Un peu plus d'un an après avoir enfanté à la va-vite l'anecdotique "At The Edge Of Time", faux EP ou vrai single qui n'apportait pas grand-chose, les Polonais de Crystal Viper nous offrent aujourd'hui le vrai successeur de l'acclamé "Queen Of The Witches". Qu'attendre ou espérer de ce septième effort ?
AU PIF
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Batushka | Hospodi (2019)
Malgré le poids des valeurs qui le cimente et l'intégrité affichée, le black metal n'est pourtant pas imperméable aux querelles intestines, aux divorces fracassants.
Monasterium | Church Of Bones (2019)
Si vous regrettez à la fois que Forsaken ne se montre pas plus productif et que Candlemass n'ait pas poursuivi son chemin de croix emmené par Messiah Marcolin alors nous ne saurions trop vous conseiller de poser (au moins) une oreille sur "Church Of Bones" qui agrège tous ce qui fait la beauté et la pureté du doom épique et lyrique. Chant haut perché et émotionnel qui parfois se coince dans la braguette, guitares d'airain qui tissent une toile aussi sentencieuse que belle comme un chat qui dort et atmosphères solennelles constituent la sainte trinité dont Monasterium est le respectueux vassal.
Nyctophilia | Ad Mortem Et Tenebrae (2018)
Des Nyctophilia, on en dénombre au moins quatre (d'après le précieux Metal Archives), qui tous macèrent dans le jus du black dépressif.
Crystal Viper | At The Edge Of Time (2018)
Une mise en garde pour commencer : "At The Edge Of Time" n’est ni le nouvel album de Crystal Viper ni même un véritable EP comme AFM se plait à le vendre.
KröniK | Mystic Rites - Threads (2018)
Deux pistes donc, deux sombres labyrinthes aussi tortueux qu'agressifs.
Commençons par les choses qui fâchent (un peu). Alors qu'il a vu la nuit il y a six ans maintenant, Mystic Rites ne semble toujours pas décidé à franchir l'étape du EP pour offrir - enfin - le premier véritable méfait que Invoking The Lost Spirits (2013) puis Grin As The Jewel Kingdom Falls (2014) nous laissaient espérer. Threads n'est donc pas cette offrande tant attendue mais une nouvelle courte ration (17 minutes au jus). Ceci étant, les Polonais se fendent encore une fois d'excellentes compositions, loin du brouillon, de l'ébauche que ce format mal aimé peut faire craindre.
Mieux, Threads et And So The Silence Died peuvent même être considérés comme ce que le duo a enfanté de plus élaboré depuis ses débuts. Sans s'éloigner de ce black metal reptilien qui rampe aux confins du death, Mystic Rites atteint clairement cette fois-ci l'étage du dessus en terme d'écriture et d'ambiances malsaines. Deux pistes donc, deux sombres labyrinthes aussi tortueux qu'agressifs. Du haut de ses neuf minutes au compteur, le titre éponyme ouvre l'écoute. Après une longue et pulsative entame que vrille une guitare abrasive, Threads démarre enfin, conquérant et bestial. Chant possédé et blasts aux quatre vents écartèlent cette saillie qui, à mi parcours, voit son tempo se figer, prisonnier d'une geôle sinistre que pénètrent des riffs pollués. L'atmosphère se fait plus pesante, plus evil encore tandis que les deux musiciens tricotent des instants meurtris au-dessus d'un puits sans fin. Nimbé d'effluves inquiétantes, le pouls battant au rythme d'une batterie tribale, And So The Silence Died est lui aussi travaillé de l'intérieur par de multiples forces entre death abyssal et black metal rongée par une lugubre négativité qu'égrènent autant cette voix comme échappée du fond des âges que cette guitare aux allures de scalpel labourant la peau. Court mais intense, ce EP nous donne plus que jamais l'envie d'entendre bien davantage de la part d'un groupe au potentiel évident. (24/04/2018)
Commençons par les choses qui fâchent (un peu). Alors qu'il a vu la nuit il y a six ans maintenant, Mystic Rites ne semble toujours pas décidé à franchir l'étape du EP pour offrir - enfin - le premier véritable méfait que Invoking The Lost Spirits (2013) puis Grin As The Jewel Kingdom Falls (2014) nous laissaient espérer. Threads n'est donc pas cette offrande tant attendue mais une nouvelle courte ration (17 minutes au jus). Ceci étant, les Polonais se fendent encore une fois d'excellentes compositions, loin du brouillon, de l'ébauche que ce format mal aimé peut faire craindre.
