AU PIF

Affichage des articles dont le libellé est Acid King. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Acid King. Afficher tous les articles

A lire | Acid King - Middle Of Nowhere, Center Of Everywhere (2015)


Dire que nous attendions avec une (très) grande impatience ce "Middle Of Nowhere, Center Of Everywhere" tient du doux euphémisme. Dix ans, tunnel sans fin le séparant de son prédécesseur ("III"), c'est long, forcément trop long, quand bien même les Américains ne nous ont jamais habitués à un stakhanovisme effréné, si ce n'est peut-être à leurs débuts au milieu des années 90 et encore. Heureusement, le trio a su se faire pardonner cette abstinence en venant honorer sur scène la déesse Doom et le sacro-saint Riff, avec Carlton Melton (en 2011), Spirit Caravan (en 2014) et bientôt avec Black Cobra et Dopethrone, toujours dans le cadre béni des Stoned Gatherings, devenu en l'espace de quelques années le lieu de communion incontournable de tous les amateurs du son velu. Les intéressés se reconnaîtront. 


Si le trio n'est jamais aussi bon que face à un public tout acquis à sa cause, dans l'ambiance étouffante et poisseuse d'une petite salle enfumée et s'il pourrait très naturellement se contenter de cette activité scénique sans que cela n'altère en rien son aura culte, bien au contraire, le voir enfin revenir avec un quatrième album (seulement) sous le bras est une bonne nouvelle. Que celui-ci scelle une alliance avec Svart Records en est une deuxième. Qu'il soit très bon en est une dernière. Mais cela, on s'en doutait déjà. Pourquoi ça ? Parce que Lori, petit bout de femme charismatique, chanteuse et guitariste au long cours, est de ces musiciens qui ont le Doom chevillé au corps, enfants spirituels du grand Sabbat Noir. Figure respectée et passionnée de la chapelle Stoner, la belle ne ment pas, usinant des riffs gros comme des câbles à haute tension, socle terreux que survole son chant qui sent bon la fumette et la bière, lassant parfois mais qu'on n'imagine pourtant pas autrement qu'en apnée. "Middle Of Nowhere, Center Of Everywhere" n'invente peut-être rien mais il existe, il est là, cela nous suffit. Encadré par deux courtes pistes instrumentales, intro et outro qui pour une fois se justifient par leur ensorcelante beauté, le menu agglomère six titres, six pavés au tempo somnambulique où tout n'est que lourdeur tellurique. Le power-trio prend son temps, ouvre grand le barrage déversant une tonne de plomb avec sa manière sentencieuse et si personnelle. Plus qu'un disque, il s'agit d'une cérémonie, rituel pétrifié qui dès l'immense 'Silent Pictures' envoûte avant de laisser ses successeurs attirer le pèlerin dans les arcanes de la terre. L'ensemble sonne malgré tout moins gras et heavy que "Zoroaster" ou "Busse Woods" mais au contraire (un peu) plus cosmique. L'âge peut-être... Ce qui n'enlève rien à son orgasmique réussite. Combien temps devrons-nous patienter pour découvrir le prochain opus du trio ? Nul ne le sait et peu importe au final. Acid King n'est de toute façon pas prêt de raccrocher... (03/05/2015) ⍖⍖⍖







A lire | Acid King - III (2005)


Une Gibson Les Paul Custom tenue par des mains dont on devine grâce au vernis à ongle qu'elles appartiennent à une femme, noyée sous une chevelure en sueur. D'une certaine manière, la pochette de cette troisième décharge de Acid King en dit plus long que tous les mots que nous pourrions griffonner sur un feuille de papier quant à la teneur d'un groupe chez qui le sacro-saint riff emporte tout sur son passage. Fidèle à une formule du power trio (guitare/basse/batterie : l'essentiel donc), dont on l'imagine mal se défaire un jour, le combo se confond avec sa chanteuse et guitariste, Lori, aussi puissante sur scène que sympathique en dehors. Ce petit bout de femme est une vraie de vraie, une de ces Amazones du dieu Riff, une prêtresse de la déesse Doom, intègre, sincère et avec plus de couilles que nombres de chevelus.


