La bête est déjà de retour, le vît lourd gonflé d'une semence blasphématoire que nous sommes prêts à avaler goulûment jusqu'à la dernière goutte.
AU PIF
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Eggs Of Gormorhh | Outpregnate (2019)
Le premier contact avec un album se fait généralement par son artwork. Celui, abominable, qui habille Outpregnate et que signe Daniel "Nekronikon" Corcuera suffit déjà à se faire une idée assez précise de son contenu, avant même d'en avoir écarté les lèvres. Bestial et malsain, barbare et putride sera donc le successeur de Rot Prophet.
Pulverized | Monuments Of Misanthropy (2018)
L'addition Death metal d'Amérique Latine + Krucyator Productions ne peut être égale qu'à un carnage brutal et visqueux. Dont acte.
Drawn And Quatered | The One Who Lurks (2018)
Alors qu'il bastonne depuis vingt-cinq ans, Drawn And Quatered ne bénéficie pas de la renommée que son aura culte devrait lui assurer.
The Black Sorcery | ... And The Beast Spake Death From Above (2018)
Emissaire d'un black death caverneux et explosif tout ensemble, The Black Sorcery enfante avec ... And The Beast Spake Death From Above un méfait séminal croûté d'une lourdeur malsaine qui associe bestialité et précision technique.
Il arrive parfois, contrairement à ce que prétend l'adage, que l'habit fasse le moine. Prenez par exemple The Black Sorcery, tout chez ces furieux Canadiens pue le black death blasphématoire, celui qui fait saigner les orifices, celui qui, sale comme le sang menstruel, patauge dans les cadavres d'un charnier encore fumant. Son logo, (forcément) illisible comme l'artwork diabolique de son premier crachat ne disent pas autre chose.
Au moins, on sait d'emblée à quoi on a à faire. Le fait qu'il voit la nuit par l'entremise de l'excellent Krucyator Productions, refuge à la ligne directrice bien définie, bestiale et radicale, achève de faire de ... And The Beast Spake Death From Above une des ces saillies brutales où copulent le black le plus nucléaire avec le death le plus infâme. S'agissant d'un galop d'essai, on ne sait pas grand chose sur le groupe lui-même si ce n'est que Orpheus, son bassiste, a fait ses armes au sein de Paroxsihzem, dernier indice qui ne trompe quant à la teneur sauvage de la chose, cependant que le chanteur Lörd Matzigkeitus ne peut se contenter d'une seule fente à remplir, multipliant les aventures, chez Thy Sepulchral Moon notamment et pour n'en citer qu'une d'entre-elles. Mais parler ici de chant est-il vraiment adéquat tant la performance du gaillard se rapproche davantage de vagissements de porcs de rut. Ce qui plonge la musique de The Black Sorcery dans les viscères d'un death presque aux confins du grind. Ajoutons à cela une propension à imprimer un rythme infernal et vous aurez compris qu'au final, on ne retient d'abord pas grand chose de cette bouillie aussi pestilentielle que ténébreuse. L'écoute file très vite, dégueulant huit blasphèmes en moins d'une demi-heure. Ceux-ci finissent par se confondre les uns les autres, rivalisant en sauvagerie malsaine et méphitique. Et lorsque les Canadiens serrent le frein à main pour tendre dans une nuit sale, une verge lourde et gonflée, le méat prêt à vomir son torrent de fiel, ce sont les enfers qui s'ouvrent sous nos pieds (Frost Veined). Aussi guerrière que cradingue , la prise de son n'étouffe pourtant jamais l'habileté technique de musiciens chevronnés, maîtrise qui ne fait que rendre ce premier méfait plus redoutable et oppressant encore. On ne sort pas indemne de sa pénétration un peu rude, les cavités labourées, écartelées par une hampe grumeleuse et démoniaque. Emissaire d'un black death caverneux et explosif tout ensemble, The Black Sorcery enfante avec ... And The Beast Spake Death From Above un méfait séminal croûté d'une lourdeur malsaine qui associe bestialité et précision technique. (08.07.18)
Il arrive parfois, contrairement à ce que prétend l'adage, que l'habit fasse le moine. Prenez par exemple The Black Sorcery, tout chez ces furieux Canadiens pue le black death blasphématoire, celui qui fait saigner les orifices, celui qui, sale comme le sang menstruel, patauge dans les cadavres d'un charnier encore fumant. Son logo, (forcément) illisible comme l'artwork diabolique de son premier crachat ne disent pas autre chose.
Au moins, on sait d'emblée à quoi on a à faire. Le fait qu'il voit la nuit par l'entremise de l'excellent Krucyator Productions, refuge à la ligne directrice bien définie, bestiale et radicale, achève de faire de ... And The Beast Spake Death From Above une des ces saillies brutales où copulent le black le plus nucléaire avec le death le plus infâme. S'agissant d'un galop d'essai, on ne sait pas grand chose sur le groupe lui-même si ce n'est que Orpheus, son bassiste, a fait ses armes au sein de Paroxsihzem, dernier indice qui ne trompe quant à la teneur sauvage de la chose, cependant que le chanteur Lörd Matzigkeitus ne peut se contenter d'une seule fente à remplir, multipliant les aventures, chez Thy Sepulchral Moon notamment et pour n'en citer qu'une d'entre-elles. Mais parler ici de chant est-il vraiment adéquat tant la performance du gaillard se rapproche davantage de vagissements de porcs de rut. Ce qui plonge la musique de The Black Sorcery dans les viscères d'un death presque aux confins du grind. Ajoutons à cela une propension à imprimer un rythme infernal et vous aurez compris qu'au final, on ne retient d'abord pas grand chose de cette bouillie aussi pestilentielle que ténébreuse. L'écoute file très vite, dégueulant huit blasphèmes en moins d'une demi-heure. Ceux-ci finissent par se confondre les uns les autres, rivalisant en sauvagerie malsaine et méphitique. Et lorsque les Canadiens serrent le frein à main pour tendre dans une nuit sale, une verge lourde et gonflée, le méat prêt à vomir son torrent de fiel, ce sont les enfers qui s'ouvrent sous nos pieds (Frost Veined). Aussi guerrière que cradingue , la prise de son n'étouffe pourtant jamais l'habileté technique de musiciens chevronnés, maîtrise qui ne fait que rendre ce premier méfait plus redoutable et oppressant encore. On ne sort pas indemne de sa pénétration un peu rude, les cavités labourées, écartelées par une hampe grumeleuse et démoniaque. Emissaire d'un black death caverneux et explosif tout ensemble, The Black Sorcery enfante avec ... And The Beast Spake Death From Above un méfait séminal croûté d'une lourdeur malsaine qui associe bestialité et précision technique. (08.07.18)
KröniK | Profane Order - Tightened Noose Of Sanctimony / Marked By Malice (2016 / 2017)
Les Québécois repoussent les frontières qui séparent l'homme de la bête en un brouet apocalyptique dont on ne sort pas de l'écoute indemne, les muqueuses en sang.
