AU PIF

Affichage des articles dont le libellé est Garage. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Garage. Afficher tous les articles

VA Rocks | I Love VA Rocks (2019)



















Si la présence de filles dans le rock et le metal n'étonne plus depuis longtemps, chanteuses souvent, parfois bassistes ou claviéristes, plus rarement guitaristes ou derrière les fûts, les groupes 100% féminins demeurent cependant encore une formule relativement rare même si elle n'est pas récente, que l'on songe à Girlschool ou aux Runaways, pionnières du girlpower.

KröniK | Turbowolf - The Free Life (2018)


Turbowolf est un vrai groupe de Rock avec un grand R, auteur d'une recette unique, à la fois sucrée et décomplexée qui trouve dans "The Free Life" son interprétation la plus aboutie et jubilatoire.

Rock alternatif  ? Punk rock ? Stoner ? On ne sait pas trop quelle étiquette accoler à Turbowolf. Outre le fait que cette difficulté est tout à son honneur, une chose est certaine cependant : les Anglais ne ressemblent à aucun autre groupe, forgeant un style qui n'appartient finalement qu'à eux. Ils partagent certes avec les Eagles Of Death Metal une même énergie cool et crasseuse à la fois, mais leur origine britannique donne à leur rock une espèce de folie décalée, une coloration fuzzy qui les distinguent des Américains.

Toujours aussi peu connus des Français malgré un "Two Hands" de première bourre, les Anglais offrent avec "The Free Life" la chance de remédier à cette lacune. Ceux qui les découvriront avec ce troisième album seront heureux de trouver un groupe à l'inspiration débridée où se mêlent chant acidulé, rythmique vrombissante et guitare tordue ivre de pédale wah-wah sans qu'il soit toujours aisé de distinguer clairement chaque instrument. Faisant honneur à son nom, Turbowolf crache sa sauce joyeuse et survitaminée avec une frénésie diarrhéique, imprimant un groove endiablé à des saillies plus travaillées qu'il n'y paraît. Là réside le principal talent - et la singularité - du quatuor, dans cette spontanéité étudiée qui ne s'interdit pas un pullulement d'idées et d'arrangements. Il en découle des compos très courtes (rarement plus de quatre minutes) qui débordent de toute part. Mais, comparé à son prédécesseur parfois maladroit sinon inabouti, "The Free Life" affiche une inspiration au garde-à-vous qui, cette fois, jamais ne mollit, offrande plus épaisse, plus diversifiée surtout, sonnant tantôt presque pop ('Concluder', 'Halfsecret') mais toujours croustillante ('Domino', 'Last Three Clues'). Emporté par un lourd torrent de fièvre, à l'image des 'Very Bad', 'Blackhole' ou bien encore 'Capital X', il n'y a rien à jeter d'un menu qui transpire l'urgence par tous les pores mais auquel les claviers confèrent une consistance aussi explosive qu'envoûtante. Dès ce 'No No No' sauvage, l'auditeur est ferré par un album qui ne le lâchera plus. Le morceau le plus curieux demeure la longue (pour le groupe s'entend) pièce éponyme que secouent de multiples changements de traits frénétiques et rugueux, pesante et pigmentée d'un refrain popisant. Orgue déglingué et guitare hurlante poussent sa fin de parcours aux confins d'une folie tourbillonnante. S'il devrait (malheureusement) plaire aux bobos avides de sensations canailles, Turbowolf mérite mieux que cela, vrai groupe de Rock avec un grand R, auteur d'une recette unique, à la fois sucrée et décomplexée qui trouve dans "The Free Life" son interprétation la plus aboutie et jubilatoire. (25/04/2018)


KröniK | Electric Jaguar Baby - Old Songs From Beyond (2018)


Ce qu'il y a - notamment - de chouette avec Electric Jaguar Baby, est qu'on peut y chercher longtemps la moindre prétention, la moindre prise de tête. Aimant les jolies filles aux formes callipyges et la bière, les deux gaillards font ce qu'ils savent (et aiment) faire, à savoir, ce garage rock bandant et crasseux au goût furieux de reviens-y, gorgé d'une généreuse dose de fuzz et biberonné aux sixties. S'il ne s'est toujours pas décidé à accoucher d'un premier long, soit parce qu'il n'est pas prêt ou parce qu'i s'en moque (c'est très bien ainsi), le duo parisien revient nous rendre une petite visite avec un troisième EP répondant au nom de "Old Songs From Beyond". Son artwork, qui fleure bon le triple programme d'un cinéma de quartier, suffit déjà à faire monter la température. 

