste, L'albatros ne compte pourtant pas parmi les plus cités, il s'avère toutefois un des plus aboutis de son auteur lequel, sans se défaire de sa spontanéité coutumière, qui n'est alors pas encore synonyme de je m'en foutisme, signe une oeuvre désespérée. A la dénonciation contestataire de moeurs politiques dégueulasses se superpose un second récit, étonnamment tragique qui le rapproche du polar américain. Le réalisateur plonge son couple maudit, frappé du sceau de la fatalité, dans une Moselle lugubre et hivernale, qui participe d'un romantisme froid et terreux. Dans un rôle initialement envisagé pour Bourvil, Mocky incarne un héros aussi magnifique que fatigué qui semble tout du long hanté par la mort. En se sacrifiant pour une femme pour laquelle il ne ressent même pas de l'amour, il trouve le salut, cherchant à capter un bonheur envolé.













Jean Larriaga | La part des lions (1971)


Sorti en 1971 et réalisé par Jean Larriaga, La part des lions est un film policier qui n'est pas à la hauteur de son prestigieux casting qui ne sert à rien. Sur le papier, la rencontre entre Robert Hossein et Charles Aznavour, encadrée par Raymond Pellegrin, le toujours impeccable Michel Constantin et quelques gueules du polar français de l'époque (Michel Peyrelon, Marcel Pérès), pouvait faire rêver. Avec un autre scénario et une mise en scène moins terne et impersonnelle, certainement. Avec un Robert Hossein moins paresseux aussi. Pas grand chose à sauver en définitive et même pas les rares apparitions d'une Elsa Martinelli en fin de carrière dont on se demande ce qu'elle vient faire ici... | IMDb








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Robert Enrico | Les grandes gueules (1965)


Les grandes gueules, c'est déjà de vraies gueules de cinéma, celles, bien entendu, de Bourvil et de Lino Ventura mais aussi celles de tous ces seconds couteaux qu'on aime tant, de Michel Constantin à Paul Crauchet, de Jesse Hahn à Marcel Pérès. Il en résulte un film d'hommes qui s'affrontent dans une géographie rude où les femmes ne trouvent pas leur place, que ce soit Marie Dubois ou Hénia Suchar. Sorte de western vosgien en cela qu'il épouse tous les codes du genre (on pense même au Sept mercenaires), cette production franco-italienne porte l'incontestable griffe du tandem Robert Enrico / José Giovanni dont on retrouve le goût pour les histoires d'amitié virile (cf. Les aventuriers, La scoumoune...).
Rencontre de deux géants du cinéma français dans un cadre empreint d'une poésie froide et forestière, Les grandes gueules reste une oeuvre unique, rythmée par la musique de l'incontournable François de Roubaix.