Toujours aussi inspiré dans ses choix, Krucyator réédite aujourd'hui en CD le EP Tightened Noose Of Sanctimony que Profane Order a commis l'an passé et jusqu'alors disponible en numérique puis en cassette, auquel il a eu la bonne idée d'agglomérer le premier méfait longue durée des Canadiens, Marked By Malice, édité quant à lui en 2016 sous ces mêmes formats. Voilà désormais réuni ce qui se fait de plus bestial et malfaisant en terme de black death nucléaire.
Les Québécois repoussent les frontières qui séparent l'homme de la bête en un brouet apocalyptique dont on ne sort pas de l'écoute indemne, les muqueuses en sang. S'enfiler d'un coup ces deux déflagrations atomiques tient du viol auditif qui charcute et explose la chair et les tripes. Cela pourrait être une bouillie infâme dont on ne retient rien mais étant l'œuvre de musiciens maîtres de leur manche robuste, le résultat n'en est que plus démentiel de brutalité. Durant plus de cinquante minutes, les Canadiens pilonnent en mode marteau piqueur et dressent une verge monstrueuse, gonflée d'un stupre evil, qui ne cesse de cracher tel un geyser tellurique, une semence nocive aux allures de coulée blasphématoire. Enchaînant les saillies supersoniques (Terror Worship, Morbid Lust...), ils n'aiment cependant rien moins que multiplier les rampants de coups de boutoir lesquels, loin de sucer la moelle vicieuse de ce matériau survolté, le plonge alors dans les profondeurs d'un charnier malsain, témoin le reptilien Rat's Nest, qui macère dans les sous-sols obscurs où ont lieu sacrifices et sévices indicibles, avant de lancer Marked By Malice sur la voie d'une atrocité souterraine. Nous pourrions décrire par le menu chacune de ces deux offrandes mais, mises ainsi bout à bout, celles-ci forment une masse compacte, un bloc indivisible plus redoutable encore d'où émergent des éclairs furieux (Misanthropic Sect), des lacérations sanglantes (Dyed In The Wool). Il est toutefois évident que le EP va encore plus loin que son devancier en faisant copuler l'agressivité morbide de l'art noir et la sauvagerie technique du death metal le plus apocalyptique. L'ensemble trempe dans le pus vicieux d'un occultisme primitif. Après avoir écouté cette addition pernicieuse, on comprend parfaitement pourquoi le label a décidé de lui trouver une place entre les rééditions de Drawn And Quatered ou Paroxsihzem avec lesquelles elle partage cette même violence millimétrée qui ne l'exonère jamais d'une négativité cryptique. (30/04/2018)
Toujours aussi inspiré dans ses choix, Krucyator réédite aujourd'hui en CD le EP Tightened Noose Of Sanctimony que Profane Order a commis l'an passé et jusqu'alors disponible en numérique puis en cassette, auquel il a eu la bonne idée d'agglomérer le premier méfait longue durée des Canadiens, Marked By Malice, édité quant à lui en 2016 sous ces mêmes formats. Voilà désormais réuni ce qui se fait de plus bestial et malfaisant en terme de black death nucléaire.
Les Québécois repoussent les frontières qui séparent l'homme de la bête en un brouet apocalyptique dont on ne sort pas de l'écoute indemne, les muqueuses en sang. S'enfiler d'un coup ces deux déflagrations atomiques tient du viol auditif qui charcute et explose la chair et les tripes. Cela pourrait être une bouillie infâme dont on ne retient rien mais étant l'œuvre de musiciens maîtres de leur manche robuste, le résultat n'en est que plus démentiel de brutalité. Durant plus de cinquante minutes, les Canadiens pilonnent en mode marteau piqueur et dressent une verge monstrueuse, gonflée d'un stupre evil, qui ne cesse de cracher tel un geyser tellurique, une semence nocive aux allures de coulée blasphématoire. Enchaînant les saillies supersoniques (Terror Worship, Morbid Lust...), ils n'aiment cependant rien moins que multiplier les rampants de coups de boutoir lesquels, loin de sucer la moelle vicieuse de ce matériau survolté, le plonge alors dans les profondeurs d'un charnier malsain, témoin le reptilien Rat's Nest, qui macère dans les sous-sols obscurs où ont lieu sacrifices et sévices indicibles, avant de lancer Marked By Malice sur la voie d'une atrocité souterraine. Nous pourrions décrire par le menu chacune de ces deux offrandes mais, mises ainsi bout à bout, celles-ci forment une masse compacte, un bloc indivisible plus redoutable encore d'où émergent des éclairs furieux (Misanthropic Sect), des lacérations sanglantes (Dyed In The Wool). Il est toutefois évident que le EP va encore plus loin que son devancier en faisant copuler l'agressivité morbide de l'art noir et la sauvagerie technique du death metal le plus apocalyptique. L'ensemble trempe dans le pus vicieux d'un occultisme primitif. Après avoir écouté cette addition pernicieuse, on comprend parfaitement pourquoi le label a décidé de lui trouver une place entre les rééditions de Drawn And Quatered ou Paroxsihzem avec lesquelles elle partage cette même violence millimétrée qui ne l'exonère jamais d'une négativité cryptique. (30/04/2018)
KröniK | Autokrator - Hammer Of The Heretics (2018)
Reptilien et déchaîné tout ensemble, Hammer Of The Heretics s'abîme dans les artères pétrifiées que perforent des musiciens à l'unisson d'une brutalité étouffante.
