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KröniK | Rainbow - Memories In Rock II (2018)


Suscitant des réactions généralement embarrassées quand elle n'est pas franchement raillée, il est fréquent de lire un peu partout que la résurrection de Rainbow est un naufrage au point d'affirmer que Ritchie Blackmore aurait été plus inspiré de se contenter de son rôle de ménestrel au lieu d'abîmer sa légende. Mais que reproche-t-on au juste à l'ombrageux guitariste ? Premièrement, de ne pas avoir réellement reformé l'Arc-en-Ciel puisque aucun des (nombreux) membres ayant autrefois participé à l'une de ses (nombreuses) incarnations, n'a été invité à le rejoindre pour ce nouveau et dernier chapitre.
C'est oublier que Rainbow n'a jamais été un vrai groupe mais avant toute chose le jouet de l'ex Deep Purple qui en a toujours fait qu'à sa tête, usant les musiciens comme les cordes de sa Fender. Corollaire de ce grief qui n'en est donc pas un, la troupe qui l'accompagne ne serait pas à la hauteur des line-up précédents. Certes le jeu du batteur David Keith manque cruellement de patate. Mais ni Bob Nouveau et sa basse toute en rondeurs ni Jens Johansson qui fait le job sans forcer son talent ne déméritent et encore moins Ronnie Romero dont l'aisance ne peut qu'impressionner. Surtout cessons de le comparer avec l'incomparable, c'est-à-dire avec l'inégalable Ronnie James Dio que la mort a porté au rang de dieu. Rappelons que Graham Bonnet, Joe Lynn Turner et Doogie White ont eux aussi en leur temps fait les frais de cette comparaison. Bref d'aucuns se complaisent à ranger cette réunion au niveau d'un quelconque tribute band, certains allant même jusqu'à prétendre que ceux-ci sonnent parfois mieux que ce Rainbow déformé. Ils ont peut-être la puissance mais il leur manque l'âme du groupe qui ne peut être incarnée que par Blackmore lui-même. Ce qui nous conduit au dernier point, le plus pénible car, en dépit de toute la dévotion qu'il nous inspire, il faut bien admettre que l'Homme en noir, les doigts perclus d'arthrose, ne possède plus sa légendaire dextérité, jouant plus lentement (ce n'est pas grave) ou simplifiant ses interventions quand il ne bousille pas certains de ses soli (ça l'est plus). Il suffit d'écouter les versions de 'Spotlight Kid' ou de 'Child In Time', proposées par « Memories In Rock II », que sauvent cependant le claviériste Suédois, qui semble pallier les passagères carences du maître, pour mesurer combien celui-ci peine parfois à honorer son répertoire. Mais s'il a perdu en vélocité, encore que ce 'Burn' volcanique infirme quelque peu cette impression, il a incontestablement gagné en feeling. De fait, à l'instar des deux précédents lives publiés depuis la reformation, cet enregistrement capturé durant les concerts en terre anglaise de l'été 2017, atteint ses moments les plus magiques lorsque le guitar hero fait parler l'émotion plus que la poudre, témoins les 'Mistreated', 'Catch The Rainbow' '16th Century Greensleeves', 'Temple Of The King' ou 'Carry On Jon', l'hommage à Jon Lord qu'il a composé pour Blackmore 's Night et, dans une veine plus épique, 'Stargazer'. Bénéficiant d'une meilleure enveloppe sonore que « Live In Birmingham », ce nouveau signe de vie scénique de Rainbow permet également au claviériste de Stratovarius et ex Yngwie Malmsteen de se montrer extrêmement volubile, notamment sur un 'Difficult To Cure' dont il remplit presque à lui seul le quart d'heure ! Poussive pour les grincheux, cette incarnation de l'Arc-En-Ciel, malgré ses défauts, n'est au final pas sans charme et on se surprend même à s'habituer à ces relectures plus lentes, moins vivantes peut-être, que les versions originales mais pas moins belles en définitive avec leurs maladresses qui les rendent presque touchantes. Et puis, même s'il a perdu de sa superbe, Ritchie reste cette force sombre qui emporte tout. A noter que le menu de "Memories In Rock II" est complété par les trois titres gravés récemment en studio dont 'Waiting For A Sun', chroniqué ans ses pages et enrichi d'un DVD gavé d'interviews. Indispensable pour les (vrais) fans du troubadour ! 4/5 (16/04/2018)






KröniK | Rainbow - Waiting For A Sign (2018)


