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Gilles Grangier | Archimède le clochard (1959)
























Jean Gabin et Gilles Grangier ont bossé douze fois ensemble, entre 1953 (La vierge du Rhin) et Sous le signe du taureau (1969). Tourné en 1959 et succédant au Désordre et la nuit, Archimède le clochard marque leur sixième collaboration.

Gilles Grangier | Le rouge est mis (1957)


En quelques mots : Vieux de la vieille, Jean Gabin aimait s'entourer des mêmes personnes des deux côtés de la caméra. En cela, Le rouge est mis est très représentatif de sa façon de fonctionner, ce qui a pu agacer les tenants de la Nouvelle Vague pour lesquels un acteur n'avait pas à imposer ses choix. L'acteur confie donc cette adaptation d'Auguste Le Breton (déjà auteur de Razzia sur la chnouf) à au fidèle Gilles Grangier tandis que Michel Audiard assure scénario et dialogue. Lino Ventura (Touchez pas au grisbi), Marcel Bozzuffi (Gas-oil) ou Paul Frankeur ont tous déjà partagé l'affiche avec le patron, cependant que la jeune Annie Girardot le retrouvera dès l'année suivante dans Maigret tend un piège. Cette série noire peut compter sur le métier de chacun d'entre eux, film efficace que sa fin tragique élève au-dessus de la simple histoire de gangsters. Ajoutons à cela les dialogues percutants d'Audiard, taillés sur mesure pour les Gabin et Ventura et la vision d'un Paris à jamais disparu et vous obtenez un classique du polar des années 50 à la française.  

Dimitri Kirsanoff | Le crâneur (1955)


En quelques mots : Réalisé en 1955 par Dimitri Kirsanoff, metteur en scène d'origine russe totalement oublié de nos jours, alors qu'il possédait, semble-t-il, une bonne réputation au temps du muet, Le crâneur rejoint cette longue litanie de polar de série B que le cinéma français produisait à la chaîne dans les années 50. Désuet certes mais jamais ennuyeux, ce film doit néanmoins tout à son solide casting. Entre un Raymond Pellegrin impeccable, un Paul Frankeur, roublard à souhait et une Dora Doll vulgaire selon son habitude, Marina Vlady impose déjà, à dix-sept ans (!), cette présence et ce charme qui n'appartiennent qu'à elle, loin de ces vamps de boîtes de nuit mais exsudant pourtant un érotisme empoisonné. A noter également pour faire bonne mesure, "La chanson pour l'Auvergnant" de Brassens et la photo de Roger Fellousn, qui sont à mettre l'actif de cet honnête polar.