Hybridant à l'origine avec une puissance mécanique et autoritaire, plusieurs facettes du metal le plus halluciné, du death au black, du drone à l'indus, Autokrator glisse peu à peu en dehors de cette enveloppe protéiforme pour aller marteler dans les entrailles d'un édifice ravagé, un art certes toujours aussi sévère et mortifère mais dont la ligne de crête est rendue plus lisible grâce un style plus affirmé. Plus classique peut-être mais pas moins brutal.
A l'image des productions du propre label du maître des lieux qui, de Mitochondrion à Auroch en passant par Paroxsihzem ou Drawn And Quartered, mordent la chair écorchée d'un death black vicié, aussi oppressant que technique, Hammer Of The Heretics révèle un groupe vidé de sa dimension martiale et désincarnée, qui s'enfonce franchement dans les abysses d'une indicible démence. Au vrai, ce troisième méfait s'avère être un pur album de death metal comme en témoigne son malfaisant titre éponyme. Les convulsions glaireuses de David Bailey et les parties de batterie de Kevin Paradis actuel cogneur de Benighted et Agressor (entre beaucoup d'autres), aident à l'érection de cette bâtisse trempée dans un jus cadavérique dont les tentaculaires fondations sont dressées par les guitares aussi corrosives qu'oppressantes de Loïc. Le goût intact de ce dernier pour l'Histoire dans ce qu'elle a de plus sombre et torturé, dicte au trio une partition d'une intensité meurtrie nourrie du sang de l'inquisition. Habillée d'un noble digipack au format A5, l'oeuvre est toute entière rongée par la mort et la folie que guide une fièvre obscurantiste. Par rapport à ses devancières, elle affiche certes un menu toujours si aussi dense et ramassé mais s'articule autour de pulsations plus longues. Séparées par un interlude où résonnent les cris des hérétiques subissant les supplices sensés leur faire avouer quelque péché diabolique et autre suspicion de sorcellerie, ce sont quatre saillies compactes et tendues comme une hampe prête à cracher sa méphitique semence, qui ouvrent les vannes d'une violence dégénérée. A la noirceur ténébreuse d'ambiances rouées répond une force sourde et apocalyptique qui infuse dans la panse de ces lacérations grouillantes de négativité. Reptilien et déchaîné tout ensemble, Hammer Of The Heretics s'abîme dans les artères pétrifiées que perforent des musiciens à l'unisson d'une brutalité étouffante. Dès ce Against Flesh And Blood écrasant et jusqu'au terminal Inquisitio-Denuncitato-Exceptio, c'est un étau au goût de rouille qui se ferme comme un instrument de torture qui entaille dans la chair et dans l'âme des stigmates purulents et profonds d'où s'éjacule un suint noir et empoisonné. (31/03/2018)
Hybridant à l'origine avec une puissance mécanique et autoritaire, plusieurs facettes du metal le plus halluciné, du death au black, du drone à l'indus, Autokrator glisse peu à peu en dehors de cette enveloppe protéiforme pour aller marteler dans les entrailles d'un édifice ravagé, un art certes toujours aussi sévère et mortifère mais dont la ligne de crête est rendue plus lisible grâce un style plus affirmé. Plus classique peut-être mais pas moins brutal.
A l'image des productions du propre label du maître des lieux qui, de Mitochondrion à Auroch en passant par Paroxsihzem ou Drawn And Quartered, mordent la chair écorchée d'un death black vicié, aussi oppressant que technique, Hammer Of The Heretics révèle un groupe vidé de sa dimension martiale et désincarnée, qui s'enfonce franchement dans les abysses d'une indicible démence. Au vrai, ce troisième méfait s'avère être un pur album de death metal comme en témoigne son malfaisant titre éponyme. Les convulsions glaireuses de David Bailey et les parties de batterie de Kevin Paradis actuel cogneur de Benighted et Agressor (entre beaucoup d'autres), aident à l'érection de cette bâtisse trempée dans un jus cadavérique dont les tentaculaires fondations sont dressées par les guitares aussi corrosives qu'oppressantes de Loïc. Le goût intact de ce dernier pour l'Histoire dans ce qu'elle a de plus sombre et torturé, dicte au trio une partition d'une intensité meurtrie nourrie du sang de l'inquisition. Habillée d'un noble digipack au format A5, l'oeuvre est toute entière rongée par la mort et la folie que guide une fièvre obscurantiste. Par rapport à ses devancières, elle affiche certes un menu toujours si aussi dense et ramassé mais s'articule autour de pulsations plus longues. Séparées par un interlude où résonnent les cris des hérétiques subissant les supplices sensés leur faire avouer quelque péché diabolique et autre suspicion de sorcellerie, ce sont quatre saillies compactes et tendues comme une hampe prête à cracher sa méphitique semence, qui ouvrent les vannes d'une violence dégénérée. A la noirceur ténébreuse d'ambiances rouées répond une force sourde et apocalyptique qui infuse dans la panse de ces lacérations grouillantes de négativité. Reptilien et déchaîné tout ensemble, Hammer Of The Heretics s'abîme dans les artères pétrifiées que perforent des musiciens à l'unisson d'une brutalité étouffante. Dès ce Against Flesh And Blood écrasant et jusqu'au terminal Inquisitio-Denuncitato-Exceptio, c'est un étau au goût de rouille qui se ferme comme un instrument de torture qui entaille dans la chair et dans l'âme des stigmates purulents et profonds d'où s'éjacule un suint noir et empoisonné. (31/03/2018)
4/5 | La Horde Noire
KröniK | Drawn And Quartered - Feeding Hell's Furnace (2012)
Entre deux hosties du maître des lieux, N.K.V.D autrefois et Autokrator aujourd'hui, Krucyator Productions est en train de se spécialiser dans la ré-édition, principalement en cassette, de rondelles qui répondent au goût de Loïc.F pour un art extrême dont la technicité cyclopéenne n'étouffe jamais une noirceur aussi viscérale que grumeleuse. Quelques mois avant la ressortie en vinyle de Hail Infernal Darkness, que Drawn And Quartered enregistra en 2006, c'est Feeding Hell's Furnace qui a eu droit à une seconde vie, en format tape cette fois-là. Sa (re)découverte nous permet d'évoquer ce vétéran de la chapelle death US qui n'a rien à envier à Incantation en terme de brutalité obscure et viciée et ce, malgré une renommée bien moindre.
