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Erik Everhard | 2 On 1 #11 (2001)
























Après s'être taillé une solide réputation de hardeur à la queue reconnaissable entre mille, Erik Everhard passe, comme beaucoup d'autres, à la mise en scène, sans pour autant ranger au vestiaire sa casquette d'acteur.

KröniK | Amorphis - Am Universum (2001)


Jusqu'à l'arrivée de Tomi Joutsen et en dépit de l'incontestable qualité des disques qu'il gravera avec eux à partir de 2005, lesquels marqueront alors un certain retour aux sources, les Finlandais n'ont jamais été pris en flagrant délit de stagnation, évoluant au gré des albums et des (légers) changements de line-up, glissant en douceur du death doom de "The Karelian Isthmus" au metal plus accessible bien qu'encore assez heavy, de mise sur "Elegy", sans toutefois renier leurs racines folkloriques enracinées dans la géographie et la mythologie finnoises. L'abandon progressif du chant de bête en rut symbolise cette mue naturelle qui leur a permis de surprendre constamment sans pour autant décevoir.
Et alors qu'on croyait cette mutation achevée par un "Tuonela" finalement plus rock que métallique, Amorphis change à nouveau de peau avec ce "Am Universum" qui largue plus encore les amarres pour accoster les rivages d'une musique à la fois atmosphérique et psychédélique, nimbée de touches progressives. Plus policées quoique toujours mordantes, les lignes vocales de Pasi Koskinen entraînent cette cinquième offrande sur ce front extrêmement mélodique que soulignent des claviers nourris aux années 70 ('Crimson Wave') et la présence d'un saxophone, assuré par le légendaire Sakkari Kukko, sur une large moitié du menu dont le majestueux et envoûtant 'Drifting Memories'. Mais comme toujours avec Amorphis, cette évolution se fait sans heurts, aidée en cela par cet inoxydable sens de la mélodie qui fait mouche et les accroches guitaristiques reconnaissables entre mille de la paire Holopainen / Koivusaari. De fait, les hymnes ne manquent pas, bien entendu, au sein d'un ensemble aussi carré que racé qui ne saurait susciter la moindre réserve, fidèle aux (bonnes) habitudes d'un groupe dont le métier n'est plus à démontrer. 'Alone', qui en ouvre les portes, est le plus irrésistible d'entre eux avec ses couleurs quasi floydiennes associées cependant à de lourds aplats qui forment un solide substrat que n'érodent jamais totalement ces envolées soyeuses. Tavelé d'ambiances spatiales, 'Goddess (Of The Sad Man)' poursuit cette imparable lancée que complètent en fin de parcours le lent 'Veil Of Sin', assis sur un tapis onctueux et le long et terminal 'Grieve Stricken Heart' aux reliefs évolutifs du plus bel effet. Amorphis pur jus, les 'Captured State', 'The Night Is Over' et autre 'Forever More' font également feu de tout bois tandis que 'Shatters Within' annonce un 'Far From The Sun' qui verra les Finlandais aller au bout de cette exploration sonore avec un bonheur plus grand encore. Avec ce "Am Universum", plus progressif et psyché que ses devanciers, Amorphis continue de façonner un art qui, depuis l'embauche de Pasi Koskinen, ne cesse de s'éloigner peu à peu du metal pur et dur sans pour autant rompre avec une immuable réussite. 3.5/5 (2017) | Facebock






Ronny Yu | Le 51e Etat (2001)


En quelques mots : Déjà oublié, Le 51e Etat est le type même de film qui, à force de vouloir être fun et déjanté finit par être très vite démodé. Mise en scène aussi agressive que parkinsonienne et mauvais goût - pour ne pas dire, vulgarité - revendiquée lassent en rapidement et on ne retient au final de cette production dont le scénario tient sur une feuille de tabac à rouler, que sa distribution. Si Samuel L. Jackson, dont il s'agit de l'évident véhicule, déroule son numéro habituel, cool et énergique, Robert Carlyle campe en revanche une petite gouailleuse jubilatoire tandis que Emily Mortimer, sexy comme jamais, se veut l'atout charme de cette série B somme toute sympathique. Mais on en attendait beaucoup mieux de Ronny Yu et de ce tandem de choc qui, s'il fonctionne bien, ne dépasse à aucum moment les clichés du buddy movie cependant que le cadre de Liverpool, aurait pu être utilisé avec plus pertinence, réduit au simple décor d'un banal affrontement entre deux mondes.

