Ceux pour qui le metal folklorique rime avec gigue champêtre ou élan héroïque peuvent passer leur chemin car Heilung ne noue en réalité aucun lien (ou si peu) avec les Finntroll, Eluveitie, Korpiklani et consorts.
AU PIF
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KröniK | The Pilgrim - Walking Into The Forest (2019)
Gabriele Fiori est un homme très occupé, à la fois fondateur du précieux label Heavy Psych Sounds (Veuve, Dead Witches...) et surtout musicien aux multiples attributs (chant, guitare, claviers) qu'il prête à Black Rainbows, Killer Boogie et désormais à The Pilgrim.
Lykantropi | Spirituosa (2019)
Son nom ne doit ni vous effrayer ni vous égarer, Lykantropi n'est pas un groupe de black metal ou affilié mais au contraire le chantre d'un prog rock bucolique comme échappé des années 60 et 70.
News | Saariselka - The Ground Our Sky
"The Ground Our Sky", première offrande de Saariselka (Ambient Americana) sortira le 18 octobre 2019 chez Temperory Residence Ltd.
Cellar Darling | The Spell (2019)
En 2008, quand "Slania" a été publié, qui aurait pu alors imaginer que celle qui assurait à la fois le chant féminin et les parties de vièle à roue sur cette première offrande d'Eluveitie deviendrait plus tard une véritable artiste, chanteuse et musicienne complète à la personnalité et à l'univers bien affirmés ? Peu de personnes assurément.
Fenrir | Legends Of The Grail (2019)
Wardruna | Skald (2018)
Après avoir achevé, avec "Ragnarok", sa trilogie basée sur les runes du vieux Futhark entamée il y a dix ans avec "Gap Var Ginnunga", Wardruna revient avec une quatrième offrande baptisée "Skald". En quelques années, le projet s'est fait un nom qui a su franchir les frontières du black metal auquel son créateur, Kvitrafn (Einar Selvik), demeure associé, ancien batteur de Gorgoroth et frère d'armes de Ivar Bjornson (Enslaved) avec lequel il dirige le label By Norse Music et a gravé les albums "Skuggsjá" puis "Hugsjá". L'engouement pour les cultures anciennes et le succès de la série "Vikings" à laquelle le Norvégien a participé à l'élaboration de la bande originale expliquent l'exposition grandissante d'un projet que sa nature rituelle ne lui promettait pourtant pas vraiment au départ.
Suidakra | Cimbric Yarns (2018)
Si les Allemands peuvent se vanter d'être (toujours) là, vingt-quatre ans après avoir lâché leur premier rot, que reste-t-il cependant du black metal mélodique de "Lupine Essence" ?
Nechochwen | The Ancient Pulse (2018)
Commençons par les choses qui fâchent (quand même) un peu. Après trois ans de silence discographique et afin de fêter le dixième anniversaire de "Algonkian Mythos", son premier signe de vie, nous étions en droit d'attendre plus de la part de Nechochwen que "The Ancient Pulse".
KröniK | Midnattsol - The Aftermath (2018)
Nous attendions beaucoup de "The Aftermath", quatrième offrande de Midnattsol, au talent inversement proportionnel à une renommée injustement modeste. Parce que ses prédécesseurs nous avaient enchantés, écrin d'un nordic sympho folk metal glacial et boisé. Parce que si les Norvégiens ont toujours aimé se faire désirer, ils ont cette fois-ci (vraiment) pris leur temps, puisqu'il leur a fallu sept ans pour enfanter le successeur de "The Metamorphosis Melody" ! Parce que cet opus scelle l'alliance avec une recrue de choix, Liv Kristine, laquelle, après s'être fait virée de Leaves' Eyes par son ex-mari, rejoint naturellement le groupe de sa frangine Carmen Elise Espenæs. Pour toutes ces raisons, nous étions impatients de découvrir ce nouvel album.
La déception n'en est donc que plus grande. Non pas que "The Aftermath" soit mauvais, il s'écoute même très agréablement, mais à aucun moment il ne parvient à se hisser au niveau de ses aînés. Son fuselage sonore, au mieux old school, au pire poussif, qui ne lui fait pas honneur, n'est sans doute pas pour rien dans l'impression mitigée qu'il laisse en bouche. Combien les Scandinaves auraient été inspirés de faire à nouveau appel à Markus Stock qui avait produit "Nordlys" et son successeur, qu'il avait enrobés d'un son puissant à la fois épais et cristallin qui fait défaut à cette cuvée 2018. Une autre absence se fait sentir, celle du guitariste Daniel Droste qui, à la suite de Christian Hector (en 2008), son partenaire au sein de la formation de nautic funeral doom Ahab, a fini lui aussi par quitter le navire. Le vide qu'il laisse explique peut-être la relative fadeur d'un menu qui par ailleurs n'évite pas les longueurs. Du haut de ses neuf minutes, 'Her Mannelig' justifie-t-il cette durée excessive ? Au demeurant non dénué de beauté, ce titre aurait gagné en force avec quelques coups de ciseaux. Ajoutons à cela des aplats mélodiques et lignes de guitare éprouvés ('Ikje Glem Meg') et on obtient au final un effort qui ne laissera pas de durables sédiments dans la mémoire. Heureusement, la magie qui enveloppait "Where Twilight Dwells" ourle une bonne partie du programme, à l'image des 'Syns Sang', 'The Purple Sky' et surtout l'instrumental tout en progression 'Evaluation Of Time' et ce, quand bien même ces derniers n'échappent pas à un air de déjà-entendu. Louons enfin la performance des deux sœurs Espenæs qui se répondent avec charme et délicatesse. Le chant en norvégien confère à l'ensemble une poésie hivernale et folklorique ('Vem Kan Segla'). Il va sans dire que "The Aftermath" leur doit (presque) tout. Sans elles, il ne serait qu'un disque parmi tant d'autres. Reste que nous espérions bien plus de lui que ce recueil de chansons agréables mais vierges de la profondeur de leurs devancières... (15.07.2019) ⍖⍖
