AU PIF

Affichage des articles dont le libellé est George Kennedy. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est George Kennedy. Afficher tous les articles

George Seaton | Airport (1970)


Daté et poussiéreux, Airport rencontra cependant un très grand succès lors de sa sortie, qui lança la mode des films catastrophe et eut plusieurs séquelles. Il rassemble ainsi tous les invariants propres à ce (sous) genre : défilé de vedettes plus ou moins fanées, personnages archétypaux et bien sûr la catastrophe qui permet aux protagonistes de se révéler (ou pas). Mais, la faute à une réalisation pantouflarde de George Seaton, qui utilise avec nettement moins de bonheur le splitscreen qu'un Richard Fleischer par exemple et à une mise en place paresseuse, on lui préfère le 747 en péril de Jack Smight. Car au final, il ne se passe pas grand chose à l'écran. Peu de tension et beaucoup (trop) de palabres. Depuis Y-a-t-il un pilote dans l'avion ?, il semble bien difficile de garder son sérieux face à un spectacle aussi conventionnel. Mais George Kennedy y trouve avec Patroni un de ses rôles les plus populaires. Distrayant à tout le moins...












Clint Eastwood | La sanction (1975)


En quelques mots : Quatrième réalisation de Clint Eastwood, La sanction est un paradoxe. Alors qu'il s'agit sans doute de l'un de ses films (à priori) les moins personnels, qui plus est ostensiblement misogyne, raciste et homophobe, le résultat est pourtant jubilatoire et toujours aussi agréable à regarder, même quarante ans plus tard et des dizaines de visionnages. Car en réalité, sans chercher à faire de lui ce qu'il n'est pas, ce métrage est toutes en contradictions. Sexiste ? Le personnage interprété par la star est moins un mâle viril qu'un homme qui se laisse séduire par des femmes qui ne sont pas ce qu'elles semblent être. Raciste ? Le premier rôle féminin est joué par une figure de la blacksploitation... Alors bien sûr, l'histoire ne tient pas de debout un seul instant mais se veut avant tout un prétexte à de saisissantes scènes d'alpinisme, d'un réalisme alors inédit. Et en définitive, ce sont peut-être ces paysages, eux aussi riches de leurs contrastes, à la fois majestueux et graves, paisibles et menaçants, qui sont les véritables héros du film porté par une belle musique de John Williams, cadre sauvage que Eastwood magnifie par une mise en scène virtuose. Enfin, Clint et George Kennedy forment un duo charismatique dans cette production qui, à l'image de ses héros, n'est jamais vraiment ce qu'elle paraît être, mêlant espionnage, humour, action et aventures en un cocktail qui ne ressemble à nul autre. 


Michael Cimino | Le canardeur (1974)


En quelques mots : Le canardeur mérite mieux que son titre français stupide. Vendu comme un film d'action, il s'agit en fait d'un road movie désenchanté à travers une Amérique peuplée de gens insolites (le pompiste, l'homme au lapin dans la voiture...). Bien que basé sur l'intrigue classique d'un banal polar (le casse d'une banque), l'intérêt du récit réside moins dans sa violence pourtant réelle que dans sa tendresse pour un couple de paumés égarés dans un pays en pleine mutation. Avec intelligence, Eastwood dont c'est peut-être le premier rôle d'homme fatigué, laisse les meilleures scènes au jeune Jeff Bridges, lequel il livre une belle composition. Sa mort est un grand moment. Impressionné par son travail en tant que scénariste sur Magnum Force (1973), Clint donne sa chance à Michael Cimino. Tout le talent de celui-ci est d'être parvenu à réaliser une oeuvre déjà personnelle, parvenant à échapper à l'emprise de sa vedette qu'entoure pourtant sa fidèle équipe, de Frank Stanley (photo) à Ferris Webster (montage) sans oublier ces seconds rôles qui l'accompagnent alors (Geofffrey Lewis, Bill McKinney, Gregory Walcott). A la vision du film, on peut regretter que Cimino n'ait pas souhaité poursuivre sa collaboration avec Eastwood (ils auront néanmoins d'autres projets beaucoup plus tard, dont un remake du Rebelle de King Vidor, demeuré à l'état d'idée) mais ni Voyage au bout de l'enfer ni La porte du paradis n'auraient sans doute alors vu le jour... N'oublions pas non plus de citer l'interprétation de George Kennedy, génial en brute épaisse et la chanson du générique de fin chantée par Paul Williams, plus connu comme le Swan du Phantom Of The Paradise de De Palma.