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11 As In Adversaries | The Full Intrepid Experience Of Light (2010)



















11 As In Adversaries. Derrière ce nom improbable se planque en réalité deux membres de Glorior Belli, que le monde entier nous envie, soit Infestvws reponsable du chant, des grattes et de la basse et Gionata Potenti pour la batterie.

Sacrarium | March To An Inviolable Death (2009)


Quoi de neuf au sein de la chapelle noire hexagonale en ce début d’année 2011 ? Pas grand chose. De neuf, s’entend, ce qui ne signifie donc pas qu’il n’y ait rien de maléfique à se mettre sous la dent. J’en veux pour preuve ce premier méfait longue durée de Sacrarium, qui a vu la nuit il y a bientôt dix ans en Lorraine, terre froide à l’humus idéal pour voir proliférer le genre. En effet, bien que bénéficiant aujourd’hui d’une sortie via De Tenebrarum Principio et par conséquent ATMF (après Moonreich, les Français ont décidément la cote chez nos voisins italiens !), March To A Inviolable Death est en réalité déjà bien connu des Blackeux qui l’ont peut-être découvert en 2009 en tant que simple auto-production et que la magie d’internet a rendu (trop) facilement disponible. Rien de neuf donc mais il n’en demeure pas moins que cet essai, précédé il y a longtemps de deux modestes démos, aligne autant les clichés que trimbale comme un boulet le Black Metal de seconde zone (corpsepaint, logo illisible…) que des qualités certaines qui font de ses auteurs un émissaire de Satan tout à fait recommandable. Encadré par trois pistes instrumentales dont on se demande à nouveau à quoi elles peuvent bien servir, sauf en ce qui concerne « Terribilis Est Locust Iste » qui répand une atmosphère assez sinistre, March To A Inviolable Death est l’écrin d’un art noir d’obédience suédoise, façon old-Dissection, dont il ravive par instant les effluves obscures. Davantage que « Heartless Visions », ce sont des perles noires telles que « A Circle Of Dead Seraphs » et son break implacable ainsi que « Demolish By Myself » que sillonnent des accords étranges aux teintes quasi hispaniques (que l’on croise d’ailleurs tout du long, de « Phantomatic Landscape » jusqu'à « This Is The Final Warning ») qui prêtent allégeance aux Grands Anciens avec le plus d’inspiration. Entêtant se veut aussi « Through Centuries » que vrillent des riffs grésillants certes déjà entendus mille fois mais qui font toujours leur petit effet, bref un peu à l’image d’un album qui n’apporte pas grand chose au genre sans pour autant le desservir, bien au contraire, Sacrarium, grâce à une prise de son froide et tranchante et à des qualités d’écritures évidentes, faisant montre d’un savoir-faire ad hoc. De toute façon, en dépit de certaines facilités qui ne sont pas évitées (est-ce le but d’ailleurs ?), il ne faut pas oublier qu’il ne s’agit là que d’un premier jet auto-produit que l’on ne saurait prendre pour plus que cela. Attendons maintenant une seconde offrande qui devrait confirmer (ou pas) les bonnes impressions laissées par ce petit album de série B au très beau visuel… (2011)


Sanctus Nex | Aurelia (2009)



















Bien que réunissant les conditions tant géographiques que culturelles propices à l'érection d'une chapelle noire aussi brûlante qu'en Scandinavie, le Royaume-Uni est longtemps passé pour un des parents pauvres  du mouvement en matière de black metal.

KröniK | Ysengrin - To Endotaton (2012)