La déception n'en est donc que plus grande. Non pas que "The Aftermath" soit mauvais, il s'écoute même très agréablement, mais à aucun moment il ne parvient à se hisser au niveau de ses aînés. Son fuselage sonore, au mieux old school, au pire poussif, qui ne lui fait pas honneur, n'est sans doute pas pour rien dans l'impression mitigée qu'il laisse en bouche. Combien les Scandinaves auraient été inspirés de faire à nouveau appel à Markus Stock qui avait produit "Nordlys" et son successeur, qu'il avait enrobés d'un son puissant à la fois épais et cristallin qui fait défaut à cette cuvée 2018. Une autre absence se fait sentir, celle du guitariste Daniel Droste qui, à la suite de Christian Hector (en 2008), son partenaire au sein de la formation de nautic funeral doom Ahab, a fini lui aussi par quitter le navire. Le vide qu'il laisse explique peut-être la relative fadeur d'un menu qui par ailleurs n'évite pas les longueurs. Du haut de ses neuf minutes, 'Her Mannelig' justifie-t-il cette durée excessive ? Au demeurant non dénué de beauté, ce titre aurait gagné en force avec quelques coups de ciseaux. Ajoutons à cela des aplats mélodiques et lignes de guitare éprouvés ('Ikje Glem Meg') et on obtient au final un effort qui ne laissera pas de durables sédiments dans la mémoire. Heureusement, la magie qui enveloppait "Where Twilight Dwells" ourle une bonne partie du programme, à l'image des 'Syns Sang', 'The Purple Sky' et surtout l'instrumental tout en progression 'Evaluation Of Time' et ce, quand bien même ces derniers n'échappent pas à un air de déjà-entendu. Louons enfin la performance des deux sœurs Espenæs qui se répondent avec charme et délicatesse. Le chant en norvégien confère à l'ensemble une poésie hivernale et folklorique ('Vem Kan Segla'). Il va sans dire que "The Aftermath" leur doit (presque) tout. Sans elles, il ne serait qu'un disque parmi tant d'autres. Reste que nous espérions bien plus de lui que ce recueil de chansons agréables mais vierges de la profondeur de leurs devancières... (15.07.2019) ⍖⍖
We expected a lot from "The Aftermath", Midnattsol's fourth offering, whose talent was inversely proportional to an unjustly modest reputation. Because its predecessors had enchanted us, the setting of a icy and wooded nordic sympho folk metal sympho. Because if the Norwegians have always liked to be desired, this time they (really) took their time, since it took them seven years to give birth to the successor of "The Metamorphosis Melody"! Because this opus seals the alliance with a first-rate recruit, Liv Kristine, who, after being kicked out of Leaves' Eyes by her ex-husband, naturally joins the group of her sister Carmen Elise Espenæs. For all these reasons, we were eager to discover this new album. The disappointment is therefore even greater. Not that "The Aftermath" is bad, he even listens to himself very pleasantly, but at no time does he manage to reach the level of his elders. Its sound fuselage, at best old school, at worst dusty, which does it no credit, is probably not for nothing in the mixed impression it leaves in the mouth. How inspired the Scandinavians would have been to call again on Markus Stock who had produced "Nordlys" and his successor, whom he had coated with a powerful sound that was both thick and crystalline, which is lacking in this 2018 vintage. Another absence is felt, that of guitarist Daniel Droste who, following Christian Hector (in 2008), his partner in the nautic funeral doom Ahab formation, also ended up leaving the ship. The emptiness it leaves may explain the relative dullness of a menu that does not avoid lengths. From the top of his nine minutes, does'Her Mannelig' justify this excessive duration? Incidentally not without beauty, this title would have gained in strength with a few scissors blows. Add to this the proven melodic flat tones and guitar lines ('Ikje Glem Meg') and you have an effort that will not leave any lasting sediments in your memory. Fortunately, the magic that wrapped "Where Twilight Dwells" heralds a good part of the program, like the "Syns Sang", "The Purple Sky" and especially the ever-growing instrumental "Evaluation Of Time", even if they don't escape an air of déjà vu. Finally, let us praise the performance of the two Espenæs sisters who respond with charm and delicacy. The singing in Norwegian gives the ensemble a winter and folk poetry ('Vem Kan Segla'). It goes without saying that "The Aftermath" owes them (almost) everything. Without them, it would only be one of many records. Nevertheless, we expected much more from him than this collection of pleasant but virgin songs from the depth of their predecessors... (15.07.2019)
Undantagsfolk | Den Ondes Fingrar (2019)
"Den Ondes Fingrar" est une plongée belle et mélancolique dans la géographie du comté de Västra Götaland dont Undantagsfolk capte l'âme avec une noble épure.
Il était sans doute écrit que Êlea, la sirène de Noêta et Erik Gärdefors (Grift), mêleraient un jour leur talent au sein d'un projet composé à quatre mains et guidé par cette muse forestière qui ne les quitte jamais, quand bien même ils l'honorent chacun à leur manière, plus atmosphérique et ambient pour la première, plus black et boisée pour le second. C'est donc désormais chose (bien) faite avec Undantagsfolk. Le fruit de leur union se dévoile par l'entremise d'une courte carte postale venue des forêts suédoises.
