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Fred Zinnemann | Chacal (1973)


Tiré du passionnant roman de Frederic Forsyth, Chacal est un film qui l'est tout autant si ce n'est davantage car, en dépit de sa durée (près de 2h30), il a su gommer les quelques longueurs du livre pour offrir un redoutable suspense. Auteur pourtant d'oeuvres mémorables telles que Le train sifflera trois fois (1952), Tant qu'il y aura des hommes (1953) ou Et vint le jour de la vengeance (1964), Fred Zinnemann livre ici son travail le plus abouti et exigeant. Le contexte de l'époque est bien rendu tandis qu'il dirige cette chasse à l'homme avec maestria et sans esbroufes, contrairement au piteux remake auquel il aura droit bien plus tard. Chacal doit, il est vrai, beaucoup de son charme et de sa puissance à Edward Fox qui trouve là le plus beau rôle de sa carrière. Il incarne un tueur froid, distingué et professionnel dont on sent bien qu'il ira jusqu'au bout de sa mission.
Il lui confère même une sorte de tristesse glaciale, comme lors de cette scène clé où, ayant appris qu'il était désormais repéré, il décide pourtant de ne pas abandonner, décision représentée par cette route qui se scinde en deux directions, l'une partant l'Italie et l'autre vers Paris. On finit par s'attacher à ce personnage superbe dont on ne saura jamais qui il était réellement.

















Michael Winner | Qu'arrivera-t-il après ? (1967)


Une chose est sûre : Michael Winner est plus l'aise lorsqu'il filme Charles Bronson en train de dératiser New York (Un justicier dans la ville) que lorsqu'il tourne une comédie dramatique. Ceci dit, Qu'arrivera-t-il après, un des ses premiers longs métrages tournés dans son pays natal, l'Angleterre, n'est pas inintéressant. Il débute comme une pure comédie un peu loufoque et s'achève en drame, critique au vitriol de l'arrivisme et d'une société de consommation qui reste encore bien sage en comparaison de ce que l'on subit aujourd'hui ! L'oeuvre doit tout de même beaucoup à son petit charme London sixties et à sa distribution où l'on croise aussi bien Orson Welles, la chanteuse culte Marianne Faithfull, Edward Fox et Oliver Reed dont il s'agit d'un des premiers rôles en tête d'affiche. Le style est daté, ancré dans son époque mais le message reste plus que jamais d'actualité ! | IMDb