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Louis King | Mission périlleuse (1954)
























Frère de Henry King, Louis King possède une filmographie aussi pléthorique que mal connue d'où émergent quelques petits westerns tels que La femme sans loi (1950) avec Joel McCrea ou La rivière de la poudre (1953) avec Rory Calhoun et surtout ce Mission périlleuse de bonne mémoire, thriller habile même s'il ne s'élève jamais au-dessus de la série B.

Samuel Fuller | Le démon des eaux troubles (1954)
























Après l'excellent Port de la drogue, Samuel Fuller se voit confier la réalisation du démon des eaux troubles, titre français idiot, comme souvent à l'époque.

Henry Levin | Natchez (1954)


Egalement connu sous le nom de La sirène de Bâton Rouge, Natchez est un western proche de La maîtresse de fer (Gordon Douglas, 1952) et du Gentilhomme de la Louisiane (Rudolph Maté, 1953), avec lesquels il partage un même cadre géographique. Mais comme le rappelle Patrick Brion dans sa présentation jointe comme bonus à l'édition DVD, il ne s'agit pas pour autant d'un remake. Le film possède ainsi sa propre identité et son sujet ne noue aucun lien avec les deux métrages qui l'ont précédé. Série B certes, Natchez bénéficie cependant des moyens offerts par la Twentieth Century Fox qui le distribue. Habillée d'une photo chatoyante, l'oeuvre ne manque pas de souffle. Henry Levin assure un travail convaincant même si la réussite est plus modeste que pour son futur Jicop le proscrit (1957). Sa distribution n'est pas sans charme. Debra Paget est au sommet de sa beauté bien qu'on la préfère dans La princesse du Nil tourné la même année et l'oublié et massif Dale Robertson mérite mieux que son statut de Tony Curtis du pauvre. Kevin McCarthy, Thomas Gomez ou Woody Stode complètent cette solide affiche. On passe donc un bon moment devant ce western qui n'en est pas vraiment un. (vu le 10/01/2019) 









Jerry Hopper | Alibi meurtrier (1954)


S'il serait exagéré de compter Jerry Hopper parmi les maîtres de la série B américaine des années 50, il a son actif quelques petites films non dénués de charme : deux Charlton Heston pré Dix commandements (Le triomphe de Buffalo Bill et Le secret des Incas), un western bien troussé (Le fleuve de la dernière chance) un sous Douglas Sirk avec un jeune Clint Eastwood dedans (Ne dites jamais adieu) et surtout Alibi Meurtrier.
Découvert dans la fameuse et regrettée Dernière séance d'Eddy Mitchell, il s'agit d'un film noir tourné en 1954 qui doit beaucoup à Sterling Hayden, écrasant dans la peau de ce flic retors qui, renvoyée de la police, chasse jusqu'au Mexique celui dont il devine qu'il est coupable de la mort de plusieurs de ses collègues et ce, en dépit de son alibi, d'où le titre. Ambiance poisseuse et une Gloria Grahame moite et fragile hantent ce thriller tendu qui stoppe sa route dans un bouge mexicain aux allures de fin du monde où toutes les épaves se retrouvent. Mais on imagine ce qu'un réalisateur plus efficace aurait fait d'un tel sujet... (Vu le 23/09/2018)









Roy Rowland | Témoin de ce meurtre (1954)


Habile suspense concocté par Chester Erskine, Témoin de ce meurtre mérite pourtant le coup d'oeil davantage pour sa forme que pour son fond. Celui-ci nous montre une femme (Barbara Stanwyck) qui assiste, depuis sa fenêtre, à un meurtre commis par un homme (George Sanders). Dès le départ, l'identité de l'assassin est révélée et c'est autour d'un affrontement psychologique que le récit se noue, non sans éviter certaines facilités (l'appartement qu'elle visite est comme par hasard celui de Richter !) et invraisemblances (alors qu'elle est pourchassée, Cheryl ne trouve rien de mieux que de grimper au sommet d'un immeuble en construction !). Mais avec sa voix suave et sa présence aussi écrasante que raffinée, Sanders se glisse avec son aisance coutumière dans la peau de ce soi-disant ex nazi qui compte en réalité sur un mariage d'argent pour conquérir le monde.