Publié par le précieux Nordvis Produktion, "Den Ondes Fingrar" est un 7 pouces enchanteur, promenade poétique à travers des paysages septentrionaux vierges de la souillure humaine. Moins de dix minutes suffisent au duo pour nous transporter loin, très loin d'un quotidien morose et grisâtre, chamanes qui nous entraînent le long d'une sente figée dans le temps. De squelettiques arpèges, quelques nappes blafardes et surtout cette voix cristalline, d'une pâleur fantomatique, qui se répand comme la brume matinale, installent un décor folklorique empreint d'une grande tristesse. Si l'ombre de Grift plane tout du long et notamment sur ce 'Da All Tid Försvinner' hanté, cet opuscule puise avant tout sa sève dans l'humus des premiers Ulver ou de Lönndom, à l'image du morceau éponyme dont les notes de guitares semblent taillées dans l'écorce d'arbres crépusculaires. Bien entendu, le menu est maigre mais par son dépouillement et la spiritualité qui s'en dégage, "Den Ondes Fingrar" donne cependant envie d'en goûter bien davantage, promesse d'une plongée plus belle et mélancolique encore à travers la géographie du comté de Västra Götaland dont Undantagsfolk capte l'âme avec une noble épure. (30/12/2018)
KröniK | Grift - Vilsna Andars Boning (2018)
Hanté par les fantômes du passé, Vilsna Andars Boning est une ode aux temps anciens, tendre et triste à la fois.
Entre deux albums, Grift aime multiplier les offrandes plus courtes mais non moins précieuses. Ainsi, aux côtés des Syner (2015) et Arvet (2017), ce ne sont pas moins de trois splits (dont un partagé avec Drudkh quand même) et autant de EP qui enrichissent régulièrement une oeuvre au ton très personnelle, écrin d'un black metal presque intimiste dans son expression forestière et mélancolique. Edité par l'indispensable Nordvis Produktion sous la forme d'un 7 pouces, Vilsna Andars Boning constitue la nouvelle petite échappée du solitaire Suédois.
Le très beau visuel qui l'habille suffit déjà à poser le cadre boisé d'une écoute qui évoquera les paysages traditionnelles d'une Suède ancestrale. Erik Gärdefors nous convie ainsi à un voyage dans le temps où l'homme était encore inféodé à la terre et à la nature, peinture d'une époque révolue qui commande la dimension acoustique de cet essai aux traits épurés, presque osseux. Ce dénuement austère permet à Grift de souligner encore davantage les velléités folkloriques de cet art (pas si) noir dont la beauté automnale se conjugue à un tendre désespoir. Une tristesse empreinte de solennité suinte de ces deux plaintes aux lignes dépouillées. Bortom Berget est une ballade rustique aux arpèges délicats qu'accompagnent la voix désenchantée et poétique du maître des lieux dont la gravité hachure l'horizon d'une mélancolie nocturne. Cinq minutes belles comme un chat qui dort en boule. Plus douloureux est Dårarnas massiv qui baigne dans une ambiance crépusculaire où toute trace de lumière et de joie est avalée par une nuit éternelle. Les percussions qui sont convoquées lui confèrent un éclat à la fois sinistre et envoûtant qui rappelle certains travaux de Lik. Squelettique, la guitare tisse une toile dont chaque fil est une note de mélancolie que les cuivres lointains de Dísa (Turdus Merula) drapent dans un suaire fantomatique et néanmoins terreux. Hanté par les fantômes du passé, Vilsna Andars Boning est une ode aux temps anciens, tendre et triste à la fois. (05/05/2018)
Entre deux albums, Grift aime multiplier les offrandes plus courtes mais non moins précieuses. Ainsi, aux côtés des Syner (2015) et Arvet (2017), ce ne sont pas moins de trois splits (dont un partagé avec Drudkh quand même) et autant de EP qui enrichissent régulièrement une oeuvre au ton très personnelle, écrin d'un black metal presque intimiste dans son expression forestière et mélancolique. Edité par l'indispensable Nordvis Produktion sous la forme d'un 7 pouces, Vilsna Andars Boning constitue la nouvelle petite échappée du solitaire Suédois.
Le très beau visuel qui l'habille suffit déjà à poser le cadre boisé d'une écoute qui évoquera les paysages traditionnelles d'une Suède ancestrale. Erik Gärdefors nous convie ainsi à un voyage dans le temps où l'homme était encore inféodé à la terre et à la nature, peinture d'une époque révolue qui commande la dimension acoustique de cet essai aux traits épurés, presque osseux. Ce dénuement austère permet à Grift de souligner encore davantage les velléités folkloriques de cet art (pas si) noir dont la beauté automnale se conjugue à un tendre désespoir. Une tristesse empreinte de solennité suinte de ces deux plaintes aux lignes dépouillées. Bortom Berget est une ballade rustique aux arpèges délicats qu'accompagnent la voix désenchantée et poétique du maître des lieux dont la gravité hachure l'horizon d'une mélancolie nocturne. Cinq minutes belles comme un chat qui dort en boule. Plus douloureux est Dårarnas massiv qui baigne dans une ambiance crépusculaire où toute trace de lumière et de joie est avalée par une nuit éternelle. Les percussions qui sont convoquées lui confèrent un éclat à la fois sinistre et envoûtant qui rappelle certains travaux de Lik. Squelettique, la guitare tisse une toile dont chaque fil est une note de mélancolie que les cuivres lointains de Dísa (Turdus Merula) drapent dans un suaire fantomatique et néanmoins terreux. Hanté par les fantômes du passé, Vilsna Andars Boning est une ode aux temps anciens, tendre et triste à la fois. (05/05/2018)
KröniK | Winterfylleth - The Hallowing Of Heirdom (2018)
Si, de part sa dimension forestière et séculaire, le black metal païen est propice à une forme d'expression osseuse et acoustique, accoucher d'une offrande totalement dénudée d'éléments électriques n'est pas un exercice aisé à accomplir, loin s'en faut. Grand est le piège tendu par l'ennui et les limites de l'entreprise affleurent alors rapidement à la surface. Surtout, faire mieux dans le style que le quintessentiel "Kveldssanger" que Ulver a gravé en 1995 semble difficile voire impossible. Malgré son incontestable talent, le fait que Winterfylleth ait décidé de tenter l'aventure acoustique n'était pas nécessairement une bonne idée. Car c'est en coulant une fureur abrasive et granitique dans une beauté boisée que l'art noir des Anglais puise sa force et sa dimension mythologique.
