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KröniK | Bvdub - A Thousand Words (2016)
Brock Van Wey, plus connu sous le nom de Bvdub, est un artiste dont la diarrhée créatrice fascine, auteur d'une oeuvre démentielle tant par le nombre d'albums (nous avons depuis longtemps cessé de les compter) que par sa teneur qu'anime une deep techno mélancolique et aérienne aux confins d'une ambient éthérée. Ses opus ne se valent pas, certains flirtent avec le nirvana ("Serenity", Resistance Is Beautiful"), d'autres étonnent moins à emprunter toujours à peu près le même chemin aux contours déliés et volontairement répétitifs ("Then") mais tous partagent une délicatesse hypnotique et désormais familière. En dédiant le douloureux "Tanto" à son chat emporté par la maladie, nous découvrions l'amour que l'Américain porte aux félins, que confirme aujourd'hui "A Thousand Words", nouvel effort seulement édité en format digital. Son visuel où figure un garçon faisant la lecture à un chat, est une photo prise dans un refuge aux Etats-Unis qui développe un programme innovant, lequel encourage les enfants à venir lire des livres à des chats abandonnés. Une partie de la somme récoltée par la vente de cet album est d'ailleurs reversée à l'Animal Rescue League Of Berks County. Cette belle idée nourrit la puissance émotionnelle de cette création qui brille d'une beauté solaire, jaillissant tout du long de l'unique piste qui la compose. Du haut de ses 77 minutes (!) au compteur, "A Thousand Words" ne s'impose pas seulement comme le titre le plus étiré de son auteur, il se veut surtout l'un des plus bouleversants en ce sens qu'il brûle d'une douce tristesse. Si plusieurs segments (dix-neuf au total) se devinent aisément, cette pièce-fleuve étire cependant une trame indivisible qui se délie comme ces pelotes de laine qui amusent tant les chats. On y retrouve ces nappes évanescentes qui tressent un voile quasi transparent. Notes de piano belles à pleurer, samples fantomatiques, loops atmosphériques tricotent une lente et déchirante élévation vers la lumière, vers les cieux, où vivent à tout jamais des anges disparus. Cela pourrait être ennuyeux sinon interminable mais par la magie de son solitaire géniteur, 'A Thousand Words atteint une grâce miraculeuse qui emporte tout. Intimiste et romantique, contemplatif et lumineux, cette plainte sonne comme une invite, porte d'entrée d'un univers où la souffrance est bannie, sublime, elle fait du bien et donne envie de soulever des montagnes au point qu'elle devrait être remboursée par la Sécu tant ses valeurs thérapeutiques sont évidentes, un peu comme le ronron des chats... Immense. 5/5 (2016)
KröniK | Bvdub - The Art Of Dying Alone (2010)
Contrairement à ce que son pseudonyme pourrait laisser croire, Brock van Wey ne pratique pas de la dub mais ce qu’il nomme lui-même de la Deep Techno. Auteur d’une œuvre gigantesque, l’homme est un solitaire qui tricote tout seul dans sa chambre à l’aide de machines, une musique planante et d’une beauté forcément hypnotique. Pour ce nouveau travail, le musicien s’est coulé à merveille dans le paradigme du précieux label Glacial Movements : composer un véritable kaléidoscope d’images glacées, représentation sonore de ces vastes étendues polaires et arctiques tellement belles. Et comme les autres disques de l’écurie italienne, The Art Of Dying Alone s’inscrit dans un cadre graphique bien défini, idéalement représenté par les photographies de Bjarne Riesto. Bvdub, c’est surtout l’art de l’insaisissable, de l’immatériel. L’homme cherche, non pas à écrire de la musique, mais plutôt à capturer des émotions, saisir des images. En cela, cet album constitue la porte d’entrée parfaite pour pénétrer son univers. En six longues pistes (deux d’entre-elles voisinent avec les 20 minutes au compteur), il exécute un pastel évanescent aux couleurs froides. De ces effluves synthétiques et ouatées, ruisselle une tristesse infinie chère à leur auteur dont l’œuvre est tout entière placée sous le signe d’une mélancolie diaphane. De tous les artistes œuvrant chez Glacial Movements, il s’impose peut-être même comme celui qui aura le mieux su toucher du doigt l’étrange et irréelle beauté de ces paysages désertique d’une blancheur virginale. Corollaire de cette palette uniforme, The Art Of Dying Alone est de ces albums qui nécessite à la fois d’être écouté seul, dans l’obscurité d’une soirée d’hiver (c’est mieux), et surtout d’être apprécié dans sa globalité, comme un tout indivisible. L’appréhender par miette, ce serait l’exonérer d’une partie de sa puissance hypnotique. De fait, ces plaintes aux confins de l’Ambient semblent ne former qu’une seule et unique piste de plus d’une heure, invitation à un voyage introspectif qui a la capacité rare de nous emmener très loin. On ne peut qu’être envoûter par cette myriade de sonorités formant un tapi électronique saisissant. Proche des premiers travaux de Jääportit, The Art Of Dying Alone n’est pas loin d’accéder au rang de chef-d’œuvre du genre et nous ne pouvons que vous inviter à découvrir plus profondément cet artiste solitaire qui avance seul, ne s’attarde pas sur ce que l’on peut penser de lui. Il travaille, progresse. C’est tout et c’est déjà énorme ! 4/5 (2012)
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