Lorsqu'il est gravé en 2012 et publié par Nuclear Winter Records, ce sixième album marque le retour de ses géniteurs après cinq ans d'absence et Merciless Hammer Of Lucifer, long tunnel seulement brisé par un DVD (Assault Of Evil) et le EP Conquerors Of Sodom. Le groupe est donc très attendu et l'amateur ne sera pas déçu. A première vue pourtant, Feeding Hell's Furnace a quelque chose d'une masse compacte et glaireuse dont on ne retient tout d'abord rien si ce n'est l'impression de se prendre en pleine gueule une biffle monstrueuse. Les Américains dressent une hampe caverneuse de laquelle s'échappe une semence méphitique aux allures de magma visqueux. Gorges profondes, accordage plus bas que terre et guitares turgescentes érigent un bloc tendu et saturé qu'une prise de son presque étouffée rend plus souterrain encore. En un mot : tellurique. De fait, l'oeuvre semble tout droit crachée des enfers. En une succession de strates qui se chevauchent, le tout est un comme voyage à travers les abysses auquel sa durée trapue confère une intensité cataclysmique. Plus encore que ses devanciers, l'opus gronde d'une force cryptique qui fait de lui la création la plus sombre de ses auteurs. Le pénétrer revient à s'enfoncer dans les arcanes de l'indicible en suivant un chemin tentaculaire peuplé d'images bestiales, qui prend toute sa démesure cyclopéenne lors d'une seconde partie aussi apocalyptique qu'étouffante. Feeding Hell's Furnace est comme une créature tentaculaire tapie dans les abysses et dont la panse est gonflée d'un jus malsain et evil. (17/02/2018)
Lorsqu'il est gravé en 2012 et publié par Nuclear Winter Records, ce sixième album marque le retour de ses géniteurs après cinq ans d'absence et Merciless Hammer Of Lucifer, long tunnel seulement brisé par un DVD (Assault Of Evil) et le EP Conquerors Of Sodom. Le groupe est donc très attendu et l'amateur ne sera pas déçu. A première vue pourtant, Feeding Hell's Furnace a quelque chose d'une masse compacte et glaireuse dont on ne retient tout d'abord rien si ce n'est l'impression de se prendre en pleine gueule une biffle monstrueuse. Les Américains dressent une hampe caverneuse de laquelle s'échappe une semence méphitique aux allures de magma visqueux. Gorges profondes, accordage plus bas que terre et guitares turgescentes érigent un bloc tendu et saturé qu'une prise de son presque étouffée rend plus souterrain encore. En un mot : tellurique. De fait, l'oeuvre semble tout droit crachée des enfers. En une succession de strates qui se chevauchent, le tout est un comme voyage à travers les abysses auquel sa durée trapue confère une intensité cataclysmique. Plus encore que ses devanciers, l'opus gronde d'une force cryptique qui fait de lui la création la plus sombre de ses auteurs. Le pénétrer revient à s'enfoncer dans les arcanes de l'indicible en suivant un chemin tentaculaire peuplé d'images bestiales, qui prend toute sa démesure cyclopéenne lors d'une seconde partie aussi apocalyptique qu'étouffante. Feeding Hell's Furnace est comme une créature tentaculaire tapie dans les abysses et dont la panse est gonflée d'un jus malsain et evil. (17/02/2018)
3/5 | La Horde Noire
KröniK | Paroxsihzem - Abyss Of Excruciating Vexes (2015)
Tout n'est pas (toujours) une question de taille. Abyss Of Excruciating Vexes en constitue une bonne démonstration. Vingt-quatre minutes suffisent ainsi à ses procréateurs pour ouvrir les veines d'une négativité suffocante et plonger tout ce qui les entoure dans une nuit épaisse comme une marée noire. Publié à l'origine en 2015 sous la forme d'un 12 pouces par Hellthrasher, l'objet a droit à son édition en cassette grâce à l'inévitable Krucyator Productions, lequel est en train de faire une OPA sur le meilleur de la scène black death nord-américaine.
Et cette réédition vient nous rappeler que les Canadiens comptent parmi les artisans les plus terrifiants de cette hybridation entre l'art noir et le metal de la mort dans ce qu'ils ont de plus cryptique, de plus vicié. Par rapport au format originel, l'ordre des pistes a subi une légère modification, tape oblige. Ainsi, BZ Experiment vient s'intercaler entre Dillanties Torture et Bellicose Psychosis, serrés sur une première face monstrueuse. Mises bout à bout, ces trois lacérations représentent dans leur abyssale entièreté une espèce de bloc cyclopéen dont les indicibles entrailles abritent d'une noirceur grouillante. A l'unisson d'une bestialité oppressante, les musiciens taillent dans une chair putrescente un dédale tendu comme une verge prête à cracher son venin. Les frontières sont gommées, avalées, débouchant sur un magma à la fois pétrifié et convulsif. Basé sur une stratigraphie aussi tortueuse que torturée, ces pulsations grondent d'une brutalité désincarnée. Elles fonctionnent comme un étau mortifère qui se referme peu à peu. En agglomérant le fielleux Isolation et la reprise du Dead Cunt Maniac de Arkhon Infaustus, la face B, quant à elle, file à toute allure en un maelström diabolique, exsudant une dépravation morbide. Bref, vous l'aurez compris, en cinq titres, Paroxsihzem libère les tentacules d'une violence organique avec une intensité paroxysmique. Et encore une fois, si au bout du compte, nous ne sommes pas certain d'avoir bien tout compris, broyés par cette négativité qui ne débande jamais, il y a au moins une chose dont nous sommes sûrs, les ténèbres ne sont pas prêtes de se retirer après le passage de ce Abyss Of Excruciating Vexes démentiel dans sa force souterraine et étouffante... 3.5/5 (09/12/2017)