Dépouillé de ses reliefs tranchants, on pouvait craindre de voir ce décor meurtri se réduire à une plaine monotone, aussi touchante soit-elle. Sa durée, presque une heure au garrot, n'était pas non plus pour nous rassurer quant à la capacité de ce "The Hallowing Of Heirdom" à maintenir tout du long l'intérêt et nos sens en éveil. Or et contre toute attente, le quatuor de Manchester livre une réussite exemplaire, trouvant toujours le ton juste, empreint de noblesse et de gravité. De ces arpèges bucoliques coule une émotion épurée qui ravive des plaies restées fermées depuis longtemps, témoin le douloureux 'Embers'. De ces aplats squelettiques naissent des paysages à la fois rudes et mélancoliques que l'on sillonne à travers une sente ombrageuse aux couleurs automnales. Le concept qui a présidé à la réalisation de ce sixième opus permet à ses créateurs de puiser dans ses racines celtiques et ancestrales ('Æcerbot', 'On-Cýdig'), auxquelles participent des lignes de violon décharnées ('Resting Tarn'). D'une grande sécheresse de trait, l'œuvre n'en est pas moins extrêmement travaillée. Aux côtés de courtes respirations belles comme un chat qui dort en boule ('A Gleeman's Volt', "Halgemonat'), des pièces plus étirées déroulent leur trame émotionnelle, à l'image des deux sentinelles 'The Sheperd' et 'The Hallowing Of Heirdom', longues de plus de sept minutes. Qu'elle soit acoustique ne signifie pas que l'offrande tavelée de multiples arrangements soit instrumentale. Plusieurs de ses plaintes se voient ainsi bercées par un chant solennel ou des chœurs majestueux ('Frithgeard'). De même, ce format n'induit pas un caractère enjoué et dansant. Au contraire, comme l'illustre le tragique 'Latch To A Grave', l'œuvre plonge dans un désespoir funèbre qui ne la rend que plus belle et déchirante. Sans égaler les Norvégiens, il est pourtant permis d'affirmer que Winterfylleth vient de déposer au pied de cette muse forestière une gemme noire avec "The Hallowing Of Heirdom" dont on peut dire qu'il est non seulement l'album le plus étonnant des Anglais mais sans doute aussi un des plus maîtrisés. Mieux, ceux-ci paraissent même s'être ressourcés, renouant avec une inspiration vibrante. (17/03/2018)
Dépouillé de ses reliefs tranchants, on pouvait craindre de voir ce décor meurtri se réduire à une plaine monotone, aussi touchante soit-elle. Sa durée, presque une heure au garrot, n'était pas non plus pour nous rassurer quant à la capacité de ce "The Hallowing Of Heirdom" à maintenir tout du long l'intérêt et nos sens en éveil. Or et contre toute attente, le quatuor de Manchester livre une réussite exemplaire, trouvant toujours le ton juste, empreint de noblesse et de gravité. De ces arpèges bucoliques coule une émotion épurée qui ravive des plaies restées fermées depuis longtemps, témoin le douloureux 'Embers'. De ces aplats squelettiques naissent des paysages à la fois rudes et mélancoliques que l'on sillonne à travers une sente ombrageuse aux couleurs automnales. Le concept qui a présidé à la réalisation de ce sixième opus permet à ses créateurs de puiser dans ses racines celtiques et ancestrales ('Æcerbot', 'On-Cýdig'), auxquelles participent des lignes de violon décharnées ('Resting Tarn'). D'une grande sécheresse de trait, l'œuvre n'en est pas moins extrêmement travaillée. Aux côtés de courtes respirations belles comme un chat qui dort en boule ('A Gleeman's Volt', "Halgemonat'), des pièces plus étirées déroulent leur trame émotionnelle, à l'image des deux sentinelles 'The Sheperd' et 'The Hallowing Of Heirdom', longues de plus de sept minutes. Qu'elle soit acoustique ne signifie pas que l'offrande tavelée de multiples arrangements soit instrumentale. Plusieurs de ses plaintes se voient ainsi bercées par un chant solennel ou des chœurs majestueux ('Frithgeard'). De même, ce format n'induit pas un caractère enjoué et dansant. Au contraire, comme l'illustre le tragique 'Latch To A Grave', l'œuvre plonge dans un désespoir funèbre qui ne la rend que plus belle et déchirante. Sans égaler les Norvégiens, il est pourtant permis d'affirmer que Winterfylleth vient de déposer au pied de cette muse forestière une gemme noire avec "The Hallowing Of Heirdom" dont on peut dire qu'il est non seulement l'album le plus étonnant des Anglais mais sans doute aussi un des plus maîtrisés. Mieux, ceux-ci paraissent même s'être ressourcés, renouant avec une inspiration vibrante. (17/03/2018)
4/5 | Music Waves
KröniK | Saiva - Markerna Bortom (2017)
Cela fait longtemps que nous suivons les travaux d'Andreas Petterson. Tout d’abord – et surtout – avec Armagedda, LIK, Lönndom ou l’éphémère Leviathan (à ne pas confondre avec son homologue américain) puis avec De Arma, Stilla et donc Saiva, sans compter son activité de label manager de Nordvis Produktionen. Bref, à travers ses multiples projets, passés ou actuels, seul ou flanqué bien souvent de son complice Stefan Sandström (Graav), c’est tout un pan du metal noir suédois qui est incarné, singulier et précieux, enraciné dans un humus froid et mélancolique. C’est aussi toute une famille de musiciens connectés les uns aux autres par une même muse forestière qu’ils honorent de façon très personnelle.
