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KröniK | Volker - Dead Doll (2017)


Si la présence dans ses rangs de quelques mercenaires de la chapelle noire hexagonale, tels que le guitariste Ulrich W. (Otargos, Regarde les Hommes Tomber) ou le batteur John A. (Lifestream), pourrait tromper certains qui espéraient peut-être y croiser - à tort - un black metal bien torturé, celle-ci a au moins le mérite de garantir à la fois un savoir-faire chevronné en même temps qu'une noirceur qui fait plus que taveler la peau de ce Volker aux traits séduisants.
Le premier contact avec le groupe se fait par l'entremise du ravissant minois de sa sirène Jen Nyx (ex Noein), qui nous donne nécessairement envie de nous frotter à cette jeune pousse. Ses vocalises variées, tour à tour énervées (surtout), sucrées (parfois) mais toujours nourries au charbon, confirment ensuite très vite un intérêt qui dépasse une vitrine avantageuse. Car, certes clé de voûte de l'édifice, la belle peut compter sur le redoutable travail abattu par ses trois compagnons pour voir son organe propulsé avec une puissance de feu. De fait, aussi agressif que charismatique soit son chant, celui-ci ne serait rien (ou beaucoup moins) sans cette écriture au cordeau et cette vision claire que les musiciens possèdent de leur art. On devine ainsi tout du long la maîtrise aiguisée de vieux briscards qui, même s'ils braconnent sur des terres à priori éloignées de leur domaine de prédilection, n'en conservent pas moins ce sens de la mélodie incisive et empoisonnée qu'enrobent des arrangements aux couleurs sales et bétonnées. Du coup, à des années lumière d'un trublion de plus au son garage, biberonné aux lourdes mamelles américaines, qui vont de In This Moment à White Zombie, Volker surnage déjà largement au-dessus de la mêlée, véritable machine à hits. Car derrière l'urgence transpire une créativité débordante et un souci du détail qui impressionne. Au nombre de douze, sombres et enivrantes, les compositions qui animent "Dead Doll", son premier album après un EP éponyme sorti chez Kaotoxin, emportent tout dans leur sillage, puissamment nerveuses, fouillant les ténèbres, guidées par ces guitares qui sécrètent un jus malsain ('Yell') et secouées par une rythmique sauvage ('Raven'). Les titres défilent sans aucun temps mort, creusant dans la mémoire de profonds stigmates. Triplette accrocheuse qui lance l'écoute sur les chapeaux de roue, 'Freakie Bride', 'Obey !' et Negative Waves' sont les plus immédiats mais dans les replis intimes de chacun d'eux bouillonne un stupre à la fois licencieux, presque sensuel ('Voodoo Baby') et menaçant, à l'image de 'Suicide Love Addict' où Jens s'accouple avec Arno Strobl (heureux homme ! ) sans oublier le furieux et quasi désespéré 'In Black & White' ou bien encore 'Would You Play With Me'. Passant à la moulinette punk, dark rock ou cold wave (entre autres) avec une folie orgasmique, "Dead Doll" place d'emblée la barre très haut. 3.5/5 (2017) | Facebook






KröniK | The Mercy Kills - Paradise Motel (2016)


De belles découvertes soufflent fréquemment depuis l'Australie, terre d'un rock authentique et sans artifices. Originaire d'un quartier de Melbourne, The Mercy Kills est la dernière en date.
Bien que formé il y a dix ans déjà, ce n'est vraiment que maintenant que le quatuor atteint nos cages à miel, malgré un premier album, "Happy To Kill You" (2014) et plusieurs EP, qui en fait n'ont jamais franchi les frontières de leur pays en dépit d'un succès qui a permis à ses auteurs de se retrouver sur la BO du film d'horreur "Murderdrome" et ouvrir pour Courtney Love. Publié par Bad Reputation, gage de qualité et de sincérité s'il en est, "Paradise Motel" nous ouvre aujourd'hui grand ses portes. Un groupe qui tire son nom de "The Rocky Horror Picture Show" ne peut pas être mauvais, surtout quand il suce les mamelles toujours juteuses d'un punk rock crasseux et que, cerise sur le gâteau, il se compose pour moitié de jeunes femmes, Nathalie Gelle et Jen X Costello, lesquelles astiquent les manches et partagent les lignes vocales avec le guitariste, et accessoirement fondateur, Mark Entwistle. Ce double chant, masculin et féminin, profond et éraillé pour le premier, à la fois suave et épicé pour le second, constitue tout le sel de chansons balancées avec une énergie communicative, en une brochette accrocheuse qui va droit au but. Sans autre prétention que celle de suer une musique simple et directe, qui donne envie de taper du pied et de téter (entre autre) des bières au fond d'un club poussiéreux, The Mercy Kills emporte tout dans son sillage, flirtant parfois avec un glam couillu. En l'espace de trois quarts d'heure, les Kangourous crachent une purée addictive. Trapus, les titres, au nombre de quatorze, défilent à un rythme effréné et très vite on se surprend à fredonner ces mélodies qui s'accrochent à la mémoire comme une moule à un rocher. Des cartouches telles que 'Like The Last', 'Alone' ou 'Can't Stop', véritables dynamos fonctionnant à plein régime, se révèlent ainsi irrésistibles. Sur la durée, cela pourrait être sinon redondant du moins trop linéaire, mais le groupe sait varier ses attaques pour éviter le piège que tend un menu composé de très nombreux morceaux. Entre un 'Little Mercy', bulle lumineuse qui fait tout simplement du bien, un 'Rain' aux guitares agressives gainées dans un metal massif, un 'So Cold' qui fleure bon le Ramones survolté ou le terminal 'Waiting On You', "Paradise Motel" abrite derrière la façade d'un rock'n'roll basique un intérieur riche en couleurs, entre punk (surtout) et glam (un peu). 3/5 (2016) | Facebook