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Baroness | Gold & Prey (2019)



















L'air de rien, cela fait pas loin de quatre ans que Baroness n'est pas venu combler nos orifices auditifs avec un nouvel album.

Cellar Darling | The Spell (2019)



















En 2008, quand "Slania" a été publié, qui aurait pu alors imaginer que celle qui assurait à la fois le chant féminin et les parties de vièle à roue sur cette première offrande d'Eluveitie deviendrait plus tard une véritable artiste, chanteuse et musicienne complète à la personnalité et à l'univers bien affirmés ?  Peu de personnes assurément.

Madder Mortem | Marrow (2018)



















En dépit de la bonne vingtaine d'années qu'il affiche au compteur, Madder Mortem n'a jamais réellement croisé qu'un succès d'estime. Trop singulier, son art ne correspond à aucun canon.

Kraków | Minus (2018)



















La présence dans ses rangs de musiciens chevronnés issus du creuset extrême norvégien dont Frode Kilvik (Aeternus, Taake) ou le batteur d'Orkan, Rune Nesse, qui l'a rejoint depuis peu après avoir remplacé l'actuel cogneur de Kampfar (Ask), ne doit pas vous abuser : Krakow ne noue aucun lien, si ce n'est humain donc, avec le black metal.

KröniK | Winds - Reflections Of The I (2002)


Sans la présence du mercenaire de la batterie, Hellhammer (Mayhem) derrière les fûts, il est probable que ce premier disque de Winds, faisant suite à un EP remarqué, n’aurait sans doute pas bénéficié de la même exposition. C’eut été dommage car Winds mérite un intérêt certain, quand bien même Reflections Of The I ne se révèle pas incontournable. Ce groupe norvégien propose un metal qui n’a rien d’extrême malgré le pedigree de son cogneur, à la fois atmosphérique et orchestral. Mais loin du pompiérisme et de la puissance wagnérienne de Therion, Winds recourt à un ensemble à cordes afin de souligner délicatement des ambiances plus que pour assouvir une quelconque mégalomanie.


Il s’agit donc d’une musique pleine de finesse et riche en émotion (la voix de Lars Eric Si y est pour beaucoup), virtuose sans être démonstrative. Certains titres sont d’une beauté et d’une gravité bouleversantes, comme “ Realization ”, “ Passion’s Quest ” ou “ Reason’s Desire ”, mais en définitive, la volonté louable du groupe de ne pas sombrer dans l’excessif fait que l’on reste sur sa faim. De plus, Reflections Of The I est un peu court et n’exploite pas toutes les pistes qu’il défriche. Un album très agréable à écouter et prometteur. (2006)


KröniK | Voices - Frightened (2018)


Froid et cérébral, "Frigthened" est à l'image de ses auteurs, musiciens chevronnés, réunis en un laboratoire sonore sombre et progressif

Voices fait partie de ces formations au style difficile à cerner. Si le fait que les trois-quarts de ses membres soient issus des rangs d'Akercocke nous éclaire quant à la nature sombre et évolutive de son art, cela ne rend pas pour autant facile son identification. Des racines black metal de ces musiciens qui par ailleurs ont tous promené leurs guêtres aussi bien du côté de My Dying Bride (le batteur David Gray) que de Pantheist (le chanteur et guitariste Peter Benjamin), on ne décèle quasiment rien, si ce n'est quelques blasts et de parcimonieuses vocalises abyssales ou écorchées ('Dead Feelings'). Le ton est noir néanmoins, presque déprimant.

On devine à l'écoute de "Frightened", troisième exploration des Britanniques, que gaieté et lumière ont été éconduites d'un menu ancré dans une urbanité froide et aliénante. Parler d'extrême progressif serait donc plus juste pour qualifier une partition virtuose et alambiquée tavelée de touches darkwave - témoin la superbe amorce 'Unknown' - voire presque electro ('Evaporated'). Le Paradise Lost le plus décrié et expérimental rôde parfois à l'horizon même si les structures se révèlent ici bien plus labyrinthiques. D'une fulgurante richesse, le successeur de "London" (2014) semble s'éparpiller, partir dans toutes les directions, à l'image de ce curieux 'IWSYA', au demeurant très réussi, qui commence comme une plainte grave aux arrangements squelettiques avant de voir son rythme s'emballer brusquement et s'achever tout aussi soudainement. Comme sur tout le reste de l'album, le chant est tantôt clair ou hurlé, d'une tessiture gothique parfois mais toujours profond. Emporté par des rouleaux de batterie furieux ou hypnotiques, vrillé par des guitares tordues, "Frightened" ne file jamais droit, rongé qu'il est par une lèpre sournoise, un peu à la façon de Code et de tout un pan de la scène extrême norvégienne, avec en sus cette mélancolie pluvieuse très anglaise dans l'âme. Construit sur un maillage particulièrement dense et ramassé, chaque titre grouille de détails, empilant les strates en une géologie compliquée. Arpèges dépouillés ('Fascinator'), claviers brumeux ('Funeral Day'), riffs déglingués ou basse jazzy ('Home Movies') jalonnent un opus aux allures de dédale sinueux englué dans une noirceur âpre et funèbre où des ambiances douces-amères ('Sequences') côtoient une dureté de traits ('Manipulator'). Une espèce de beauté glaciale suinte tout du long de cette surface grise et austère que lézarde une folie rampante. Froid et cérébral, "Frigthened" se révèle donc à l'image de ses auteurs, difficile à cerner, autant capable de séduire que de déstabiliser, œuvre de musiciens chevronnés, réunis en un laboratoire sonore sombre et progressif. (22/04/2018)