Après un EP en 2013 ("Finnmarkens Folk") et une alliance scellée avec son partenaire de label, Grift, deux ans plus tard, nous attendions beaucoup de Saiva, jardin secret qu’il bine en solitaire. Nombreux sont ceux à regretter LIK, dont les offrandes égrenaient un black metal boisé et sinistre tout ensemble. Or il y a beaucoup de son art glacial vibrant de teintes folk hivernales dans "Markerna Bortom", premier opus – enfin ! – du Suédois sous cette bannière individuelle. Moins nocturne et morbide que le matriciel "Ma Ljuset Aldrig Na Oss Mer" (2003), il renoue pourtant avec ce lustre obscur quasi incantatoire et cette manière qui n’appartient qu’au maître des lieux, batteur de formation, de charrier un tempo hypnotique qui confine à une transe terreuse. Cette guitare déglinguée, qui ne file jamais droit, conjuguée à ces vocalises aux accents invocateurs auxquelles le Suédois confère une dureté poétique ('Där vindar vänder'), entraînent ces pulsations osseuses dans l’intimité touffue d’un bois que peuplent des esprits oubliés. Mais à ce substrat à la fois lancinant et squelettique, l’homme injecte une dimension rituelle. Devenu chamane, il se veut le guide d’une sarabande païenne sillonnant une sente avalée par des ténèbres forestières. Si le chant black se montre discret, "Markerna Bortom" n’en distille pas moins une noirceur séculaire, venue du fond des âges, évocatrice de paysages figés par l’hiver qui exsudent pourtant une beauté nocturne et désespérée ('Mykät loitsut') qui ourle ces compositions dont la durée souvent étirée leur donne des allures de lentes processions, à l’image du long 'Nordmarkens älvar' qui, précédé d’une entame acoustique ('Lávket'), appuie d’emblée sur l’interrupteur, convoquant une nuit éternelle. A. Petterson prend son temps pour inoculer son venin obsédant ('Varsel i vildmark'), imprimant un rythme qui engourdit avant de nous conduire sur l’autel sacrificiel, témoin ce 'Nordan', qui ferme la marche. Appelant la mort avec ses notes décharnées, cette ronde sinistre voit sa cadence s’emballer brutalement pour en faire le titre le plus black metal du lot, façon de conclure sur des couleurs plus radicales, même si les dernières mesures, volontairement répétitives, poussent "Markerna Bortom" avec une douceur funeste, vers une fin belle à pleurer... 4/5 (29/11/2017)
Après un EP en 2013 ("Finnmarkens Folk") et une alliance scellée avec son partenaire de label, Grift, deux ans plus tard, nous attendions beaucoup de Saiva, jardin secret qu’il bine en solitaire. Nombreux sont ceux à regretter LIK, dont les offrandes égrenaient un black metal boisé et sinistre tout ensemble. Or il y a beaucoup de son art glacial vibrant de teintes folk hivernales dans "Markerna Bortom", premier opus – enfin ! – du Suédois sous cette bannière individuelle. Moins nocturne et morbide que le matriciel "Ma Ljuset Aldrig Na Oss Mer" (2003), il renoue pourtant avec ce lustre obscur quasi incantatoire et cette manière qui n’appartient qu’au maître des lieux, batteur de formation, de charrier un tempo hypnotique qui confine à une transe terreuse. Cette guitare déglinguée, qui ne file jamais droit, conjuguée à ces vocalises aux accents invocateurs auxquelles le Suédois confère une dureté poétique ('Där vindar vänder'), entraînent ces pulsations osseuses dans l’intimité touffue d’un bois que peuplent des esprits oubliés. Mais à ce substrat à la fois lancinant et squelettique, l’homme injecte une dimension rituelle. Devenu chamane, il se veut le guide d’une sarabande païenne sillonnant une sente avalée par des ténèbres forestières. Si le chant black se montre discret, "Markerna Bortom" n’en distille pas moins une noirceur séculaire, venue du fond des âges, évocatrice de paysages figés par l’hiver qui exsudent pourtant une beauté nocturne et désespérée ('Mykät loitsut') qui ourle ces compositions dont la durée souvent étirée leur donne des allures de lentes processions, à l’image du long 'Nordmarkens älvar' qui, précédé d’une entame acoustique ('Lávket'), appuie d’emblée sur l’interrupteur, convoquant une nuit éternelle. A. Petterson prend son temps pour inoculer son venin obsédant ('Varsel i vildmark'), imprimant un rythme qui engourdit avant de nous conduire sur l’autel sacrificiel, témoin ce 'Nordan', qui ferme la marche. Appelant la mort avec ses notes décharnées, cette ronde sinistre voit sa cadence s’emballer brutalement pour en faire le titre le plus black metal du lot, façon de conclure sur des couleurs plus radicales, même si les dernières mesures, volontairement répétitives, poussent "Markerna Bortom" avec une douceur funeste, vers une fin belle à pleurer... 4/5 (29/11/2017)
KröniK | Eluveitie - Evocation II : Pantheon (2017)
Que Eluveitie ait (enfin) décidé de compléter le diptyque acoustique "Evocation", entamé il y a huit ans, alors même qu'il vient de traverser la période la plus chaotique de son histoire, voyant la majeure partie de ses membres déserter ses rangs, à commencer par son emblématique chanteuse et joueuse de vièle Anna Murphy (Nucleus Torn, Lethe), n'est peut-être pas si étonnant en ce sens où ce second volet, en prenant des allures d'escapade salvatrice, permet à Chrigel Glanzmman et sa (nouvelle) troupe de se rôder avant d'offrir un véritable successeur à "Origins", tout en lui assurant un succès programmé.
