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Goddess | Isabelle Huppert


Andrzej Wajda | Les possédés (1988)


En quelques mots : On attendait mieux de cette adaptation de Dostoïevski que ce film pourtant signé Andrzej Wajda. De belles images (forêts sous la neige, la mort d'Omar Sharif) et de grands comédiens - même si Isabelle Huppert se révèle trop peu présente -  ne sauvent pas un récit pesant et ennuyeux où s'agitent des personnages fiévreux constamment au bord de l'hystérie. Finalement toute la force du matériau originel est dissout dans un scénario brouillon (de Jean-Claude Carrière quand même). Bref, une déception.

Michael Cimino | La porte du paradis (1980)


En quelques mots :  Loin d'être le chef-d'oeuvre présenté par certains, qui parfois ne l'ont même pas vu, La porte du paradis demeure avant tout un grand film malade, à la fois vaste fresque hollywoodienne et film d'auteur, pouvant être virtuose et baroque d'un côté, sentimental et creux de l'autre. Si son affiche est un clin d'oeil évident à Autant en emporte le vent, ce troisième long-métrage de Cimino en est bien entendu l'antithèse, western crépusculaire qui ne se contente pas de démythifier l'Ouest comme il est alors de bon ton de le faire mais brosse une image sans concession de la conquête de l'Ouest où il n'est plus question de l'homme blanc contre les Indiens mais des riches contre les pauvres, des Anglais contre des pauvres hères venus d'Europe de l'Est. C'est l'âme du peuple américain qui attaqué par ce film, d'où son échec, le public refusant le reflet que le cinéaste lui tendait. Pourtant, aujourd'hui, l'actualité lui confère un écho glaçant. Et pour une fois, la version longue, celle qui se rapproche le plus de l'ambition d'origine, se justifie tant la version courte sortie en salle en 1981, possède un goût d'inachevé, attaquée dans son ampleur par des coups de ciseaux imposés... 


Pin-up | Isabelle Huppert


Catherine Breillat | Abus de faiblesse (2013)


En quelques mots : Pour ce film, Catherine Breillat s'inspire de sa propre vie, ayant été la victime de l'escroc Christophe Rocancourt qui la déleste de la bagatelle de 800 000€. S'il n'est pas sans défauts, on peut ainsi lui reprocher sa morgue glaciale, son absence d'émotion et le caractère répétitif de certaines situations, Abus de faiblesse n'en demeure pas moins une oeuvre intéressante et difficile en cela qu'elle répand le malaise avec une espèce de banalité troublante. Loin du playboy plein de charme, Vilko a l'air d'une racaille sans envergue dont on se demande comment le personnage principal pourra tomber dans ses griffes. Le glissement se fait de manière très discrète, sans effets particuliers, naturellement, c'est ce qui rend l'histoire si terrible. La réalisatrice évite le pathos que l'infirmité de son "héroïne" pouvait laisser craindre. Il va sans dire que le film doit presque tout à Isabelle Huppert dont le charme froidement vénéneux est intact. Derrière son visage de marbre, les fêlures se devinent peu à peu jusqu'aux ultimes larmes ruisselant sur ses joues...