Alors qu'elle ne devait initialement pas excéder trois dates en 2016, la résurrection de Rainbow, que certaines mauvaises langues refusent toujours de considérer comme telle (nous y reviendrons), commence à prendre la tournure que nous étions nombreux à espérer lui voir emprunter. Une volée de concerts organisés durant l'été 2017, d'autres annoncés pour cette année, des lives et DVD ("Memories In Rock", "Live In Birmingham") pour les immortaliser et de (timides) enregistrements en studio, confirment que Ritchie Blackmore parait avoir bel et bien retrouvé le goût pour le hard rock, quand bien même il ne l'a jamais totalement déserté, les fréquentes interventions électriques traversant les albums et les gig(ue)s de sa troupe de ménestrels en témoignent.
Au moment où il livre - enfin - un nouveau morceau, chose encore inconcevable il y a deux ans, nous nous prenons même à rêver qu'il puisse offrir un jour un successeur à "Stranger In Us All". Celui-ci viendra peut-être en son temps... Pour l'heure et après la relecture tiédasse de son propre tube 'I Surrender' et celle, tout aussi dispensable, du traditionnel 'Land Of Hope And Glory', l'ombrageux guitariste signe donc son premier inédit sous la bannière arc-en-ciel depuis 1995 ! S'il y aura toujours des grincheux pour affirmer que ce 'Waiting For A Sign' se veut plus proche de son répertoire d'inspiration médiévale et renaissance et que Ronnie Romero n'arrive pas à la cheville de ses prédécesseurs, force est pourtant de reconnaître que ce titre, qui rappelle davantage les débuts de Rainbow que l'ère Joe Lynn Turner ou Doogie White, nous rassure déjà sur un point : Ritchie n'a rien perdu de sa science de la mélodie séduisante, simple mais qui fait mouche. Et quel plaisir, toujours, de l'entendre jouer en électrique, notamment lors d'une dernière partie où il se fend même d'un clin d'oeil à 'Perfect Strangers' ! Son incroyable feeling intact, le troubadour décoche ces lignes dont lui seul a le secret, lesquelles ne pourront que procurer des frissons à ses éternels admirateurs. Mid-tempo tranquille, le titre est aussi porté par l'organe de feu du chanteur chilien dont on savait, pour l'avoir admiré sur scène, que Blackmore avait eu raison de le préférer à ses devanciers. Ce qui ne sera probablement pas l'avis de tout le monde mais l'homme en noir s'en fiche, convaincu d'avoir pioché la perle rare. Derrière, Jens Johansson se montre discret, tapissant le décor d'un voile moelleux. Seul bémol, peut-être, la prise de son aurait mérité un peu plus d'épaisseur. Mais en l'état, 'Waiting For A Sign', dont le texte a été composée par Candice Night, est une merveilleuse composition, nous laissant plus que jamais espérer un neuvième opus fait de ce même bois. En attendant cette hypothétique offrande, il faudra se contenter de ce premier signe de vie historique, édité en single avant de compléter le menu du live "Memories In Rock II", prochainement dans les bacs. 4/5 (13/03/2018)






Soon | Rainbow - Memories In Rock II


Rainbow offrira "Memories In Rock II" le 6 avril 2018 via Minstrel Hall/Soulfoud. Ce nouveau live est basé sur les concerts de juin 2017, complété d'un nouveau titre, 'Waiting For A Sign'.



KröniK | Rainbow - Live In Birmingham 2016 (2017)