Il est aussi un signe qui ne trompe pas. Car de toute façon, une rondelle qui exhibe fièrement une Super Vixen échappée d'une pellicule de Russ Meyer, ne peut pas être mauvaise ! Dont acte. Fidèle à un style auquel on commence à s'habituer, Antonio et Frank crachent leur purée riche en feeling et en énergie comme des dynamos vivantes secouées de spasmes furieusement rock'n'roll. Démarrer le tout par une cover du 'Foxy Lady' de qui vous savez, résonne comme une déclaration d'amour en même temps qu'une profession de foi. Il va sans dire que notre cher tandem guitare/batterie revisite avec la décontraction et la vitalité élastique qui sont les siennes cette reprise diabolique. Les quatre pistes suivantes témoignent que EJB n'est pas prisonnier d'un canevas immuable et qu'il peut donc faire évoluer celui-ci. Ce qui est particulièrement vrai avec le sautillant 'The Shrine', lourd et pileux. 'Ghost' surprend également avec son entame soyeuse, son ambiance pesante d'horror movie pour drive-in, son gros son de guitare. D'une manière générale, ces titres paraissent plus charpentés sans pour autant perdre ce qui fait la force et le charme de leurs géniteurs, cette urgence groovy et communicative que résument parfaitement les aguicheurs 'El Diabolo' et 'Can't Stop'. Vintage sans être poussiéreux et surtout sexy en diable, Electric Jaguar Baby poursuit sur son orgasmique lancée. A grands coups de concerts atomiques et de galettes humides, il est en train de se faire un nom : c'est amplement mérité et ce n'est que le début ! Bordel, qu'est-ce que c'est bon ! (29/04/2018)

4/5

KröniK | Eagles Of Death Metal - Heart On (2008)


Comme le bon vin, les Eagles Of Death Metal se bonifient avec le temps, chacune de leurs rondelles étant supérieure à sa devancière. Ainsi "Death By Sexy" faisait mieux que transformer l'essai après un "Peace, Love, Death Metal" sympathique mais sans grande ambition. Et "Heart On" ne déroge pas à cette règle immuable. Pourtant, de loin, ce troisième effort ressemble à s'y méprendre à ses aînés, brochette décontractée et sexy de cartouches dont le dard crache un rock désertique qui trempe dans l'huile de vidange, la peau mordue par les vents de Santa Ana.
Le breuvage est connu, distillé par un crooner licencieux dont les lignes vocales exsudent le stupre par toutes les notes. Crasseuse et lascive, sa guitare miaule, ondule, sort les griffes sur fond de rythmique chaloupée. Enracinée dans le sol de l'Amérique profonde, celle des routes caillouteuses et des clubs enfumés et imbibés, cette musique n'en reste pas moins universelle dans sa simplicité épidermique. On la tète comme une bonne bière, sans se prendre la tête même loin de ce cadre sauvage. Les saillies défilent, efficaces et sans bavure, comme un bon disque de rock. "Heart On" pourrait n'être que cela, ce qui ne serait déjà pas si mal. Mais de près, il est bien plus que cela. Peut-être désireux d'échapper au statut de simple enfant bâtard des Desert Sessions, Hughes dresse avec une insolente fermeté une inspiration plus vigoureuse que jamais, comme s'il avait sucé du Viagra par boîte de douze, toujours flanqué de son faux frère jumeau Josh Homme, sans lequel il est certain que Eagles Of Death Metal n'aurait pas bénéficié de la même attention (à tort d'ailleurs). Directes et sans fioritures, fidèles en cela aux calibres du groupe, ces roquettes possèdent toutefois plus d'épaisseur que leurs devancières, petits bijoux d'écriture dont les ravages surgissent après d'infatigables préliminaires ('Now I'm Fool'). Multipliant les positions, nos lascars se montrent les plus sensuels lorsqu'ils remuent le bas-ventre, les membres prisonniers d'une lourde couche terreuse, témoins ces 'High Voltage', '(I Used To Couldn't Dance) Tight Pants' et autre 'I'm Torpedo', reptiliens en diable. Déglingué, le manche du maître de cérémonie se faufile à travers les rochers, décochant ces riffs tordus dont il a le secret, lesquels vrillent ces compos dont même les plus (faussement) basiques cachent au fond de leur intimité une semence vicieuse ('Anything 'Cept The Truth' et 'Wannabe In L.A.'). Resté longtemps dans l'ombre de Queens Of The Stone Age et de son charismatique leader, Eagles Of Death Metal gagne avec "Heart On" son statut de (vrai) groupe à part entière. 3/5 (2017) | Facebock