En réalité, Witness To Murder doit une bonne part de sa réussite à la photographie de John Alton qui offre un travail époustouflant. Habillé d'un noir et blanc expressionniste, l'écran est constamment avalé par l'obscurité. Les ombres, les silhouettes se répandent à la manière de flaques menaçantes. Les escaliers se découpent comme d'interminables échafauds. Une banale visite médicale où un docteur questionne l'héroïne, se transforme en moment irréel, presque fantasmagorique. Au final, le film porte davantage la marque d'Alton que de Rowland. (Vu 18/08/2018)












Joseph Pevney | Le clown est roi (1954)


Après des débuts cinématographiques modestes, le duo que forment Dean Martin et Jerry Lewis prend peu à peu du galon. Sous la houlette du producteur Hal B. Wallis, leurs films gagnent en moyens, assuré par des metteurs en scène de plus en plus importants et bénéficiant de castings étoffés, comme en témoigne Le clown est roi, sorti en 1954. Si on n'en est pas encore aux réussites de Frank Tashlin (Un vrai cinglé de cinéma), le tandem peut compter sur l'efficacité de Joseph Pevney qui, à l'instar de George Marshall (Fais-moi peur, Un galop du diable) ou Norman Taurog (Amour, délices et golf, C'est pas une vie Jerry), leur offre son solide savoir-faire. Joanne Dru et Zsa Zsa Gabor incarnent l'inévitable quota féminin cependant que Wallace Ford et Sig Ruman complètent une affiche qui ne manque donc pas de sel.
Si le comique grimacier trouve naturellement dans le milieu du cirque matière à s'exprimer, Dean Martin pioche là un rôle (un peu) plus épais. Surtout, Lewis laisse percer sa tendresse, envers les enfants notamment, ce qui correspond en réalité à sa véritable nature. Les films qui tournera seul, tels que Le délinquant involontaire ou Cendrillon aux grands pieds, ne feront qu'accentuer ce caractère que certains qualifieront de sentimentalisme mais qui confère à l'homme et à son personnage une sympathie attachante. (Vu le 10/07/2018)











Henri-Georges Clouzot | Les diaboliques (1954)


Tiré d'un roman de Boileau et Narcejac, auxquels Alfred Hitchcock demandera d'écrire Sueurs froides après avoir vu cette adaptation, Les diaboliques est une oeuvre fascinante qui permet à Henri-Georges Clouzot de continuer à explorer les recoins les plus sombres et tourmentés de l'âme humaine. Il s'agit d'un film d'ambiance qui joue autant sur les décors pesamment sinistres que sur des personnages tous plus négatifs et veules les uns que les autres. De fait, à la cruauté d'un Paul Meurisse antipathique à souhait répondent la lâcheté de sa femme (Vera Clouzot) et la froideur calculatrice de sa maîtresse (Simone Signoret). Autour de ce trio diabolique gravitent des êtres pathétiques dont on ne retient que les travers. Seul, peut-être, l'ancien commissaire de police, campé par Charles Vanel, échappe à cette noirceur de trait.
Le suspense est habile, le coup de théâtre pour le moins surprenant et il ne manque aux Diaboliques qu'une interprète féminine plus convaincante que l'épouse du réalisateur. Meurisse et Signoret forment en revanche un couple machiavélique et dénué de tout romantisme. Il n'y a aucune flamboyance ici mais seulement le pessimiste cher au metteur en scène qui livre un travail formel impeccable. A noter la présence d'une réjouissante galerie de seconds rôles, de Noël Roquevert à Michel Serrault, de Robert Dalban à Jean Lefebvre en passant même par un tout jeune Johnny Halliday ! (Vu le 22/04/2018 : Source : enregistré sur Ciné Classic en 2012)
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