KröniK | Wyrd - Heathen (2001)


Des pays scandinaves, la Finlande ne constitue pas le principal berceau du black metal ; ses groupes végétant la plupart du temps en seconde zone, à l’image du médiocre Catamenia. Le pays aux milles lacs possède pourtant dans sa hotte trois formations très intéressantes, bien que différentes les unes des autres : Ajattara, Horna et Wyrd. Ce dernier n’est en réalité qu’un des multiples one man band du sombre Narqath, avec Valar, Vultyr ou Hin Onde, chacun pataugeant dans un certain type de black, qu’il soit symphonique, true ou heavy… Wyrd, son projet le plus sérieux, œuvre quant à lui dans le pagan, et Heathen est premier méfait, après plusieurs démos. La particularité de cet album est de ne proposer qu’un seul titre d’une cinquantaine de minutes, défi prétentieux et casse–gueule s’il en est ; défi pourtant relevé haut la main par notre misanthrope des bois. Alors certes, cette pièce n’évite pas certaine longueur et l’ensemble peut paraître un brin répétitif ; mais pourtant, dès les premières notes à la guitare sèche, façon feu de camp au fond d’une forêt, la magie opère et l’on se retrouve vite transporté dans l’univers sombre, païen et mélancolique de Wyrd, qui offre avec Heathen une ode majestueuse à la nature dans ce qu’elle a de plus envoûtant et mystérieux. Toutefois, comme la plupart des albums de true black ou assimilé, l’appréhension de cette œuvre se révèle finalement des plus subjectives : on la ressent ou pas du tout ! Si c’est la cas, l’extase est assurée tant il s’avère facile de se laisser bercer par la beauté et la majesté de ces atmosphères qui renvoie directement à l’ère viking du grand Bathory et vous donne envie de baguenauder dans la neige, un glaive à la main et une corne remplie d’hydromel dans l’autre. 3.5/5 (2006)


                                   

KröniK | Finntroll - Jaktens Tid (2001)


Quoiqu'on puisse penser de Finntroll, force est d'admettre que le groupe a inventé une recette très particulière, sorte de Folk metal extrême et sautillant, maintes fois copié depuis mais jamais réellement égalé. De fait, si ce Humpa Metal, comme on l'a appelé, n'étonne plus désormais, à l'image de la troupe finlandaise, il n'en allait bien entendu pas de même il y a une bonne quinzaine d'années lorsque le groupe a déboulé avec sous le bras son "Midnattens Widunder". Personne n'avait alors jamais entendu quelque chose comme cela. Deux ans plus tard, les trolls reviennent avec ce que d'aucuns considèrent - à juste titre - comme la pierre angulaire de leur discographie. "Jaktens Tid", puisque c'est de lui qu'il s'agit, leur a dans tous les cas, permis de franchir une étape, d'accèder à l'étage du dessus, manière de consécration pour ces musiciens tous issus du landerneau black, dark ou doom. A ce titre, dresser l'arbre généalogique de Finntroll revient à nommer la plupart des grands noms de la scène extrême du pays des mille lacs de, excusez du peu, Moonsorrow à Thy Serpent, de Barathrum à Shape Of Despair, de Rapture à Impaled Nazarene ! Ces racines brutales et tranchantes font plus qu'affleurer à la surface de cette seconde offrande, expliquant en partie sa réussite. Le caractère enjoué, sinon festif, de l'ensemble ne masque jamais le socle noir qu'incarnent chants de gargouille énervée, guitares féroces et rythmique appuyée, et sur lequel fleurissent ces compositions toujours extrêmement dynamiques. Rapide comme un torrent en cru, "Jaktens Tid" avale les minutes à un tempo soutenu, danse gaillarde à l'énergie communicative, tourbillon néanmoins sombre à l'intérieur duquel se cachent des esprits farceurs et maléfiques. Là réside, en partie, le talent des Finlandais, dans cette alliance entre mélodie et agressivité (toute relative s'entend), entre bonne humeur et atmosphères obscures. Saupoudrez le tout d'un sens de l'écriture qui fait immédiatement mouche et d'une maîtrise technique imparable et vous comprendrez pourquoi Finntroll s'est en toute logique imposé, séduisant un public toujours friand de ces touches folkloriques et devenant le héraut que celui-ci recherchait. Emaillé de nombreuses pépites, dont 'Skogens Hämnd' que zèbre une partie instrumentale de toute beauté, 'Födosagan' ou bien encore 'Vargtimmen', pour n'en citer que trois, "Jaktens Tid a quelque chose d'une sarabande sillonnant les sentes mystérieuses d'une forêt peuplée de créatures mytholgiques, puisant ainsi dans un folklore dont il restitue avec entrain et justesse les sombres ambiances. En cela, cet album mérite amplement sa place -parmi les premières - au sein du Folk Metal. 3.5/5 (2015)