Mieux, Threads et And So The Silence Died peuvent même être considérés comme ce que le duo a enfanté de plus élaboré depuis ses débuts. Sans s'éloigner de ce black metal reptilien qui rampe aux confins du death, Mystic Rites atteint clairement cette fois-ci l'étage du dessus en terme d'écriture et d'ambiances malsaines. Deux pistes donc, deux sombres labyrinthes aussi tortueux qu'agressifs. Du haut de ses neuf minutes au compteur, le titre éponyme ouvre l'écoute. Après une longue et pulsative entame que vrille une guitare abrasive, Threads démarre enfin, conquérant et bestial. Chant possédé et blasts aux quatre vents écartèlent cette saillie qui, à mi parcours, voit son tempo se figer, prisonnier d'une geôle sinistre que pénètrent des riffs pollués. L'atmosphère se fait plus pesante, plus evil encore tandis que les deux musiciens tricotent des instants meurtris au-dessus d'un puits sans fin. Nimbé d'effluves inquiétantes, le pouls battant au rythme d'une batterie tribale, And So The Silence Died est lui aussi travaillé de l'intérieur par de multiples forces entre death abyssal et black metal rongée par une lugubre négativité qu'égrènent autant cette voix comme échappée du fond des âges que cette guitare aux allures de scalpel labourant la peau. Court mais intense, ce EP nous donne plus que jamais l'envie d'entendre bien davantage de la part d'un groupe au potentiel évident. (24/04/2018)
Soon | Evilfeast - Elegies Of The Stellar Wind
KröniK | Duch Czerni - Reality Of Black Spirits (2016)
Une question pour commencer : Wened Wilk Slawibor est-il un être humain ? Mange-t-il ? Dort-il ? Va-t-il même au petit coin ? Il est permis de se le demander, à voir la multitude de projets, certes plus ou moins éphémères, qu’il besogne depuis quelques années à peine…Sans doute inconnu en dehors de sa cage d’escalier, le Polonais est par contre bien connu des amateurs de cet art noir venu d’Europe de l’Est, qu’il ne cesse d’honorer, parfois chanteur, d’autre fois simple batteur. Grâce à son implication dans Blood Stronghold, chez lequel il se contente de trôner derrière les fûts, le bonhomme mérite notre respect éternel. S’il le partage avec le guitariste Maciej « Azatoth » Szewczyk, Duch Czerny est une de ses créatures, portant dans la peau sa marque, sinistre et mélancolique.
Depuis 2013, nombre des splits, EPs et démos ont coulé sous les ponts. Tape éditée par le vénérable War Productions, Reality Of Black Spirits est l’une d’entre elles, en réalité, agrégat de Cienie wiecznego zmierzchu et de Widma czarnych dusz. Quatre plaintes d’un true black metal (é)pur(é), oscillant entre cinq et six minutes au jus, qu’enveloppe une prise de son volontairement rudimentaire, se répandent, tapissant pendant un peu plus de vingt minutes la crypte qui les a vu naître d’atmosphères morbides et funéraires. Chant écorché de bête peuplant des forêts figées par l’hiver, guitares polluées et claviers lugubres dictent un canevas lancinant. Après une entame aux lignes osseuses, Cienie wiecznego zmierzchu écarte ses lèvres meurtries, exhalant le souffle maladif d’un mal-être halluciné qui culmine lors de dernières mesures décharnées. Hurlant des psalmodies stridentes aux allures de râles de désespoir, plus qu’il ne chante (Ponura noc wieczności), le maître de cérémonie nous entraîne dans un monde nocturne où sont absentes toutes traces de vie et de lumière. Englué dans une tristesse glacée, Aura Melancholii Posepna exprime avec un minimaliste aussi absolu qu’admirable, une douleur qui ronge l’âme et le cœur, ne laissant au final que de malsains oripeaux. Quant au terminal Powrót świata umarłego, il est cisaillé par les morsures squelettiques d’une guitare pointilliste qui souligne ces cris de haine perçant la nuit. S’il ne peut prétendre passer par autre chose d’une modeste démo, Reality Of Black Spirits est le signe de mort d’un groupe à l’identité bien particulière. 3/5 (2017)