Autrefois fantasme d'une poignée d'explorateurs, essentiellement issus du moule progressif, cela fait bien longtemps maintenant que graver un album composé d'un seul titre ne fait plus peur à personne et surtout pas aux modestes artisans de l'underground. Après tout, il n'est pas plus difficile d'écrire une (très) longue compo qu'un hymne où tout est résumé en 4 minutes chrono en main. Non, par contre, écrire un BON titre l'est bien davantage. On pourrait penser qu'il faut tout de même en avoir des grosses pour tenter le relever un défi synonyme, même lorsqu'il est atteint, de suicide commercial. Mais Ysengrin, encore peu connu malgré déjà sept ans d'existence, deux opuscules et deux splits, dont le dernier partagé avec Aorlhac, Darkenhöld et Ossuaire, n'a pas ce problème là. Bénéficiant d'une totale liberté que lui confère la confidentialité de sa renommée et de l'appui de ATMF via sa sous division I, Voidhanger, qu'il a préféré à De Profundis qui était pourtant fait pour lui, le groupe, formé de musiciens qui traînent depuis quelques années déjà au sein de la chapelle noire hexagonale, se lance donc tranquillement et non sans une certaine réussite dans cet exercice ô combien casse-gueule. Le résultat est ce To Endotaton , piste de 40 minutes de prime abord pas toujours aisée à cerner en cela que sur un socle plutôt Doom seventies s'érige un tertre aux arcanes Black Metal. Le rythme est lent, envoûtant parfois, ce qui n'empêche pas le morceau d'être traversé par de nombreux passages, certains (relativement) plus rapides. Ambiances gothiques à l'italienne (façon Death SS), tapissées par des claviers d'un sombre liturgie, chant caverneux ou plus solennel, guitares rugueuses où suinte les racines ténébreuses d'Ysengrin et lignes de basse véloces se conjuguent sans jamais ennuyer, quand bien même la seconde partie se révèle plus intéressante, le groupe parvenant à échapper au piège fâcheux de l'assemblage maladroit de segments mis bout à bout pour atteindre la durée requise. On passe de soli mélodiques à des arpèges acoustiques, de lourdes reptations à l'accélération finale très Black et tout n'y est pas maîtrisé, notamment la prise de son un peu rêche, cependant que fait défaut à cette néanmoins ambitieuse composition davantage de liant, ce qui lui aurait permis de gommer ses atours abruptes. Mais les Français s'en sortent avec les honneurs et non pas à rougir de la comparaison avec d'autres plus connus qu'eux qui se sont également aventuré sur ce chemin le temps d'un album, comme cela fut le cas de Impiety par exemple qu'on n'imaginait pourtant pas à cette sauce. To Endotaton leur offrira-t-ils le sésame vers une reconnaissance accrue et méritée ? L'avenir nous le dira... (2012)

Disiplin | Radikale Randgruppe (2011)


On l’oublie un peu trop souvent mais le Black Metal se doit de déranger, de laisser un goût amer dans la bouche, de fouailler les chairs, de laisser de purulents stigmates dans la peau. Peu y arrivent en définitive. Disiplin, si. Après quelques années de silence, tout d’abord rompues par deux compilations généreuses, le Norvégien dresse à nouveau une érection créatrice plus vigoureuse que jamais. Faisant suite à un troisième album expulsé de la terre froide seulement en avril dernier, Radikale Randgruppe porte définitivement bien son nom. C’est une œuvre extrêmement radicale dans sa haine et sa brutalité affichées tel un étendard rouge sang. Elle a quelque chose d’un cri de dégoût pour la société telle qu’elle est en train de devenir. Artiste nihiliste et visionnaire, Weltenfeind (seul à bord du panzer depuis l'enregistrement), dresse un Black Metal aux atours martiaux et sévères, aux confins de la musique industrielle voire franchement noise ("The Golden Age", secoué par des discours envenimés). Dès le bruitiste "Nuclear Catharsis", d’une violence brute rare, inouïe et assourdissante mais belle dans sa laideur néanmoins, le malheureux auditeur est happé dans un tourbillon fielleux d’une négativité malsaine. Radikale Randgruppe est un blockhaus monumental aux arêtes à vif qui s’enfoncent dans un terreau sombre souvent hypnotique ("White Earth", "Me Ne Frego"), alliage froid comme le tranchant d’une lame entre un Black Metal qui grésille de haine et une accroche étouffante et mécanique ("Radikale Randgruppe"). C’est souvent lancinant ("Soldier Of The Black Sun"), parfois plus rapide ("Triarii"), toujours malfaisant et d’une noirceur poisseuse peu commune ("Exile"). Au milieu de ces déflagrations surgit le spectre de la mort qu’incarne le mortifère "Oath Of Bound", plainte instrumentale qui résonne au son d’un piano funèbre. En six minutes, Disiplin y exsude plus de désespoir et le sentiment profond d’inéxorabilité que bien des doloristes du Funeral Doom. De même, l’album meurt sur une très longue plage électronique où treize minutes durant, le Norvégien tisse une toile répétitive, d’un minimalisme aussi absolu qu’admirable que d'aucuns jugeront d'une chiantise insupportable. Tant mieux. Grouillant de sons qui obsèdent, bidouillage ambient ou touches hantées d’un orgue seventies lointain, "The Empire" redonne tout son sens au mot « lenteur » et ferme cette marche militaire sur une note définitive. Triomphal et d’une vraie démesure dans l’agression sonore, Disiplin se pause comme le guide des temps nouveaux. (2011)