Et cette réédition vient nous rappeler que les Canadiens comptent parmi les artisans les plus terrifiants de cette hybridation entre l'art noir et le metal de la mort dans ce qu'ils ont de plus cryptique, de plus vicié. Par rapport au format originel, l'ordre des pistes a subi une légère modification, tape oblige. Ainsi, BZ Experiment vient s'intercaler entre Dillanties Torture et Bellicose Psychosis, serrés sur une première face monstrueuse. Mises bout à bout, ces trois lacérations représentent dans leur abyssale entièreté une espèce de bloc cyclopéen dont les indicibles entrailles abritent d'une noirceur grouillante. A l'unisson d'une bestialité oppressante, les musiciens taillent dans une chair putrescente un dédale tendu comme une verge prête à cracher son venin. Les frontières sont gommées, avalées, débouchant sur un magma à la fois pétrifié et convulsif. Basé sur une stratigraphie aussi tortueuse que torturée, ces pulsations grondent d'une brutalité désincarnée. Elles fonctionnent comme un étau mortifère qui se referme peu à peu. En agglomérant le fielleux Isolation et la reprise du Dead Cunt Maniac de Arkhon Infaustus, la face B, quant à elle, file à toute allure en un maelström diabolique, exsudant une dépravation morbide. Bref, vous l'aurez compris, en cinq titres, Paroxsihzem libère les tentacules d'une violence organique avec une intensité paroxysmique. Et encore une fois, si au bout du compte, nous ne sommes pas certain d'avoir bien tout compris, broyés par cette négativité qui ne débande jamais, il y a au moins une chose dont nous sommes sûrs, les ténèbres ne sont pas prêtes de se retirer après le passage de ce Abyss Of Excruciating Vexes démentiel dans sa force souterraine et étouffante... 3.5/5 (09/12/2017)
KröniK | Paroxsihzem - S/T (2012)
Krucyator Productions continue son travail de réédition en cassette, plus rarement en CD, tamisant la scène death black à la recherche de pépites chères au coeur de Loïc, son fondateur, plus connu comme l'âme de N.K.V.D. et désormais d'Autokrator. Entre les cuisses de Mitochondrion (Antinumerology) et d'Auroch (From Forgotten Worlds), Paroxsihzem se glisse avec aisance, partageant avec eux plus qu'une même origine géographique (le Canada) mais avant tout une vision identique d'un metal extrême aussi furieux que viscéral dont l'habileté technique se fond dans un creuset intense et tortueux.
Après avoir publié le EP Abyss Of Excruciating Vexes, dernier signe de mort en date du combo de Toronto, le label redonne vie (?) à son méfait éponyme et séminal, gravé en 2012 et originellement sorti en rondelle par Dark Descent Records. Voilà pour le cadre. Cauchemardesque et étouffant, l'intérieur a quelque chose d'un monstre tentaculaire, macérant dans un jus dans les profondeurs d'une geôle abyssale, creusée dans les cavités humides d'un monde souterrain.Bien que déployant sept pulsations, dont une intro instrumentale, il parait vain de chercher à décrire par le menu cet opus qui ne forme en réalité qu'un seul et unique bloc de matière noire qui voit chacune de ses parties se confondre les unes avec les autres. En la pénétrant dans sa terrifiante entièreté, l'oeuvre n'en parait que plus effroyable, grondant d'une tension (forcément) paroxysmique, dressant sa verge lourde et tendue à l'extrême, gonflée de nervures prêtes à éclater. De son gland noir coule un torrent chargé d'une corrosive négativité. Paroxsihzem nous convie à une partouze infernale, copulation bestiale entre des guitares massives au son compressé, un chant grumeleux craché des abîmes et une rythmique saturée. Pendant presque quarante minutes, c'est un étau qui serre l'auditeur masochiste, le comprime, le laissant à la fin exsangue, le cerveau vidé, aspiré par cette violence incessante martelée par des aliénés armés de scalpel rouillé. Si on pioche par ici un break implacable, par là, des éclairs guitaristiques, l'ensemble se révèle si monstrueusement halluciné, grondant d'une force cataclysmique telle, que l'on n'en comprend pas grand chose, ne retenant rien de lui, si ce n'est l'impression d'être emporté par un magma déchaînée qui transperce un labyrinthe dont le terminal Aokigahara (presque neuf minutes d'une brutalité aussi millimétrée qu'abrasive) incarne le choeur où se croisent ce lacis de tentacules. Mais c'est de cette dimension compacte d'une densité oppressante que ce death black prend justement toute son écrasante envergure, édifice mortifère dont les corridors grouillent d'un flot venimeux. 4/5 (02/12/2017)
Après avoir publié le EP Abyss Of Excruciating Vexes, dernier signe de mort en date du combo de Toronto, le label redonne vie (?) à son méfait éponyme et séminal, gravé en 2012 et originellement sorti en rondelle par Dark Descent Records. Voilà pour le cadre. Cauchemardesque et étouffant, l'intérieur a quelque chose d'un monstre tentaculaire, macérant dans un jus dans les profondeurs d'une geôle abyssale, creusée dans les cavités humides d'un monde souterrain.Bien que déployant sept pulsations, dont une intro instrumentale, il parait vain de chercher à décrire par le menu cet opus qui ne forme en réalité qu'un seul et unique bloc de matière noire qui voit chacune de ses parties se confondre les unes avec les autres. En la pénétrant dans sa terrifiante entièreté, l'oeuvre n'en parait que plus effroyable, grondant d'une tension (forcément) paroxysmique, dressant sa verge lourde et tendue à l'extrême, gonflée de nervures prêtes à éclater. De son gland noir coule un torrent chargé d'une corrosive négativité. Paroxsihzem nous convie à une partouze infernale, copulation bestiale entre des guitares massives au son compressé, un chant grumeleux craché des abîmes et une rythmique saturée. Pendant presque quarante minutes, c'est un étau qui serre l'auditeur masochiste, le comprime, le laissant à la fin exsangue, le cerveau vidé, aspiré par cette violence incessante martelée par des aliénés armés de scalpel rouillé. Si on pioche par ici un break implacable, par là, des éclairs guitaristiques, l'ensemble se révèle si monstrueusement halluciné, grondant d'une force cataclysmique telle, que l'on n'en comprend pas grand chose, ne retenant rien de lui, si ce n'est l'impression d'être emporté par un magma déchaînée qui transperce un labyrinthe dont le terminal Aokigahara (presque neuf minutes d'une brutalité aussi millimétrée qu'abrasive) incarne le choeur où se croisent ce lacis de tentacules. Mais c'est de cette dimension compacte d'une densité oppressante que ce death black prend justement toute son écrasante envergure, édifice mortifère dont les corridors grouillent d'un flot venimeux. 4/5 (02/12/2017)
KröniK | Auroch - From Forgotten Worlds (2012)
Krucyator Productions, le label de l'homme qui se cache derrière N.K.V.D. et Autokrator, a le bon goût de rééditer en cassette From Forgotten Worlds, première exploration longue durée de Auroch, gravé en 2012. Si l'album avait déjà fait l'objet, il y a trois ans, d'une publication sous ce format via Tridroid Records, cette initiative a cependant un double mérite. D'une part, elle pourra permettre aux néophytes de découvrir une redoutable pièce d'un death metal dont la technicité ne l'exonère en rien d'une malfaisance tellurique.