KröniK | Watchtower - Control And Resistance (1989)


Si l’on attend d’un disque culte qu’il soit important dans l’histoire du genre tout en n’ayant pas été un gros succès commercial, alors le deuxième opus de Watchtower, Control And Resistance en est effectivement un. A la fin des années 80 le metal progressif se limitent à une poignée de groupes tels que Fates Warning (Dream Theater n’en est alors qu’à ses débuts) et musicalement s’apparente surtout à une déclinaison en plus technique du Heavy Metal. Ouvrant la voie au techno-Thrash qui explosera un peu plus tard avec Coroner, Cynic ou Atheist, Watchtower livre donc un album  de metal progressif qui dépasse les limites du genre, à la fois novateur et précurseur, de part sa technicité époustouflante.
Avec leur déluge de notes, les monstrueux “ The Fall Of Reason ” et “ Control And Resistance ” écrasent tout sur leur passage. Toutefois ce disque, à la qualité indéniable n’a pas très bien vieilli en raison de la voix pour le moins spéciale d’Alan Tecchio et du son de batterie de Rick Colaluca. En revanche, le leader et guitariste Ron Jarzombeck  abat un boulot formidable.  Un disque référentiel mais peut-être trop froid pour emporter totalement l’adhésion. Bref ce que l’on reproche à la plupart des albums du genre. (2006)

3/5 

KröniK | Hark - Machinations (2017)


Formé en 2010 par Jimbob Isaac, suite au sabordage de Taint, il est pourtant faux d'affirmer que Hark se contente de reprendre les choses là où les a laissées son aîné car le territoire qu'il explore se révèle plus vaste encore, franchissant les frontières du sludge mâtiné de stoner (à moins que cela ne soit l'inverse) pour braconner du côté d'un metal moderne, entre math rock et progressif. "Mythopoeia" et surtout "Crystalline", premier album gravé en 2014, ont tracé ce sillage évolutif dans cette terre râblée, plus américaine qu'anglaise, dont est originaire ce groupe influencé par les arabesques compliquées chères à Mastodon et consorts.
Avant de capturer "Machinations", le trio s'est enrichi d'une seconde guitare, ajout loin d'être anecdotique comme l'écoute de ce deuxième effort le démontre, plus mélodique et tout simplement plus hard rock que son devancier. Les quatre minutes que dure l'amorce 'Fortune Favours The Insane' suffisent ainsi à montrer combien le matériau sculpté au burin par les Britanniques sort grandi de cet apport qui le gonfle en harmonies et  soli lumineux, sans pour autant le dénaturer. Et que dire de ce 'Desintegrate' duquel jaillissent de brûlantes lignes de six-cordes aux allures de geysers fabuleux ? La liste est longue de ces interventions aussi miraculeuses que généreuses, de 'Nine Fates' à 'Transmutation' en passant par un 'Premonitions' au final spectaculaire et un 'Speak In Tongues' que teintent de couleurs psyché de lointains claviers. Reste que Hark demeure plus que jamais le terrain de jeu de Jimbob Isaac dont le chant rugueux et le manche affûté servent à tailler ce canevas extrêmement dense, tendu comme une hampe implacable. L'homme demeure fidèle à cette écriture à la fois trapue et galopante qui débouche sur des compositions aux multiples couches qui se chevauchent en une stratigraphie compliquée et pourtant toujours aérée. En cela, "Machinations" s'avère être un modèle d'équilibre entre puissance et mélodie, motifs alambiqués et envolées stratosphériques. Basé sur un maillage serré, chaque titre finit par exploser en une myriade de breaks et de notes à l'image du terminal 'The Purge' qui du haut de ses presque neuf minutes au compteur traverse de multiples paysages aux confins d'un stoner progressif. Les musiciens y apparaissent à l'unisson d'une virtuosité toujours mise au service des émotions. Ce faisant, le désormais quatuor atteint des sommets de beauté que "Crystalline" n'avait fait qu'effleurer. De fait, "Machinations" n'est pas seulement le meilleur album des Anglais à ce jour, il sera assurément le pivot d'une discographie qui s'annonce encore plus passionnante à suivre qu'on ne le croyait... 3.5/5 (2017) | Facebook






KröniK | Anciients - Voice Of The Void (2016)