                                     

KröniK | Empty - The Last Breath Of My Mortal Despair (2005)


Une bonne surprise. Qui l’est d’autant plus que, en toute honnêteté, on n’attendais pas forcément grand chose de cette modeste horde espagnole dont My Last Breath Of My Mortal Despair est le second prêche impie longue durée, originellement vomi en 2005 et auquel un nouveau label (De Tenebrarum Principio) offre une seconde vie. Bien lui en a prit car cet opus méritait effectivement de s’extraire de l’ornière de la confidentialité dans laquelle il végétait depuis. Si elle ne convient pas à d’autres chapelles métalliques (comme le metal progressif par exemple) qui se marient assez mal avec l’artisanat, la petite série B trouve en revanche dans le black metal un terreau parfait pour y croître et se reproduire. Trimbalant fièrement tous les clichés que le genre traîne comme une casserole, aussi bien dans la forme (faces de gargouille peinturlurées avec du maquillage acheté à Carrefour, visuel sinistre…) que dans le fond (la solitude, la haine, de désespoir…), Empty réussit pourtant, sans le dépasser – mais sans doute n’est-ce pas son souci – à injecter un peu de sang frais au genre. Ni surproduit ni victime du syndrome “ je chie un étron sonore au fond de ma cave éclairée à la chandelle pour faire evil ”, My Last Breath Of My Mortal Despair répand avec largesse une négativité qu’exsudent des complaintes qui ne sombrent pourtant jamais dans la mortuaire agonie lancinante et répétitive que tant de misanthropes des caniveaux se sentent obliger de régurgiter jusqu’à l’écœurement. Mais n’est pas Burzum qui veut. Empty l’a compris, lui qui préfère égrener son mal être par le biais de longues plages jamais monolithiques, forgées autour de venimeuses guitares grésillantes et hurlantes (“ The Last Breath Of My Mortal Despair ”) mais dont la vélocité agressive contraste avec les espaces plus atmosphériques que les musiciens prennent soin d’ouvrir en leur sein et qu’ils enrichissent par un travail au niveau du chant des plus intéressants. Qui plus est, les Espagnols maîtrisent l’art de l’accroche qui vous vrille le cerveau en moins de temps qu’il en faut pour faire jouir une femme en pratiquant un adroit cunilingus : “ The Horrible Drawing Black Of The Veil ”, “ The Spectral Paleness Of The Skin ”, “ Mortuary Tune Of The Prisonner’s Anguish ” et surtout le suicidaire “ Owner Of Wailings ”, émanations noires et décadentes, en témoignent. My Last Breath Of My Mortal Despair se veut la peinture de la décrépitude mortifère et terminale d’un monde peu à peu grignoté par les ténèbres. Alors, de la série B certes mais cela n’enlève rien à son charme underground, charme dont le true black aime tant se repaître. C’est du reste, son principal atout. On attend donc désormais de pied ferme (et fourchu), un véritable nouveau méfait d’Empty, groupe prometteur s’il en est. 3/5 (2008)


                                   

KröniK | Midnight Odyssey - Firmament (2009)


