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KröniK | The Mercy Kills - Paradise Motel (2016)


De belles découvertes soufflent fréquemment depuis l'Australie, terre d'un rock authentique et sans artifices. Originaire d'un quartier de Melbourne, The Mercy Kills est la dernière en date.
Bien que formé il y a dix ans déjà, ce n'est vraiment que maintenant que le quatuor atteint nos cages à miel, malgré un premier album, "Happy To Kill You" (2014) et plusieurs EP, qui en fait n'ont jamais franchi les frontières de leur pays en dépit d'un succès qui a permis à ses auteurs de se retrouver sur la BO du film d'horreur "Murderdrome" et ouvrir pour Courtney Love. Publié par Bad Reputation, gage de qualité et de sincérité s'il en est, "Paradise Motel" nous ouvre aujourd'hui grand ses portes. Un groupe qui tire son nom de "The Rocky Horror Picture Show" ne peut pas être mauvais, surtout quand il suce les mamelles toujours juteuses d'un punk rock crasseux et que, cerise sur le gâteau, il se compose pour moitié de jeunes femmes, Nathalie Gelle et Jen X Costello, lesquelles astiquent les manches et partagent les lignes vocales avec le guitariste, et accessoirement fondateur, Mark Entwistle. Ce double chant, masculin et féminin, profond et éraillé pour le premier, à la fois suave et épicé pour le second, constitue tout le sel de chansons balancées avec une énergie communicative, en une brochette accrocheuse qui va droit au but. Sans autre prétention que celle de suer une musique simple et directe, qui donne envie de taper du pied et de téter (entre autre) des bières au fond d'un club poussiéreux, The Mercy Kills emporte tout dans son sillage, flirtant parfois avec un glam couillu. En l'espace de trois quarts d'heure, les Kangourous crachent une purée addictive. Trapus, les titres, au nombre de quatorze, défilent à un rythme effréné et très vite on se surprend à fredonner ces mélodies qui s'accrochent à la mémoire comme une moule à un rocher. Des cartouches telles que 'Like The Last', 'Alone' ou 'Can't Stop', véritables dynamos fonctionnant à plein régime, se révèlent ainsi irrésistibles. Sur la durée, cela pourrait être sinon redondant du moins trop linéaire, mais le groupe sait varier ses attaques pour éviter le piège que tend un menu composé de très nombreux morceaux. Entre un 'Little Mercy', bulle lumineuse qui fait tout simplement du bien, un 'Rain' aux guitares agressives gainées dans un metal massif, un 'So Cold' qui fleure bon le Ramones survolté ou le terminal 'Waiting On You', "Paradise Motel" abrite derrière la façade d'un rock'n'roll basique un intérieur riche en couleurs, entre punk (surtout) et glam (un peu). 3/5 (2016) | Facebook







KröniK | King Of The North - Sound The Underground (2015)


Il ne faut pas se fier à son nom, King Of The North n'est pas originaire d'une quelconque terre septentrionale mais du pays des kangourous ! Aucune froideur à attendre de lui donc, mais au contraire ce feeling chaleureux qui sent le bush et la bière typique de ces antipodes toujours généreuses en (Hard) Rock tanné nourri aux seins lourds du Stoner. Quelques mois après avoir découvert Dead City Ruins, c'est au tour de ce duo de venir gratter à notre porte. Et la (très) bonne surprise est encore au rendez-vous. De toute façon, un mauvais groupe de rock australien peut-il exister ? "Sound The Underground" tend encore une fois à prouver que non, galop d'essai tout du long aussi impeccable que racé, net et sans bavure. King Of The North prend donc la forme d'un tandem, celui qu'incarnent le guitariste/chanteur Andrew Higgs et Danny Leo derrière les fûts. Point de seconde guitare ni de basse à l'horizon, ce qui ne s'entend à aucun moment grâce à la technique employée par le six-cordiste, lequel parvient à faire sonner son manche de manière à combler l'absence de ces deux instruments. Résultat bluffant s'il en est, comme l'illustre par exemple un titre tel que 'The Shrine' aux cordes rondes et multiples. Ajoutons à cela un batteur redoutable et on aura compris que la paire se suffit largement à elle-même et n'a besoin de personne d'autre pour faire trembler les murs à grands coups de riffs velus et de frappes plombées. Car, au-delà de cette prouesse technique, "Sound The Underground" se révèle avant tout être un excellent disque de Stoner Rock aux relents bluesy d'une nerveuse efficacité, puissant et mélodique à la fois. Lancé sur des rails, qu'il ne quittera jamais ensuite, par l'inaugural 'Into Your Eyes', l'opus avale les minutes avec une gourmande énergie, brochette écrasante de douze morceaux aux allures d'hymnes tous plus accrocheurs les uns que les autres, et auxquels il semble bien difficile de résister, de 'It's Been Too Long' à 'Surrender', de 'Paradise' à 'Wanted'. Seule une trop grande linéarité et un (léger) manque de folie viennent freiner un enthousiasme qui serait sinon total. Tout y est trop parfait, trop calibré peut-être même, pour permettre à "Sound The Underground" d'atteindre l'étage du dessus, relative faiblesse qui ne grève cependant en rien l'immédiat plaisir qui jaillit de son écoute. Le potentiel déjà énorme et pourtant sans doute encore à peine défloré. Gageons que King Of The North devrait très vite arpenter le chemin du succès que ce premier album lui promet d'emblée. 3.5/5 (2015)