Si vous vous demandez à quoi pourrait rassembler le fruit de l'union aussi redoutable qu'improbable entre le stoner doom et le metal progressif sous l'oeil vicieux d'un death metal repu de virtuosité, la musique que façonne Anciients en apporte la réponse, bouillonnante d'une violence affûtée et pourtant sombrement lumineuse, confirmant en cela et si le besoin en était encore que lorsque la technique est mise au service d'une férocité cataclysmique, le résultat ne peut donner naissance qu'à un monstre de puissance et d'émotions entremêlées, dont il est délicieux de se faire laminer les sens et les orifices par ses immenses battoirs.
Trois ans après avoir accouché d'un "Heart Of Oak" d'une énergie terrassante, les Canadiens ont eu raison de prendre leur temps, celui que nécessite cette architecture massive aux ramifications épaisses et noueuses. A l'instar de son mémorable aîné, "Voice Of The Void" épouse la forme d'un pavé de plus de soixante minutes, bloc de matière brute, dressé dans l'infini qu'il déchire de son faîte acéré. A son écoute, l'impression à nouveau de découvrir un Mastodon qui n'aurait pas perdu sa force d'évocation et qui surtout se prendrait pour un High On Fire plus déchaîné encore qu'il n'est, s'impose. Peaufinant son art, le quatuor continue de bâtir un véritable labyrinthe en clair-obscur, riche de nuances et d'ambivalences vertigineuses, brutal et mélodique, crépusculaire et magnétique tout ensemble. Si les voix d'outre-tombe participent de cet apocalypse sonore qui s'abat comme une chape de plomb, les guitares qui tour à tour érigent des remparts cyclopéens ou s'envolent très haut vers les cieux en une éruption de beauté, tressent l'ossature nerveuse de compositions aux dimensions épiques auxquelles le chant clair injecte une sève aérienne. Bien qu'extrêmement massif, ce qui n'est qu'un deuxième album progresse avec une grande fluidité, grâce à un menu dosé avec précision qui se scinde en deux parties bien distinctes. La première, qui s'ouvre avec le furieux 'Following The Voice', dont les préliminaires tendus comme le foc d'un navire annonce une tornade qui emporte tout sur son passage, suivant les reliefs tortueux d'une géographie abrupte et tranchante, se révèle aussi être la plus imparable. Avoisinant à eux deux les vingt minutes au compteur, 'Buried In Sand', pulsation vallonnée que perforent de multiples crevasses, lourdes ou stratosphériques et plus encore le gigantesque 'Worshipper', aux allures de cavalcade tumultueuse au final instrumental foudroyant, sont des joyaux d'orfèvrerie, écrins d'une magnificence conjuguée à une dureté testiculeuse. Plus trapu, 'Pentacle' complète cette série, agression pulsative qui s'abîme peu à peu dans les profondeurs de la Moria. Puis survient 'Descending', pause acoustique belle comme un chat qui dort, manière de reprendre son souffle avant de replonger progressivement dans l'intimité obscure d'une seconde partie aux méandres tentaculaires et d'un abord plus apaisé, avec 'Ibex Eye', élévation volcanique aux lignes vocales majestueuses qui meurt peu à peu, comme avalée par les abysses. Si 'My Home, My Gallows' n'apporte rien de neuf, malgré une conclusion superbe que tissent des guitares furieusement belles, 'Serpents' se veut une fausse ballade que colorent des claviers moelleux puis le terminal 'Incantations' qui lui aussi ne prend pas le chemin attendu, voyant sa douce entame céder la place à une violence orageuse, ne dévoilent leur trésor que par petites touches pointillistes, ce qui n'enlève rien, bien au contraire, à leur valeur. Avec "Voice Of The Void", Anciients fait mieux que transformer l'essai, accouchant d'une œuvre-fleuve qui fera date, aussi foisonnante que virtuose, aussi implacable qu'émotionnelle. 4/5 (2016) | Facebook






KröniK | The Last Embrace - The Winding Path (2015)