KröniK | Deap Vally - Femejism (2016)


Girl Power. Les deux femelles, la blonde Lindsey Troy (chant et guitare) et la brune Julie Edwards (le reste), sont (enfin) de retour après un "Sistrionix" qui en 2013 les a propulsées sur le devant de la scène, faisant d'elles un des groupes les plus prometteurs et excitants d'une mouvance garage rock à la mode, qui sent l'huile de vidange et le blues.
Un deuxième album constitue toujours une étape délicate à gérer, a fortiori lorsque son prédécesseur a cartonné. Il ne faut ni décevoir ni se répéter tout en affirmant une personnalité encore en gestation. En cela, "Femejism" se révèle être une exemplaire réussite en ce sens où il séduira les amoureux du duo californien qui aimeront retrouver dans cet opus plein de fraîcheur ce qui fit leur bonheur il y a déjà trois ans, à savoir ces courbes énergiques chauffées au soleil et cette gratte à la fois féline et nerveuse, sans pour autant se contenter de reproduire une formule à succès. Ces années passées sur la route ont été profitables aux demoiselles, lesquelles ont eu tout le loisir de peaufiner leur signature. Du coup, il en résulte une rondelle qui noue des liens naturels avec sa devancière mais qui sait être subtilement différente. Ce format chant/guitare/batterie commande une expression extrêmement dépouillée, presque primitive, laquelle ne s'encombre d'aucune fioriture. Est-ce à dire pour autant que Deap Vally ne cherche pas à se casser la tête, appuyant tout du long sur le champignon ? Bien au contraire car les jeunes femmes savent varier les positions, tour à tour survoltées ('Julian'), nostalgiques des années 80 ('Gonnawanna') ou plus rampantes telles une panthère à l'affût ('Turn It Off'), quoique toujours humides d'une sensualité sauvage. Dans cet équilibre entre frénésie Lo-fi et feeling psyché réside la grande force - et une bonne part du charme - de cette partition gourmande, biberonnée au desert rock terreux voire au stoner le plus pulsatif ('Post Punk'), sur laquelle plane parfois l'ombre des Eagles Of Death Metal ('Two Seat Bike'). Reste que, grâce à la voix habitée et aux riffs aussi  épais qu'ondulants de Lindsey Troy, il y a cette espèce de suavité qui poisse l'ensemble, permettant à nos pussy riots de s'extraire de la masse et de souligner leur différence. Brochette de treize brûlots incandescents, "Femejism" a quelque chose d'un concentré de pulpe sexy et rageuse que l'on tète avec un plaisir communicatif. 3.5/5 (2016) | Facebook






Soon | Electric Jaguar Baby - Moonshiner


Date | 24/03/2017
Genre | Rock psyché





KröniK | Eagles Of Death Metal - Zipper Down (2015)