Elle tient fermement la barre de cette légende de la chapelle plombée US, toujours accompagnée par le fidèle Joey Osbourne derrière les fûts cependant que les bassistes n'ont cessé de se succéder depuis 1993. Ce n'est pas grave puisque c'est elle l'âme d'Acid King, dont elle est l'incontestable clé de voûte. Chanteuse limitée mais se coulant néanmoins parfaitement dans ce moule Stoner taillé pour son timbre sentant bon les Gitanes et la binouze, elle reste avant tout une dynamo de la six-cordes rugueuse et mazoutée. Six ans après Busse Woods, III est donc une leçon de lourdeur en sept psaumes à faire trembler les murs jusque dans leur fondations. Le son est d'une épaisseur digne d'une peau tannée par le soleil, enveloppe sale et graisseuse enrobant une rythmique prisonnière d'une gangue de glaise. Guitare, basse et batterie métronomique érigent de concert un mur du son, à l'image d'une façade d'amplis Marshall poussés à fond les manettes. Aucune accélération ni affèterie ne viennent jamais perturber un canevas de métal lourd à l'état brut. Vouloir isoler un titre plutôt qu'un autre ne rime ici à rien car tous finissent par se confondre les uns avec les autres, magma électrique libérant une odeur de cambouis mêlé de sueur et de stupre, quand bien même du haut de ses douze minutes, "War Of The Mind" s'impose comme l'orgasme ultime de cet album moite et saturé. Un peu paresseux - dans tous les (bon) sens du terme -, Acid King n'a à ce jour toujours pas retrouvé les chemins des studios, se contentant d'enquiller les tournées pour le plus grand plaisir des afficionados, toujours heureux d'être écrasés par de telles enclumes avant de partager une mousse avec la petite (mais costaude) Lori. Mais bon, trois albums (sans compter le reste) en quasiment 20 ans de carrière, cela a vraiment un goût de trop peu... C'est pourquoi il convient de saluer comme il se doit chaque nouvel opus comme une offrande au temple du Riff... (06/10/2011) ⍖⍖⍖









A lire | Acid King - Down With The Crown (1997)


Est-il besoin de présenter Acid King, figure tutélaire de la scène Stoner Doom US dont la particularité tient dans la présence à son bord - et aux commandes - de Lori S., petit bout de femme entièrement vouée à la cause, sorte de Doro version métal de bûcheron et également guitariste de son état dont les doomeux sont forcément amoureux ? Après un Ep éponyme et un galop d'essai, Zoroaster, solides mais conventionnels, c'est en 1997 que les Californiens accouchent de ce qui reste encore aujourd'hui une des pièces maîtresses d'une carrière pour le moment interrompue en 2005 par un troisième opus simplement baptisé III et ce, bien que le groupe soit toujours en vie, comme il l'a démontré il y a quelques mois lors d'un concert parisien alcoolisé (pour votre serviteur, notamment) du tonnerre de dieu.


Down With The Crown, puisque c'est de lui dont il s'agit, n'est en fait à la base qu'un EP qui a connu une existence tortueuse, tout d'abord simple petite rondelle, puis élément d'un split avec Altamont avant de constituer la première face d'un vinyle dont la seconde (nommée Free) est remplie par la contribution des Américains au split partagé en 2001 avec The Mystic Krewe Of Clearlight. C'est cette dernière version qui servira de base à cette chronique. Au programme, un Stoner Doom graisseux comme les bougies d’une moto noyées dans l'huile, qui sent sous les bras, macérant dans une flaque épaisse vidangée par une rythmique pachydermique et le chant de Lori, laquelle n'a rien à envier à aux mecs même si la belle reste avant tout une sacrée guitariste plus qu'une vocaliste hors-pair se contentant d'être une version féminine d'Ozzy Osbourne. Accordée plus bas que terre, elle érige un mur du son écrasant, bunker inviolable. Formé de trois titres, Down With The Crown s'ouvre sur un instrumental, "Teen Dust Head", qui fleure bon le bitume chaud et ses routes infinies serpentant à travers le désert américain. Après "Full Reverse", pesant comme un cassoulet, "Phase II" et ses 13 minutes au garrot écrase tout sur son passage, monument d'une puissance sismique englué dans le mazout. Orgasme assuré ! La face B agglomère quant à elle quatre morceaux gravés quatre ans plus tard. Toujours aussi lourds et ne parvenant jamais à enclencher la seconde, ceux-ci dévoilent un côté plus psyché d'Acid King, à l'image de la doublette instrumentale "Four Minutes" (qui en dure plus de 8) et "Blaze Out", tous les deux noyés sous des effluves embuées. Indispensable pour les amateurs du genre. On peut même se demander si les Californiens ont fait mieux par la suite que cette addition finalement judicieuse de deux efforts sans aucun rapport l'un avec l'autre, aboutissant sous cette forme à un album à part entière. La réponse est non ! (30/09/2011) ⍖⍖⍖