A l'écoute de son successeur, on mesure combien "Essentia", opus acoustique revisitant quelques moments forts du répertoire de ses auteurs, loin de marquer la fin d'un chapitre, comme nous étions alors nombreux à le penser, se révèle être en réalité le trait-d'union entre "Aerial" et  "The Winding Path".
Non pas que celui-ci épouse les mêmes traits dépouillés et diaphanes, voyant au contraire le retour de la guitare électrique, mais il est le témoin d'un glissement très net vers le pur rock progressif, arasant les quelques racines métal qui restaient encore, quand bien même cette influence n'a de toute façon jamais été particulièrement appuyée.  Ce nouvel album n'en est pas moins souvent puissant, laissant parfois la parole à des guitares lourdes qui se fondent néanmoins dans un magma plus duveteux bien que toujours très riche, évolution qui trouve sa parfaite illustration dans 'The Field Of Minds', épicentre de l'écoute, dont la trame longue de plus de dix-huit minutes a des allures de fresque épique réclamant nombre d'immersions pour en débusquer tous les trésors. A elle seule, cette composition fleuve, justifie non seulement la découverte de "The Winding Path", mais illustre surtout la maîtrise à laquelle est parvenu The Last Embrace. Chant gorgé d'émotions, claviers progressifs, cordes discrètes, notes de piano mélancoliques, soubresauts électriques émaillent un canevas où la technique et la complexité ne musèlent jamais une beauté délicate. Ce faisant, le groupe témoigne d'une maturité et plus encore d'une identité mieux affirmée, laquelle ne doit plus rien aux Antimatter et autres The Gathering généralement cités pour le décrire. Pour se faire, s'il s'est assuré du concours de personnes talentueuses, qu'il s'agisse de Francis Caste aux manettes qui lui confère un son extrêmement chaleureux et vivant, ou de Dehn Sora (Treha Sektori, Blut Aus Nord) auteur d'un visuel lumineux différent de ses créations habituelles, The Last Embrace s'appuie avant tout sur un line-up où les individualités habiles se conjuguent au singulier. Se dévoilant par petites touches pointillistes, ce quatrième album, qui a pu voir le jour grâce à une campagne de financement participatif, se révèle être une œuvre équilibrée dont les deux sentinelles de plus de dix minutes sont encadrées par quatre pistes plus courtes bien qu'elles soient aussi pourvues d'un format conséquent ('On My Own'). En résulte un ensemble élégant et harmonieux, séduisant et délicat, d'une belle pureté de touches autant que de traits. Si les Français se sortent avec brio de ces courses de fond qui ne laissent pas la place à la médiocrité, ils se montrent peut-être encore plus inspirés lors de respirations plus simples mais non moins brillantes, à l'image de 'The Fear Of Loss' dont les arpèges squelettiques et la voix de Sandy tissent des ambiances d'une profonde tristesse. Superbe est l'enchaînement avec 'Let The Light  Take Us', pulsation instrumentale et percussive aux couleurs orchestrales. Fort de cet album remarquable et maîtrisé de bout en bout, la fois puissant et aérien, complexe et intimiste, on ne peut que souhaiter à The Last Embrace, formation attachante et inspirée, de rencontrer le succès qu'elle mérite depuis toujours et d'accéder à la place qui devrait être la sienne, parmi les premières donc de la scène rock (progressive) hexagonale. 3.5/5 (2015)


KröniK | Without Face - Astronomicon (2002)


L’Europe de l’Est ne sert pas que de terreau au black metal d’obédience aryenne, mais abrite également en son sein nombre de groupes intéressants (les premiers peuvent l’être d’ailleurs tout autant). Without Face nous vient de Hongrie, qui ne fût pas le pays le plus touché par le communisme et le Rideau de fer, et Astronomicon est sa seconde offrande. L’alternance voix féminine angélique / voix masculine d’outre-tombe le rattache de prime abord à la scène gothic metal, mais cette étiquette ne lui sied pas du tout, comme l’illustre d’entrée le superbe « Weird Tales », dont la complexité renvoit davantage au metal progressif, et à sa figure de proue, Dream Theater. En effet comment ne pas penser à Images And Words à l’écoute des six titres (« …In The Garden » surtout) composant ce Astronomincon de haute volée ? De fait, avec ses structures alambiquées et des morceaux qui descendent rarement sous la barre des cinq minutes mais qui savent toujours rester digestes, Without Face arpente le chemin peu couru du prou à chanteuse, genre O combien passionnant quand il s’avère maîtrisé, comme c’est la cas ici. Même si elle ne peut prétendre rivaliser avec le son forgé dans les temples occidentaux, façon Finnvox, la production reste très correcte, claire et puissante à la fois et rend  justice aux musiciens qui abattent un boulot très honorable.  Toutefois, il est inutile de se voiler la face : sans la présence derrière le micro de la charmante Julie, le groupe et ce, malgré des compositions de grande qualité (« Pit And Pendulum », « The Violin Of Erick Zann », « Talamasca »), n’aurait probablement jamais bénéficié d’autant d’intérêt. Or, la belle a depuis plié bagage, suite à une tournée calamiteuse, pour former To–Mera dont on attend les premiers signes de vie avec une impatience non feinte. Privée de sa chanteuse qui lui conférait charme et personnalité, la formation hongroise a-t-elle encore un avenir ? 4/5 (2006)


                                   

KröniK | Rush - Caress Of Steel (1975)