                                   

KröniK | Aes Dana - La chasse sauvage (2001)


Malheureusement un peu oublié aujourd'hui, la faute à une carrière freinée par l'arrêt successif des deux labels ayant publié ses deux seules offrandes à ce jour (ceci expliquant sans doute aussi un peu cela), Aes Dana est pourtant apparu il y a une dizaine d'année comme un de nos plus valeureux druides aux côtés de Belenos, Bran Barr et Nydvind, véritable tétralogie du (celtic) Pagan Black Metal à la gauloise. Et un des plus anciens puisque que la troupe honore les temps anciens depuis 1994. Gravé en 2001, La chasse sauvage, évoquera beaucoup de souvenirs chez certains d'entre vous, ceux rattachés au défunt label Sacral Productions (dont le fondateur fut aussi à la tête de la passionnante - et tout aussi oubliée - formation Matutina, dont il faudra bien un jour reconnaître le talent si singulier) et surtout à cet Art noir mêlant avec bruit et fureur  instruments traditionnels (bombarde, flute...) et guitares abrasives, accroches celtiques et chants guerriers pour un résultat qui ravive toute la violence d'une époque reculée baignant dans le sang et la magie.

A l'instar de ses frères d'armes, Aes Dana prend soin de ne jamais diluer ses atours les plus abruptes dans des mélodies guillerettes pour festnoz à la mode. Comprendre, La chasse sauvage n'oublie jamais que ses racines s'enfoncent autant dans un lointain passé celte que dans un têtre minéral et grésillant, témoin l'épidermique et pourtant grandiose "Ethereal Visions Part II". Toute la force du groupe réside dans cet alliage ferrugineux équilibré où les influences cetliques se fondent avec finesse sans jamais voir l'air d'être de maladroites greffes, comme c'est trop souvent le cas. Efficaces et virvoltant, emportés par ces lignes de flute qui font toujours leur petit effet ("Les complaintes de Nemon" par exemple), ces titres sont agressifs, rapides (il suffit d'écouter "Le reveil de Fafnir" pour s'en convaincre), vibrant d'une puissance séculaire qui semble provenir du fond des âges. Il s'agit d'une oeuvre sombre don t les motifs bretonnants n'étouffe jamais l'extrême brutalité, symbole de temps obscurs qui ne se réduisent pas à de simpls banquets où l'on danse la gigue en se saoulant à la cervoise et au contraire lui contribuent à lui confèrer une sorte de poésie païenne ("Les chemins de Brennos"), chants de guerre autant que chants d'une terre charriant magie et mystère. Cru et tumultueux et sans aucun polissage incongru malgré ses teintes folkloriques, La chasse sauvage, riche de nombreux morceaux de bravoure ("Anwynn", "La dernière marche"...), peut juste à titre être considéré comme une des pierres angulaires du Pagan Black Metal hexagonal. A (re)découvrir. (17.10.2011) ⍖⍖⍖







