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Henry King | Margie (1946)
























Malgré le succès qui fut le sien lorsqu'il est sorti sur les écrans américains en 1946, Margie fait néanmoins partie de ces innombrables films que j'ai un jour enregistrés (dans le cinéma de minuit au cas particulier) mais que je n'ai jamais eu très envie de visionner.

Archie Mayo | L'évadé de l'enfer (1946)


Si la collection "Les classiques" de chez Artus, n'est pas la plus excitante de l'éditeur, elle a au moins le mérite de nous faire (re)découvrir des films rares ou franchement oubliés, parfois mineurs, souvent intéressants. L'évadé de l'enfer est un des meilleurs du lot. Réalisé en 1946 par Archie Mayo (Les aventures de Marco Polo), celui-ci rejoint Le ciel peu attendre ou Un pacte avec le diable où un mort revient sur terre pour exécuter une mission. Le principal atout de ce conte fantastique nourrit aux codes du film noir et que pimente une touche de comédie, reste son formidable trio de comédiens : Paul Muni dans un de ses derniers grands rôles, Anne Baxter et sa beauté atypique et surtout Claude Rains dans la peau du diable lui-même, auquel il confère une dimension à la fois sympathique et pourtant parfois quasi fascisante. Plastiquement très sombre, la séquence dans les Enfers est oppressante, le rythme, nerveux. Bref, Angel On My Shoulder mérite largement de sortir de l'oubli... (vu le 29/12/2018)









Marcel L'Herbier | L'affaire du collier de la reine (1946)


Film de fin de carrière (cinématographique) pour Marcel L'Herbier, L'affaire du collier de la reine est un classique vieilli mais qui conserve toujours un certain charme, celui des vieilles choses justement. Dans cette reconstitution historique soignée d'une escroquerie fameuse qui a tant inspiré aussi bien le cinéma que la littérature voire même la bande dessinée, Viviane Romance y trouve un rôle à sa mesure. Sans elle, il est permis d'affirmer que l'oeuvre n'aurait pas autant de piquant.
Et lorsque elle est fouettée jusqu'au sang puis marquée dans la chair, son personnage se pare alors d'une dimension sadienne joussive lors d'une conclusion qui rachète à elle seule un métrage trop académique pour  susciter autre chose qu'un respect poli. Si on attendait sans doute plus inspiré sinon personnel de la part du réalisateur, secondé par Jean Dréville et de son scénariste Charles Spaak, on ne s'ennuie pas une seconde devant ce film bien fait où l'on croise avec plaisir le trop rare Jacques Daqumine et sa voix suave. 



Jules Dassin | A Letter For Evie (1946)


En quelques mots : Avant d'imposer sa griffe à partir de 1947 avec un corpus de films remarquables (Les démons de la liberté, La cité sans voile, Les bas-fonds de Frisco et Les forbans de la nuit), Jules Dassin s'est fait la main en signant des productions mineures mais loin d'être anodines. Inédit en France, A letter For Evie illustre bien des qualités techniques déjà acquises et un traitement certes encore corseté mais néanmoins non dépourvu de personnalité. Ainsi, banale comédie romantique au sujet toutefois astucieux, l'oeuvre étonne par son héros qui n'est pas le beau ténébreux de service (le falot John Carroll) mais le plus discret Hume Cronyn, grand comédien au talent trop peu reconnu, auquel on s'attache très vite. Tout du long, on souhaite que l'héroïne interprétée par Marsha Hunt, comprenne la vérité, ce qui arrive en fin, dans les dernières minutes d'un récit qui ne souffre pas de son caractère statique voire théâtral.