Gravé entre juin et juillet 1975, soit seulement quatre mois à peine après la sortie de "Fly By Night", "Caress Of Steel" est le troisième album du trio canadien dont le but avoué est alors d'accéder à l'étage supérieur en terme de succès. Ironie du sort, cet opus se soldera pourtant par un (relatif) échec commercial, alors qu'il n'en reste pas moins une œuvre importante dans la carrière de Rush puisqu'il fait plus qu'affirmer l'évolution progressive timidement entamée par son prédécesseur Jusque là prisonnier d'un schéma resserré dont il n'osait que (trop) rarement s'éloigner, le groupe prend cette fois-ci le risque de s'aventurer hors des sentiers battus pour se lancer dans des périples épiques, préparant ainsi le terrain aux "2112" et autre "Hemispheres", pierres angulaires à venir de ses vertes années. Corollaire de cette maturité artistique, son identité commence à s'affiner, quand bien même le chant de Geddy Lee ne s'éloigne pas (encore) des canons haut-perchés et appuyés alors en vigueur, donnant toujours l'impression de singer quelque peu Robert Plant, personnalité qui doit autant à ce goût pour les longues pièces que pour les textes d'une grande richesse du batteur Neil Peart, désormais parfaitement intégré. "Caress Of Steel" se divise en deux parties. La première rassemble trois compositions au format standard mais n'est pas pour autant à négliger, moins pour 'Lakeside Park', bon titre au demeurant, sur lequel plane toujours trop l'ombre du zeppelin, que pour 'Bastille Day', amorce nerveuse qu'illumine le jeu du guitariste Alex Lifeson, et 'I Think I'm Going Bald', plein d'une rythmique toute en rondeur. La seconde partie réunit les deux morceaux de bravoure de l'écoute. Il s'agit tout d'abord de 'The Necromancer', épopée quasi-instrumentale où les lignes vocales sont reléguées au rang d'utilités au profit d'une partition virtuose à la géographie vallonnée permettant aux trois musiciens de faire feu de tout bois. Puis du haut de ses presque vingt minutes au garrot, 'The Fountain Of Lamneth' boucle le menu, pulsation qui puise dans "Le Seigneur des Anneaux" sa sève épique, sans museler cette fois-ci l'organe de Geddy Lee, plus émotionnel qu'à l'accoutumée. Là encore, Rush fait montre d'une belle audace technique au service d'une écriture plus aboutie, illustration parfaite de la maîtrise du canevas progressif auquel les Canadiens sont très vite parvenus. Malgré l'accueil mitigé qui sera réservé à "Caress Of Steel", ses auteurs poursuivront pourtant dans cette voie, plus complexe et personnelle pour accoucher de leur première pièce maîtresse: "2112". (2015)


                                   

Soon | Anciients - Voice Of The Void


Date | 14/10/2016
Label | Season Of Mist
Genre | Progressive Sludge Doom


                                      

Chaoswave | The White Noise Within (2005)



















Chaoswave trimbale comme un boulet une étiquette de sous Nevermore qui aurait copulé avec Lacuna Coil sous l'oeil grivois de Meshuggah (rien que ça !) et ce depuis, The White Noise Within, ce premier galop d'essai, après une simple démo éponyme gravée l'année d'avant.

Despite Behavior | Aspect Part I - Dementia In Three Acts (2010)


EP de seulement une vingtaine de minutes peut être, mais surtout deux bonnes raisons d'apprécier ce Dementia In Three Acts de Despite Behaviour : premièrement, les artisans hexagonaux du métal progressif ne sont pas si légion pour que l'on ne s'arrête pas un moment lorsque l'on en croise un. Deuxièmement :  plus encore quand on tombe sur un BON groupe !  Ajoutons-en une troisième : Les Français n'ont pas opté pour la facilité en choisissant une plastique entièrement instrumentale. Un des membres de l'equipe se fait appeler Steeve Austin mais ce n'est pas une raison pour ne pas prendre celle-ci au sérieux. En effet Despite Behaviour ne plaisante pas, lui qui n'est pas loin, vraiment pas loin de faire de l'ombre aux ténors du genre. Dans leur ombre, les français le sont  (forcément) encore. Toutefois ils ne devraient pas y demeurer très longtemps, surtout s'ils conservent ce niveau d'excellence tant d'un point de vue formel (clair et puissant, le son ne souffre d'aucun amateurisme) que sur le fond. Non vraiment, ils ont tout compris et notamment qu'il ne faut jamais vouloir séparer virtuosité et émotion, Émotion dont le vecteur prend la forme d'un piano à la silhouette grave et des lignes de guitares belles comme un chat qui dort (le troisième acte). De fait, si ça joue bien tout du long de ces trois épreuves de force(s), une vraie beauté irradie de leur cœur, comme l'illustre la superbe seconde partie de ce triptyque qui conjugue, à sa modeste mesure, la puissance d'un Dream Theater et la dramaturgie d'un Pain Of Salvation. Une belle pièce parfaitement exécutée et passionnante à suivre, malgré sa maigre durée. Conclusion banale mais qui se justifie amplement : Despite Behaviour est un groupe riche de promesses que ce premier essai a sans  doute à peine dépucelées. (2010)



                                   

KröniK | Aghora - Formless (2006)


Si à l'époque de son premier jet éponyme du feu de dieu, Aghora avait pu passer auprès des auditeurs mal informés comme le nouveau joujou de l'ancienne et culte section rythmique d'un Cynic alors encore dans les limbes, son principal instigateur , le guitariste virtuose Santiago Dobles s'est vite chargé de corriger ce mal-entendu, l'ombrageux Sean Malone (Stick bass) n'ayant pas poursuivi la collaboration plus longtemps. La situation est donc beaucoup plus clair lorsque sort six ans plus tard Formless, le tardif successeur d'Aghora dont il reprend le style époustouflant où se conjugue Metal progressif épris de liberté, jazz Rock et chant féminin aérien.