Depuis 2013, nombre des splits, EPs et démos ont coulé sous les ponts. Tape éditée par le vénérable War Productions, Reality Of Black Spirits est l’une d’entre elles, en réalité, agrégat de Cienie wiecznego zmierzchu et de Widma czarnych dusz. Quatre plaintes d’un true black metal (é)pur(é), oscillant entre cinq et six minutes au jus, qu’enveloppe une prise de son volontairement rudimentaire, se répandent, tapissant pendant un peu plus de vingt minutes la crypte qui les a vu naître d’atmosphères morbides et funéraires. Chant écorché de bête peuplant des forêts figées par l’hiver, guitares polluées et claviers lugubres dictent un canevas lancinant. Après une entame aux lignes osseuses, Cienie wiecznego zmierzchu écarte ses lèvres meurtries, exhalant le souffle maladif d’un mal-être halluciné qui culmine lors de dernières mesures décharnées. Hurlant des psalmodies stridentes aux allures de râles de désespoir, plus qu’il ne chante (Ponura noc wieczności), le maître de cérémonie nous entraîne dans un monde nocturne où sont absentes toutes traces de vie et de lumière. Englué dans une tristesse glacée, Aura Melancholii Posepna exprime avec un minimaliste aussi absolu qu’admirable, une douleur qui ronge l’âme et le cœur, ne laissant au final que de malsains oripeaux. Quant au terminal Powrót świata umarłego, il est cisaillé par les morsures squelettiques d’une guitare pointilliste qui souligne ces cris de haine perçant la nuit. S’il ne peut prétendre passer par autre chose d’une modeste démo, Reality Of Black Spirits est le signe de mort d’un groupe à l’identité bien particulière. 3/5 (2017)
KröniK | Kult Mogil - K+M+B (2015)
Ce n'est pas parce qu'elle ne dépasse que de peu les quinze minutes au compteur que K+M+B, séminale et unique démo de Kult Mogil, doit être considérée comme une petite bestiole. Casern Bitch Productions (Bubonic Christians) ne s'y est d'ailleurs pas trompé, lui qui la réédite aujourd'hui en format CD (agrémenté d'un livret dépouillé qu'habille toutefois une photo aux teintes funèbres particulièrement appropriées), après qu'elle ait été publiée en vinyle et en cassette par Gravplass Propaganda quelques mois après avoir vu la nuit en mars 2015.
Plus que l'inoffensif brouillon de Anxiety Never Descending, un premier méfait longue durée dévastateur, ce galop d'essai permet aux Polonais de frapper d'emblée un grand coup. Dans la gueule et dans le landerneau d'un death metal qu'ils pénètrent avec une science malsaine du coup de boutoir malsain et rampant. Si son origine géographique pouvait laisser espérer - ou craindre - une férocité bas du plafond sinon orthodoxe, les panzers venus de l'est n'étant pas toujours réputés pour leur finesse, Kult Mogil préfère à la ligne droite les chemins sinueux, escarpés, bordés de ravins vertigineux. Trois titres suffisent à ce groupe sur lequel on ne sait que peu de choses (ce n'est pas grave), pour dévoiler le vit monstrueux d'une inspiration sans limites. L'implacable technicité qui coule dans ses artères n'exonère en rien cette démo d'une morbide négativité qui éclabousse d'un sang poisseux tout ce qui l'entoure. Vibrant d'une force souterraine quasi thrash et perforé de crevasses aux confins d'un doom granitique, ces compositions dont les dimensions ramassées ne les rend que plus intenses, reposent solidement sur un socle aux lourdes et tentaculaires ramifications. Après les avoir écartées avec une rapidité effrénée, Dearly Departed referme aussi vite ses cuisses, ne laissant qu'un sombre corridor aux multiples cassures pour atteindre sa caverneuse intimité. Flirtant avec un techno thrash viscéral, Brief Life, Eternal Glory est fait du même bois vicieux. Les nombreuses strates qui le chevauchent confère à cette piste aussi reptilienne que pulsative des allures de labyrinthe obscur cependant que Attired In Rags s'abîme franchement dans les profondeurs d'un charnier. Toute la force de Kult Mogil tient d'ailleurs dans cette façon de conjuguer ambiances funéraires et canevas alambiqué que perforent de pesantes fractures. Drapé d'un artwork original et réussi, K+M+B est la carte de visite passionnante d'un groupe au potentiel énorme. 3.5/5 (2017) | Facebook