Entre les attentats du 13 novembre 2015 qui ont, notamment, ensanglanté la salle du Bataclan dans laquelle il se produisait et la personnalité de son leader, Jesse Hughes, que certains découvrent de plus en plus controversée alors qu'il a en réalité toujours été cet espèce de redneck, à la fois chrétien convaincu et grand amateur de porno (entre autres), il paraît du coup désormais difficile d'aborder Eagles Of Death Metal avec quiétude et sous le seul angle strictement musical. Son rock, qui n'appartient qu'à lui, se révèle pourtant plus fort que tout cela. Car, si de loin la musique des Américains peut sembler simple voire simpliste, d'aucuns n'hésitant pas ainsi à la juger carrément surfaite, et qu'il est acquis que sans la présence de Josh Homme (Queens Of The Stone Age et surtout ex Kyuss) dans ses rangs à géométrie variable, nous ne nous serions sans doute pas autant intéressés à lui, force est de reconnaître que le groupe possède une touche aussi inimitable que savoureuse qui lui permet au final d'être bien plus que le banal garage band aux discrets relents stoner que ses détracteurs se bornent à voir. "Zipper Down", sa première rondelle depuis sept ans en est la plus éclatante démonstration. Une si longue abstinence, à laquelle le combo ne nous avait jusqu'à présent pas habitués, explique l'excitation suscitée alors par ce retour aux affaires, lequel se dévoile tout d'abord par l''entremise d'une pochette sexy en diable qui donne furieusement envie d'en goûter le fruit juteux. En guère plus de trente minutes, (trop) courte durée qui suffit pourtant à nous rassasier, le successeur de "Heart On" se déhanche au rythme d'un rock cool et énergique, dont les courbes généreuses qui exsudent une chaude sensualité sont comme les promesses d'un orgasme sonore. Avec cette décontraction goguenarde qui en fait tout le sel, Jesse Hughes et sa bande crachent d'emblée la sauce avec ce 'Complexity' débridé auquel moins de trois minutes suffisent à étaler tout ce qui les séparera toujours des gentils rockeurs, à savoir cette sorte de classe décomplexée un peu folle et surtout ce sens de l'accroche qui fait mouche, le tout saupoudré de petits détails (chœurs féminins sur 'Silverlake', 'I Love You All The Time' et ses couleurs country, etc.) qui font de ces compos de savants bijoux d'écriture. Même 'Save A Prayer', reprise de Duran Duran, se trouve métamorphosé en hymne déglingué que berce un doux ressac electro. Si tout du long, la patte de Josh Homme se révèle aisément identifiable ('Skin Tight Boogie'), Hughes se taille la part du lion, emballant l'auditoire avec sa voix gorgée d'un feeling licencieux, taillée pour les clubs poussiéreux de l'Amérique profonde. Il faut être de mauvaise foi pour ne pas lui reconnaître un charisme certain et un talent de compositeur hors pair. Fun et sexy mais avec juste ce qu'il faut de finauderies, "Zipper Down" fait son trou et très vite on se surprend à en fredonner les nombreuses mélodies, marque des grands disques et des grands groupes, ce qu'Eagles Of Death Metal est assurément. 3/5 (2016)


                                   

KröniK | Barb Wire Dolls - Desperate (2016)


On comprend aisément pour quelles raisons le défunt Lemmy a signé en 2015 Barb Wire Dolls sur son label Motörhead Records. Un rock énergique juste assez crasseux pour paraître méchant, une chanteuse aux faux airs de Blondie, un certain mauvais goût affiché et une première galette, "Slit", vidangée trois ans auparavant, succès surprise et immédiat, ont suffit à le convaincre de les abriter dans le creux de ses aisselles velues. L'homme n'est plus là mais on peut penser qu'il aurait apprécié ce "Desperate", pourtant inégal, que les Grecs ont enfin trouver le temps de mettre en boîte après n'avoir cessé de tourner, sur le sol US notamment, ce qui explique peut-être pourquoi le groupe sonne finalement plus américain qu'européen, biberonné aux seins de la scène garage et grunge des années 90. Brochette de dix chansons, ce deuxième opus file très vite, trop vite même, crachant sans jamais débander sa sève rock'n'roll. Seul le plus lent 'Surreal' voit le quintet serrer un peu le frein à main, ce qui lui réussit plutôt bien et devrait lui donner les idées pour la suite. De fait, Barb Wire Dolls serait inspiré d'explorer davantage cette voie plus posée qui lui permet de briser l'inévitable linéarité d'une partition dont la variété et les nuances ne sont pas les principales qualités. Du coup, il ne peut pas toujours  éviter une certaine uniformité dans ses mélodies et ses attaques. Mais l'amateur de riffs gros comme des jambons trouvera dans cette rondelle qui sent sous les bras l'idéale bande-son d'une virée en bagnole à travers des routes désertiques. "Desperate" en a suffisamment dans la culotte pour emballer, grâce à des missiles de l'acabit de 'Drown', 'Blind To Your Misery', 'Darby Crash', 'Heart Attack', sans oublier le titre éponyme, armes de séduction massive qui doivent beaucoup de leur charme survitaminé à la tigresse Isis Queen laquelle, frontwoman dont la voix se suce comme une bouteille de bière, porte franchement le groupe sur ses frêles épaules. Sans elle, et nonobstant l'énergie  déployée par ses comparses, entre la rythmique martelée par une paire de femelles et les guitares qui envoient la purée, il est peu probable que Barb Wire Dolls bénéficierait de la même exposition, et sa musique de la même la force communicative. Certes efficace et taillé pour la scène mais trop ronronnant sur sa durée pourtant peu élevée, on peut se demander ce qu'il restera de cet album dans quelques années. Les Grecs y dévoilent (déjà) leurs limites sans toutefois entamer leur capital sympathie mais pour combien de temps encore ? 3/5 (2016)