D'aucuns regretteront sans doute l'absence de Danishta Rivero (néanmoins présente à travers quelques textes), dont on n'a malheureusement plus croisé la voix talentueuse par la suite. Bien qu'à l'origine de lignes vocales moins personnelles, Diana Serra, dotée d'un physique tout à fait charmant, ce qui ne gâte rien, n'a pourtant pas à rougir de la comparaison. L'effet de surprise éventée et désertant cette fois-ci quelque peu le terrain ethnique (hormis le temps des courts "Lotus" et "Purification", respectivement chargés d'ouvrir et de fermer le voyage) et parfois barré de son glorieux aîné, Formless étonne moins mais saura probablement séduire un public plus large, emporté par une armature rythmique hallucinante de technicité ("1316" où le thrash nest parfois pas loin) en particulier une basse volubile et généreuse. Mais quel plaisir de retrouver cette guitare tour à tour feutrée (les notes acoustiques ouvrant "Fade"), acérée, toujours éblouissante ainsi que cette qualité, rare chez les esthètes de la virtuosité, de savoir composer de vraies compositions qui ne se confondent jamais avec un assemblage vain de strates et de plans destinés à en foutre plein la vue. Au contraire, l'affolante maîtrise des musiciens (à noter que Sean Reinert est  resté fidèle à Santiago), que ceux qui ont les oreilles rivées aux tablatures passeront des heures à décortiquer, n'étouffe jamais une écoute fluide et cristalline d'où jaillit une beauté tranquille et chaleureuse et dont on ne décroche pas en cours de route, ce qui est une gageure ! Bien que toujours lumineuses et émaillée par des aplats colorés, la musique d'Aghora a perdu en charme fusionnel ce qu'elle a finalement gagné en puissance. Faudra-t-il au groupe, toujours officiellement en activité, encore six années supplémentaires pour accoucher d'une nouveau joyau ? Si c'est pour enfanter un album de cet acabit, c'est là tout le mal qu'on lui souhaite.... (24.10.2013) ⍖⍖⍖







If at the time of his first eponymous draft of the fire of God, Aghora had been able to pass through the uninformed listeners like the new toy of the old and cult rhythmic section of a Cynic then still in limbo, his main instigator, the virtuoso guitarist Santiago Dobles quickly took care of correcting this misunderstanding, the shady Sean Malone (Stick bass) not having continued the collaboration any longer. The situation was therefore much clearer when Formless, Aghora's late successor, was released six years later. He took up the breathtaking style of Aghora, combining progressive metal, jazz rock and aerial female vocals. Some will undoubtedly regret the absence of Danishta Rivero (nevertheless present through some texts), whose talented voice was unfortunately no longer crossed afterwards. Although Diana Serra created less personal vocal lines, she has a very charming physique, which does not spoil anything, but she has nothing to be ashamed of in comparison. The effect of stale surprise and deserting this time somewhat the ethnic terrain (apart from the time of the short "Lotus" and "Purification", respectively responsible for opening and closing the trip) and sometimes crossed by its glorious elder, Formless surprises less but will probably seduce a wider audience, carried away by a hallucinating rhythmic frame of technicality ("1316" where the thrash is sometimes not far) especially a voluble and generous bass. But what a pleasure to find this guitar, alternately felted (the acoustic notes opening "Fade"), sharp, always dazzling as well as this quality, rare among virtuoso aesthetes, to know how to compose real compositions that never merge with a vain assembly of layers and plans intended to amaze. On the contrary, the frightening mastery of the musicians (note that Sean Reinert has remained faithful to Santiago), that those who have their ears riveted to the tablatures will spend hours scrutinizing, never suffocates a fluid and crystalline listening from which springs a quiet and warm beauty and from which one does not stumble along the way, which is a challenge ! Although still bright and enamelled with colourful flat tints, Aghora's music has lost in fusional charm what it has finally gained in power. Will it take the group, still officially active, another six years to give birth to a new jewel? If it's to give birth to an album of this kind, that's all the evil we wish him..... (24.10.2013)

KröniK | Yakuza - Of Seismic Consequence (2010)


