Sur un mode mineur, A Name For Evil revisite le thème de la maison hantée. Malgré ses airs tenaces de produit télévisuel, ce film réussit (un peu) à distiller une atmosphère finalement plus trouble qu'effrayante.
AU PIF
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Fons Rademakers | A cause des chats (1973)
Accusé de véhiculer un message réactionnaire et de se complaire dans le scabreux voire le vulgaire, A cause des chats fut vilipendé par la critique lors de sa sortie dans les salles obscures néerlandaises en 1973. Il s'agit pourtant d'un bon polar batave.
Hans D. Bornhauser | Der Bumsladen-Boß (1973)
Hans D. Bornhauser fait partie de ces artisans qui, dans la RFA de la première moitié des années 70 alors bercée par la libération sexuelle, a oeuvré dans un érotisme pelliculé à la fois crado et rigolard.
Krönik | West, Bruce & Laing - Whatever Turns You On (1973)
West, Bruce & Laing est un supergroupe réunissant deux membres de Mountain (Leslie West à la guitare et Corky Laing à la battarie) et un ex-Cream (Jack Bruce à la basse). Contrairement à Moutnain qui donne dans le Hard rock bluesy et parfois lyrique, ce groupe éphémère insiste quant à lui beaucoup plus sur ses racines blues. Après un premier essai convaincant, Why Doncha en 1972, le groupe remet donc le couvert pour ce qui demeure son meilleur album. Blues-rock rageur (“ Backfire ”, “ Rock’n’roll Machine ”) ou plus classique (“ Slow Blues ”) alternent avec de petites perles à l’ambiance plus originale (“ Token ”, “ Like A Plate ”). Apothéose du disque : la superbe ballade “ November Song ”, toute en émotion et en finesse.
Même si West et Bruce se partagent le chant, on a quand même l’impression que le second est un peu en retrait par rapport au guitariste, ce qui est bien dommage vu son talent. L’album eut été encore meilleur avec davantage de titres emmenés par sa seule voix. (2006)
Même si West et Bruce se partagent le chant, on a quand même l’impression que le second est un peu en retrait par rapport au guitariste, ce qui est bien dommage vu son talent. L’album eut été encore meilleur avec davantage de titres emmenés par sa seule voix. (2006)
Sergio Martino | Rue de la violence (1973)
Après le péplum, l'horreur gothique, le western et le giallo, le cinéma commercial italien plonge corps et âme dans le polar urbain, trouvant le contexte chaotique des années de plomb le terreau idéal. Sans en incarner le spécimen le plus abouti, Rue de la violence se montre représentatif de ce courant où Umberto Lenzi s'est particulièrement illustré. Inspiré de l'assassinat d'un commissaire de police milanais survenu un an plus tôt, ce premier polar de Sergio Martino aligne tous les invariants propres à ce sous-genre du bis rital : flic aux méthodes expéditives, poursuites en bagnoles, violence hallucinée, mise en scène au cordeau, musique des frères De Angelis et guest-star américaine sur le déclin (ici Richard Conte). Milano Trema illustre à son tour que les Italiens n'ont décidément peur de rien, n'hésitant pas à montrer à l'écran ce que les autres ne filmeront jamais : une petite abattue dans une voiture et une femme enceinte exécutée lors d'une attaque de banque.
Il en résulte une oeuvre âpre et brutale, qui témoigne de cette tentation autoritaire dans laquelle l'Italie est souvent prête à basculer, permanence historique héritée de la période fasciste. Enfin, évoquant lui aussi une police parallèle, il est intéressant de noter que Rue de la violence est sorti la même année que Magnum Force... (Vu le 12/03/2018 / Source : DVD)
Il en résulte une oeuvre âpre et brutale, qui témoigne de cette tentation autoritaire dans laquelle l'Italie est souvent prête à basculer, permanence historique héritée de la période fasciste. Enfin, évoquant lui aussi une police parallèle, il est intéressant de noter que Rue de la violence est sorti la même année que Magnum Force... (Vu le 12/03/2018 / Source : DVD)
Jack Hill | Coffy, la panthère noire de Harlem (1973)
Mené par l'égérie de la blacksploitation, Coffy, la panthère noire de Harlem est une oeuvre culte de ce sous-genre, redécouvert récemment grâce à Quentin Tarantino. Pam Grier et ses formes généreuses affolent les sens dans cette banale histoire de vengeance sur fond de trafic de drogue. Film avec des noirs pour des noirs mais dirigé par un blanc (Jack Hill, qui retrouve le couple de The Big Bird Cage), Coffy reste agréable à regarder pour son charme seventies, pour quelques scènes légèrement érotiques et d'autres assez violentes, cocktail épicé qui a plutôt bien vieilli. Et puis de toute façon, Pam Grier a un charisme tel (et pas seulement des courbes à faire gonfler la hampe comme une montgolfière) que sa présence a souvent suffi à faire augmenter la valeur ajoutée des produits dans lesquelles elle promenait ses seins appétissants et ses fesses callipyges.(Vu le 04/03/2018 / Source : enregistré sur TPS Cinextrême en 2006)