Plus que l'inoffensif brouillon de Anxiety Never Descending, un premier méfait longue durée dévastateur, ce galop d'essai permet aux Polonais de frapper d'emblée un grand coup. Dans la gueule et dans le landerneau d'un death metal qu'ils pénètrent avec une science malsaine du coup de boutoir malsain et rampant. Si son origine géographique pouvait laisser espérer - ou craindre - une férocité bas du plafond sinon orthodoxe, les panzers venus de l'est n'étant pas toujours réputés pour leur finesse, Kult Mogil préfère à la ligne droite les chemins sinueux, escarpés, bordés de ravins vertigineux. Trois titres suffisent à ce groupe sur lequel on ne sait que peu de choses (ce n'est pas grave), pour dévoiler le vit monstrueux d'une inspiration sans limites. L'implacable technicité qui coule dans ses artères n'exonère en rien cette démo d'une morbide négativité qui éclabousse d'un sang poisseux tout ce qui l'entoure. Vibrant d'une force souterraine quasi thrash et perforé de crevasses aux confins d'un doom granitique, ces compositions dont les dimensions ramassées ne les rend que plus intenses, reposent solidement sur un socle aux lourdes et tentaculaires ramifications. Après les avoir écartées avec une rapidité effrénée, Dearly Departed referme aussi vite ses cuisses, ne laissant qu'un sombre corridor aux multiples cassures pour atteindre sa caverneuse intimité. Flirtant avec un techno thrash viscéral, Brief Life, Eternal Glory est fait du même bois vicieux. Les nombreuses strates qui le chevauchent confère à cette piste aussi reptilienne que pulsative des allures de labyrinthe obscur cependant que Attired In Rags s'abîme franchement dans les profondeurs d'un charnier. Toute la force de Kult Mogil tient d'ailleurs dans cette façon de conjuguer ambiances funéraires et canevas alambiqué que perforent de pesantes fractures. Drapé d'un artwork original et réussi, K+M+B est la carte de visite passionnante d'un groupe au potentiel énorme. 3.5/5 (2017) | Facebook
KröniK | Batalion d'Amour - Fenix (2016)
Son patronyme un brin ridicule et sa pochette un peu kitsch ne doivent ni vous effrayer ni vous faire fuir au moment de découvrir - peut-être - ce "Fenix" dont le nom suggère bien entendu le retour de ses créateurs après onze ans d'absence. S'il serait exagéré de prétendre que ceux-ci nous ont manqué, a fortiori quand on n'a encore jamais eu la chance de poser ne serait-ce qu'une oreille sur leur gothic metal avec des seins (quoi d'autre ?), ne boudons cependant pas notre plaisir face à ce nouveau signe de vie, envoyé par un groupe au savoir-faire certain quoique sans surprise.
Né à la fin des années 80 et auteur en 1998 d'un premier album, "Labirynt zdarzeń", grâce auquel il peut être considéré comme un vétéran du genre, Batalion d'Amour ne saurait donc être confondu avec une bande d'ados pré-pubères qui viennent tout juste de perdre leur pucelage métallique, pouvant au contraire se vanter d'avoir été là avant (presque) tout le monde. Cela suffit-il à faire de ce sixième album un incontournable ? Sans doute que non mais au moins, l'expérience de ses musiciens est-elle l'assurance d'une œuvre agréable à défaut d'être révolutionnaire ce qui, de toute évidence, n'est pas son propos. Quand bien même les Polonais pèchent pas excès, à trop vouloir remplir leur galette, (trop) longue de 77 minutes (!), désireux peut-être de rattraper le temps perdu, le charme et - accessoirement - la voix de Karolina, dont il s'agit de la seconde offrande avec eux après "Niya" en 2005, suffisent à maintenir l'intérêt au garde-à-vous. Les morceaux s'enchaînent, quinze au total en comptant les quatre différentes versions de 'Charlotte' qui bouclent le menu mais ne s'imposaient pas vraiment, sans que l'ennui ne vienne à aucun moment gâter une écoute sans temps mort, quoique les meilleurs titres du lot se serrent dans la première partie et que l'ensemble se révèle vierge d'une véritable magie, de cette passion qui distinguera toujours l'exceptionnel du tout-venant, seconde catégorie dans laquelle "Fenix" se doit malheureusement d'être rangé. Ceci étant, ne boudons pas notre (petit) plaisir face à ces chansons colorées d'arrangements soyeux, tour à tour hypnotiques ('Zawróceni'), tavelées de kystes electro ('Między słowami'), souvent envoûtantes ('Charlotte') et toujours survolées par le chant de sirène de Karolina, qui parfois s'accouple avec un organe masculin ('Moje Remedium') pour un résultat toutefois moins ensorcelant. Vous l'aurez donc compris, les Polonais nous reviennent avec un opus de bonne tenue dont on peut cependant douter qu'il finisse très vite autre part que sur une étagère, coincé entre beaucoup d'autres rondelles du même genre... 