Contrairement à ce que son patronyme pourrait suggérer, Yakuza ne vient pas du Japon mais des Etats-Unis et de Chicago pour être plus précis. Epris de liberté autant que d’absolu, le groupe fait partie de ces explorateurs qui se sont très tôt affranchis des étiquettes, des cases où les esprits étroits voulaient les voir (non) évoluer. D’une manière maladroite, sa musique s’est vue arrimée à toute la scène Post Core/Metal que des oripeaux progressifs viennent modeler, description en forme de raccourci mais qui a au moins le mérite de cadrer tout de même à peu le près le sujet. Après trois premiers opus déjà remarqués (Way of the Dead, Samsara et Transmutations), Yakuza frappe un grand coup avec Of Seismic Consequence qui propulse son art protéiforme vers une dimension quasi céleste. La particularité de cette formation qui doit aussi une part de l’exposition dont elle a la chance de bénéficier à son producteur, le désormais incontournable Sanford Parker (Minsk, Nachtmystium…), tient notamment dans la présence à priori incongrue d’un saxophone. A priori seulement car, loin de d’envelopper ces compositions au maillage granitique d’une couche jazzy ou légère, l’instrument leur confère au contraire une puissance souterraine jaillissant de la roche volcanique en éruption qu’il allie à une déchirante tristesse, comme en témoignent les démentiels "Stones and Bones" et ce qui s’impose comme l’Everest de l’album, "Be That As It May" lesquels, en convoquant le spectre du King Crimson le plus douloureux, entraînent leurs auteurs vers des contrées tortueuses creusées de sillons noirs. Conjuguée à un chant parfois poignant, clair ou plus rageur, cette partition instrumentale tout en fissures et pulsations sismiques, se pare d’une beauté désespérée. Le (trop ?) neurosien "Farewell to the Flesh", lente descente aux enfers longue de plus de dix minutes telluriques écrites à l’encre d’une existence naufragée par des musiciens au diapason de la mélancolie la plus inexorable. D’ailleurs, il convient de noter également les performances remarquables du batteur James Staffel ("Testing the Water", le prologue "The Ant People") et du guitariste Matt MacClelland au jeu tendu ou plus osseux (le bien nommé "Deluge", que vient caresser une voix féminine fantomatique) mais toujours incarcéré dans une croûte désenchantée. Tous fusionnent en un bloc de matière brute, une masse pesante dont l’unique faiblesse réside peut-être dans ces deux titres plus courts positionnés en fin de parcours, "Good Riddance" et "The Great War", où les racines hardcore des Américains remontent à la surface et dont l’agressivité tranche un peu trop en comparaison d’un ton général plus fin. Croisement improbable entre Neurosis et King Crimson, Of Seismic Consequence est une réussite exemplaire, œuvre d’une grande densité signée par un groupe au potentiel énorme qui nous propose donc là son meilleur album à ce jour. 4/5 (2011)


KröniK | Age Of Silence - Acceleration (2004)


Bien sûr, il y a Lazare et sa voix profonde et belle, reconnaissable entre mille et capable à elle seule de sauver n'importe quel album de la médiocrité. Bien sûr, il y a Hellhammer, le mercenaire norvégien de la batterie, ici dans un registre plus subtil sinon délicat qu'avec son principal port d'attache, Mayhem, pour ne pas le nommer. Bien sûr, il y a ces arrangements progressifs soignés et une interprétation générale impossibles à critiquer. Bien sûr, il y a des titres aussi excellents que "Auditorium Of Modern Movements" lequel, placé en ouverture, nous laissait espérer le grand disque qu'Acceleration n'est malheureusement pas tout à fait.

Oh, non pas qu'il soit mauvais mais à l'instar de Winds, dont il est à la fois le faux frère jumeau et l'héritier, Age Of Silence ne parvient jamais vraiment à dépasser son double statut de super-groupe (où l'on trouve aussi Andy Winter de Subterranean Masquerad, ainsi que Lars Eric Si, ex Kold, entre autres) et de laboratoire évolutif entre les mains de musiciens tous issus du landerneau extrême et Black Metal en particulier, animés par l'envie de faire joujou et explorer une voie plus avant-gardiste que ce qu'ils ont l'habitude de ruminer avec leur groupe respectif. Et après un très bon début, incarné, outre le premier titre déjà cité, par le mrceau éponyme et "A Song For D. Incorporated", Acceleration finit par tourner en rond et à lasser. Du coup, on reste sur sa faim, un goût amer dans la bouche, celui d'avoir rater de peu quelque chose de grand. Même les lignes vocales de Lazare, dont c'est toujours un plaisir de savourer la tessiture limpide, presque aérienne, n'y peut rien. Néanmoins plus réussi que Reflections Of The I et The Imaginary Direction Of Time de Winds, dont il adopte le même tapi de claviers, la dimension orchestrale en plus ("90° Angles"), malgré un menu inégal, Acceleration déçoit mais demeure agréable car ses géniteurs y livre un travail forcément impeccable, toutefois trop dominé par ces nappes progressives. Peut-être en attendions-nous trop ? De fait, L'album où Lazare régnerait seul, donc pas comme chez Solefald et nonobstant le talent de ce dernier, reste encore à écrire... (02.01.2012) ⍖⍖





Of course, there is Lazarus and his deep and beautiful voice, recognizable between a thousand and able to save any album from mediocrity. Of course, there is Hellhammer, the Norwegian mercenary of the battery, here in a more subtle if not delicate register than with his main home port, Mayhem, not to mention him. Of course, there are these careful progressive arrangements and a general interpretation that are impossible to criticize. Of course, there are titles as excellent as "Auditorium Of Modern Movements" which, placed at the opening, gave us hope for the great record that Acceleration is unfortunately not quite. Oh, not that it's bad but like Winds, of which he's both the false twin brother and heir, Age Of Silence never really manages to overcome its double status as a super-group (where we also find Andy Winter from Subterranean Masquerad, as well as Lars Eric Si, ex Kold, among others) and an evolving laboratory in the hands of musicians all from the extreme pram and Black Metal in particular, driven by the desire to play and explore a more avant-garde path than what they are used to ruminating about with their respective groups. And after a very good start, embodied, in addition to the first track already mentioned, by the eponymous mr. and "A Song For D. Incorporated", Acceleration ended up going around in circles and getting tired of it. As a result, you stay hungry, with a bitter taste in your mouth, that of having just missed something big. Even Lazarus' vocal lines, of which it is always a pleasure to savour the clear, almost aerial range, can do nothing about it. Nevertheless more successful than Winds' Reflections Of The I and The Imaginary Direction Of Time, of which he adopts the same keyboard pad, the orchestral dimension in addition ("90° Angles"), maglré an uneven menu, Acceleration disappoints but remains pleasant because its progenitors deliver a work necessarily impeccable, however too dominated by these progressive layers. Perhaps we expected too much from it? In fact, the album where Lazare would reign alone, so not like Solefald's and notwithstanding his talent, has yet to be written... (02.01.2012)