Saluons pour commencer l'heureuse initiative de Atmf via sa sous division I, Voidhanger Records qui a récupéré dans son giron ce Firmament, seconde offrande de Midnight Odyssey jusqu'à présent seulement disponible sous la forme d'un modeste cd-r. Heureuse initiative car il aurait vraiment été dommage de passer à côté de cette pépite qui a vu la nuit l'an passé, expulsée d'un sol australien décidément aussi riche qu'actif en matière de black métal. Avec des entités de l'acabit de Naxzul, Drowning The Light et bien évidemment Austere, pour n'en citer que quelques unes, cette terre des antipodes est en passe de devenir l'épicentre principal du séisme noir. On se s'en plaindra pas.
Jouet d'une seule créature de la nuit qui telle une pieuvre s'est chargée de tous les instruments hormis la batterie, Midnight Odyssey accouche avec Firmament d'un grand disque de black métal aux traits à la fois mélodiques et épiques. Les cris aiguës comme vomis du fin fond de la Moria pourra évoquer ceux qu'affectionne Austere. De même, les nombreuses surfaces ambient que remplit le bonhomme, soit par le biais des plages instrumentales qui balisent le menu soit sous la forme de prémices ("From Forest to Firmament") permettent de déceler des emprunts à burzum.  Pour autant, Midnight Odyssey façonne un art noir assez personnel. Cette signature, il la doit à une façon d'envahir l'espace qu'il tapisse de nappes de claviers bourgeonnantes d'une belle luxuriance. Sur un substrat de guitares polluées, ce sont de très longues compositions qui avalent les minutes en étendant leurs ramifications ténébreuses. Chacune d'entre elles est une porte ouverte sur un monde crépusculaire aux accents tragiques à limage de "As Dark and Ominous as Stormclouds" par exemple, que les lignes grésillantes strient tel un voile brumeux et que transperce un chant de gargouille possédée. Citons  aussi "Storms of Fire and Ice" qui ne prend son lourd envol qu'après une lente mise en bouche, lancinante dérive d'ambiances mortuaires et quasi instrumentales. Une découverte. 3/5 (2010) | Facebock






KröniK | Lustre - Night Spirit (2009)


Musicien-pieuvre, Nachtzeit est bien connu des services d'une certaine frange du black metal suédois. Attention, pas celle des Marduk et autre Dark Funeral qui conjugue le genre avec rapidité supersonique digne du lapin Duracel. Non plutôt celle des Shining, Lifelover. Bref, un black metal qui sert de cordes aux âmes dépressives, un black metal où le sens des atmosphères prime sur l'agression à tout prix. Autrefois batteur de Hypothermia, notre suédois se démultiplie à volonté à travers une belle brochette de projets charbonneux : Nihilum, Durthang, Mortem Parto Humano... Parfois secondé par un misanthrope comme lui ou plus généralement seul, il trouve dans Lustre le véhicule le plus sérieux pour exprimer ses pensées, sa philosophie. 

Là où la plupart de ses formations peinent à dépasser le stade des démos et des splits, celle-ci, bien qu'ayant vu la nuit seulement en 2008, délivre déjà sa première offrande, après un EP - Serenity - annonciateur de grandes choses. Sillonnant les terres torturées d'un Art Noir comme Varg Vikerness l'a défini à partir de Filosofem et plus encore avec ses deux successeurs gravés derrière les barreaux, Lustre est le type d'entité qui ne peuvent proliférer que dans le cadre du one-man-band. L'architecture, squelettique et minimaliste, offre ainsi cette possibilité. Glorifiant les forces nocturnes et mystérieuses de la nature, Night Spirit se scinde en deux (très) longues complaintes arides de près de vingt minutes chacune, au substrat essentiellement instrumentale. Simple râle, le chant ne fait qu'affleurer à la surface tandis que les claviers s'imposent comme le guide de cette musique lancinante et répétitive à l'extrême aux confins de l'ambient, témoin, la première partie construite sur un lit de synthétiseurs qui égrènent des notes décharnées tandis que le tempo avance à la vitesse d'une limace ayant absorbée du valium par boîte de douze. Mais Nachtzeit s'y entend pour installer un climat hypnotique teinté de mysticisme, crépusculaire et beau à la fois. Avec son fracas de riffs en guise de préliminaires, le second pan écarte ses cuisses avec une lenteur étouffante, interminable marche funèbre figée dans un monolithisme toutefois moins absolu que celui plombant sa devancière. Moins présents car ils n'en forment cette fois-ci pas les arc-boutants, les claviers cèdent la place à des guitares qui ne parviennent jamais à décoller, elles qui érigent un mur des lamentations absolument superbe. Les gargouillis sont toujours aussi brumeux, fantomatiques quasiment, mais ce dérelict majestueux dérive dans des eaux plus agitées et plus noires encore. D'un noir d'encre, celui de la nuit lorsque aucune étoile ne vient l'adoucir, quand bien même Night Spirit se s'abîme jamais totalement dans la fosse. On pense donc beaucoup au Burzum dernière époque mais avec cette gravité dans les tons qui a tant manqué à un Hlidskjalf par exemple et surtout à l'ancrage dans le black metal évident. Avec Night Spirit, Nachtziet vient très certainement d'accoucher de son oeuvre la plus aboutie à ce jour. (28/06/2009)