Unfortunately a little forgotten today, the fault for a career hampered by the successive discontinuation of the two labels that have published their only two offerings to date (this probably explaining also a little that), Aes Dana appeared ten years ago as one of our most valiant druids alongside Belenos, Bran Barr and Nydvind, true tetralogy of the (Celtic) Pagan Black Metal in the Gallic style. And one of the oldest since the troupe has been honouring the old times since 1994. Engraved in 2001, La chasse sauvage, will bring back many memories for some of you, those attached to the late label Sacral Productions (whose founder was also at the head of the fascinating - and equally forgotten - Matutina formation, whose unique talent must one day be recognized) and especially to this Black Art mixing with noise and fury traditional instruments (bombard, flute.) and abrasive guitars, Celtic hooks and warrior songs for a result that revives all the violence of a remote era bathed in blood and magic. Like her brothers in arms, Aes Dana takes care never to dilute her most abrupt attire in cheeky melodies for fashionable festnoz. Understand, La chasse sauvage never forgets that its roots are as deep in a distant Celtic past as in a mineral and sizzling beech, witness the epidermis and yet grandiose "Ethereal Visions Part II". The group's strength lies in this balanced ferruginous alloy where the cetlique influences blend together with finesse without ever seeing the appearance of clumsy grafts, as is too often the case. Efficient and virulent, carried away by these lines of flute that always make their little effect ("Les complaintes de Nemon" for example), these tracks are aggressive, fast (just listen to "Le réveil de Fafnir" to be convinced), vibrant with a secular power that seems to come from the bottom of the ages. It is a dark work whose Breton motifs never stifle extreme brutality, a symbol of dark times that cannot be reduced to simple banquets where people dance the jig while getting drunk with cervoise and on the contrary contribute to giving it a kind of pagan poetry ("Les chemins de Brennos"), war songs as much as songs of a land carrying magic and mystery. Raw and tumultuous and without any incongruous polishing despite its folk tones, La chasse sauvage, rich in many pieces of bravery ("Anwynn", "La dernière marche"...), can rightly be considered as one of the cornerstones of the hexagonal Pagan Black Metal. To (re)discover. (17.10.2011)

KröniK | After Forever - Decipher (2001)


Malgré la réussite artistique de Prison Of Desire, publié l'année précédente, c'est véritablement grâce à son successeur que After Forever va s'imposer dans la cour des grands du Sympho-Gothic-Metal. On peut même affirmer que le groupe, sous sa configuration classique c'est-à-dire fonctionnant avec le binôme Mark Jansen/Sander Gommans, y apparait (déjà) à son apogée. Tout est en place, les hymnes sont là, le charme et l'empathie pour une troupe de musiciens encore innocents, aussi. S'il creuse un sillon identique à son aîné d'un an, Decipher l'amplifie par une prise de son plus enveloppée, donnant plus de corps et de puissance à une dimension orchestrale que le guitariste démissionnaire continuera d'explorer avec Epica alors que After Forever tendra, à partir de Exordium et Invisible Circles, à couler son identité dans une musique plus brute et réaliste tout en se voulant plus thrashy peut-être, évolution en demi-teinte qui lui permettra toutefois de se distinguer à la fois de son concurrent naturel et de la masse toujours plus grande des inévitables suiveurs qui ne manqueront pas les années suivantes de tenter de se frayer un chemin dans son sillage.