Pourtant, s'il épouse les mêmes traits celtiques et dansants, "Pantheon" ne peut se confondre avec une facile resucée de "The Arcane Dominion" dont il se distingue par sa nature plus chamanique encore. Alors que son prédécesseur a été enfanté dans le sillage heureux de "Slania" qui a véritablement lancé les Suisses, ce deuxième segment puise sans aucun doute ses teintes crépusculaires dans le contexte sombre que les Suisses ont vécu. Cette obscurité enveloppe une bonne moitié de l'album auquel elle confère des accents quasi ritualistes dont l'exemple le plus saisissant reste le nocturne et tribal 'Artio'. Aux côtés des ritournelles les plus sautillantes ('Epona', 'Lvgvs ou l'inoxydable 'Omnios') se nichent de ténébreuses mélopées ('Esvs'), souvent très courtes ('Tovtatis'), qui mitent un menu tout du long écartelé entre pénombre et lumière. De fait, si non seulement ceux qui attendaient du pur metal folklorique dont ne subsistent que des oripeaux à travers le chant du maître des lieux, qui plus est en retrait, en seront pour leur frais, les amateurs de gigues virevoltantes ne seront pas plus comblés par cet opus qui, bien que souvent entraînant ('Tarvos II'), se pare donc d'apparats mélancoliques et presque funéraires, nous plongeant dans une Gaule ombrageuse où règnent magie et croyances telluriques. Quoiqu'un peu trop chargé avec ses dix-huit pistes au compteur, "Pantheon" n'en demeure pas moins fascinant de bout en bout. Si elle impressionne par ses pulsations instrumentales ('Taranis'), l'offrande est le réceptacle de la voix tour à tour ensorcelante et sentencieuse de Fabienne Erni qui n'a pas à rougir de la comparaison avec une Anna Murphy pourtant très appréciée des aficionados. Elle est assurément la grande découverte de cet album dont on peut penser que sans elle, il n'aurait pas brillé du même éclat solaire et obscur tout ensemble. Entêtant et incantatoire, "Pantheon" est aussi accessible que déroutant, œuvre d'une ambivalence noire grâce à laquelle Eluveitie se ressource miraculeusement. 3.5/5 (02/09/2017)
Pourtant, s'il épouse les mêmes traits celtiques et dansants, "Pantheon" ne peut se confondre avec une facile resucée de "The Arcane Dominion" dont il se distingue par sa nature plus chamanique encore. Alors que son prédécesseur a été enfanté dans le sillage heureux de "Slania" qui a véritablement lancé les Suisses, ce deuxième segment puise sans aucun doute ses teintes crépusculaires dans le contexte sombre que les Suisses ont vécu. Cette obscurité enveloppe une bonne moitié de l'album auquel elle confère des accents quasi ritualistes dont l'exemple le plus saisissant reste le nocturne et tribal 'Artio'. Aux côtés des ritournelles les plus sautillantes ('Epona', 'Lvgvs ou l'inoxydable 'Omnios') se nichent de ténébreuses mélopées ('Esvs'), souvent très courtes ('Tovtatis'), qui mitent un menu tout du long écartelé entre pénombre et lumière. De fait, si non seulement ceux qui attendaient du pur metal folklorique dont ne subsistent que des oripeaux à travers le chant du maître des lieux, qui plus est en retrait, en seront pour leur frais, les amateurs de gigues virevoltantes ne seront pas plus comblés par cet opus qui, bien que souvent entraînant ('Tarvos II'), se pare donc d'apparats mélancoliques et presque funéraires, nous plongeant dans une Gaule ombrageuse où règnent magie et croyances telluriques. Quoiqu'un peu trop chargé avec ses dix-huit pistes au compteur, "Pantheon" n'en demeure pas moins fascinant de bout en bout. Si elle impressionne par ses pulsations instrumentales ('Taranis'), l'offrande est le réceptacle de la voix tour à tour ensorcelante et sentencieuse de Fabienne Erni qui n'a pas à rougir de la comparaison avec une Anna Murphy pourtant très appréciée des aficionados. Elle est assurément la grande découverte de cet album dont on peut penser que sans elle, il n'aurait pas brillé du même éclat solaire et obscur tout ensemble. Entêtant et incantatoire, "Pantheon" est aussi accessible que déroutant, œuvre d'une ambivalence noire grâce à laquelle Eluveitie se ressource miraculeusement. 3.5/5 (02/09/2017)
KröniK | Galley Beggar - Heathen Hymns (2017)
On peut toujours compter sur Rise Above, le label culte de Lee Dorrian, pour nous faire découvrir des formations improbables sinon anachroniques, aussi rares que précieuses, telles Circulus ou Saturn par exemple. C'est le cas également de Galley Beggar dont ce "Heathen Hymns" n'est pourtant pas la première exploration car précédée de trois autres voyages dans le temps depuis 2010, parmi lesquels nous pouvons citer "Silence & Tears" qui scellait il y a trois ans l'union entre les deux parties.