KröniK | Adimiron - K2 (2011)


Les influences, c’est compliqué ! On vous les reproche lorsqu’elles font plus qu’affleurer à la surface alors qu’elles peuvent parfois être à l’origine des meilleurs moments d’un album. Démonstration avec K2, troisième opus de Adimiron, naguère modeste horde officiant dans un Death-Black de seconde zone, aujourd’hui toujours aussi modeste mais braconnant sur des terres qui, bien que toujours sur-vitaminées, louchent davantage vers un Métal extrême progressif dont un des principaux artisans demeure Opeth, figure tutélaire à laquelle on est par moment bien obligé de penser à l’écoute de certains missiles perforant une écoute placée sous le signe de la puissance.


Il y a ces plans dont Mike Akerfeldt a fait l’une de ses marques de fabrique qui propulsent "Where Nothing Changes", ces lignes de chant clair proches de celles que le Suédois signe depuis Damnation, émaillant le tout d’abord feutré "Passanger", avant que celui-ci ne s’emballe lors de sa seconde partie, ou bien encore ces nappes de Mellotron hantées typiques de l'ère Ghost Reveries, autant de références évidentes qui pourraient être embarrassantes et grever des compositions par ailleurs toujours d’une efficacité atomique mais qui au contraire multiplie leur valeur ajoutée. Au final, on préfère les Italiens lorsqu’ils s’engouffrent dans la brèche ouverte par Opeth, témoin ce "Above The Rest", qui lui aussi paraît tout droit sorti de la tête du volubile Akerfeldt et au demeurant un des meilleurs extraits de l’album. Moins en revanche quand ils sculptent, bien qu’ils le fassent alors d’une manière plus personnelle, des aplats modernes avec un chant énervé quasi Hardcore (ce n’est pas pour rien que Dave Padden, actuel gueulard d’Annihilator, vient vomir ses boyaux le temps de "The Whisperer") comme burin. Œuvre solide et tendue comme le foc d’un navire, dont on sort de l’écoute sur les rotules, K2 alterne de fait, déflagrations explosives et techniques avec des musiciens au taquet ("Oriens" et son intro arabisante qui fait toujours son petit effet, "Vertical Limit") et pulsations veloutées où les ambiances l’emportent sur l’agression pure et simple. C’est nerveux et bien interprété, faisant de cet album le travail le plus accompli de Adimiron, qui devra cependant affirmer une identité qui se cherche encore, quitte à ne jamais vraiment s'affranchir du modèle suédois... (15.12.2011) ⍖⍖





Influences are complicated! They are blamed for more than just surfacing on the surface when they can sometimes be the source of the best moments of an album. Demonstration with K2, Adimiron's third opus, once a modest horde officiating in a Death-Black of second rank, today still as modest but poaching on lands that, although still over-vitaminated, squint more towards an extreme progressive Metal whose one of the main craftsmen remains Opeth, a tutelary figure to whom we are sometimes obliged to think of listening to certain missiles performing a listening placed under the sign of power. There are those plans that Mike Akerfeldt made one of his trademarks that propel "Where Nothing Changes", those clear vocal lines close to those that the Swede has signed since Damnation, enamelling first of all the muffled "Passanger", before it gets carried away in its second part, or even these haunted Mellotron slicks typical of the Ghost Reveries era, so many obvious references that could be embarrassing and put a strain on compositions that still have atomic efficiency but which on the contrary multiply their added value. In the end, we prefer the Italians when they rush into the breach opened by Opeth, witness this "Above The Rest", which also seems to come straight out of the head of the voluble Akerfeldt and moreover one of the best tracks on the album. On the other hand, less so when they sculpt, although they do so in a more personal way, modern flat tints with an angry, almost Hardcore voice (it's not for nothing that Dave Padden, now the mouth of Annihilator, comes to vomit his guts out while "The Whisperer" is being made) as a burin. A solid and tense work like the jib of a ship, from which one leaves the sheet on the kneecaps, K2 alternates in fact, explosive and technical deflagrations with musicians on the cleat ("Oriens" and its arabic intro which always has its little effect, "Vertical Limit") and velvety pulsations where the moods prevail over the pure and simple aggression. It's nervous and well interpreted, making this album Adimiron's most accomplished work, which will however have to affirm an identity that is still being sought, even if it means never really freeing itself from the Swedish model... (13.12.2011)