Basé sur l'accouplement, certes éprouvé mais efficace, entre chant opératique féminin, celui de la sculpturale Floor Jansen, et sur les grognements de bête en rut de son homonyme dont on a cru - à tort - qu'ils étaient frère et sœur ou bien époux, auquel les Hollandais greffent des modelés symphoniques qui, loin d'en limer la puissance lui confère une ténébreuse beauté, l'opus déroule une trame redoutable qui sera ensuite reprise par Epica : une intro grandiloquente pour commencer ("Ex Cathedra"), un titre pêchu aux allures d'hymne instantané qui lui embraye le pas ("Monolith Of Doubt"), un final sombre et grandiose ("Forlorn Hope") et entre, une succession de pièces soit épiques (l'immense "My Pledge Of Allegiance", qu'ouvrent des arabesques orientales, "Estranged"), brulots plus ramassés ("Zenith", "Emphasis") et pause où toute l'émotion dont est capable la belle éclate au grand jour ("The Key"). Aucune baisse de régime, aucun remplissage durant ce Decipher dont on peut estimer, sans prendre trop de risque, qu'il reste ce que le groupe a fait de mieux (avec son testament de 2007) et qu'il peut être envisagé comme une des pierres angulaires du genre avec bien entendu, The Phantom Agony de qui vous savez. Si l'on peut regretter que l'association aussi inspirée que complémentaire entre les deux guitaristes ait été (trop) éphémère, aboutissant à une implosion certainement inévitable eu égard aux directions musicales que les deux protagonistes emprunteront par la suite, mais survenue cependant bien trop vite, la scission de ces deux fortes individualités accouchera à la fois d'une seconde formation de qualité (Epica pour ne pas la nommer) et d'un After Forever aux atours différents, plus modernes mais non moins intéressants. (10.11.2011) ⍖⍖⍖









Despite the artistic success of Prison Of Desire, published the previous year, it is really thanks to its successor that After Forever will impose itself in the big league of the Sympho-Gothic-Metal. We can even say that the group, under its classic configuration, i.e. working with the duo Mark Jansen/Sander Gommans, appears (already) at its peak. Everything is in place, the hymns are there, the charm and empathy for a group of still innocent musicians, too. If he digs an identical groove to his one-year-old brother, Decipher amplifies it with a more enveloped sound recording, giving more body and power to an orchestral dimension that the resigning guitarist will continue to explore with Epica while After Forever will tend, from Exordium and Invisible Circles, to flow its identity into a more raw and realistic music while perhaps wanting to be more thrashy, an evolution in half-tone that will however allow it to distinguish itself both from its natural competitor and from the ever-increasing mass of the inevitable followers who will not fail in the following years to try to find their way in its wake. Based on the coupling, certainly tried and tested but effective, between the female operatic song, that of the sculptural Floor Jansen, and on the rutting grunts of her namesake, of whom we mistakenly believed that they were brother and sister or husband, to whom the Dutch graft symphonic models which, far from filing down their power gives them a dark beauty, the opus unfolds a formidable framework which will then be taken up by Epica: a grandiloquent intro to begin with ("Ex Cathedra"), a catchy track that looks like an instant anthem that engages her ("Monolith Of Doubt"), a dark and grand finale ("Forlorn Hope") and enters, a succession of pieces is epic (the immense "My Pledge Of Allegiance", opened by oriental arabesques, "Estranged"), more collected burns ("Zenith", "Emphasis") and a pause where all the emotion of which the beautiful burst into the open ("The Key"). No decrease in speed, no filling during this Decipher which we can estimate, without taking too much risk, that it remains what the group did best (with its will of 2007) and that it can be considered as one of the cornerstones of the genre with of course, The Phantom Agony of whom you know. While it is regrettable that the inspired and complementary association between the two guitarists was (too) ephemeral, leading to an implosion that was certainly inevitable in view of the musical directions the two protagonists would later take, but which occurred far too quickly, the split between these two strong individualities would give rise to both a second quality formation (Epica, not to mention it) and an After Forever with different, more modern but no less interesting attire. (10.11.2011)

KröniK | Epheles - L'ombre de la croix (2001)


