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Joe d'Amato | 11 jours, 11 nuits 2 (1988)
























Bien qu'un érotisme (vaseux) poissait déjà souvent les films de sa première partie de carrière, témoins la série des Black Emanuelle ou Blue Holocaust, c'est réellement à partir des années 80 que Joe d'Amato se spécialise dans le sexe pelliculé, soft tout d'abord (Lussuria) avant de s'enfoncer franchement dans la fente du porno.

A lire | Beverly Sebastion - La vengeance de la femme au serpent (1988)


Pour lancer sa collection "Rednecks", Artus a eu la bonne idée de sortir conjointement Les marais de la haine et sa suite La vengeance de la femme au serpent. Presque une quinzaine d'années séparent les deux films. En fait longtemps oublié, Gator Bait a été redécouvert durant les années 80 grâce à la VHS, poussant les producteurs à réclamer au couple Sebastion cette tardive séquelle. Celui-ci ne se casse pas trop la tête et réchauffe la même recette. Mais alors que l'oeuvre d'origine  possédait du rythme et une sensualité moite, due en grande partie à la beauté un peu ingénue de Claudia Jennings, son successeur ne distille ni l'un ni l'autre, pataugeant dans une bauge paresseuse.
Jan Sebastian, la propre belle-fille de Berverly et Ferd, a certes de gros seins mais n'a pas le même charme que sa devancière. Surtout, Gator Bait II souffre d'un scénario quasi inexistant, grevé par une première moitié où, entre apprentissage de la survie dans les Bayou et séances de baise, il ne se passe rien. Il faut attendre le viol collectif subi par Angélique, interminable et cradingue, pour que le récit s'emballe enfin, empruntant alors le chemin du rape & revenge. Mais platement filmée avec du flou pas artistique, cette dernière partie ne parvient jamais à drainer la moindre tension. Du bis très mineur quoique sympa à mater quand même.  (vu le 20/01/2019) ⍖⍖










Ken Russell | Le repère du ver blanc (1988)


On cherchera vainement des traces du talent -voire du génie parfois - de Ken Russell dans ce Repère du ver blanc qui, conçu pour effacer l'échec de son Salome's Last Dace (1988), précipitera au contraire son déclin. Basé sur un texte de Bram Stocker, il y avait pourtant là matière à un bon film fantastique sur la survivance du paganisme au fin fond de la campagne écossaise. Las, Russell sombre dans le vulgaire et le ridicule, notamment lors des séquences oniriques. Nourrissant pourtant depuis toujours son terreau obsessionnel, la religion et le sexe ne lui inspirent cette fois-ci que des images d'une laideur indicible quand bien même il n'a jamais été réputé pour son bon goût. Hormis Hugh Grant, les acteurs sont rarement dans le ton, à l'image d'une Catherine Oxenberg franchement mauvaise. Une déception. Quoique aussi vulgaire, La putain (1991) relèvera un peu le niveau... (vu le 15/12/2018)










Umberto Lenzi | Fou à lier / Nightmare Beach (1988)


A l'instar de ses films d'auteurs, l'Italie voit son cinéma de genre brutalement décliner à partir des années 80, décennie dont il n'y a pas grand chose à garder en pellicules bis. Bava est mort, Argento commence à se regarder filmer, d'autres se tournent vers l'érotisme voire carrément le porno (d'Amato) ou se contentent de suivre les modes américaines. Tel est le cas de Umberto Lenzi qui, dans ces années là, après avoir touché aux cannibales (Cannibal Ferox etc) ou au post-nuke (La guerre du fer), se perd dans le slasher, lui-même pale modernisation du giallo que le réalisateur a besogné à sa grande époque (Si douces, si perverses, Le tueur à l'orchidée). Fou à lier, plus connu sous le titre Nightmare Beach témoigne à la fois de ce déclin et de sa modeste contribution à ce sous-genre de l'horreur.
Sa paternité est sujette à caution. En effet, s'il porte la signature de l'Italien, l'objet serait avant tout l'oeuvre (?) d'un certain Harry Kirkpatrick dont on a longtemps cru qu'il s'agissait d'un pseudonyme, ce qui n'est en réalité pas le cas. Lenzi aurait donc surtout joué un rôle de superviseur. Ceci explique peut-être la médiocrité de ce film peuplé de blondasses et de bellâtres gominés au milieu desquels cachetonnent John Saxon et Michael Parks. Fou à lier ne nous épargne ni les concours de tee-shirt mouillés ni les énervants clichés du teen movie que saupoudre une pincée de Dents de la mer. Les meurtres sont mis en scène avec paresse, l'identité de l'assassin, facile à deviner. Ajoutons à cela une bande-son envahissante à base de hard FM et le résultat, déjà daté à sa sortie en 1988, ne peut qu'être franchement bancal mais se laisse regarder sans déplaisir, d'un oeil lointain sinon amusé. Et puis, il y a la moue boudeuse de Sarah Buxton, alors... (Vu le 02/09/2018)










Blake Edwards | Meurtre à Hollywood (1988)


Malgré un Boire et déboires (1987), assez amusant, la fin de carrière de Blake Edwards n'est guère enthousiasmante, comme l'illustre ce Sunset plus nostalgique que crépusculaire. Les relations entre Hollywood et le réalisateur furent souvent houleuses, milieu qu'il a maintes fois dépeint avec un humour teinté d'ironie. Mais cette comédie ne possède ni la force comique de The Party ni la férocité de S.O.B.. Après un début sympathique, le film s'enlise et on finit par se désintéresser de son dénouement. Si James Garner compose un Wyatt Earp robuste et vieillissant, rôle qu'il avait d'ailleurs déjà campé dans le Sept secondes en enfer de John Sturges (1967), Bruce Willis confond Tom Mix avec son personnage de Clair de lune. Il s'agit donc d'une oeuvre très mineure. Dommage pour Malcolm McDowell qui livre là, selon l'ami Adrian Stork, une de ses plus brillantes compositions...












Robert Boris | Bourse, bagne et business (1988)


Malgré un sujet amusant qui voit des bagnards se transformer en golden boys, Buy & Cell ne s'élève jamais au-dessus de la petite comédie US de la seconde moitié des années 80 dont il affiche tous les stigmates avec acteur noir volubile (Michael Winslow échappé des Police Academy : une référence !), musique bien datée de Mark Shreeve et une esthétique aujourd'hui fanée. Plaisant mais bourré d'invraisemblances, Bourse, bagne et business permet cependant de retrouver Malcolm McDowell dans le rôle (nécessairement) antipathique du directeur de prison, auquel il apporte une touche raffinée de dandy roublard... 














Edwin Brown | 1001 Erotic Nights Part 2 : The Forbidden Tales (1988)


Cette suite de 1001 Erotic Nights, toujours réalisée par Edwin Brown, impression encore une fois par la beauté de ses séquences pornographiques d'où la sensualité et le désir ne sont jamais absents.
Aux côtés des mercenaires chevronnés que sont Jamie Gillis ou Joey Silvera, c'est un véritable défilé de créatures appétissantes, de Nina Hartley à Karen Bree, de Tammy White à Rayann Drew, de Kari Foxx à Keli Richards. Les fellations sont à l'honneur et il faut curieusement attendre presque la moitié de la pellicule pour assister des parties de ça va-ça vient. C'est beau.

IMDB
Chez Vintage Erotica