D'autre part, elle offrira aux autres, à ceux qui ne sont pas étrangers à l'art vicié que maçonnent les Canadiens, le prétexte pour replonger dans les arcanes labyrinthiques de cette offrande tendue comme une hampe prête à exploser en un geyser ténébreux. Reprenant l'artwork, superbe d'ailleurs, d'une précédente réédition (celle de 20 Buck Spin), l'œuvre gronde d'une force (noire) intacte qui nous plante au sol, empalés par ces coups de pilon tentaculaires. Piloté par Sebastian Montesi (Mitochondrion), Auroch galope à travers les terres ravagées d'un metal extrême d'une brutalité aussi hallucinée que millimétrée. Enraciné dans une stratigraphie compliquée à la manière de plaques tectoniques qui se chevauchent, From Forgotten Worlds explore les entrailles obscures de mondes souterrains sillonnés par de tortueuses galeries. Chacun de ses titres a quelque chose d'une marche supplémentaire vers l'indicible, vers une autre dimension, un multivers aussi mystérieux qu'oppressant. Architecture dense et trapue que propulse une sève sismique, l'opus éjacule une sécrétion aux allures de magma puissant qui emporte tout dans son sillage. Si les musiciens sont à l'unisson d'une violence déchaînée (Pathogenic Talisman (For Total Temporal Collapse)), ces derniers prennent soin d'aérer leurs compositions par de salvatrices éruptions. De leur manche s'échappe ainsi une faible lumière qui rend l'écoute moins sévère que prévu, presque mélodique parfois (Terra Akeldama). Les nombreuses cassures qui les perforent participent d'une construction à la fois comprimée et atmosphérique (Fleshless Ascension (Paths Of Dawn)). Sa courte durée, loin d'en altérer la sourde tension, confère à From Forgotten Worlds une puissance dévastatrice. Véritable viol auditif, on sort de son écoute, lessivés, comme vidés mais cependant comblés, pleins de cet orgasme furieux. Mêlant effusion de virtuosité en même temps que fulgurance d'agressivité, ce disque est tout du long travaillé de l'intérieur par cette ambivalence viciée, dédale compressé tapi de piège qui nous égare autant qu'il nous fascine. 3.5/5 (25/11/2017)
D'autre part, elle offrira aux autres, à ceux qui ne sont pas étrangers à l'art vicié que maçonnent les Canadiens, le prétexte pour replonger dans les arcanes labyrinthiques de cette offrande tendue comme une hampe prête à exploser en un geyser ténébreux. Reprenant l'artwork, superbe d'ailleurs, d'une précédente réédition (celle de 20 Buck Spin), l'œuvre gronde d'une force (noire) intacte qui nous plante au sol, empalés par ces coups de pilon tentaculaires. Piloté par Sebastian Montesi (Mitochondrion), Auroch galope à travers les terres ravagées d'un metal extrême d'une brutalité aussi hallucinée que millimétrée. Enraciné dans une stratigraphie compliquée à la manière de plaques tectoniques qui se chevauchent, From Forgotten Worlds explore les entrailles obscures de mondes souterrains sillonnés par de tortueuses galeries. Chacun de ses titres a quelque chose d'une marche supplémentaire vers l'indicible, vers une autre dimension, un multivers aussi mystérieux qu'oppressant. Architecture dense et trapue que propulse une sève sismique, l'opus éjacule une sécrétion aux allures de magma puissant qui emporte tout dans son sillage. Si les musiciens sont à l'unisson d'une violence déchaînée (Pathogenic Talisman (For Total Temporal Collapse)), ces derniers prennent soin d'aérer leurs compositions par de salvatrices éruptions. De leur manche s'échappe ainsi une faible lumière qui rend l'écoute moins sévère que prévu, presque mélodique parfois (Terra Akeldama). Les nombreuses cassures qui les perforent participent d'une construction à la fois comprimée et atmosphérique (Fleshless Ascension (Paths Of Dawn)). Sa courte durée, loin d'en altérer la sourde tension, confère à From Forgotten Worlds une puissance dévastatrice. Véritable viol auditif, on sort de son écoute, lessivés, comme vidés mais cependant comblés, pleins de cet orgasme furieux. Mêlant effusion de virtuosité en même temps que fulgurance d'agressivité, ce disque est tout du long travaillé de l'intérieur par cette ambivalence viciée, dédale compressé tapi de piège qui nous égare autant qu'il nous fascine. 3.5/5 (25/11/2017)
Soon | Autokrator - Hammer Of The Heretics
KröniK | Mitochondrion - Antinumerology (2013)
Petite bestiole longue d'une douzaine de minutes peut-être, Antinumerology n'en demeure pas moins le réceptacle malsain d'une puissance hallucinée. Mitochondrion, son géniteur, fait partie de ces créatures ténébreuses qui repoussent les limites d'une brutalité vicieuse, gommant les frontières entre le black et le death pour enfanter un art extrême total aussi monstrueux que labyrinthique, à l'instar de Portal, Abyssal ou Auroch avec lequel il partage d'ailleurs deux de ses membres (Sebastian Montesi et Shawn Hache).