3/5 (2016) | Facebook
Né à la fin des années 80 et auteur en 1998 d'un premier album, "Labirynt zdarzeń", grâce auquel il peut être considéré comme un vétéran du genre, Batalion d'Amour ne saurait donc être confondu avec une bande d'ados pré-pubères qui viennent tout juste de perdre leur pucelage métallique, pouvant au contraire se vanter d'avoir été là avant (presque) tout le monde. Cela suffit-il à faire de ce sixième album un incontournable ? Sans doute que non mais au moins, l'expérience de ses musiciens est-elle l'assurance d'une œuvre agréable à défaut d'être révolutionnaire ce qui, de toute évidence, n'est pas son propos. Quand bien même les Polonais pèchent pas excès, à trop vouloir remplir leur galette, (trop) longue de 77 minutes (!), désireux peut-être de rattraper le temps perdu, le charme et - accessoirement - la voix de Karolina, dont il s'agit de la seconde offrande avec eux après "Niya" en 2005, suffisent à maintenir l'intérêt au garde-à-vous. Les morceaux s'enchaînent, quinze au total en comptant les quatre différentes versions de 'Charlotte' qui bouclent le menu mais ne s'imposaient pas vraiment, sans que l'ennui ne vienne à aucun moment gâter une écoute sans temps mort, quoique les meilleurs titres du lot se serrent dans la première partie et que l'ensemble se révèle vierge d'une véritable magie, de cette passion qui distinguera toujours l'exceptionnel du tout-venant, seconde catégorie dans laquelle "Fenix" se doit malheureusement d'être rangé. Ceci étant, ne boudons pas notre (petit) plaisir face à ces chansons colorées d'arrangements soyeux, tour à tour hypnotiques ('Zawróceni'), tavelées de kystes electro ('Między słowami'), souvent envoûtantes ('Charlotte') et toujours survolées par le chant de sirène de Karolina, qui parfois s'accouple avec un organe masculin ('Moje Remedium') pour un résultat toutefois moins ensorcelant. Vous l'aurez donc compris, les Polonais nous reviennent avec un opus de bonne tenue dont on peut cependant douter qu'il finisse très vite autre part que sur une étagère, coincé entre beaucoup d'autres rondelles du même genre... 3/5 (2016) | Facebook
KröniK | Moloch / Gurthang - Split (2016)
On peut toujours compter sur Sergiy Fjordsson pour déverser avec largesse, entre deux albums longue durée de Moloch, ces miettes que les prêtres de la chapelle noire affectionnent tant. De fait, depuis « Verwüstung » en 2014, ce n'est pas moins de onze (!) petites offrandes que l'Ukrainien a gravé dans ses montagnes éternellement enneigées, entre EP (un peu), dont le formidable « Horisont », et splits (surtout), qui lui ont permis de mêler son sang dépressif à celui de formations telles que Krieg, Nunslaughter, Wedard, Frostmonn Eclipse ou I Shalt Become. Dernière alliance en date (jusqu'à la suivante), celle qu'il partage avec Gurthang, prend la forme d'un simple 7'', édité par le label américain Give Praise Records et long d'à peine huit minutes. C'est maigre mais qui aime la semence intarissable du solitaire ne peut faire l'économie de cette rondelle encore une fois digne d'intérêt. Pour l'occasion, Moloch se fend de deux pistes, forcément trop courtes à notre goût, quand bien même cette durée resserrée n'enlève rien ni à leur sinistre beauté ni à leur intensité émotionnelle. Instrumentale et baptisée 'Das UralteVerweilt Darzwischen », la première répand cette brume ambient, lugubre et hivernale qui ne surprendra pas le fidèle mais qui fait toujours son petit