Comme le suggère le visuel aux couleurs païennes qui lui sert d'écrin, ce quatrième album nous convie à une cérémonie mystérieuse aux confins d'un fantastique à l'anglaise, suggérant d'emblée le film "The Wicker Man" et ses jeunes nymphes dansant nues en hommage à des divinités séculaires et oubliées. Boisée et envoûtante, la musique de ce groupe d'un autre temps rappelle à notre bon souvenir un pan entier du rock de la Perfide Albion, lorsque progressif, psychédélisme et folk s'entremêlaient en une sarabande jazzy au goût acide de champignons. Galley Beggar en est l'héritier tribal et jouissif. S'ils leur arrivent de rêver à l'Orient, le temps d'un 'The Lake' que bercent les effluves d'un sitar capiteux, les musiciens plongent ainsi leurs racines dans la terre des forêts britanniques, peuplées de légendes ('Lorelei'). Chanteuse idéale pour déclamer ces ritournelles ensorcelantes, Maria O'Donnell est le guide nocturne de cette procession à la fois sombre et pulsative ('Let No Man Steal Your Thyme'). Folk progressif antédiluvien à des années-lumière d'une partition sautillante et guillerette, "Heathen Hymns" brille d'un éclat obscur, opus tellurique enfoncé dans les méandres d'un acid doom obsédant, à l'image de 'Four Birds', joyau noir de ce menu percussif, d'une belle richesse instrumentale, acoustique ('The Girl I Left Behind Me') et folklorique ('Salome'), que tisse un violon aux accents pluvieux. De fait, l'ensemble reste tout du long prisonnier d'une pesanteur mélancolique qui empoisonne même les titres les plus doucereux, comme 'My Return' et surtout 'Moon And Tide' que drape un suaire inquiétant. Il n'y a donc rien de festif ni de dansant à espérer de cette offrande qui a toute sa place au sein des musiques crépusculaires. 4/5 (2017) | Facebook
Comme le suggère le visuel aux couleurs païennes qui lui sert d'écrin, ce quatrième album nous convie à une cérémonie mystérieuse aux confins d'un fantastique à l'anglaise, suggérant d'emblée le film "The Wicker Man" et ses jeunes nymphes dansant nues en hommage à des divinités séculaires et oubliées. Boisée et envoûtante, la musique de ce groupe d'un autre temps rappelle à notre bon souvenir un pan entier du rock de la Perfide Albion, lorsque progressif, psychédélisme et folk s'entremêlaient en une sarabande jazzy au goût acide de champignons. Galley Beggar en est l'héritier tribal et jouissif. S'ils leur arrivent de rêver à l'Orient, le temps d'un 'The Lake' que bercent les effluves d'un sitar capiteux, les musiciens plongent ainsi leurs racines dans la terre des forêts britanniques, peuplées de légendes ('Lorelei'). Chanteuse idéale pour déclamer ces ritournelles ensorcelantes, Maria O'Donnell est le guide nocturne de cette procession à la fois sombre et pulsative ('Let No Man Steal Your Thyme'). Folk progressif antédiluvien à des années-lumière d'une partition sautillante et guillerette, "Heathen Hymns" brille d'un éclat obscur, opus tellurique enfoncé dans les méandres d'un acid doom obsédant, à l'image de 'Four Birds', joyau noir de ce menu percussif, d'une belle richesse instrumentale, acoustique ('The Girl I Left Behind Me') et folklorique ('Salome'), que tisse un violon aux accents pluvieux. De fait, l'ensemble reste tout du long prisonnier d'une pesanteur mélancolique qui empoisonne même les titres les plus doucereux, comme 'My Return' et surtout 'Moon And Tide' que drape un suaire inquiétant. Il n'y a donc rien de festif ni de dansant à espérer de cette offrande qui a toute sa place au sein des musiques crépusculaires. 4/5 (2017) | Facebook
KröniK | The Moon And The Nightspirit - Metanoia (2017)
Cela fait douze ans déjà que Agnes Toth et Mihaly Szabo nous enchantent avec leurs rêveries ténébreuses et acoustiques, boisées et folkloriques. Combien ont-il eu raison de s'aventurer sur cette sente crépusculaire après le sabordage de Even Song dont le gothic metal quoique plaisant convenait moins à leurs talents conjugués de chanteuse et violoniste (pour elle), de guitariste et percussionniste (pour lui). Avec The Moon And The Nightspirit, ils ont su façonner leur identité qui doit autant à cette musique nocturne qu'à ces visuels poétiques teintés d'étrangeté, réalisés par la vocaliste elle-même.
Après un "Mohalepte" (2011) qui n'apportait pas grand-chose, "Holdrejtek" a su trois ans plus tard nous dévoiler un couple plus inspiré que jamais, désormais hébergé par Prophecy, label idéal pour accueillir ces offrandes si personnelles. Fixée depuis "Of Dreams Forgotten And Fables Untold", la signature du groupe demeure inchangée. Les fidèles ne seront donc ni déstabilisés ni déçus par ce nouvel - et sixième - opus qui continue de creuser ce sillon mélancolique à travers ces forêts peuplées de légendes. S'il n'est bien entendu pas nécessaire d'en avoir parcouru les paysages verdoyants pour se laisser séduire par les ritournelles désenchantées de nos deux troubadours, le fait est que leur art demeure profondément enraciné dans la terre hongroise dont les amoureux de ce pays retrouveront cette atmosphère unique et finalement indescriptible qui tient autant à un humus obscur qu'à une imagerie mystérieuse, presque hors du temps. Tel est ainsi "Metanoia" qui nous convie à une déambulation médiévale parée d'enluminures orientales. Le duo a certes vieilli, comme en témoignent les cheveux blancs qui colorent la crinière de Mihaly, mais il n'a rien perdu de son fascinant pouvoir d'évocation, capable d'entraîner loin le pèlerin, dans une époque reculée et fantasmée. Dès 'A Hajnal Köszöntése', la magie opère, distillée par ces notes de violon osseuses et cette voix féminine fragile qui semble vouloir se briser, plumes d'une musique écrite à l'encre noire du désespoir. L'ombre tissée par la flûte de la belle ('Kilenc Hid') ainsi que ses mélopées participent d'un rituel chamanique dont le pouls vibre d'une puissance sourde. S'il accompagne parfois au chant sa muse mais toujours de manière discrète ('Mysterion Mega'), Szabo enrichit cette partition d'une dimension percussive et hypnotique, à l'image des obsédants 'A Fény Diadala' et 'Az Elsö Tünder Megidézése'. Drapé dans des arrangements extrêmement travaillés, "Metanoia" égrène huit compositions aux allures de pièces d'orfèvre en un ensemble sombrement enchanteur auquel il paraît bien difficile de résister, danse tribale qui brille d'un éclat lunaire. 4/5 (2017) | Facebook