Au moment de chroniquer "Memories In Rock", premier témoignage live de cette nouvelle incarnation (plutôt que reformation) de Rainbow, nous regrettions que les deux performances allemands aient été choisies au détriment du gig britannique qui dévoilait pourtant quelques jours plus tard un groupe déjà mieux rôdé, plus mordant surtout. Parallèlement à la nouvelle (petite) série de concerts estivaux, signe que le taciturne guitariste est heureux de cette escapade électrique en dehors du giron d'un Blackmore's Night qui fête aussi cette année ses vingt ans de carrière, Eagle Records a donc la bonne idée de publier sous la forme d'un double live ce show qui s'est tenu à Birmingham le 25 juin 2016.
Si la prise de son manque de pêche, ne rendant pas justice au travail de chacun des musiciens, son écoute confirme que cette formation gagne en puissance au fil des dates, se révèle plus en place à l'image d'un Ritchie moins tendu que lors des échauffements allemands. Par rapport à ceux-ci, la setlist a été enrichie de deux titres de Deep Purple (encore !) mais s'agissant de 'Soldier Or Fortune', que le ténébreux moustachu a par ailleurs souvent revisité avec Candice Night, et de 'Burn', inutile de dire que cet ajout ne peut que nous ravir, d'autant que les versions proposées ne manquent ni de justesse (pour le premier) ni de vigueur (pour le second). Et puis quel pied de revoir Blackmore interpréter cet hymne emblématique de l'ère Coverdale ! Alors bien entendu, le maître de cérémonie ne possède plus sa dextérité, son doigté nerveux (l'homme a de l'arthrose, ne l'oublions pas) qui étaient encore les siens en 1995 lorsqu'il relançait (déjà) l'Arc-en-ciel avec Doogie White au chant, offrant aujourd'hui une relecture au ralentie (poussive dirons les râleurs) de brûlots qui mériteraient il est vrai une rythmique plus hard que rock , laquelle permettrait alors de propulser le jeu néanmoins toujours aussi flamboyant de Ritchie. Ceci explique pourquoi ce sont les compositions les plus atmosphériques ('Mistreated', 'Catch The Rainbow) ou les plus lentes ('Perfect Strangers', 'Stargazer') qui résistent le mieux à cette nouvelle mouture, laquelle se fend en outre d'un 'Child In Time' incandescent car zébré d'un solo de guitare enflammé. Reste que, plus qu'à un tribute band, comme le prétendent certaines mauvaises langues, on a (presque) l'impression d'avoir à faire à un Blackmore's Night revisitant le répertoire passé de son leader, le chant féminin en moins (sauf pour les choeurs) et l'organe de feu de Ronnie Romero en plus dont on comprend pourquoi il a été préféré à un Joe Lynn Turner, par exemple, capable de tout chanter, aussi bien du Gillan que du Dio. Avec une autre section rythmique (Bob Nouveau et David Keith sont plus à leur place au milieu des ménestrels, ce qui n'enlève rien à leur savoir-faire) et tout en confirmant Jens Johansson derrière les claviers, ce Rainbow pourrait davantage emporter l'adhésion, susciter sinon la passion au moins l'intérêt plutôt que cet accueil tiède, cette indifférence polie que beaucoup lui opposent. Les nouveaux concerts et l'espoir d'un nouvel opus permettront peut-être au groupe de s'imposer dans le coeur des fans. Souhaitons-le car l'homme en noir mérite mieux comme épitaphe que cette reformation en demi teinte. Ne faisons toutefois pas la fine bouche face à ce "Live In Birmingham 2016" au demeurant savoureux grâce à un Blackmore toujours impérial même un peu rouillé, dont l'empreinte sombre et brutale fera à jamais la différence avec Steve Morse et tous ceux qui entendent l'imiter. 3.5/5 (2017) | Facebook






KröniK | Rainbow - Memories In Rock : Live In Germany (2016)


