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Lee Madden | La nuit de la panthère noire (1978)
























On aime bien Donald Pleasence, toujours bon même quand le film dans lequel il joue ne l'est pas. S'il a souvent cachetonné, cela ne se voit jamais à l'écran car il est capable de débiter n'importe quelle réplique avec un sérieux qui laisse admiratif.

Claude Pinoteau | L'homme en colère (1979)


Troisième des quatre films réalisés par Claude Pinoteau avec Lino Ventura, L'homme en colère est aussi le plus faible du lot. S'il louche vers Le silencieux, le scénario est trop confus, la mise trop impersonnelle et parfois maladroite (les flash-backs) pour partager la même réussite. On cherche en vain la marque du grand Jean-Claude Carrière dans ce simple véhicule pour un Lino qui multiplie alors les productions internationales (La grande menace, Les séducteurs...) cependant qu'autour de lui, la belle Angie Dickinson joue les utilités. Dans un rôle inquiétant comme il les a additionnés durant toute sa carrière, Donald Pleasence ne force pas trop son talent non plus. Bref, l'ensemble parait bien pantouflard comme si personne dans l'équipe ne s'était vraiment investi. S'il se suit toutefois sans ennui, le film le doit quasi exclusivement à Ventura dans la peau - encore une fois - d'un personnage solitaire et mutique, égaré dans une histoire qui le dépasse.
Malgré toute l'admiration qu'on a pour lui, on se demande quand même pourquoi le comédien a renoncé au registre humoristique (Les tontons flingueurs, Ne nous fâchons pas...) dont il ne voulait pas être prisonnier, pour finalement s'enfermer dans des thrillers, certes toujours efficaces, dans lesquels il déclinera souvent le même rôle bourru et fermé... (vu le 24/11/2018)













David Hemmings | A la recherche du Yankee Zephyr (1981)


L'activité en tant que réalisateur de David Hemmings est un peu à l'image de sa carrière de comédien : curieuse et inégale et finalement décevante. Pour le grand écran, l'interprète de Blow Up met en scène trois films. A la recherche du Yankee Zephyr, également connu sous le titre Les bourlingueurs, est le dernier d'entre eux. Si, tourné la même année, Le survivant d'un monde parallèle était une oeuvre fantastique plutôt réussie, il n'en va pas de même de ce film d'aventures fatigué qui exploite le filon des chasseurs de trésor.
Comparé aux Aventuriers de l'arche perdue, il est pale figure, hésitant entre la parodie et le premier degré. Sa surprenante distribution qu'animent un George Peppard à contre-emploi et un Donald Pleasence qui bouffe l'écran, ne suffit pas à sauver ce morne spectacle de l'ennui déjà démodé à sa sortie. (Vu le 07/04/2018)
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Tom Gries | Will Penny le solitaire (1968)


Si on devine que son réalisateur, Tom Gries, dont c'est le baptême du feu sur grand écran, a fait ses classes à la télévision, Will Penny le solitaire n'en demeure pas moins un (très) bon et beau western. Charlton Heston le considérait d'ailleurs comme un de ses meilleurs films. Il doit cet honneur à de nombreuses qualités. Il y a cette réjouissante affiche pleine à craquer de ces vraies gueules de cinéma comme on  les aime, de Ben Johnson à Bruce Dern, de Anthony Zerbe à Slim Pickens, sans oublier Donald Pleasence qui compose un personnage de prédicateur dément tout à fait jubilatoire et finalement curieux dans un western de ce genre. Il y a également le ton du film, empreint de tendresse et de tristesse, qui le distingue des autres westerns crépusculaires et démythifiants alors en vogue.
Même si Heston lui prête sa massive carrure, Will Penny n'est pas un homme fort mais un cowboy vieillissant et fatigué. Illettré et solitaire, il est un personnage attachant  dont la lucidité l'empêche de rester avec cette femme et son fils qu'il aime pourtant. Il sait que leur vie à tous les deux est ailleurs qu'à ses côtés. Si on aurait souhaité bien sûr une fin plus heureuse et hollywoodienne, le film ne sort que grandi de cette conclusion désenchantée. Face au grand Chuck, la trop tôt disparue Joan Hackett incarne un rôle de femme en dehors des sentiers battus dont on se demande pourquoi nombre d'actrices plus célèbres qu'elle l'ont refusé... Complices, les deux comédiens n'ont nul besoin de grands discours pour montrer l'attirance réciproque de leurs deux personnages auxquels quelques gestes, quelques regards suffisent pour cela. Guidé par un admirable souci d'authenticité, c'est un western dont le caractère intimiste ne rend que plus brutal les rares effusions de violence qui le jonchent. (Vu le 31/03/2018 / Source : DVD)
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John Sturges | L'aigle s'est envolé (1976)


Tiré d'une histoire invraisemblable du romancier Jack Higgins, on attendait beaucoup de L'aigle s'est envolé. Pourtant, eu égard à sa luxueuse distribution (Michael Caine, Donald Sutherland et Robert Duvall sont de sacrés moteurs), l'impression s'impose d'être passé à côté d'un grand film. Après les quelconques Joe Kidd ou Chino et le fatigué Un silencieux au bout du canon, John Sturges, dont c'est la dernière mise en scène, semble ne pas exploiter pleinement la force de son casting et le potentiel d'un sujet propice à un suspense tendu. Sa réalisation, bien que soignée, manque de nerfs cependant que la romance entre Sutherland et Jenny Agutter ralentit un récit qui prend déjà (un peu) trop son temps.
S'il est surprenant de voir des Allemands en héros, le scénario prend soin de bien distinguer ces militaires des SS dépeints sous un jour brutal ou ridicule, témoin cette scène très appuyée où Caine défend une Juive face à une cohorte nazie. On est étonné de trouver Larry Hamgman en officier US, ravi de croiser le joli minois de Jenny Agutter mais aucun comédien ne parait finalement croire à son rôle. Dommage... | IMDb