Là, on n’est pas loin du culte. Née dans les froides forêts de Lorraine, Epheles est une mystérieuse entité qui exalte les forces de la nuit à travers un art noir aristocratique et élitiste. Première œuvre officielle de ce qui n’est alors qu’un duo forgé autour des deux âmes Nephtys et Malphas, L’ombre de la croix se veut à l’image de l’aura de ses géniteurs et de son visuel : brumeuse, tourmentée, énigmatique… On ignore quand elle a été enfantée puisque aucune date n’apparaît dans le maigre livret qui accompagne son écrin. Autoproduction soignée que précédaient deux démos, cet essai se compose de quatre poèmes sinistres et noirs. Le premier, le long “ Winds Of Despair ” ne prend son envol qu’après une intro interminable. Puis, les éléments se déchaînent, déroulant un paysage grandiloquent et luxuriant qui ne manquera pas d’évoquer le Emperor de In The Nightside Eclipse. Durant près de 10 minutes, les rythmes extrêmement rapides alternent avec des espaces plus atmosphériques. “ Crucis Umbra ”, écrit en latin, s’ouvre également sur une introduction qui pose le décor et qu’égrènent des nappes de synthés funèbres. L’architecture est identique au titre précédent mais les guitares sont plus mordantes ; elles crachent leur venin et suintent un nihilisme gangrené par la pourriture. Possédé par des esprits nocturnes, le chant se pare d’une grandeur vertigineuse, d’une dimension tout bonnement effrayante, vigie funeste  qui entraîne le pèlerin dans son sillage pour le mener dans les ténèbres. Treize minutes qui parcourent de multiples ambiances, treize minutes où rarement les puissances sombres de la nuit auront été aussi bien exprimées. Après un instrumental mortifère, “ L’ange aux yeux morts ”, L’ombre de la croix s’achève avec le fiévreux “ Les livres de sang ”, saillie rapide, brutale, polluée par des cris qui lui confèrent des allures de messe noire, de cérémonie incantatoire. Voilà donc un premier album qui ouvrait pour Epheles un avenir prometteur. Las, la suite n’a pas été, pour l’instant, à la hauteur de cet acte de naissance, la faute à des problèmes de labels qui ont contraint le groupe à graver deux fois son successeur,….. En espérant que l’entité n’a pas depuis été avalée par le ventre de la forêt… 4/5 (2010)


                                   

5ive | The Telestic Disfracture (2001)



















Faux frère jumeau du premier opus éponyme encore  publié sous le nom de 5ive, The Telestic Disfractrure  se révèle très représentatif de l’adolescence du groupe américain, lorsque celui-ci braconnait davantage sur les terres du space rock hallucinogène que sur celle du post doom comme il le pratique désormais (mais pour combien de temps ?).

KröniK | The Candles Burning Blue - Pearls Given To The Swine (2001)


De tous les nombreux navires dont Albert Witchfinder est ou fut le capitaine, The Candles Burning Blue demeure probablement l'un des moins connus. La raison de cette confidentialité tient moins dans sa qualité que dans le fait que, lorsque le groupe a été en activité que durant une courte période, avant qui plus est, que Reverend Bizarre ne devienne La référence du doom du nouveau millénaire, trajectoire chaotique voyant le projet naître en 1997, se séparer une première fois en 1999, se reformer un an plus tard pour finalement se saborder de nouveau en 2005. Pourtant, The Candles Burning Blue, qui a également accueilli en son sein le futur chanteur d'Amorphis, Tomi Joutsen, mais derrière les fûts, mérite bien mieux que cet anonymat. Pearls Given To The Swine, son unique opus, le prouve, mélange inspiré de gothic rock, de newwave avec cette touche occulte propre à son leader. Et en effet, bien que très éloignée du true doom mythologique du Reverend, la musique porte incontestablement la signature d'Albert, ne serait-ce déjà que part sa voix reconnaissable entre mille, parfois pas si éloignée que cela d'un Jim Morrison et par une mélancolie qui fait plus qu'affleurer à la surface, comme l'illustre le funéraire "Mimosa". Et surtout, il y a ce sens de l'écriture qui permet à ces chansons aux influences années 80 revendiquées de transcender leur modèle ("Funeral Wedding"). Si "After My First Murder" manque de puissance, il n'en va pas de même du décadent "Someone Is Here", témoin du talent de chanteur immense de Witchfinder. Ses mélodies vocales sont superbes et donnent des frissons, tout comme ces notes de guitares qui en disent beaucoup avec bien peu. Le disque, trop court cependant, atteint son Everest lors du long et  funèbre "How the Black Art Was Revealed", lente dérive aux confins de la folie, rythmée par des percussions hantées. Guide sinistre, Albert nous convie à une sorte de transe hypnotique, de danse de la mort, à laquelle succède le décalé "Disco Death", sorte d'hommage à la new-wave passé à la moulinette macabre. Indispensable, sans doute pas mais excellent néanmoins, Pearls Given To The Swine montre encore une fois quel immense artiste est le Finlandais qui depuis dix ans bâtit une oeuvre plus cohérente qu'on ne le pense. A (re)découvrir... 3/5 (2009)