Fred Zinnemann | Chacal (1973)
Tiré du passionnant roman de Frederic Forsyth, Chacal est un film qui l'est tout autant si ce n'est davantage car, en dépit de sa durée (près de 2h30), il a su gommer les quelques longueurs du livre pour offrir un redoutable suspense. Auteur pourtant d'oeuvres mémorables telles que Le train sifflera trois fois (1952), Tant qu'il y aura des hommes (1953) ou Et vint le jour de la vengeance (1964), Fred Zinnemann livre ici son travail le plus abouti et exigeant. Le contexte de l'époque est bien rendu tandis qu'il dirige cette chasse à l'homme avec maestria et sans esbroufes, contrairement au piteux remake auquel il aura droit bien plus tard. Chacal doit, il est vrai, beaucoup de son charme et de sa puissance à Edward Fox qui trouve là le plus beau rôle de sa carrière. Il incarne un tueur froid, distingué et professionnel dont on sent bien qu'il ira jusqu'au bout de sa mission.
Il lui confère même une sorte de tristesse glaciale, comme lors de cette scène clé où, ayant appris qu'il était désormais repéré, il décide pourtant de ne pas abandonner, décision représentée par cette route qui se scinde en deux directions, l'une partant l'Italie et l'autre vers Paris. On finit par s'attacher à ce personnage superbe dont on ne saura jamais qui il était réellement.
Il lui confère même une sorte de tristesse glaciale, comme lors de cette scène clé où, ayant appris qu'il était désormais repéré, il décide pourtant de ne pas abandonner, décision représentée par cette route qui se scinde en deux directions, l'une partant l'Italie et l'autre vers Paris. On finit par s'attacher à ce personnage superbe dont on ne saura jamais qui il était réellement.
Lindsay Anderson | Le meilleur des mondes possibles (1973)
Si l'on veut vraiment connaître Malcolm McDowell, c'est Le meilleur des mondes possibles qu'il faut voir. Le film est tourné autour de lui et quasiment fait par lui puisqu'il en a inspiré le récit. Il est presque de tous les plans. Pour l'occasion, il retrouve le théoricien du Free cinema, Lindsay Anderson. Entre les deux, la complicité est évidente. Il retrouve aussi le personnage de Mick Travis qu'il a créé pour If... dont une bonne partie des comédies (Peter Jeffrey, Arthur Lowe, Chrstine Noonan, Graham Crowden...) peuplent O Lucky Man ! Le fait que chacun d'entre eux, comme tous les autres acteurs (sauf McDowell), campent plusieurs rôles participent de cette impression d'avoir à faire à un film dans un film, comme le suggère la fin où Mick Travis (à moins que cela ne soit Malcolm lui-même) passe une audition pour interpréter Mick Travis (!) sous la direction de Anderson.
Il est étonnant de voir aussi comment le métrage se nourrit d'Orange mécanique que l'Anglais vient de tourner, en piochant dans son casting (Warren Clarke, Philip Stone) ou en détournant les scènes où Alex sert de cobaye. Au grès des aventures picaresques de ce Candide d'un nouveau temps et d'un nouveau genre, le regard halluciné et le sourire au coin des lèvres, le film tisse un portrait sans fard de l'Angleterre des années, tirant à boulets rouges sur la justice, l'armée, l'Eglise, la science... On rit souvent (jaune) face à ce O Lucky Man qui manie aussi bien le non-sens que le vitriol, rythmé par la musique de Alan Price (The Animals) dont les interventions agissent à la manière d'un choeur antique. | IMDb
Il est étonnant de voir aussi comment le métrage se nourrit d'Orange mécanique que l'Anglais vient de tourner, en piochant dans son casting (Warren Clarke, Philip Stone) ou en détournant les scènes où Alex sert de cobaye. Au grès des aventures picaresques de ce Candide d'un nouveau temps et d'un nouveau genre, le regard halluciné et le sourire au coin des lèvres, le film tisse un portrait sans fard de l'Angleterre des années, tirant à boulets rouges sur la justice, l'armée, l'Eglise, la science... On rit souvent (jaune) face à ce O Lucky Man qui manie aussi bien le non-sens que le vitriol, rythmé par la musique de Alan Price (The Animals) dont les interventions agissent à la manière d'un choeur antique. | IMDb
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