Les 17, 18 (en Allemagne) et 25 juin (à Birmingham) marquent le retour de Ritchie Blackmore sous les couleurs de l'arc-en-ciel. Ces trois dates sont événementielles car cela fait alors vingt ans que l'homme en noir n'a pas foulé une scène en dehors du giron acoustique qu'il forme avec sa muse Candice Night depuis 1997 et ce quand bien même il n'a pas manqué de visiter régulièrement son ancien répertoire, en studio ('Child In Time' sur « The Village Lanterne », 'Temple Of The King' sur « Dancer And The Moon ») ou en live, occasions pour lui de ressortir sa légendaire Stratoscaster blanche pour le plus grand plaisir des fans parmi lesquels nombreux sont ceux à n'avoir jamais fait le deuil de son passé électrique. S'ils se sont soldés par un chaleureux succès, ces trois concerts n'en non pas moins fait râler les éternels grincheux. Premier reproche fait à Ritchie, cette réunion est moins une reformation de Rainbow à laquelle aucun ancien membre, hormis le maître des lieux bien entendu, ne prend part, que la réunion de musiciens, dont la plupart jouent (le batteur David Keith, Candice aux choeurs et jamais bien loin de sa légende de mari) ou ont joué (le bassiste Bob Nouveau aka sir Robert Of Normandie, Jens Johansson de Stratovarius en tant qu'invité sur « Under The Violet Moon ») avec Blackmore's Night, autour du ténébreux guitariste. C'est oublier que celui-ci a toujours préféré s'entourer d'un personnel neuf plutôt que de faire appel à de vieux combattants, comme ce fut le cas en 1995 lorsqu'il relança le groupe suite à son départ de Deep Purple, s'entourant alors de jeunes loups et non pas des Joe Lynn Turner, Bobby Rondinelli et consorts qui n'attendaient pourtant que cela. Deuxième reproche, Ronnie Romero (Lords Of Black) fait pale figure à côté de tous ces grands chanteurs qui ont accompagné Ritchie, de Ian Gillan à Dio, de David Coverdale à Graham Bonnet, grief sur lequel nous reviendrons plus loin. Troisième et dernier regret, justifié celui-ci, la setlist retenue ne sort jamais des sentiers battus quand nombre de pépites, extraites de « Down To Earth »,« Straight Between The Eyes » ou même « Stranger In Us All » moins connues auraient facilement pu s'y glisser à la place d'hymnes purpleliens qui représentent à eux seuls une bonne moitié du programme ! Là encore, quitte à revisiter le riche répertoire de Deep Purple, pourquoi ne pas avoir remplacé les «'Perfect Strangers', 'Black Night' et autre 'Smoke On The Water' archi rabachés par des titres issus de « Stormbringer » ou de l'injustement oublié «Slaves And Masters » que le six-cordiste tient pourtant pour un de ses préférés ? Edité en plusieurs formats (CD et/ou DVD avec ou sans livre), « Memories In Rock : Live In Germany » pioche comme son nom l'indique dans les deux concerts allemands. Quoiqu'on aurait préféré qu'il privilégie la date britannique qui a vu le groupe briller encore davantage, ce live ne peut que ravir les inconditionnels de l'ombrageux troubadour. Le menu démarre avec 'Highway Star' suivi de 'Spotlight Kid' dans des versions qu'on a connu plus mémorables. Alors qu'il a toujours eu besoin de un ou deux titres pour s'échauffer, l'Homme en noir paraît tout d'abord qui plus est crispé, presque rouillé et il faut attendre l'immense 'Mistreated' pour que son jeu flamboyant se réveille vraiment. Difficile, cette composition mythique permet en outre de mesurer le talent de Ronnie Romero qui se frotte avec aisance à ce classique, quand bien même, il n'égale pas tout à fait ses aînés, Glenn Hughes en tête dont on a encore en mémoire certaines interprétations atomiques en solo. A ce titre, qui peut affirmer que le vocaliste, malgré un déficit en charisme et une attitude scénique parfois agaçante dans sa manière d'haranguer le public, n'assure pas son rôle ? Capable aussi bien d épouser les lignes vocales de Dio, Turner, Coverdale ou Gillan, ce qui n'est pas donné à tout le monde, reconnaissons-le, sa performance n'est émaillée d'aucune vraie faiblesse, ce qui n'est pas non plus un mince exploit lorsque l'on se trouve dans le viseur d'une forte personnalité de l'acabit de Blackmore, pas vraiment réputé pour être bienveillant avec ceux qui l'accompagnent ! Alignant les habituels 'Since You've Gone ', 'Long Live Rock'n'Roll', 'Man On The Silver Mountain', le canevas de ces concerts se révèle certes avare en réelle surprise, reste que pouvoir admirer, peut-être pour une des dernières fois, le maestro se frotter à l'émotionnel 'Catch The Rainbow' ou à l'épique 'Stargazer', n'a pas de prix. Ce sont d'ailleurs les pièces les plus lentes, les plus longues qui lui permettent de démontrer que son touché unique demeure intact et inimitable. 'Child In Time', couplé à « Woman From Tokyo' et 'Perfect Strangers' complètent cette envoûtante série. Au final, si « Memories In Rock » ne détrônera jamais dans notre cœur « On Stage » ou « Live In Munich 1977 » et que la comparaison avec le « Boston 1981 », édité au même moment ne joue pas forcément en sa faveur, on ne saurait bouder notre plaisir à son écoute d'autant plus que, si quelques dates supplémentaires sont dors-et-déjà envisagées, une reformation durable semble hautement improbable. Ce qu' on ne peut que regretter, surtout quand on sait que Ritchie a composé ces dernières années plus de deux cents titres dans cette veine électrique, sans doute condamnés à rester dans ses tiroirs... 4/5 (2016)


                                   

Soon | Rainbow - Memories In Rock - Live In Germany


Date | 18/11/2016
Label | Eagle Rock Entertainement
Genre | Hard Rock