                                   

The Wicked Mercy | Sundown (2015)


L'année 2014 restera comme un bon cru en matière de Hard Rock tavelé de touches seventies plus ou moins sensibles, qu'alimente, à sa mesure, modeste quoique sympathique, « Sundown », offrande séminale de The Wicked Mercy. Que savons-nous sur celui-ci ? Peu de choses si ce n'est qu'il nous vient du Canada, véhicule de musiciens au pedigree inconnu. Mais peu importe car le principal est ailleurs, niché dans l'intimité de cette première rondelle qui ne dévoile ses charmes que tout doucement, par petites touches pointillistes. Est-ce à dire pourtant que « Sundown » est difficile d'accès ? Que nenni et bien au contraire, il se présente même comme un album des plus aisés à pénétrer, collection irrésistibles de morceaux chauds comme la braise qui séduisent immédiatement, à l'image de 'Tell Me Goodbye » par exemple. Confortable, la galette est agréable bien qu'un (petit) air de déjà-entendu vient tout d'abord troubler le plaisir que l'on ressent à son écoute. Quoique irréprochable et parfaitement à sa place, la voix du chanteur, à la tessiture légèrement bluesy, en évoque ainsi beaucoup d'autres, notamment les organes de Monster Truck ou de Tracer, groupes qui évoluent dans le même créneau d'un (Hard) Rock généreux et nostalgique bourré jusqu'à la gueule d'un feeling humide. Mais après tout, si The Wicked Mercy se contentait de creuser un sillon identique à celui de ses aînés, cela ne serait déjà pas si mal, assurance de délicieux bien que modestes frissons. Tel est de loin « Sundown ». De près, la réalité se révèle en revanche toute autre en ce sens que les Canadiens ont le bon goût de saupoudrer leurs compositions d'arrangements discrets qui font néanmoins toute la différence. 'Bridge' et son saxophone surgit de nulle part, le percussif 'Everyone's But Yours', 'Out Of Your Head' et sa rythmique appuyée, 'Setting Sun' aux relents vaguement sudistes nourrissent un menu d'une richesse tranquille que rehaussent des lignes de guitares dont la simplicité racée ne les exonèrent pas d'une savoureuse efficacité, comme en témoignent des perles telles que 'God Knows', Fading Fast' ou 'Wait No More'. Ramassés plus que calibrés, tous les morceaux frappent dans le mille, touchent au cœur grâce à de juteuses mélodies qui leur permettent de se greffer à la mémoire et ne plus les oublier. Au final, « Sundown » fait son trou avec son élégante décontraction associée à une écriture impeccable, le tout emballé par un groupe dont la jeunesse n'affleure à aucun moment à la surface, délivrant une prestation aussi solide que rafraîchissante. Et si on aimerait parfois que celui-ci fasse preuve d'un peu plus de nerf, The Wicked Mercy n'en demeure pas moins un groupe à découvrir. Et à suivre... (2016)