Originellement publiée en 2013 sous la forme d'un 7'' par Dark Descent Records, cette hostie a droit aujourd'hui à une édition CD par le plus modeste mais tout aussi passionné Krucyator Productions (Miserist, Paroxsihzem, Autokrator) dans le corps duquel elle s'inscrit viscéralement de part la force caverneuse qui vibre dans ses entrailles remplies d'un liquide bestial. En trois saillies d'une fureur morbide, les Canadiens forent les cavités abyssales de la terre jusqu'à l'os avec leur manche tendu que gonfle un stupre nocif. L'écoute file très vite en un viol auditif interrompu dont on sort les muqueuses en sang, lacérées par ces coups de boutoirs fielleux. Du haut de ses six minutes au jus, Insummation anime la moitié du menu, véritable dédale étouffant où la frénésie du death se conjugue à la noirceur charbonneuse du black metal cependant que ses corridors peuplés d'ombres menaçantes sont perforés de crevasses quasi doom. Fait d'un même bois dont l'écorce sent le soufre, l'éponyme Antinumerology s'enfonce plus encore dans les arcanes de l'indicible, la panse gavée de riffs ferrugineux qui hurlent en un démentiel pandémonium instrumental. Entre ces deux excavations mortifères, II 137 (Mors Formulae) racle les chairs à vif en déversant en mode mitrailleuse une violence épidermique. Tout y est réuni pour déclencher une apocalypse occulte. Bref, cette réédition offre l'occasion de (re)découvrir un méfait terrifiant à la gloire d'un syncrétisme démoniaque dont la courte durée, loin d'en grever la force lui confère au contraire une intensité impie. 3.5/5 (12/08/2017)
Originellement publiée en 2013 sous la forme d'un 7'' par Dark Descent Records, cette hostie a droit aujourd'hui à une édition CD par le plus modeste mais tout aussi passionné Krucyator Productions (Miserist, Paroxsihzem, Autokrator) dans le corps duquel elle s'inscrit viscéralement de part la force caverneuse qui vibre dans ses entrailles remplies d'un liquide bestial. En trois saillies d'une fureur morbide, les Canadiens forent les cavités abyssales de la terre jusqu'à l'os avec leur manche tendu que gonfle un stupre nocif. L'écoute file très vite en un viol auditif interrompu dont on sort les muqueuses en sang, lacérées par ces coups de boutoirs fielleux. Du haut de ses six minutes au jus, Insummation anime la moitié du menu, véritable dédale étouffant où la frénésie du death se conjugue à la noirceur charbonneuse du black metal cependant que ses corridors peuplés d'ombres menaçantes sont perforés de crevasses quasi doom. Fait d'un même bois dont l'écorce sent le soufre, l'éponyme Antinumerology s'enfonce plus encore dans les arcanes de l'indicible, la panse gavée de riffs ferrugineux qui hurlent en un démentiel pandémonium instrumental. Entre ces deux excavations mortifères, II 137 (Mors Formulae) racle les chairs à vif en déversant en mode mitrailleuse une violence épidermique. Tout y est réuni pour déclencher une apocalypse occulte. Bref, cette réédition offre l'occasion de (re)découvrir un méfait terrifiant à la gloire d'un syncrétisme démoniaque dont la courte durée, loin d'en grever la force lui confère au contraire une intensité impie. 3.5/5 (12/08/2017)
KröniK | Miserist - S/T (2017)
Miserist, c'est d'abord une démo tape, crachée en février 2016 à seize exemplaires seulement, grâce à laquelle le groupe, qui se nomme alors Headwar, est très vite repéré, contribuant tout comme Abyssal ou de Portal, à fusionner black et death metal en un seul bloc mortifère dont ne sont conservés que les atours les plus noirs, les plus viciés. Comme d'autres également, ces Australiens participent de cette volonté d'effacer les individualités et toute balise à laquelle on serait tenté de se raccrocher. Ni nom ni photo.
Miserist, c'est aujourd'hui un premier EP éponyme, qui meurt de la même manière que son ébauche, en déambulant durant presque dix minutes dans les corridors d'un hôpital psychiatrique qui résonne de cris d'aliénés et de sons inquiétants, errance hallucinée entre ambient et noise qui prend la forme de ce Narinkuntu aussi effrayant que désincarné. Le fait que ce méfait soit expulsé au grand jour (façon de parler) de ce cerveau malade, par l'entremise de Krucyator Productions ne signifie pas seulement qu'il est bon, très bon même, mais surtout qu'il partage avec N.K.V.D et Autokrator, les autres signatures du label mené par Loic F, l'âme de ces deux entités, une vision identique d'un art sonore extrêmement tourmenté, sinistre et autarcique, sévère et élitiste. Le cadre est donc posé, d'une noirceur froide et autoritaire. Mais parler de disque à son propos parait presque absurde tant il se rapproche davantage de la bande-son d'un film horrifique, véritable kaléidoscope d'images insoutenables qui convoque la puissance schizophrénique d'un Gnaw Their Tongues. Le caractère instrumental de la bête procède de cette dimension immersive dont on ne sort pas indemne, plongée sans espoir de retour dans les arcanes oppressantes d'un monde gangrené par une folie contaminatrice. Précédé par une entame compressée aux relents industriels (Skin, Mold & Flame), Miserist resserre très vite cet étau apocalyptique en une violence déchaînée dont les tentacules rampent à travers un labyrinthe abyssal. Avec VIII, une marche vers l'indicible est franchie, emportée par ces guitares tendues en une érection infernale que perforent des breaks reptiliens. Pulsatif, Horrro Infinitum semble quant à lui aller nulle part, fausse et brutale respiration avant le torrentiel Lung Rust dont le premier segment, survolté et étouffant, cède vicieusement la place à une seconde partie, immobile mais toute aussi suffocante, laquelle prépare au dérelict terminal, le déjà cité Narinkuntu, conclusion définitive après laquelle rien ne peut subsister. On peut affirmer sans prendre trop de risques, que la suite s'annonce terrifiante. 3.5/5 (2017) | Facebook