effet, cependant que 'Unendlichkeit' offre un visage plus black metal, grâce aux vocalises hurlées du maître des lieux, que drapent toutefois ces nappes électroniques et mélancoliques typiques, en un linceul nocturne figé par une lenteur pétrifiée. Bref, rien que nous ne connaissions déjà mais en l'espace de quatre minutes, Sergiy démontre si besoin en était encore que sa signature reconnaissable entre mille peut parfaitement s'adapter à un format trapu, à des années lumière des complaintes étirées qu'on préfère pourtant le voir tisser. De leur côtés, les Polonais emplissent la face B de leurs râles funéraires. 'Of Decay And Solitude' macère tout d'abord dans le humus hermétique du Burzum carcéral avant racle les chairs d'un black monotone, prisonnier d'une croûte de désespoir. Tempo lancinant, chant écorché et guitares trempées dans une lèpre rouillée définissent une plainte morbide qui se faufile dans une cavité ténébreuse. Modeste par sa durée mais grand par sa valeur, ce split s'avère en définitif des plus recommandables, surtout pour la contribution de l'Ukrainien, moins anecdotique que celles qu'il a pu enfanter pour de précédentes alliances. Mais cela, vous l'avez déjà compris ! (2016)
Abusiveness | Bramy Nawii (2014)
Abusiveness, ce nom n'évoquera sans doute pas grand chose à nombre d'entre vous. Pourtant, le groupe n'est pas né de la dernière pluie (acide), désormais vétéran de la chapelle noire polonaise pour laquelle il prêche depuis 1991 !
KröniK | J.D. Overdrive - The Kindest Of Deaths (2015)
Polonais de sang, J.D. Overdrive se veut en revanche franchement américain de cœur, comme l'illustre son Stoner testiculeux qui tète les mamelles velues d'un Southern Rock énervé. Ce n'est pas pour rien que les gars ont choisi de se baptiser ainsi, les initiales ouvrant leur nom étant celles du célèbre Jack Daniels ! Cordes vocales nourries au Bourbon, rythmiques caillouteuses et guitares épaisses comme une peau tannée par le soleil, tout y est, laissant croire que l'on a affaire à un de ces combos comme seul l'Oncle Sam sait en enfanter. Mais non. Qu'importe en fait, l'essentiel est ailleurs, dans la très bonne tenue de route de "The Kindest Of Deaths", troisième album de ces Polonais qui, malgré l'apparente décontraction de leur projet, ne rigolent pas vraiment. Ils font même très mal, moulinant des riffs gros comme des jambons ('Demon Days'). Bref, la dentelle, le point de croix, ce n'est pas pour eux. Leur metal de bûcheron ne s'embarrasse jamais de quelconques fioritures, à l'image de ce chanteur qui crache ses boyaux à chaque fois qu'il prononce la moindre parole. J.D. Overdrive ne braconne parfois pas loin d'un Allhelluja lorsque Jacob Bredahl gueulait dans le micro, les influences sudistes en plus, témoin notamment le court 'Seeds And Stones' dont la slide nous transporte quelque part dans les bayous, dans cette Amérique mise en scène par John Boorman ("Délivrance") ou Walter Hill ("Sans retour"). Et si le groupe n'innove en rien, encore qu'il insuffle à ce matériau bien connu une morbidité crasseuse qui n'appartient qu'à lui, on s'en moque pas mal en définitive, assommé mais heureux de se prendre une telle claque dans la gueule. Le menu défile très vite, alignant les pavés surpuissants, autant de Panzers qui écrasent tout sur leur passage. 'Crippled King', 'The Greater Good' ou 'The Fury In Me' sont leurs noms. Que dire d'autre ? Album de série B peut-être, "The Kindest Of Deaths" devrait néanmoins sans problème contenter l'amateur de cette semence ultra plombée, de ce Stoner méchant qui sent sous les bras, à des années lumière donc d'un trip psyché taillé pour la fumette. Peu à peu, J.D. Overdrive progresse, son identité s'affirme, imposante et malsaine ... 3/5 (2015)
KröniK | Xaos Oblivion - Desolation... (2011)