KröniK | Urna - Iter Ad Lucem (2009)


Hasard du calendrier, les nouvelles offrandes de Urna, Arcana Coelestia et de Abstentia Lunae, les trois projets auxquels M.Z. participe, se retrouvent en même temps dans les bacs. Cet embouteillage n'aidera pas à singulariser les deux premiers, soit les deux faces d'une seule et même pièce sinistre. L'intéressé s'en défend. Il n'empêche que Urna et Arcana Coelestia partagent plus d'un lien en commun. Tous les deux s'enfoncent dans les marécages d'un funeral doom nébuleux. On lui accordera cependant que le second affiche peut-être des oripeaux plus black metal que le premier.
Après trois ans d'absence, Urna offre donc enfin un successeur à Sepulcral. Iter Ad Lucem témoigne encore une fois que le genre est très subjectif et est avant tout une question de vécu, de sensibilité plutôt que de raison. En outre, il illustre que le funeral black doom metal, en devenant à la mode, est une chapelle qui commence à se normaliser et à ne plus surprendre grand monde. Et ce qui irradiait jadis une vertigineuse beauté tend à ne plus que renvoyer un halo pale que guettent le piège de la banalité et celui, plus grave, de l'ennui voire de l'indifférence. Tout excellent qu'il soit, Iter Ad Lucem ne peut toutefois masquer les limites d'un genre qui semble avoir tout dit. De fait, cet essai n'apporte rien de plus et se contente de braconner, avec une réussite certaine il est vrai, sur les terres du Esoteric dernière période, la dimension métaphysique en moins toutefois. Ceci étant dit, les amateurs se laisseront encore - à raison - s'abîmer avec une délectation masochiste dans ce maelström oppressant qui sait toujours, en n'étirant jamais ces plaintes sur une durée interminable, éviter de sombrer dans l'écueil grevant tant de formations du même style. Ces six pistes érigent pourtant un monolithe écrasant, dont les contours flous, opaques, se délitent dans une brume funéraire. Tentaculaires, les guitares vous entraînent dans un cauchemar sonore étouffant. Lointain, fantomatique, le chant résonne comme un écho venu du fond des âges ; il n'est qu'un élément parmi d'autres perdus dans ce magma hanté. Il y a quelque chose d'intangible, d'insaisissable, d'immatériel presque, dans cette musique venue des limbes. On ne parvient jamais à la saisir, à l'attraper. Quand on croit le faire, elle nous échappe au dernier moment... Détailler chacune de ces plages apparaît absurde, car elles forment les différents, bien que complémentaires, côté d'un tout qui respecte les saintes écritures : tempo lancinant, atmosphères suicidaires des grands jours d'enterrement, beauté noire et froide comme une pierre tombale, riffs chargés d'une solennité... Urna sait pourtant, comme il le fait sur "Sefira Malkuth", accélérer le rythme, sans que cela puisse tout de même passer pour de grindcore ! Le cahier des charges est respecté à la lettre. On peut s'en désoler comme on peut encore se laisser prendre au piège. Pour ma part, je préfère opter pour la seconde solution car Iter Ad Lucem, s'il n'invente rien, s'impose pourtant comme une leçon dans le genre quand bien même Urna reste toujours dans le domaine des suiveurs. De la bonne série B, quoi. 3/5 (2009) | Facebook