Après un "Mohalepte" (2011) qui n'apportait pas grand-chose, "Holdrejtek" a su trois ans plus tard nous dévoiler un couple plus inspiré que jamais, désormais hébergé par Prophecy, label idéal pour accueillir ces offrandes si personnelles. Fixée depuis "Of Dreams Forgotten And Fables Untold", la signature du groupe demeure inchangée. Les fidèles ne seront donc ni déstabilisés ni déçus par ce nouvel - et sixième - opus qui continue de creuser ce sillon mélancolique à travers ces forêts peuplées de légendes. S'il n'est bien entendu pas nécessaire d'en avoir parcouru les paysages verdoyants pour se laisser séduire par les ritournelles désenchantées de nos deux troubadours, le fait est que leur art demeure profondément enraciné dans la terre hongroise dont les amoureux de ce pays retrouveront cette atmosphère unique et finalement indescriptible qui tient autant à un humus obscur qu'à une imagerie mystérieuse, presque hors du temps. Tel est ainsi "Metanoia" qui nous convie à une déambulation médiévale parée d'enluminures orientales. Le duo a certes vieilli, comme en témoignent les cheveux blancs qui colorent la crinière de Mihaly, mais il n'a rien perdu de son fascinant pouvoir d'évocation, capable d'entraîner loin le pèlerin, dans une époque reculée et fantasmée. Dès 'A Hajnal Köszöntése', la magie opère, distillée par ces notes de violon osseuses et cette voix féminine fragile qui semble vouloir se briser, plumes d'une musique écrite à l'encre noire du désespoir. L'ombre tissée par la flûte de la belle ('Kilenc Hid') ainsi que ses mélopées participent d'un rituel chamanique dont le pouls vibre d'une puissance sourde. S'il accompagne parfois au chant sa muse mais toujours de manière discrète ('Mysterion Mega'), Szabo enrichit cette partition d'une dimension percussive et hypnotique, à l'image des obsédants 'A Fény Diadala' et 'Az Elsö Tünder Megidézése'. Drapé dans des arrangements extrêmement travaillés, "Metanoia" égrène huit compositions aux allures de pièces d'orfèvre en un ensemble sombrement enchanteur auquel il paraît bien difficile de résister, danse tribale qui brille d'un éclat lunaire. 4/5 (2017) | Facebook
Live Report | The Moon And The Nightspirit + Trobar De Morte + Rastaban (Paris - 01/04/2017)
C'est une soirée au goût de Moyen-âge et d'orient à laquelle nous étions conviés, le 1er avril dans l'enceinte du Glazart. Les quelques échoppes où s'étalent tuniques et bijoux nous plongent d'emblée dans une atmosphère chamarrée.
Si TROBAR DE MORTE et bien entendu THE MOON AND THE NIGHTSPIRIT sont fortement attendus, RASTABAN, chargé de chauffer la salle, n'en est pas moins accueilli avec chaleur par un public qui tombera vite dans son escarcelle pleine de charme et d'énergie, deux qualités qu'affiche la belle Mariane Libert, maîtresse de cérémonie à laquelle il est bien difficile de résister, à peine éclipsée la présence du colosse Louis Aubri et son didgeridoo imposant. Les deux guitaristes ne sont toutefois pas en reste, surtout Stephan Késenne, principal compositeur du groupe belge, aussi à l'aise avec une six-corde qu'avec un violon cependant que le batteur imprime un tempo rapidement hypnotique. C'est d'ailleurs là toute la force du tribal folk, aussi pulsatif qu'accrocheur que la tribu brode avec une envie et un plaisir communicatifs, comme l'illustrent les entraînants Hore Dolom, Zora ou Moja Dusa. Une charmante découverte.
Si TROBAR DE MORTE et bien entendu THE MOON AND THE NIGHTSPIRIT sont fortement attendus, RASTABAN, chargé de chauffer la salle, n'en est pas moins accueilli avec chaleur par un public qui tombera vite dans son escarcelle pleine de charme et d'énergie, deux qualités qu'affiche la belle Mariane Libert, maîtresse de cérémonie à laquelle il est bien difficile de résister, à peine éclipsée la présence du colosse Louis Aubri et son didgeridoo imposant. Les deux guitaristes ne sont toutefois pas en reste, surtout Stephan Késenne, principal compositeur du groupe belge, aussi à l'aise avec une six-corde qu'avec un violon cependant que le batteur imprime un tempo rapidement hypnotique. C'est d'ailleurs là toute la force du tribal folk, aussi pulsatif qu'accrocheur que la tribu brode avec une envie et un plaisir communicatifs, comme l'illustrent les entraînants Hore Dolom, Zora ou Moja Dusa. Une charmante découverte.
C'est ensuite au tour des Espagnols d'investir la scène devant laquelle le public, nombreux, s'amasse. Figure majeure de ce courant néoclassical, on peut s'étonner de sa position intermédiaire sur l'affiche mais, guidé par leur figure de proue, la sirène Lady Morte, les troubadours ont livré un set ensorcelant, mêlant volutes arabisantes et folklore ibérique en un tourbillon enchanteur. Bien sûr et nonobstant les qualités des autres musiciens, tous les regards sont braqués sur la chanteuse à la présence magnétique. Quand elle ne joue pas du hurdy gurdy, elle se lance dans une danse des sept voiles du plus bel effet. Les classiques du groupes émaillent une prestation solaire, de Summoning The Gods à The Sorceress, de Morgana à Yggdrasil.
C'est enfin autour des Hongrois d'investir la scène. Quel plaisir de retrouver Agnes et Mihaly, aussi discrets que concentrés. Soutenu par une section rythmique qui dicte un tempo sombrement pulsatif, quasi chamanique, le couple tisse sa toile crépusculaire et médiévale, elle au chant et au violon, lui à la guitare et de temps à autre, derrière le micro. Armé du récent et superbe Metanoia, THE MOON AND THE NIGHTSPIRIT entraîne dans une sarabande magique un public tout acquis à sa cause. Les titres s'enchaînent (trop vite) dans une interprétation parfaite et envoûtante. Un très grand moment.
Un grand merci aux groupes et à Ondes Noires pour cette très belle soirée !
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