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New Years Day | Unbreakable (2019)



















Publié en janvier 2018, "Diary Of A Creep" voyait New Years Day se frotter à l'exercice de la reprise, revisitant aussi bien Panthera que Garbage ou Linkin Park. Si le résultat, quoique sympathique et rafraîchissant, n'a qu'à moitié convaincu, il aura au moins donné au groupe l'envie de soigner une écriture qu'il souhaite désormais plus mordante encore et taillée pour laisser une épaisse couche de sédiments dans la mémoire.

KröniK | New Years Day - Diary Of A Creep (2018)


Il suffit de survoler une fois "Diary Of A Creep" pour que celui-ci s'accroche d'emblée à la mémoire comme une moule à un rocher, en distillant un air tenace de déjà-entendu. A cela, rien de surprenant puisque cette courte rondelle se veut en réalité une simple collection de reprises, agrémentée d'un seul titre original et inédit. Les bien connus 'Fucking Hostile' (Panthera), 'Bizarre Love Triangle' (New Order), 'Don't Speak' (No Doubt), 'Crawling' (Linkin Park) et 'Only Happy When It Rains' (Garbage) se voient ainsi revisités à la sauce d'un nu metal sexy et plombé. Tétant les mamelles du gothic metal et de l'electro, les Californiens se montrent plutôt fidèles aux pièces d'origine, qu'ils adaptent toutefois à leurs propres standards de noirceur et de puissance.


De fait, ils ont compris qu'il était vain de chercher à rivaliser avec la bande de Phil Anselmo dont ils ne peuvent égaler la brutalité épidermique, préférant miser sur une féminité féline et néanmoins agressive. A contrario et à l'exception de la cover de Linkin Park, à laquelle ils n'apportent (malheureusement) rien car naviguant dans un style trop proche du leur, les trois autres relectures ont la bonne idée de forcer le trait, gainées de grosses guitares ('Don't Speak') ou d'un chant testiculeux ('Only Happy When It Rains' sur lequel figure Lzzy Hale de Halestorm). L'inédit 'Disgust', quant à lui, reste dans la droite lignée de "Malevolence", composition dont le bustier, chargé de touches electro, de riffs d'airain et d'un refrain imparable est taillé pour les oreilles des ados américains. Si New Years Day se fait visiblement plaisir, manière de rendre hommage aux artistes qui l'ont influencé et d'envoyer une petite carte postale à ses fans, il n'en demeure pas moins que nous étions en droit d'attendre plus et mieux, après quasiment trois ans d'abstinence discographique, que cette maigre brochette de reprises, longue d'à peine plus de vingt minutes, qui plus est de la part d'un groupe encore vert. Exercice facile et sans prétention que porte la belle Ash Costello, "Diary Of A Creep" se rapproche davantage de l'inoffensive récréation que d'une audacieuse re-création. (15/02/2018)


New Years Day | Malevolence (2015)


Les visages grimés de manière horrifique, dignes de la fête d'Halloween, qu'arborent ses jeunes membres ne doivent pas vous effrayer ou vous faire craindre une énième formation pour gothopoufs, New Years Day mérite mieux que cela. Non pas que les Américains ne soient pas ce qu'ils ont l'air d'être mais ils ont le bustier suffisamment (bien) rempli pour faire oublier cette étiquette d'un abord peu alléchant. Parmi leurs atouts, citons déjà la présence derrière le micro de Ashley Costello, panthère de charme n'hésitant jamais à sortir les griffes, sorte de croisement entre Amy Lee (Evanescence) et Maria Brink (In This Moment). Ni un joli minois ni un bel organe n'étant désormais suffisants pour faire la différence, même si cela peut aider, le groupe compte surtout sur un songwriting irrésistible pour justement se démarquer et s'extraire de la masse. Preuve est fournie avec "Malevolence", son troisième effort depuis 2005, successeur du remarqué "Victim To Villain", publié il y a deux ans. Américain de style jusqu'au bout des ongles et donc taillé en cela pour les ondes de là-bas, avec ses titres calibrés, gainés de riffs épais, l'album est de ceux qu'il semble impossible de prendre en défaut, brochette séduisante de douze morceaux certes quasi-millimétrés (comprendre qu'aucun d'entre eux ne franchit la barre des quatre minutes), à l'exception de la conclusion éponyme, qui pourtant emportent tout dans leur sillage. Tous possèdent franchement les qualités d'hymnes immédiats, grâce à des mélodies qui savent ferrer l'auditeur. 'Kill Or Be Killed', 'Alone' ou 'Relentless' représentent ce qui se fait de mieux dans le genre, entre rock alternatif et gothic metal. Avec intelligence, New Years Day parsème le menu de détails qui le rendent toujours passionnant. Discrètes touches electro ('Left Inside'), guitares qui ne se contentent pas d'abattre le petit bois ('My Ghost'), écriture plus nuancée qu'il n'y paraît, à l'image de la (fausse) ballade 'Suffer', alimentent ainsi une écoute qui tout du long maintient une gracieuse intensité, écoute que propulse bien entendu le chant de la belle Ashley dont le registre appuyé ne rime heureusement jamais avec vulgarité. Osons l'affirmer, "Malevolence" est un sans-faute qui ne cesse de s'embellir à chaque nouvelle plongée dans son intimité lourde et charmeuse. (2015)