Miserist, c'est aujourd'hui un premier EP éponyme, qui meurt de la même manière que son ébauche, en déambulant durant presque dix minutes dans les corridors d'un hôpital psychiatrique qui résonne de cris d'aliénés et de sons inquiétants, errance hallucinée entre ambient et noise qui prend la forme de ce Narinkuntu aussi effrayant que désincarné. Le fait que ce méfait soit expulsé au grand jour (façon de parler) de ce cerveau malade, par l'entremise de Krucyator Productions ne signifie pas seulement qu'il est bon, très bon même, mais surtout qu'il partage avec N.K.V.D et Autokrator, les autres signatures du label mené par Loic F, l'âme de ces deux entités, une vision identique d'un art sonore extrêmement tourmenté, sinistre et autarcique, sévère et élitiste. Le cadre est donc posé, d'une noirceur froide et autoritaire. Mais parler de disque à son propos parait presque absurde tant il se rapproche davantage de la bande-son d'un film horrifique, véritable kaléidoscope d'images insoutenables qui convoque la puissance schizophrénique d'un Gnaw Their Tongues. Le caractère instrumental de la bête procède de cette dimension immersive dont on ne sort pas indemne, plongée sans espoir de retour dans les arcanes oppressantes d'un monde gangrené par une folie contaminatrice. Précédé par une entame compressée aux relents industriels (Skin, Mold & Flame), Miserist resserre très vite cet étau apocalyptique en une violence déchaînée dont les tentacules rampent à travers un labyrinthe abyssal. Avec VIII, une marche vers l'indicible est franchie, emportée par ces guitares tendues en une érection infernale que perforent des breaks reptiliens. Pulsatif, Horrro Infinitum semble quant à lui aller nulle part, fausse et brutale respiration avant le torrentiel Lung Rust dont le premier segment, survolté et étouffant, cède vicieusement la place à une seconde partie, immobile mais toute aussi suffocante, laquelle prépare au dérelict terminal, le déjà cité Narinkuntu, conclusion définitive après laquelle rien ne peut subsister. On peut affirmer sans prendre trop de risques, que la suite s'annonce terrifiante. 3.5/5 (2017) | Facebook
KröniK | N.K.V.D. - Totalitarian Industrial Oppression (2016)
Alors que son âme et fondateur semble l'avoir abandonné pour se consacrer à Autokrator dans une veine à la fois proche dans sa noirceur martiale et néanmoins différente dans son expression certes tout aussi organique mais plus désincarnée encore, il serait regrettable d'oublier N.K.V.D. dont les trois méfaits ne ressemblent définitivement à rien de connu, matrice terrifiante d'un black metal perforé par les pistons oppressants d'une musique industrielle autoritaire.
Cette somme, au nom éloquent, initiée par le label Krucyator Productions, offre l'occasion rêvée (?) de (re)découvrir Diktatura et Vlast, rassemblés sous la forme d'un digipak épuré et publiés respectivement en 2007 et 2011 par le très respectable Those Opposed Records où l'entité était certainement plus à sa place que chez Avantgarde qui éditera trois ans plus tard avec son manque de soutien habituel Hakmarjja, à ce jour, son dernier souffle de vie. Les cinq pistes du EP séminal ouvre cette marche militaire. Son visuel d'origine, où trônaient quatre des plus grands dictateurs du XXème siècle, annonçait d'emblée la couleur, noire forcément, véritable magma bouillonnant d'émanations de haine. Guitares tentaculaires et percussions militaires s'accouplent, dressant au milieu d'un charnier encore fumant, un édifice aux arêtes tranchantes et à la surface froide comme une dalle de béton. Durant à peine plus de vingt minutes, qu'encadrent deux sentinelles instrumentales (Ch.R.I et Sloboda), prolifère un art agressif et extrêmement sévère dont le pouls mécanique lui confère des allures de transe hypnotique (Incipit SSSR). Saturé, l'espace crépite d'une négativité dictatoriale qu'alimentent des samples de discours vindicatifs (Die Blinde Wissenschaft). Vlast quant là lui, ne se distingue guère de Diktatura qui en constitue une forme de brouillon, si ce n'est de part sa prise de son plus compacte encore. Il est une masse assourdissante et indivisible d'où s'échappe un chant au goût prononcé de fiel, kaléidoscope fiévreux d'images de guerre, de rassemblements patriotiques et de leur cortège génocidaire. Tendu comme une verge gonflée d'un stupre malsain, l'ensemble hurle d'un fracas totalitaire, remue les chairs, gronde au rythme de millions de pas qui défilent. En se replongeant dans ces deux essais, on mesure combien le black metal mortifère de N.K.V.D. n'a rien perdu de sa force vicieuse et hallucinée. 3.5/5 (2017) | Facebook
Cette somme, au nom éloquent, initiée par le label Krucyator Productions, offre l'occasion rêvée (?) de (re)découvrir Diktatura et Vlast, rassemblés sous la forme d'un digipak épuré et publiés respectivement en 2007 et 2011 par le très respectable Those Opposed Records où l'entité était certainement plus à sa place que chez Avantgarde qui éditera trois ans plus tard avec son manque de soutien habituel Hakmarjja, à ce jour, son dernier souffle de vie. Les cinq pistes du EP séminal ouvre cette marche militaire. Son visuel d'origine, où trônaient quatre des plus grands dictateurs du XXème siècle, annonçait d'emblée la couleur, noire forcément, véritable magma bouillonnant d'émanations de haine. Guitares tentaculaires et percussions militaires s'accouplent, dressant au milieu d'un charnier encore fumant, un édifice aux arêtes tranchantes et à la surface froide comme une dalle de béton. Durant à peine plus de vingt minutes, qu'encadrent deux sentinelles instrumentales (Ch.R.I et Sloboda), prolifère un art agressif et extrêmement sévère dont le pouls mécanique lui confère des allures de transe hypnotique (Incipit SSSR). Saturé, l'espace crépite d'une négativité dictatoriale qu'alimentent des samples de discours vindicatifs (Die Blinde Wissenschaft). Vlast quant là lui, ne se distingue guère de Diktatura qui en constitue une forme de brouillon, si ce n'est de part sa prise de son plus compacte encore. Il est une masse assourdissante et indivisible d'où s'échappe un chant au goût prononcé de fiel, kaléidoscope fiévreux d'images de guerre, de rassemblements patriotiques et de leur cortège génocidaire. Tendu comme une verge gonflée d'un stupre malsain, l'ensemble hurle d'un fracas totalitaire, remue les chairs, gronde au rythme de millions de pas qui défilent. En se replongeant dans ces deux essais, on mesure combien le black metal mortifère de N.K.V.D. n'a rien perdu de sa force vicieuse et hallucinée. 3.5/5 (2017) | Facebook
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