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Georges Lautner | Le professionnel (1981)
























S'il a beau être un des plus gros succès commerciaux de Belmondo après L'as des as (1982) et le Cerveau (1969), Le professionnel n'en reste pas moins un presque nanar. Le début, où le contexte de la Françafrique est traité à gros traits, paraît raté tandis que plusieurs séquences sombrent dans le ridicule (Bébel clochard, la flic lesbienne...).

Philippe Labro | L'alpagueur (1976)
























Bien sûr, il y a Jean-Paul Belmondo au faîte de sa gloire, plus mutique et moins gouailleur toutefois que de coutume. Moins cascadeur aussi.

Georges Lautner | Flic ou voyou (1979)


Réalisé en 1979, Flic ou voyou inaugure la longue association entre Georges Lautner et Jean-Paul Belmondo. Suivront Le guignolo (avec quasiment la même équipe), Le professionnel, Joyeuses Pâques et L'inconnu dans la maison. Le metteur en scène sort alors d'une collaboration difficile avec Alain Delon avec Mort d'un pourri. Ce sont deux films aussi réussis que différents. Mais Flic ou voyou est un peu l'anti Mort d'un pourri. L'un est froid et sombre, l'autre, décontracté, chaleureux, voire fantasque. Ils portent en cela la marque de leur acteur principal respectif. On devine cependant Lautner plus à l'aise dans le registre de Flic ou voyou, mêlant action et humour, un peu comme à ses débuts. D'ailleurs, les références et clins d'oeil aux Tontons flingueurs abondent : la présence de Venantino Venantini, le personnage campé par Claude Brosset et baptisé Volfoni etc...
Fidèle complice, Michel Audiard assure à nouveau les dialogues sur un scénario bétonné par Jean Herman (Adieu l'ami), à partir d'un roman de Michel Grisolia. Le succès du film sera important, à la hauteur des talents réunis, à la fois derrière (Lautner, Herman, Audiard donc mais aussi le compositeur Philippe Sarde et le directeur de la photographie Henri Decae) et devant la caméra (Jean-François Balmer, Tony Kendall, Charles Gérard, Georges Geret, Marie Laforêt, Michel Beaune, Catherine Lachens, Michel Galabru... dans des rôles qui semblent écrits pour eux.). Bébel, quant à lui, déroule son numéro avec cascade (la tyrolienne), poursuite en voiture (dans la Fiat Ritmo orange), bourre-pifs et un jeu digne d'une comédie de boulevard. Il en fait des tonnes mais ça marche. Flic ou voyou est un bon exemple de ce savoir-faire français. (vu le 25/11/2018)















Jacques Deray | Le marginal (1983)


Après Flic Story (1975), Le gang, (1977) et Trois hommes à abattre (1980), Jacques Deray délaisse Alain Delon et retrouve Jean-Paul Belmondo, treize ans après Borsalino à l'occasion du Marginal qui, par son immense succès populaire (presque 5 millions d'entrées), ferme pour le comédien la période la plus faste - commercialement - de sa carrière. Flic ou voyou, Le professionnel ou L'as des as, il est alors au sommet du box-office que Les morfalous ou Hold-up commenceront à sérieusement éroder. Mais en 1983, Bébel domine le cinéma français, pas celui des critiques mais celui du peuple auquel il offre ce qu'il attend : de l'action, des cascades, de la virilité. Polar urbain ultra efficace, Le marginal s'inspire des films américains. Le personnage du flic aux méthodes expéditives en butte contre sa hiérarchie auquel il prête sa décontraction goguenarde,  le méchant incarné par Henry Silva (qui n'a cependant pas grand chose à faire) et le clin d'oeil à Bullitt (la poursuite en voiture où la star se glisse derrière le volant d'une Ford Mustang), en attestent.
Se déroulant dans un Paris interlope, plein de putes et de tripots, le film ne fait pas dans la nuance, on a ainsi connu Jean Herman (scénario) et Michel Audiard (dialogues), plus inspirés mais le spectacle au service d'un divertissement violent, est assuré. De bons seconds couteaux (Maurice Barrier, Pierre Vernier, Claude Brosset), la beauté (à défaut du talent) de Carlos Sotto Mayor et le thème musical reconnaissable entre mille de Ennio Morricone, pimentent cet archétype du polar à la Belmondo (vu le 17/11/2018)

































Jean-Pierre Melville | L'aîné des Ferchaux (1963)


Jean-Pierre Melville qui adapte Georges Simenon en réunissant Belmondo, Vanel et les beautés Michèle Mercier et Stefania Sandrelli, il y avait que quoi mettre l'eau à la bouche. Contre toute attente, L'aîné des Ferchaux déçoit terriblement. Mais d'où viennent les grumeaux ? De cette Amérique à laquelle on ne croit pas ? De ce récit dont l'intérêt se délite le long des routes pour s'enliser et tomber en panne sèche dans une dernière partie interminable ? De cette ambiance moite bien loin de la froideur coutumière du réalisateur ? De ce tournage à l'atmosphère détestable dont les conditions difficiles marqueront la fin de la collaboration entre Meville et Belmondo ? Pour toutes ces raisons en fait. Seules les scènes où s'affrontent, dans un mélange de respect et de rivalité, les deux principaux comédiens, méritent d'être louées. Décevant et ennuyeux, L'aîné des Ferchaux n'évoque que fugacement l'emphase glacée melvilienne...



















Maurice Delbez | A pied, à cheval et en voiture (1957)


En quelques mots : Bien sûr, "A pied, à cheval et en voiture" est désuet, daté. Bien sûr, Maurice Delbez n'est pas un auteur, petit artisan dont ce film reste sans doute le seul titre de gloire. Mais ne boudons cependant pas notre plaisir face à cette charmante comédie qui doit tout, il est vrai, à ses comédiens parmi lesquels on s'amusera de croiser les jeunes Jean-Paul Belmondo et Jean-Pierre Cassel, aux côtés de la vieille baderne Noël Roquevert et de l'éternel pitre Darry Cowl. C'est aussi amusant qu'inoffensif, assez typique du cinéma de papa si honni par la Nouvelle Vague et nous replonge dans une France qui a depuis malheureusement disparue... Gros succès populaire en son temps, le film aura une suite avec la même équipe d'acteurs : "A pied, à cheval et en spoutnik" !