Le fait que Desolation... ne soit en réalité qu'une restauration de vieux titres originellement gravés au fond d'une cave entre 2005 et 2006 à une époque où le nom de la bête polonaise n'était pas encore bien défini, importe peu. Non, ce qui compte est que l'on tient là une des plus nocives doses de décrépitude sonore entendues depuis longtemps. Pourtant, des projets du genre de Xaos Oblivion, soit une seule face de ghoule qui, en bon misanthrope, se charge de tous les instruments (ou presque) ainsi que de la prise de son (forcément) polluée et primitive, on a en déjà plein les étagères du salon, certains excellents (Ars Diavoli), d'autres beaucoup moins voire franchement pas du tout mais le Polonais rumine avec une telle sincérité son mal-être que l'on finit pas être touché par ce Black Metal suicidaire dont le minimalisme et le caractère volontairement répétitif, créant une espèce de transe d'un dolorisme hypnotique, demeurent certes des invariants éprouvés mais d'une noirceur néanmoins toujours aussi belle lorqu'elle est peinte avec une telle puissance obscure. Là où trop de ses confrères dans la désolation, confondent bien souvent sentiments dépressifs et morne léthargie qui vous emmerde plus qu'elle ne vous engourdit, ce qu'elle est pourtant censé faire, Xaos Oblivion maintient généralement un rythme soutenu (sauf sur le bien nommé "Suicide" qui inocule son venin avec une lenteur morbide et le temps de "Falling", curieux et inutilement long), à l'image de "Degradation" qui, après une entame d'une lancinance délicieusement sinistre, voit son poul s'accélérer et ce, pendant plus d'une dizaine de minutes. Car, et vous vous en doutiez, le reclu de Lublin reste fidèle aux durées qui s'étireeeennt au-delà du supportable, même si on n'a toujours pas fait mieux (ou pire, c'est selon) dans le genre, que le Förlorad de Svart. De fait, s'ouvrant sur une porte d'entrée ambient et narrative ("Enter To The Circle Of Nightmares", l'opuscule aligne cinq complaintes pour une marche funèbre de plus de cinquante minutes lugubres à souhait, "Desolation" s'imposant même comme une sublime mortification. Les connaisseurs - ou ceux qui sont déjà prêts à se glisser une corde autour du cou - apprécieront, les autres, sans doute que non. Forcément indispensable en cette saison où s'installe peu à peu l'hiver et les longues nuits qui l'accompagnent... 3.5/5 (2011)
KröniK | Terminal - Tree Of Life (2010)
Du métal progressif: très bien ! Le mercenaire de la batterie Virgil Donati en invité sur deux titres: intéressant ! Des influences galopant de Dream Theater (quelle surprise !) à Planet X avec une louche de rock-métal qui cartonne sur les ondes façon Nickelback pour le chant ou Linkin' Park: mouais, pourquoi pas ! Ca vient de Pologne ! Ca s’appelle Terminal, avec des jeunes gens aux dents longues et "Tree Of Lie" est leur galop d’essai. Les mordus du genre, ceux qui se contentent même des miettes, trouveront probablement matière dans ce menu bien fait à couper leur appétit un temps. Les autres, dont nous faisons partie, jugeront cet album bien fade, l’encéphalogramme résolument plat, à l'image de son visuel d'une désolante banalité. Ce n'est pas désagréable pour autant, certains morceaux se révélant même sympathiques ("Afterlife", "Together Apart"), mais beaucoup trop de déjà entendu à l'horizon pour emporter l'adhésion. On y croise encore une fois, comme sur mille autres disques, les mêmes plans, les mêmes motifs si chers au prog depuis Dream Theater. Et que dire des tentatives ratées de plaquer des lignes de chants un peu rappées sur "Behind The Mask", ou de pondre une sorte de power-ballade ("Deep Inside"). Le résultat est pénible ! N’est pas Pain Of Salvation qui veut, et on s'en rend cruellement compte à l’écoute de "Tree Of Lie". Soit, les musiciens n’ont pas à rougir de leur performance, notamment le chanteur Daniel Moszczynski. Cependant une bonne exécution, ainsi qu’une prise de son professionnelle, comme c’est le cas ici, ne suffisent plus désormais. Il faut des idées, du relief, autant de qualités qui font malheureusement défaut aux Polonais. Les quelques arrangements orchestraux ne sauvent pas cet essai de la lassitude. Honnête mais quelconque et vierge de toute larme d’émotion en définitive. 2/5 (2010)
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