                                   

KröniK | Blackmore's Night - Fires At Midnight (2001)


"Fires At Midnight" est un album important dans la carrière de Blackmore’s Night car, on s’en rend compte maintenant, il en forme le pivot, le tournant stylistique.
En effet, après deux disques – "Shadow Of The Moon" et "Under A Violet Moon" – passés à dessiner une musique à mi-chemin entre le folk progressif et le rock, et oscillant entre électrique (un peu) et acoustique (beaucoup), ce troisième essai montre un Ritchie Blackmore qui semble (enfin) vouloir, certes encore timidement, renouer avec son passé. Résultat, jamais depuis la renaissance (éphémère) de Rainbow avec le mésestimé "Stranger In Us All" en 1995, la guitare du maître n’avait autant rugi, et ce dès le premier titre, l’accrocheur « Written In The Stars », durant lequel sa Stratocaster vient égrener ses notes si reconnaissables. Bien sûr, "Fires At Midnight" est toujours émaillé par de nombreuses déambulations médiévales et acoustiques, telles que « Home Again », « Crowning Of The King », des instrumentaux qui offrent à Blackmore tout le loisir de démontrer sa maîtrise des arpèges dépouillés (« Fayre Thee Well », « Praetorius ») et des ballades diaphanes (« Hanging Tree»). Mais à leurs côtés, il y a une poignée de compositions très rock, équilibre parfait entre emprunts Renaissance et musique électrique (bien plus nombreuses que sur ses deux aînés). Celles-ci sont d’ailleurs les plus belles du lot. Comment de ce fait, ne pas être ensorcelé par l’arabisant « I Still Remember », le sombre et monumental « Fires At Midnight », percé du plus grand (et plus long !) solo, largement digne des grandes heures de Deep Purple et de Rainbow, que l’Homme en noir a décoché depuis longtemps, et le virevoltant « Village On The Sand » ? Ajoutons à cette liste le puissant, bien qu’acoustique, « Storm », qui débute calmement avant de décoller au rythme d’un tempo des plus enlevés. Important, disions-nous au début de cette chronique, cet album l’est aussi pour deux autres raisons : il marque la naissance de la collaboration durable entre le duo et le label SPV, laquelle coïncide avec l’ascension commerciale du projet, tandis qu'un embryon de groupe commence à se former autour du couple pour la tournée qui va suivre avec des musiciens qui l’accompagneront pendant longtemps, tels que le bassiste Robert Of Normandie, le batteur Sir Malcolm Of Lumley et les deux choristes Lady Nancy et Lady Madeline."Fires At Midnight" se révèle être donc un très grand cru et (alors) le plus rock de la discographie de Ritchie et Candice, tous les deux délivrant bien entendu tout du long une interprétation en tout point digne d'éloge. Les œuvres suivantes, "Ghost Of Rose", "The Village Lanterne" et "Secret Voyage", poursuivront par la suite cette évolution avec la réussite que l'on sait... 4/5 (2009) | Facebook